Actualités locales
le « tribunal moral » qui enflamme la télévision camerounaise

La polémique autour de Noëlle Kenmoe prend une nouvelle dimension après une analyse publiée par John Lawson, qui s’interroge sur la frontière entre vie privée, influence numérique et responsabilité médiatique. Dans son texte intitulé « Quand la vie devient un produit », il critique notamment le traitement réservé à l’influenceuse lors d’une émission de télévision.
Selon John Lawson, la séquence ressemble davantage à un procès public qu’à un débat contradictoire. Noëlle Kenmoe, absente du plateau, aurait été identifiable à travers les propos tenus à son sujet, alors qu’elle n’était pas présente pour répondre aux accusations formulées contre elle.
Le patron de la chaîne, Pierre Blériot Nyemeck, est notamment accusé par l’auteur d’avoir tenu des propos particulièrement sévères sur la personnalité et la vie privée de l’influenceuse. John Lawson estime que certaines expressions employées relèvent davantage de la disqualification personnelle que de l’analyse.
« QUAND LA VIE DEVIENT UN PRODUIT
Le décor est ordinaire. Un plateau de télévision, quatre hommes, une animatrice, et une femme absente dont on a décidé de juger l’existence pendant vingt minutes. Elle n’a pas été nommée à l’antenne. Elle n’en avait pas besoin. Tout le monde avait reconnu Noëlle Kenmoe, et c’est précisément ce qui rend l’exercice redoutable. Un procès sans accusée, sans dossier, sans contradiction, diffusé en direct.
L’accusation tient en peu de mots. Le patron de la chaîne, Pierre Blériot Nyemeck, parle d’une fille mal éduquée, qui va d’homme en homme, d’une fertilité de lapin, et matérialiste. Puis il ajoute qu’il voulait clarifier son cas.
Examinons les mots pour ce qu’ils sont. Ce ne sont pas des analyses, ce sont des armes. L’image animale condense deux reproches en un seul terme, le nombre et l’absence de discernement. Une fois la personne rangée dans ce registre, ses explications n’ont plus à être entendues. La disqualification remplace la démonstration. Et la formule d’accompagnement achève le procédé. L’insulte se présente comme une contribution factuelle au débat. Elle emprunte les habits de l’information.
Deux éléments de la même émission suffisent à ruiner l’accusation. Les deux ont été prononcés à l’antenne, par l’accusateur lui-même.
Le premier est un aveu. Interrogé sur son propre parcours, l’intervenant reconnaît que la quantité d’amour qu’il a donnée aux femmes est telle qu’aucune femme ne pourrait plus l’accepter s’il était jugé au même barème. Il a raison. Et il vient d’admettre que le barème n’est pas le même. Le même parcours devient chez l’homme une expérience, et chez la femme une animalité.
Le second est un glissement. Le registre du mal éduqué, employé d’abord contre l’absente, atteint quelques minutes plus tard l’animatrice sur son propre plateau, puis son conjoint. L’outil n’était donc pas dirigé contre une personne. C’était un instrument disciplinaire, mobilisable contre toute femme qui contredit.
Reste à comprendre pourquoi cette charge, et pourquoi maintenant.
Depuis une décennie, les créateurs de contenu ont déplacé le centre de gravité de l’attention. Ils captent les audiences, les revenus, les récits et les émotions. Les médias traditionnels perdent du terrain sur les quatre tableaux à la fois. L’hypothèse la plus économique est que cette sortie n’est pas seulement une humeur personnelle. Tout se passe comme si le média classique tentait de reprendre la main sur un récit qui lui échappe, en réaffirmant son autorité morale là où il a perdu son autorité d’audience.
Car il faut nommer le métier dont il est question. Le storytelling n’est pas une facilité de caractère, c’est un modèle d’affaires. La matière première est la vie elle-même, et le stock est inépuisable puisque l’existence continue de produire des épisodes. Une grossesse, un conflit avec un ex, une nouvelle relation, tout peut devenir une séquence. Mais ce n’est jamais la vie brute. C’est une vie sélectionnée, découpée, montée. Les vues et les partages déterminent la visibilité, les partenariats, la valeur commerciale du compte. Plus le récit est émotionnel, mieux il performe. Ce qui est montré n’est donc pas ce qui est vécu. C’est ce qui fonctionne.
De là vient le paradoxe qui gouverne toute cette affaire. Le public réclame de la transparence et punit ceux qui la lui accordent. Il veut tout savoir, et il juge tout ce qu’il apprend.
Le public juge Noëlle Kenmoe comme si ce qu’elle publie était sa vie. Le plateau la juge comme si son storytelling était une confession. Les moralistes la jugent comme si ses vidéos étaient des pièces à conviction. Or personne ne sait ce qui se vit dans une maison lorsque les caméras sont éteintes, et cela vaut d’abord pour ceux qui affirment le savoir.
Il faut distinguer le personnage et la personne. Le personnage est public, il est un produit, ce produit est un récit et ce récit est une stratégie. La personne, elle, reste hors champ. C’est même la condition de survie du métier.
Le reproche le plus répandu illustre parfaitement la confusion. On dit qu’elle manque de respect à son mari. Mais nul ne sait ce que cet homme accepte, ce qu’il encourage, ni ce que ce couple a négocié entre eux. Des dizaines de milliers de personnes jugent un arrangement conjugal dont elles ignorent tout, à partir d’un montage de quelques minutes.
Cela ne signifie pas que tout est défendable. Il existe une question sérieuse, que les défenseurs de l’influenceuse évitent autant que ses accusateurs. Ces épisodes mettent en scène des enfants qui n’ont rien consenti et qui n’auront pas la possibilité d’effacer les archives. Ce débat mérite d’être ouvert. Il ne l’a pas été.
Il existe aussi une question de méthode, qui n’est pas une question de mœurs. Un patron de chaîne a mobilisé son antenne contre une personne privée identifiable, absente, sans contradicteur et sans droit de réponse organisé. Ce n’est pas un débat de société. C’est un usage de l’outil médiatique.
Reste l’ironie que personne n’a relevée ce matin-là.
On reproche à cette femme d’avoir transformé sa vie en marchandise. Le reproche est venu d’une émission qui a bâti son ouverture sur cette vie, l’a diffusée en direct, en a récolté les commentaires et les partages. Elle dispose au moins de son propre récit. Le plateau, lui, a exploité l’existence d’une personne qui n’était pas là pour la défendre.
Le tribunal moral ne juge pas les influenceurs. Il les concurrence sur leur marché, avec la même matière première, et sans le consentement du fournisseur.
John Lawson – Décryptage politique Cameroun »
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
Banyo : le pont du Mayo Taram officiellement mis en service, sept mois après sa réception

(Investir au Cameroun) – Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a officiellement mis en service, le 31 août 2026, le pont métallique Acrow construit sur le Mayo Taram à Banyo, dans l’Adamaoua. Situé sur la Nationale n°6, l’ouvrage sécurise le franchissement de ce cours d’eau sur l’axe Foumban–Tibati–Ngaoundéré. Il était toutefois déjà accessible aux usagers depuis sa réception provisoire, prononcée le 23 janvier 2026, soit plus de sept mois avant la cérémonie officielle.
Le marché exécuté par Nan Company Limited, sous le contrôle d’Africa Engineering Consulting (AE Consult SA), s’élève précisément à 847 425 267 FCFA TTC. Financé par le budget d’investissement public du ministère des Travaux publics pour les exercices 2023 et suivants, ce montant couvre notamment les terrassements, les fondations et les culées, l’aménagement de la chaussée et des accotements, l’assainissement, le transport et le montage du tablier, ainsi que la signalisation et les équipements de sécurité.
Cette enveloppe ne représente cependant pas le coût historique complet de l’infrastructure. Les éléments métalliques avaient déjà été fournis dans le cadre du programme Acrow. Les 847,4 millions FCFA correspondent donc au marché de construction, de montage et d’aménagement des accès financé sur ressources publiques camerounaises.
Long de 51,67 mètres, le pont est constitué d’une travée unique et d’un tablier en treillis métallique. Il offre une largeur roulable de 7 mètres et un trottoir de 1,50 mètre. La structure repose sur deux culées fondées sur 12 pieux en béton armé. Les voies de raccordement ont été aménagées sur environ 100 mètres de part et d’autre de l’ouvrage.
Le calendrier du chantier a été nettement plus long que prévu. L’ordre de service de démarrage a été signé en mars 2023 et la reprise effective des travaux annoncée le 31 mai de la même année. Au 28 mai 2024, l’exécution physique n’atteignait encore que 7,15 %, alors que 140,2 % du délai contractuel avait déjà été consommé, selon des données du ministère des Travaux publics. Le chantier a finalement été achevé en novembre 2025, avant sa réception provisoire le 23 janvier 2026 et sa mise en service officielle le 31 août.
L’ouvrage supprime ainsi un point de franchissement vulnérable sur un itinéraire qui relie l’Ouest à l’Adamaoua. Il devrait améliorer la continuité du trafic et réduire les interruptions liées aux crues. Le ministère n’a toutefois publié, dans les documents consultés, aucune estimation du trafic attendu, du gain de temps ou de la baisse éventuelle des coûts de transport. Ces effets économiques restent donc à mesurer.
Le pont du Mayo Taram s’inscrit dans un programme plus ancien que ne le suggère la date de 2019 parfois avancée. En décembre 2014, l’Export-Import Bank des États-Unis avait approuvé une garantie de prêt de 50 millions de dollars pour financer l’exportation vers le Cameroun de 55 kits de ponts métalliques fabriqués par Acrow. L’installation des ouvrages a ensuite été interrompue en juin 2019, après l’expiration des délais de décaissement d’une partie des financements.
Pour relancer les travaux, l’État a engagé sur son budget d’investissement public une tranche de neuf ponts. Ce chiffre ne constitue donc pas une réduction définitive du programme initial de 55 ouvrages. Dans cette tranche, le pont du Mayo Taram rejoint ceux déjà achevés sur les rivières Mama, dans l’Est, et Ngoum, à Kékem dans l’Ouest. Le pont sur la Bella, dans le Sud, également achevé, relève d’une phase antérieure du programme.
Six autres ouvrages de cette tranche étaient encore en chantier lors du pointage présenté par le ministère le 25 mai 2026 : Bangue à Yokadouma (45,57 mètres), Mvila à Ma’an (154,86 mètres), Mboro à Ma’an (112,34 mètres), Nlobo à Meyos (109,43 mètres), Didim à Mekomo (45,57 mètres) et Tédé à Nkolwono (36,43 mètres). Leur calendrier demeure fragile : le chantier de Bangue était suspendu pour non-libération de l’emprise, tandis que celui de Mvila n’affichait que 15,53 % d’avancement pour 227,4 % du délai consommé.
Le gouvernement a parallèlement attribué les marchés de 11 nouveaux ponts dans les régions de l’Adamaoua, du Nord, de l’Est, du Centre et de l’Ouest. Huit lots ont été attribués en novembre 2025, deux en mai 2026 et le dernier, sur le Mayo Lidi, le 18 août 2026.
Le montant cumulé des attributions atteint 18,66 milliards de FCFA, selon le calcul effectué à partir des décisions publiées par l’Agence de régulation des marchés publics. Cette somme est inférieure de 318,1 millions de FCFA, soit 1,7 %, au coût prévisionnel global de 18,98 milliards de FCFA. Prévus sur des délais de 18 à 24 mois et financés sur les exercices 2026 à 2028, ces marchés ne permettent pas encore de présenter toutes les dates de livraison comme acquises.
Frédéric Nonos
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
le présumé meurtrier d’Irène Dorothée Ngo Bagwé présenté à la presse

Cédric Gaston Bengono, présenté comme le principal suspect dans le meurtre d’Irène Dorothée Ngo Bagwé, a été présenté à la presse ce 1er septembre 2026. Les premières investigations menées par les forces de police orientent l’enquête vers la piste d’un crime passionnel.
L’affaire du meurtre d’Irène Dorothée Ngo Bagwé connaît un nouveau développement. Ce 1er septembre 2026, Cédric Gaston Bengono, présumé auteur du crime, a été présenté à la presse par les autorités policières du commissariat n°4 de Yaoundé.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le drame serait survenu le 18 août 2026 au quartier Mimboman, à Yaoundé. Cédric Gaston Bengono, qui aurait été l’ancien compagnon de la victime, est soupçonné d’être impliqué dans sa mort.
Les investigations menées par les enquêteurs privilégient, à ce stade, la thèse d’un crime passionnel. Les autorités poursuivent toutefois les investigations afin d’établir avec précision les circonstances du drame et les responsabilités dans cette affaire.
Cette présentation à la presse intervient alors que les Camerounais continuent d’appeler à la mobilisation générale contre les féminicides au Cameroun. Depuis le début de l’année, 61 femmes sont tombées sous les coups des hommes selon la CRTV.
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Xinhua News | Xi attends “SCO Plus” meeting

Chinese President Xi Jinping arrives in Bishkek for the Shanghai Cooperation Organization (SCO) Summit 2026 and a state visit to Kyrgyzstan upon the invitation of President Sadyr Japarov of Kyrgyzstan, Aug. 30, 2026. Upon the arrival, Kyrgyz President Sadyr Japarov and his wife Aigul Japarova welcomed Xi and his wife, Peng Liyuan, at the Manas International Airport. (Xinhua/Xie Huanchi)Xinhua communément appelée « agence Chine nouvelle », prononcer est la plus grande et la plus ancienne des deux agences de presse nationales chinoises.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales6 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














