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Bauxite de Minim-Martap : A2MP conteste une valorisation de l’action Canyon 6,4 fois supérieure à son offre

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Bauxite de Minim-Martap : A2MP conteste une valorisation de l’action Canyon 6,4 fois supérieure à son offre
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(Investir au Cameroun) – A2MP Investments conteste la valorisation sur laquelle Canyon Resources s’appuie pour demander à ses actionnaires de rejeter son offre publique d’achat (OPA). Dans un document déposé le 2 septembre 2026 auprès du régulateur australien, A2MP critique les hypothèses de BDO Corporate Finance Australia, qui estime l’action Canyon entre 0,14 et 0,446 dollar australien, soit environ 57 à 181 FCFA, avec une valeur préférée de 0,32 dollar, environ 130 FCFA. A2MP maintient son offre à 0,05 dollar, soit environ 20 FCFA. Elle doit expirer le 21 septembre à 19 heures, heure de Sydney, sauf prolongation ou retrait.

Le différend porte principalement sur la mine de bauxite de Minim-Martap, principal actif de Canyon au Cameroun. Sur la base de ses travaux, BDO juge l’offre d’A2MP « ni équitable ni raisonnable ».

Près de 96 % de la valeur attribuée à Canyon hors du scénario de production

Sur les 737,1 millions de dollars australiens, près de 299 milliards de FCFA, attribués à Canyon par BDO, 707,1 millions, soit environ 286 milliards de FCFA, correspondent principalement à des ressources de Minim-Martap qui ne sont pas intégrées au scénario de production modélisé. Elles représentent 95,9 % de la valorisation retenue.

Dans ce scénario, BDO limite la production à 3 millions de tonnes par an, estimant que le financement nécessaire pour atteindre 10 millions de tonnes n’est pas suffisamment établi. La participation de Canyon dans le projet ainsi modélisé n’est valorisée qu’à 27 millions de dollars australiens, soit 10,9 milliards de FCFA.

A2MP ne considère pas les autres ressources comme dépourvues de valeur. Elle conteste en revanche la manière dont elles ont été évaluées. ERM, le consultant technique de BDO, les a notamment comparées à des transactions réalisées sur d’autres projets miniers, tout en relevant le faible nombre de références disponibles et l’amplitude des fourchettes obtenues.

A2MP souligne également qu’à un rythme de 3 millions de tonnes par an, l’exploitation de ces ressources s’étendrait sur plusieurs siècles. Le permis minier actuel court jusqu’en 2044 et peut être renouvelé.

L’actionnaire majoritaire relève en outre un écart avec une précédente évaluation. En février, les mêmes experts valorisaient la participation de Canyon dans le scénario financé entre 45 et 115 millions de dollars australiens, soit 18,2 à 46,6 milliards de FCFA, avec une valeur préférée de 80 millions de dollars, environ 32,4 milliards. La valeur retenue aujourd’hui pour ce même périmètre n’est plus que de 27 millions de dollars australiens.

Même les autres méthodes utilisées par BDO aboutissent toutefois à une valeur supérieure au prix proposé par A2MP. Une estimation fondée sur le cours de Bourse avant l’OPA, majoré d’une prime de contrôle, situe l’action entre 0,106 et 0,155 dollar australien, soit environ 43 à 63 FCFA, avec une valeur centrale de 0,13 dollar, près de 53 FCFA. L’offre de 0,05 dollar était également inférieure de 42,5 % au cours de 0,087 dollar, environ 35 FCFA, enregistré le 28 juillet.

Plus de 300 millions USD manquent pour financer le scénario à 10 Mt/an

Le scénario de l’étude de faisabilité de 2025, qui prévoit une montée en puissance jusqu’à 10 millions de tonnes par an, présente un déficit de financement supérieur à 300 millions USD, soit environ 170 milliards de FCFA, selon BDO. Ce montant ne correspond pas au financement nécessaire au seul démarrage de la mine, mais au besoin non couvert du scénario complet à 10 millions de tonnes.

Canyon cherche donc dans un premier temps, avec Jefferies, à financer une production plus limitée. Une proposition comprend 15 millions USD de prépaiement, soit environ 8,5 milliards de FCFA, 110 millions USD pour le matériel roulant ferroviaire, environ 62,2 milliards, et 15 millions USD de fonds propres. Elle reste indicative et non contraignante, sans garantie sur sa réalisation, son montant définitif ou son calendrier.

La composante en fonds propres pourrait nécessiter l’émission de 196,6 à 278,3 millions de nouvelles actions. BDO identifie par ailleurs de nouveaux besoins de trésorerie à partir de 2028.

Camalco, filiale camerounaise de Canyon, avait obtenu en 2025 une facilité de crédit syndiquée de 82 milliards de FCFA conduite par AFG Bank Cameroon. Environ 75 millions USD, soit 42,4 milliards de FCFA, avaient été décaissés à fin juillet 2026, laissant 65 millions USD, environ 36,8 milliards de FCFA, encore disponibles.

AFG Bank a cependant suspendu les nouveaux tirages dans l’attente d’une révision du calendrier du projet et du modèle financier, ainsi que d’une visite du site. Canyon indique qu’aucun défaut n’avait été constaté. BDO retient dans son évaluation l’hypothèse d’une reprise des décaissements, mais il ne s’agit pas d’une décision de la banque. A2MP, qui garantit la facilité avec Canyon, maintient pour sa part sa garantie.

Capex en hausse, fret doublé et production repoussée

Canyon chiffre désormais le capex comparable à 494 millions USD, environ 280 milliards de FCFA, contre 446 millions USD, près de 252 milliards, dans l’étude de faisabilité. L’écart atteint 48 millions USD, soit environ 27,2 milliards de FCFA.

À ces dépenses doivent s’ajouter 82 millions USD, environ 46,4 milliards de FCFA, prévus en 2027 pour le rail PQ2. Canyon compte récupérer cette somme par compensation sur certaines redevances dues à l’État. A2MP relève toutefois que les modalités et le calendrier de cette compensation restent à fixer.

Le coût du fret maritime a également été revu à la hausse. L’étude de faisabilité retenait environ 17 USD la tonne, soit 9 600 FCFA. Le nouveau modèle table sur 35,6 USD, environ 20 100 FCFA, en 2026 et 2027, puis 22 USD en 2028, près de 12 450 FCFA, et 20 USD à partir de 2029, environ 11 300 FCFA.

Canyon estime que cette révision réduit la valeur actuelle nette du projet de 184 millions USD, soit environ 104 milliards de FCFA. Les faibles volumes prévus au démarrage ne permettraient notamment pas d’utiliser immédiatement les navires Capesize envisagés dans l’étude de faisabilité. Les coûts de fret, les prix futurs de la bauxite et les primes de qualité restent toutefois fondés sur des hypothèses qui ne sont pas couvertes par des contrats définitifs.

Le calendrier de production a lui aussi été repoussé. L’étude de faisabilité prévoyait 1,2 million de tonnes en 2026. Le nouveau modèle ne prévoit plus de production cette année-là et retient 400 000 tonnes en 2027. Canyon a également retiré son objectif de première expédition au quatrième trimestre 2026, sans annoncer de nouvelle date ferme.

La valeur actuelle nette affichée passe pourtant de 521 millions USD, environ 295 milliards de FCFA, à 538 millions USD, soit 304 milliards. Cette hausse apparente tient en partie au changement de période de calcul : le nouveau modèle commence en 2026 et exclut 49,3 millions USD, environ 27,9 milliards de FCFA, de dépenses prévues en 2025. À période comparable, la valeur actuelle nette diminue d’environ 33 millions USD, soit 18,7 milliards de FCFA.

A2MP maintient son offre à 0,05 AUD

A2MP indique que son « intérêt pertinent » dans Canyon atteignait 56,5595 % au 1er septembre, soit une hausse de 0,99 point depuis le début de l’offre grâce aux acceptations reçues.

Depuis le 28 août, le Takeovers Panel, l’instance australienne chargée de régler les litiges liés aux OPA, interdit toutefois provisoirement à A2MP de traiter ces acceptations ou de lever certaines conditions de son offre sans autorisation. Ces mesures provisoires ne préjugent pas de la décision qui sera rendue sur le fond.

A2MP a également corrigé une référence juridique erronée concernant la clause « No Prescribed Occurrences », sans modifier son prix. À 0,05 dollar australien par action, environ 20 FCFA, son offre valorise Canyon à 103 millions de dollars australiens, soit 41,7 milliards de FCFA. La valeur préférée de 0,32 dollar retenue par BDO porte la valorisation à 737,1 millions de dollars australiens, près de 299 milliards de FCFA, soit 6,4 fois le prix proposé par A2MP.

Baudouin Enama

Lire aussi :

31-08-2026 – Bauxite de Minim-Martap : un expert indépendant conclut que l’offre d’A2MP sous-évalue l’action Canyon de 84 %

26-08-2026 – Bauxite de Minim-Martap : l’offre d’A2MP pour racheter Canyon contestée en Australie par Jeremy Raper

24-08-2026 – Bauxite de Minim-Martap : AFG Bank suspend ses décaissements, Canyon retire son calendrier d’exportation

30-07-2026 – Bauxite de Minim-Martap : A2MP veut retirer Canyon de la cote et remet en cause la rentabilité du projet

29-07-2026 – Bauxite de Minim-Martap : doute sur la capacité du projet à rembourser la facilité AFG de 82 milliards FCFA

11-03-2026 – Bauxite de Minim Martap : les actionnaires de Canyon Resources bloquent l’entrée d’Afriland au capital

25-09-2025 – Bauxite de Minim Martap : Canyon mobilise 215 millions AUD et accueille le groupe Afriland au capital

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« Maurice Kamto a coupé l’herbe sous le pied des persécuteurs de son parti »

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Pour Jean-Bruno Tagne, Maurice Kamto a coupé l’herbe sous le pied des persécuteurs de son parti en décidant de rendre le tablier.

Le mardi 8 septembre, contre toute attente, Maurice Kamto a démissionné de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Une démission très commentée sur la toile. Pour le journaliste Jean-Bruno Tagne, «en décidant de démissionner de ses fonctions de président du MRC, Maurice Kamto a coupé l’herbe sous le pied des persécuteurs de son parti« .

«Il redonne ainsi une chance à ses braves militants qui, depuis 2012, se battent avec détermination, courage et une fidélité rare, pour le changement« , a-t-il clarifié. Le journaliste fait sans doute allusion au bras de fer entre le Ministre de l’administration territoriale, Paul Atanta Nji et la direction démissionnaire du MRC.

Le membre du gouvernement dit « ne pas juger opportun de prendre acte de la convention » de décembre dernier consacrant la réélection de Maurice Kamto à la tête du MRC, laissant planer la menace d’une invalidation de la participation du parti aux prochaines élections municipales et législatives de 2027.

Un argumentaire appuyé par Mamadou Yacouba, Vice-président démissionnaire du parti. «Moi, je ne voulais pas servir d’instrument au ministre de l’Administration pour opposer toutes les fois une procédure folle à l’endroit d’un parti politique qui ne cherche qu’à exercer son devoir. C’est donc pour cette raison que je décide de me mettre de côté et de permettre au parti de continuer ses activités normalement« , a-t-il déclaré.

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Affaire Djeuga Palace : le Cabinet Conseil Atou met aux enchères le site litigieux à partir de 5,5 milliards de FCFA

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Affaire Djeuga Palace : le Cabinet Conseil Atou met aux enchères le site litigieux à partir de 5,5 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Le Cabinet Conseil Atou, agissant pour le compte de l’État camerounais, a programmé la vente aux enchères de l’immeuble de l’ex-Régifercam que la Société hôtelière Djeuga Palace a été sommée de libérer. Situé au Giratoire Joss, dans le quartier Bonadibong à Douala, le bien sera proposé le 9 octobre 2026 avec une mise à prix de 5,5 milliards de FCFA, selon un placard de vente consulté parInvestir au Cameroun.

Le document décrit un immeuble urbain bâti de 1 hectare 07 ares 04 centiares, soit 10 704 m², couvert par le titre foncier n°2716/WA. Le site est bordé au nord par le boulevard de la Liberté, à l’est par la rue Koumassi et, au sud et à l’ouest, par des voies publiques.

Ces références sont identiques à celles figurant dans la signification-commandement adressée à la Société hôtelière Djeuga Palace. La vente porte donc sur l’actif immobilier revendiqué par l’État, et non sur la société hôtelière elle-même ou son fonds de commerce.

Djeuga Palace sommée de libérer les lieux sous 48 heures

Le commandement a été établi par Me Guy Efon, huissier de justice près la Cour d’appel et les tribunaux de Douala, à la requête du Cabinet Conseil Atou. Il a été signifié le 21 août 2026 à 16 h 34 dans les locaux de Djeuga Palace à Douala.

L’acte se fonde sur la grosse d’une ordonnance de référé d’heure à heure n°506/H, rendue le 23 juillet 2026 par le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo. La Société hôtelière Djeuga Palace disposait de 48 heures pour libérer l’immeuble, avec ses biens et les autres occupants installés de son fait. À défaut, une expulsion forcée était prévue.

Les documents disponibles ne permettent pas d’établir si Djeuga Palace a quitté les lieux à la suite de cette signification ou si l’expulsion annoncée a été exécutée. Le placard de vente précise toutefois que l’État assurera à l’acquéreur l’entrée en jouissance effective du bien. Il prévoit également, le cas échéant, la prise en charge des frais de démolition de l’ouvrage présent sur la parcelle.

Un complexe présenté comme presque achevé dès 2018

Le site accueille depuis plusieurs années l’immeuble destiné au projet Djeuga Palace de Douala. En 2018,Investir au Camerounprésentait déjà le complexe comme« pratiquement achevé ». Huit ans plus tard, le chantier restait inachevé.

Dans une prise de position publiée le 6 juillet 2026 en défense du promoteur Jean-Claude Feutheu, Shanda Tonme évoquait lui-même un« abandon momentané des travaux »et affirmait que les moyens techniques et financiers étaient réunis pour les reprendre. Cette relance n’était assortie d’aucun calendrier précis.

Une mise à prix équivalente à environ 513 827 FCFA le mètre carré

Rapportée à la superficie annoncée, la mise à prix correspond arithmétiquement à environ 513 827 FCFA le mètre carré. Ce ratio, calculé à partir du prix de départ de 5,5 milliards de FCFA et des 10 704 m², ne constitue pas une estimation officielle de la valeur foncière du site. Il concerne par ailleurs un immeuble bâti et non un terrain nu.

L’adjudication est prévue à 11 heures devant Me Jean-Jacques Moukory Evango, notaire à Douala. Les candidats devront préalablement déposer une caution de 50 millions de FCFA entre les mains du notaire. Les frais, droits, taxes et impôts liés à l’opération resteront à la charge de l’acquéreur.

Le prix d’adjudication devra être versé au Trésor public dans les huit jours suivant la vente. Fixés comme mise à prix, les 5,5 milliards de FCFA pourront être dépassés au cours des enchères.

Amina Malloum

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« Maurice Kamto n’a jamais dirigé un parti. Il a présidé sa cour »

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«Maurice Kamto a démissionné comme il démissionne de tout, sauf de lui-même. On nous dit : « acte de sacrifice ». On nous dit : « pour sauver le parti ». La belle histoire ! Non, ce n’est pas un sacrifice. C’est une fuite. La fuite d’un homme qui a compris que le costume était trop grand pour lui», analyse notre confrère.

«Regardons les faits. Froidement. Le MRC, c’était quoi ? Un espoir. En 2012, des universitaires, des avocats, des jeunes qui croyaient qu’on pouvait faire de la politique autrement. Et puis est arrivé l’homme providentiel. L’agrégé. Le Prof. Et petit à petit, le parti est devenu l’homme. Et l’homme est devenu le parti. C’est ça, le péché originel de Kamto. Il n’a jamais dirigé un parti. Il a présidé une cour. Sa cour», poursuit-il.

«Onze ans de règne sans partage. Onze ans où toute contradiction était une trahison. Willy Mengue exclu. Okala Ebode exclu. Ndjamen exclu. Bibou Nissack marginalisé. Une génération entière d’élites de l’opposition – brillante, formée, combative – passée au cimetière des ambitions brisées. Pourquoi ? Parce qu’il fallait que personne ne dépasse le maître. Et quelle est la feuille de route ? 2018 : il perd l’élection, crie à la victoire, appelle à la résistance. Résultat : 7 mois de prison pour lui, 2 ans de misère pour ses militants qui croupissent à Kondengui. 2020 : il boycotte les élections. Résultat : le RDPC rafle tout, le MRC disparaît des mairies, des conseils régionaux, de l’Assemblée. 2025 : il organise une convention en visioconférence, dans le salon de quelqu’un, qu’il fait valider à 95% à la soviétique. Et il s’étonne que le MINAT la retoque ?», questionne-t-il.

«Et aujourd’hui, la dernière pirouette : il démissionne avec Mota pour laisser la place à Tiriane Noah. Une femme respectable, mais qui n’a jamais été préparée à diriger. Et le peuple, plus de 10 ans à attendre un messie qui ne savait que démissionner», poursuit Ruben Malick Djoumbissié.

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