Actualités locales
le soutien d’Eto’o à Infantino provoque la colère de Jean Crépin Nyamsi

Invité le 26 août 2026 dans LE JOURNAL DES SPORTS sur Radio Équinoxe, Jean Crépin Nyamsi n’a pas caché son amertume après la prise de position de Samuel Eto’o en faveur de Gianni Infantino. Candidat déclaré à la prochaine élection à la présidence de la FIFA, Nyamsi assure avoir sollicité le soutien des autorités camerounaises et du président de la Fecafoot, sans obtenir de réponse.
Nyamsi dit avoir sollicité le soutien du Cameroun
Selon Jean Crépin Nyamsi, plusieurs correspondances ont été adressées il y a trois mois à la présidence de la République, au ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et à Samuel Eto’o. L’objectif était notamment d’obtenir un parrainage dans la perspective de la course à la présidence de la FIFA.
Mais, affirme-t-il, aucune réponse ne lui est parvenue. Une situation qu’il juge d’autant plus surprenante que Samuel Eto’o aurait finalement pris position pour son principal adversaire, Gianni Infantino.
« Aujourd’hui, trois mois plus tard, je n’ai aucune réponse », a regretté le candidat, qui dit avoir été particulièrement surpris par l’attitude du président de la Fecafoot.
Le soutien d’Eto’o à Infantino passe mal
Le 24 août, dans un entretien accordé à CNN, Samuel Eto’o avait affiché son soutien au président sortant de la FIFA. Le dirigeant camerounais a salué le bilan de Gianni Infantino, estimant notamment qu’il avait permis à davantage de nations de participer à la Coupe du monde.
« Gianni Infantino a donné des opportunités à des nations qui n’avaient pas eu ces opportunités de participer au plus beau des tournois, la Coupe du monde », a déclaré Eto’o, allant jusqu’à affirmer que le patron de la FIFA « a changé le football ».
Une déclaration qui a visiblement déplu à Jean Crépin Nyamsi. Ce dernier considère le soutien de Samuel Eto’o comme une décision pour le moins surprenante, au regard des relations et du contexte de cette élection.
« Un mépris » pour le candidat
Au cours de son passage sur Radio Équinoxe, Jean Crépin Nyamsi a également mis en doute les conditions dans lesquelles Samuel Eto’o aurait pris cette décision. Il s’interroge notamment sur l’éventuelle consultation des autorités camerounaises, du ministère des Sports ou encore du Comité exécutif de la Fecafoot.
Pour lui, une décision aussi importante ne devrait pas relever de la seule volonté du président de la Fédération camerounaise de football. Il affirme, avec son équipe, vouloir poursuivre son combat et refuse de considérer cet épisode comme une raison de renoncer à sa candidature.
Nyamsi estime par ailleurs que le silence qui aurait entouré ses demandes de soutien s’apparente à un « mépris », une expression qui traduit la tension grandissante autour de cette bataille électorale.
Infantino accusé de ne plus défendre les intérêts du football
Jean Crépin Nyamsi a également profité de son intervention pour s’attaquer au bilan de Gianni Infantino. À l’inverse de Samuel Eto’o, il estime que le président sortant est aujourd’hui « vomi » par une partie du monde du football.
Selon lui, Infantino ne défendrait plus suffisamment les intérêts du football. Une divergence de vision qui place les deux hommes sur des positions clairement opposées à l’approche de l’élection.
Le candidat camerounais s’interroge enfin sur les raisons profondes du soutien apporté par Samuel Eto’o à Infantino. « Est-ce une alliance ? Est-ce une position encore footballistique ou mercantile ? », s’est-il demandé, laissant ainsi planer le doute sur les motivations de cette prise de position.
À quelques mois de l’échéance électorale, la sortie de Jean Crépin Nyamsi illustre en tout cas les tensions qui commencent à entourer la prochaine course à la présidence de la FIFA. Le soutien affiché par Samuel Eto’o à Gianni Infantino pourrait ainsi devenir l’un des sujets de débat de cette campagne.
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Actualités locales
elle meurt après avoir mangé chez son concubin, le compagnon interpellé

Une femme identifiée comme Delphine Bih est décédée dans des circonstances suspectes à Mbalmayo, dans la région du Centre. Son concubin, Kpwe Julius, agent de sécurité, a été interpellé par le commissariat central de la ville dans le cadre de l’enquête ouverte sur cette mort. Les éléments présentés à la presse par les forces de l’ordre retracent les dernières heures de la victime et font état de tensions au sein du couple avant le drame.
Selon les informations communiquées par la police, Delphine Bih avait rejoint son compagnon sur son lieu de travail dans la soirée. Kpwe Julius lui a remis de la nourriture qu’elle a consommée sur place. De retour à son domicile, la femme a commencé à présenter de graves symptômes. Son état s’est rapidement détérioré et elle est décédée alors qu’elle était évacuée vers une formation sanitaire. C’est dans le cadre des investigations ouvertes après son décès que son compagnon a été interpellé.
Lors de son audition, Kpwe Julius a expliqué aux enquêteurs que le couple traversait des difficultés financières. Selon les déclarations présentées par les autorités, Delphine Bih lui avait notamment demandé de l’argent à l’approche de la rentrée scolaire, après avoir appris que ce dernier avait bénéficié d’une tontine de 150 000 FCFA. Il a expliqué ne pas avoir été en mesure de satisfaire entièrement cette demande, mais lui a néanmoins donné une somme de 100 000 FCFA, espérant qu’elle rembourse rapidement car, dit-il, “l’argent c’est pour l’école de mes enfants”.
Quelques jours plus tard, sa femme ça lui remettre 20 000 FCFA, ce qui va énerver le monsieur qui va réclamer la totalité de l’argent qu’il lui a donné. Il ajoute que sa colère a été attisée lorsqu’elle, celle-ci, va lui répondre : « Pour un petit 80 000 FCFA, tu me menaces ? Tout le monde dans la famille est contre toi. Tu es un mauvais type ».
Le mis en cause a également fait état de reproches provenant de sa belle-famille. Celle-ci lui reprochait, selon sa version, de ne pas subvenir suffisamment aux besoins du foyer. Ces tensions auraient progressivement dégénéré en menaces réciproques dans les jours précédant le décès.
Le couple partageait pourtant sa vie depuis près de 24 ans et avait deux enfants. Les deux partenaires projetaient de se marier en décembre prochain. Après le décès, les enquêteurs ont relevé un comportement jugé suspect chez Kpwe Julius, ce qui a conduit à son interpellation.
Le dossier a été transmis au procureur de la République pour la suite de la procédure. Les investigations devront notamment permettre de déterminer avec précision la cause du décès et d’établir les responsabilités pénales éventuelles. L’interpellation du concubin ne préjuge donc pas, à ce stade, de l’issue judiciaire de l’affaire.
50 féminicides recensés en quatre mois
Le drame de Mbalmayo survient dans un contexte particulièrement préoccupant au Cameroun. Le 19 juin 2026, la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a indiqué devant l’Assemblée nationale que 1 599 cas de violences basées sur le genre avaient été enregistrés entre janvier et avril 2026, dont 50 féminicides, 166 viols et 13 infanticides.
La ministre avait également fait état d’une progression des féminicides depuis 2023. Ces chiffres officiels donnent une mesure de l’ampleur du phénomène, alors que les organisations de défense des droits humains soulignent régulièrement les difficultés liées au signalement et au recensement des violences faites aux femmes.
Human Rights Watch a notamment documenté la situation dans un rapport publié le 24 juin 2026, intitulé « Je vis dans l’insécurité permanente ». Après avoir interrogé 60 femmes à Douala, Maroua et Buéa, l’organisation décrit des violences physiques, psychologiques et économiques largement répandues, souvent commises par des maris ou des partenaires intimes.
Selon les données gouvernementales citées par HRW, 77 femmes ont été tuées par leur partenaire au Cameroun en 2024. L’organisation estime cependant que le nombre réel pourrait être supérieur, plusieurs cas n’étant pas signalés aux autorités. HRW critique également l’insuffisance des services publics destinés à protéger les victimes et appelle le Cameroun à renforcer son dispositif de prévention, de protection et d’accès à la justice.
L’ONU appelle à mettre fin à l’impunité
La recrudescence des féminicides a également suscité une réaction du Système des Nations unies au Cameroun. Dans une déclaration publiée le 8 juin 2026, l’ONU s’est dite « profondément préoccupée » par la multiplication récente des cas de féminicides, d’infanticides et de violences sexuelles dans le pays.
L’organisation internationale a appelé à mettre fin à l’impunité des auteurs de violences et à renforcer les mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge des victimes. Elle a également insisté sur la nécessité d’améliorer l’accès aux services sanitaires, psychosociaux et judiciaires.
De son côté, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a accompagné en 2026 un plaidoyer parlementaire en faveur d’une loi spécifique contre les violences basées sur le genre. L’organisation relevait déjà, dans le cadre de cette mobilisation, qu’une trentaine de femmes avaient été tuées en l’espace de trois mois à travers le pays, pour la plupart par leurs conjoints ou partenaires.
Une réponse gouvernementale encore sous pression
Face à cette succession de drames, le gouvernement camerounais a renforcé sa communication sur la lutte contre les violences basées sur le genre. La ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa a été interpellée à plusieurs reprises sur la nécessité de renforcer la prévention et la protection des femmes, alors que le phénomène prend une place croissante dans le débat public.
Mais pour Human Rights Watch, les réponses apportées restent insuffisantes. L’organisation estime que les violences domestiques sont favorisées par des discriminations persistantes, une faible autonomie économique de nombreuses femmes et des insuffisances dans l’accès aux mécanismes de protection et à la justice. Elle appelle notamment les autorités camerounaises à prendre des mesures concrètes et durables plutôt que de limiter leur action à des engagements politiques.
À Mbalmayo, l’enquête judiciaire doit désormais déterminer ce qui s’est exactement passé entre le moment où Delphine Bih a rejoint son concubin et celui où son état s’est brutalement dégradé. Les déclarations de Kpwe Julius, les constatations des enquêteurs et les autres éléments versés au dossier seront déterminants pour établir les circonstances exactes du décès.
Une affaire qui, au-delà du drame familial, intervient dans une série de morts violentes de femmes qui alimente désormais une question nationale : comment empêcher que les violences au sein des couples ne se transforment une nouvelle fois en drames irréversibles ?
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Actualités locales
Grand Eweng, nouvel aéroport de Douala, data center… ces projets que le Cameroun propose aux investisseurs américains

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun et les États-Unis doivent tenir ce jeudi 27 août 2026 à Yaoundé leur premier Dialogue économique et commercial bilatéral. Préparée depuis plusieurs semaines par des consultations entre le chargé d’affaires américain John G. Robinson et plusieurs membres du gouvernement, cette rencontre doit porter sur trois grands sujets : l’amélioration du climat des affaires, le développement du commerce et l’identification d’opportunités d’investissement entre les deux pays. Le numérique, l’agriculture, l’énergie et les mines font partie des secteurs expressément identifiés.
Dans le volet consacré aux investissements, Yaoundé veut profiter de ce nouveau cadre pour placer plusieurs projets dans le radar des entreprises, experts et instruments de financement américains. Le plus important par sa taille est Grand Eweng, projet hydroélectrique développé sur la Sanaga par l’américain Hydromine.
Le catalogue officiel des projets structurants en partenariat public-privé publié en avril 2026 par le Cameroun affiche pour Grand Eweng une puissance de 1 080 MW et un coût d’investissement estimé à 1 855 milliards FCFA, soit environ 3 milliards de dollars. Le projet figure parmi les 14 infrastructures prioritaires proposées aux partenaires et investisseurs. De son côté, le département américain du Commerce cite Grand Eweng parmi les opportunités ouvertes aux entreprises américaines dans l’ingénierie, les équipements électriques, la construction et les services environnementaux.
Le projet n’en est toutefois pas à ses débuts. Hydromine et le gouvernement camerounais travaillent sur Grand Eweng depuis plusieurs années. Le 5 juillet 2019, le ministère de l’Eau et de l’Énergie, Hydromine et Eneo avaient notamment signé une lettre d’intention destinée à encadrer la négociation d’un contrat d’achat de l’électricité produite par la future centrale. Depuis mai 2026, Eneo a été transformée en Société camerounaise d’électricité (SOCADEL). Le calendrier du projet demeure cependant incertain : Hydromine le présente toujours comme étant en développement, après plusieurs échéances de démarrage précédemment annoncées mais non tenues.
Un nouvel aéroport pour la métropole de Douala
Le gouvernement remet également sur la table le projet d’un aéroport de classe mondiale dans la région métropolitaine de Douala. L’idée figure déjà dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030, qui prévoit la réalisation d’études de faisabilité. En novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, le ministre des Transports avait annoncé l’intention du gouvernement de lancer ces études en 2026.
Ce projet de long terme vient s’ajouter aux investissements engagés pour réhabiliter l’actuel aéroport international de Douala. Il vise notamment à répondre aux limites du dispositif aéroportuaire existant et à renforcer l’ambition du Cameroun de devenir un hub aérien sous-régional.
Selon les projets présentés par la partie camerounaise dans le cadre des échanges, Yaoundé sollicite également l’expertise américaine pour des études portant sur la réalisation de complexes théâtraux ultramodernes à Yaoundé, Douala et Bamenda.
Data center, cloud et intelligence artificielle
Le numérique constitue l’autre grand bloc d’infrastructures mis en avant. Le programme soumis aux partenaires américains comprend notamment un data center national souverain associé à un parc cloud, la mise en place d’un Centre national d’opérations de sécurité (SOC) et l’accompagnement de l’opérationnalisation de la stratégie nationale d’intelligence artificielle.
Ces projets correspondent à un marché que Washington considère déjà comme porteur. Dans sonCountry Commercial Guideactualisé en avril 2026, le département américain du Commerce identifie explicitement au Cameroun une demande en infrastructures de données, cloud, cybersécurité, fibre optique et solutions numériques, et y voit des opportunités pour les entreprises américaines.
Les échanges doivent également porter, côté américain, sur l’interconnexion entre le Cameroon Customs Information System (CAMCIS) et les systèmes des compagnies aériennes afin de fluidifier le traitement du fret aérien, ainsi que sur la mise en place d’un système intégré de suivi et de surveillance des navires.
Dans les mines, Washington souhaite enfin approfondir les travaux de cartographie géologique et minière du pays. Le chantier ne part pas de zéro. Avec l’appui de la Banque mondiale dans le cadre du PRECASEM, le Cameroun a déjà produit une carte géologique nationale à l’échelle 1:500 000 ainsi que des cartes plus détaillées de plusieurs zones à l’échelle 1:200 000. L’enjeu est donc davantage d’achever, d’actualiser et de rendre plus exploitables ces données pour les investisseurs que de créer une cartographie minière ex nihilo.
Cette dernière précision renforce nettement le papier : elle évite le discours institutionnel et montre que le Dialogue du 27 août porte moins sur une simple liste de projets nouveaux que sur la recherche de partenaires américains capables de faire avancer des infrastructures déjà identifiées mais restées, pour plusieurs d’entre elles, au stade des études ou du développement pendant des années. C’est, à mon sens, le vrai fil économique de l’article.
Ludovic Amara
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Actualités locales
le projet de bauxite de Minim-Martap au bord du gouffre

Coup dur pour l’ambition minière du Cameroun. Canyon Resources abandonne son objectif de production au 4ᵉ trimestre 2026. En cause : le gel de 82 milliards FCFA (140 M$) par AFG Bank, une OPA hostile à 0,05 dollar australien sur 55,56 % du capital déjà détenu, alors que le gisement de 1,1 milliard de tonnes est prêt avec 60 wagons en route.
C’est un coup de théâtre dans l’Adamaoua. Alors que le pays attendait ses premières exportations de bauxite fin 2026, Canyon Resources vient de reporter sine die le projet Minim-Martap.
Le couperet est tombé le lundi 24 août 2026 via un communiqué officiel. Le directeur général, Peter Secker, quittera ses fonctions d’ici fin août, signe d’une crise de gouvernance profonde.
Le blocage est d’abord financier. AFG Bank Cameroun a gelé sa ligne de crédit de 82 milliards de FCFA, soit 140 millions de dollars, indispensables au démarrage.
Ce gel coïncide avec une manœuvre boursière agressive. Le principal actionnaire, A2MP Investments de l’homme d’affaires Gagan Gupta, qui détient déjà 55,56 % du capital, a lancé une OPA hostile pour prendre le contrôle total à prix cassé : 0,05 dollar australien l’action. Son argument : le projet ne serait plus rentable face à l’explosion des coûts logistiques.
Le paradoxe est total sur le terrain. La route minière est achevée et les 60 premiers wagons commandés en Chine doivent accoster à Douala en octobre. Le gisement, l’un des plus riches au monde avec 1,1 milliard de tonnes de ressources, est prêt.
Pour l’État, qui comptait sur Minim-Martap pour compenser le déclin pétrolier, l’attente se prolonge. Verdict le 21 septembre 2026, date de clôture de l’OPA.
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