Actualités locales
« l’acte de mariage n’est pas une licence pour tuer »

Face à la multiplication des meurtres de femmes au Cameroun, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Jean De Dieu Momo, appelle à une réponse pénale « sans faiblesse » contre les auteurs de ces crimes.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le responsable politique préfère parler d’« hommes assassins » plutôt que de « féminicides », estimant que ce dernier terme peut, selon lui, atténuer la gravité des actes commis.
« HOMMES CRIMINELS. PARLEZ-MOI DES HOMMES ASSASSINS ET NON DE FÉMINICIDES.
Ce mot est trop pudique pour masquer comme un cache-sexe de véritables criminels qui s’arrogent le DROIT DE TUER sous prétexte qu’ils sont des maris ou des partenaires sexuels ! VOICI CE QUE JE DIS : IL FAUT UNE RÉPRESSION SANS FAIBLESSE CONTRE CES ASSASSINS.
J’AJOUTE QUE LES VOISINS ET CEUX QUI SONT PRÉSENTS SUR LA SCÈNE DE CES CRIMES ONT LE DROIT D’EMPÊCHER LE CRIMINEL DE CONTINUER SES ACTES DE VIOLENCE ET DE CONDUIRE, SANS VIOLENCE ET SANS RISQUE POUR EUX MÊMES, LES CRIMINELS AUPRÈS DES AUTORITÉS.
CELA SUFFIT ET NOUS POUVONS Y METTRE UN TERME. L’ACTE DE MARIAGE N’EST PAS UNE LICENCE POUR TUER!
CEUX QUI ASSISTENT À CES CRIMES SANS INTERVENIR PEUVENT ALLER EN PRISON. CELA SUFFIT! », écrit Jean De Dieu Momo.
Au Cameroun, pour les huit premiers mois de l’année 2026, plus de 60 femmes ont été tuées dans des conditions effroyables. Malgré les mesures gouvernementales prises et communiquées au public au cours d’une conférence de presse conjointe des membres du gouvernement en juin dernier, le mal continue de progresser.
D’après les chiffres relevés par le gouvernement camerounais, le nombre de cas s’accroît au fil des ans. 50 femmes tuées en 2023, 67 en 2024, 77 en 2025 et déjà plus de 60 cas avant la fin du huitième mois de l’année 2026. Soit un total d’environ 254 femmes en presque quatre ans.
Aux mesures gouvernementales qui sont mises en œuvre sans toutefois être suivies de résultats durables, s’ajoutent les initiatives et actions de la société civile. Les organisations de la société civile et des féministes individuels s’activent pour lutter contre le phénomène à travers la sensibilisation, la formation, l’appui à l’autonomisation des femmes ainsi que la prise en charge des victimes de violences.
Le premier forum national sur la lutte contre les féminicides a réuni plusieurs acteurs en mars dernier à Yaoundé. Des plaidoyers contenant des propositions de solutions à mettre en œuvre sont introduits auprès des autorités. Des solutions innovantes proposées se mêlent encore à de nombreux défis.
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Actualités locales
Le journaliste Alain Denis Ikoul n’est pas en détention après une plainte de la Fecafoot

Il est ressorti libre de son audition à une convocation de la Direction de la police judiciaire (Porte 310), ce mercredi 26 août 2026.
Il n’est pas en détention. Convoqué ce mercredi 26 août 2026, à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé, Alain Denis Ikoul le rédacteur en chef du magazine Cfoot est ressorti libre de ses mouvements contrairement aux rumeurs qui l’ont annoncé en garde à vue.
Actu Cameroun apprend de source bien introduite que le journaliste et commentateur sportif a effectivement déféré ce 26 Août 2026 à la convocation de la Direction de la police judiciaire (Porte 310) suite à une plainte émanant de l’exécutif actuel de la fédération camerounaise de football ( Fecafoot).
La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) accuse le journaliste de « diffamation » et de « propagation de fausses nouvelles ».
Le document de convocation, signé par la police, rappellait que le journaliste a le droit de se faire assister par un avocat. Les détails précis sur l’article ou la publication visée par la plainte ne sont pas encore officialisés.
FOCUS
La Direction de CFOOT informe l’opinion publique nationale et internationale que, son journaliste, Alain Denis Ikoul, a été auditionné ce mercredi 26 août 2026 par les services de la Police judiciaire camerounaise à Yaoundé, en présence de ses Conseils : Me Claire Atangana Bikouna (ancien Bâtonnier du Barreau du Cameroun) et Me Junior Bediang (Avocat au Barreau du Cameroun).
Cette audition, qui s’est déroulée de 10h00 à 12h30 dans une ambiance conviviale, s’est tenue dans le strict respect des règles de procédure, dans un cadre serein et professionnel.
À l’issue de son audition, Alain Denis Ikoul a quitté les locaux de la Police judiciaire et a regagné ses occupations.
La direction de CFOOT tient à saluer le professionnalisme des agents ayant conduit cette audition et réaffirme son attachement au respect des procédures, au libre exercice du métier de journaliste et à une information fondée sur des faits.
La Direction de CFOOT

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Actualités locales
Christian Ntimbane Bomo appelle à soutenir la candidature de Jean Crepin Nyamsi
La candidature de Jean Crepin Nyamsi à la présidence de la Fédération internationale de football (FIFA) est une candidature camerounaise qui mérite d’être soutenue selon Christian Ntimbane Bomo.
La course à la présidence de la FIFA est lancée. Face à Gianni Infantino, président sortant et candidat à sa propre succession, un camerounais se positionne. Jean Crepin Nyamsi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vise à la tête de l’instance faitière du football mondial.
Et dans cette course à la tête de la FIFA, Christian Ntimbane Bomo appelle à soutenir le compatriote Jean Crepin Nyamsi. «Candidater à la FIFA, c’est tout comme candidater dans une organisation internationale« , d’abord notifié l’avocat qui assure que l’université dispose du pédigré nécessaire pour diriger la FIFA.
Selon le président du parti Héritage, Jean Crepin Nyamsi jouit de la confiance de nombreux acteurs de haut niveau du monde du football (footballeurs, journalistes sportifs et managers du sport) avec lesquels il a préparé son programme sur l’avenir du football mondial.
S’il est évident qu’il n’obtiendra pas le soutien de la FECAFOOT dirigée par Samuel Eto’o Fils, l’universitaire se verra porter sa candidature par une fédération étrangère. Cette candidature sera soutenue par au moins cinq fédérations de football étrangères avec lesquelles, il est en pourparlers ou a eu des accords de principe, a assuré Ntimbane Bomo.
«C’est donc une probable candidature camerounaise à la prochaine élection à la Présidence de la FIFA qui mérite d’être soutenue par le peuple camerounais et cette jeunesse camerounaise qui veut rêver et oser« , a-t-il conclu.
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Actualités locales
« la réussite individuelle ne libère pas le Cameroun »

Le cinéaste et essayiste camerounais Jean-Pierre Bekolo relance le débat sur le modèle économique du pays en contestant l’idée selon laquelle les réussites individuelles, même exceptionnelles, pourraient constituer une réponse durable à la précarité.
Dans une longue analyse consacrée au « nkapitalisme », il estime que le parcours de Samuel Eto’o ne doit pas être érigé en modèle économique pour la société camerounaise.
Pour Jean-Pierre Bekolo, le problème n’est pas l’existence de Camerounais fortunés, mais la tendance à transformer leur réussite personnelle en référence collective. Selon lui, célébrer quelques parcours exceptionnels ne suffit pas à modifier les mécanismes économiques qui maintiennent une grande partie de la population dans la précarité.
Lire l’analyse de Jean-Pierre Bekolo :
« ETO’O NE DOIT PAS ÊTRE NOTRE MODÈLE ÉCONOMIQUE
Les réactions suscitées par mon analyse du « nkapitalisme » — dont Samuel Eto’o est devenu, au détour de la controverse Infantino, la figure emblématique, mais il n’est pas le seul, toutes les fortunes issues de fonds privés comme publics procèdent du même modèle — posent une question directe : que proposons-nous concrètement à la place ?
Pour rappel, le nkapitalisme repose sur une illusion commode : l’idée que la réussite individuelle de quelques figures d’exception finirait par produire, par ruissellement spontané, la prospérité collective de tous.
En prolongeant la réflexion avec Pierre Fezeu, une certitude s’impose : le problème n’est pas qu’il existe des Camerounais riches. Le problème est d’avoir érigé leur trajectoire personnelle en projet de société. Nous célébrons l’enrichissement individuel sans interroger les mécanismes qui maintiennent la majorité dans la précarité. Nous applaudissons l’exception en laissant intactes les règles qui fabriquent la misère.
La misère camerounaise est structurelle
On répète souvent que les gens ne travaillent pas, qu’ils sont paresseux, qu’ils attendent tout de l’État ou ne vivent que d’assistance. C’est faux.
Un planteur peut travailler toute sa vie sans jamais pouvoir acquérir un tracteur. Un jeune diplômé peut cumuler les formations sans trouver d’emploi. Un artisan peut créer de la valeur sans jamais bâtir une entreprise viable. La misère camerounaise découle directement des règles financières et institutionnelles qui organisent la production, la circulation et la captation de la valeur.
Notre économie fonctionne comme une passoire, d’où l’expression “l’argent c’est le touchement”: vous pouvez y verser dix, cent ou mille litres d’eau, elle reste désespérément vide. Des flux financiers entrent par l’exportation brute de nos matières premières, mais repartent aussitôt financer des biens manufacturés, des services importés et des intérêts bancaires extérieurs.
Le défi n’est donc pas d’injecter toujours plus de devises dans une passoire, mais de colmater les brèches, de boucher les trous pour retenir, faire circuler et réinvestir la richesse sur place.
Le piège du crédit bancaire : dépasser Yunus Mohamed
Le discours bancaire classique affirme qu’on ne prête pas aux pauvres par manque de garanties. C’est un cercle vicieux implacable :
Pas de patrimoine > pas de crédit > pas d’investissement > revenus de subsistance > pas de patrimoine.
Muhammad Yunus l’inventeur de la micro-finance a brisé ce raisonnement au Bangladesh avec la Grameen Bank en prouvant que l’insolvabilité supposée des pauvres traduisait d’abord l’inadaptation des banques traditionnelles. Mais le Cameroun doit aller bien plus loin que le microcrédit de survie.
Financer une machine à coudre permet de subsister ; l’objectif économique doit être de financer l’atelier, puis l’usine. Il ne s’agit plus seulement de prêter pour consommer ou survivre au jour le jour, mais de démocratiser l’accès au capital productif pour que ceux qui travaillent possèdent leurs outils de production.
L’argent et la fuite économique : l’expérience du Quartier Doll’art
Un village camerounais peut disposer de terres fertiles, de maçons, de mécaniciens, d’ingénieurs et de bras disponibles, tout en restant paralysé parce qu’il « manque de francs CFA ». L’argent n’est pas la richesse réelle — qui réside dans les terres, les compétences et les machines —, il n’est que l’outil de coordination qui met ces ressources en mouvement.
C’est le constat qui a guidé l’expérience du Quartier Doll’art qu’on a voulu mener au Quartier Mozart à Yaoundé avec les artistes :
Lorsqu’un créateur gagne 100 000 FCFA, cette somme est immédiatement absorbée par des dépenses extérieures en prenant le taxi, en rechargeant son téléphone, en buvant une bière, il dépense dans le carburant, les télécoms, les produits importés, les brasseries… L’argent quitte l’écosystème de la culture déjà en manque, en quelques jours seulement.
Pour que l’ argent qui a quitté la culture revienne à l’artiste, il doit d’abord recréer de la valeur, puis doit attendre qu’un apport extérieur (genre un farotage) vienne à nouveau alimenter son secteur.
L’enjeu du Quartier Doll’art était d’organiser des circuits courts où la valeur circule plusieurs fois au sein de la communauté (le cinéaste paie le graphiste, qui paie le musicien, qui paie le comédien) avant de s’évaporer. Ce principe d’écosystème monétaire et de crédit mutuel montre que notre pauvreté provient d’une hémorragie constante de la valeur, faute de circuits d’échange internes.
L’illusion Infantino et le mirage des investisseurs privés
L’actualité sportive illustre parfaitement cette impasse. Lorsque Samuel Eto’o soutient le projet de Gianni Infantino à la FIFA (FIFA Forward Enterprise) en affirmant qu’il aurait permis de « rééquilibrer le rapport de force » en faveur de l’Afrique, il formule involontairement le piège du nkapitalisme.
Rééquilibrer quoi ? Le montant des subventions envoyées depuis Zurich aux fédérations ?
Le projet d’Infantino prévoyait d’ouvrir la gestion commerciale des compétitions à des fonds d’investissement privés pour générer du cash et promettre des dotations accrues aux pays du Sud. Mais les investisseurs privés et les fonds de private equity ne sont pas des enfants de chœur, surtout vis-à-vis de l’Afrique. Ce ne sont pas des philanthropes venus faire du développement social ou bâtir des terrains à Yokadouma. Ils obéissent à un impératif unique : le rendement maximal et l’obligation de faire toujours plus d’argent.
Quand ces capitaux entrent, ils exigent contractuellement la rentabilité agressive de chaque actif, le verrouillage des droits de diffusion derrière des abonnements hors de prix pour le citoyen ordinaire et la priorité absolue aux marchés solvables du Nord et du Golfe. L’Afrique y est maintenue dans son rôle historique de simple bassin d’extraction à bas coût.
Le modèle Infantino/Eto’o : Financiarisation agressive > rentrée de capitaux spéculatifs prédateurs> rente > subventions aux fédérations > perpétuation de la dépendance.
Le modèle productif souverain : Production locale > détention des actifs > circulation monétaire interne > réinvestissement > accumulation collective.
Prétendre que des subventions empêcheront la fuite des talents africains est une illusion, identique à celle du planteur de cacao qui espère s’enrichir en vendant sa fève brute un peu plus cher. Tant que l’Afrique ne possède ni les ligues majeures, ni les diffuseurs, ni les marques, ni les infrastructures capitalistiques du football, injecter des liquidités ne stoppe pas l’extraction : cela la modernise.
Les quatre piliers de l’indépendance économique
Pour bâtir un modèle productif et sortir durablement de la dépendance, y compris dans le football, quatre leviers doivent être actionnés :
– Démocratiser le crédit : créer des banques d’investissement public et des caisses mutualistes évaluant les dossiers sur la viabilité productive réelle et non sur le gage d’un titre foncier inaccessible.
– Organiser la circulation locale : ralentir les fuites économiques en développant des coopératives, des réseaux de crédit mutuel et des unités de compte complémentaires adossées à la production locale.
– Démocratiser la propriété : intégrer les salariés et les coopératives de producteurs au capital des entreprises et des usines de transformation. L’objectif est une société de propriétaires-producteurs, non de simples exécutants précaires.
– Imposer la transformation industrielle : cesser d’exporter nos matières premières brutes (cacao, bois, coton, minerais, talents sportifs) sans valeur ajoutée. L’Afrique doit posséder les usines, les marques et les réseaux de distribution de ses propres ressources.
Produire une économie, non des exceptions
Quand bien même Samuel Eto’o demeure un modèle sur de multiples plans au vu de sa brillante carrière sportive, il ne saurait constituer notre boussole économique. Non seulement il n’en maîtrise pas les dynamiques structurelles, mais lui et l’ensemble des footballeurs ne sont, en réalité, que des pions au sein d’un capitalisme mondialisé. Dans ce système, l’Afrique occupe toujours la dernière place : celle du pourvoyeur perpétuel de matière première brute — qu’il s’agisse de ressources naturelles ou de corps athlétiques d’exception —, reconduisant la même logique d’extraction héritée de l’esclavage et de la colonisation.
Un exploit individuel reste admirable, mais l’exception ne constitue pas une politique économique. Un État ne peut pas demander à des millions de citoyens d’accomplir un miracle pour simplement sortir de la misère.
La question centrale n’est pas de fabriquer quelques milliardaires pour flatter notre fierté dans les salons internationaux. La vraie question est : pourquoi faut-il être un phénomène d’exception pour avoir accès au capital productif ?
Le véritable développement ne se mesure pas au volume d’argent qui traverse le pays ni au nombre de jets privés dans nos aéroports. Il s’évalue à notre capacité collective à produire, posséder, transformer, faire circuler et réinvestir notre propre richesse.
Le problème du Cameroun n’a jamais été le manque de travail de ses enfants. Les Camerounais sont des travailleurs. Le problème réside dans leur dépossession méthodique de la valeur qu’ils créent. Changer cela consiste à refonder les règles du jeu économique. »
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