Actualités locales
Zlecaf : le déploiement bancaire partiel du PAPSS d’Afreximbank en CEMAC limite l’accès des entreprises camerounaises

(Investir au Cameroun) – Dans un communiqué daté du 21 août, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, encourage les opérateurs économiques et les acteurs institutionnels à s’approprier le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Le dispositif doit leur permettre de régler des partenaires africains en francs CFA, tandis que le bénéficiaire reçoit les fonds dans sa propre monnaie, sans que le client ait à passer par le dollar ou l’euro. PAPSS annonce un traitement des paiements en quelques secondes et un règlement net coordonné, en fin de journée, avec les banques centrales participantes.
Une adhésion à traduire dans les banques
L’adhésion de la BEAC le 9 juillet 2026 constitue le préalable monétaire et réglementaire, mais elle ne suffit pas à ouvrir automatiquement le service à tous les clients de la CEMAC. Les banques commerciales, fintechs et prestataires de paiement doivent encore se connecter à la plateforme et déployer les canaux permettant d’initier les opérations. Le gouverneur Yvon Sana Bangui les a d’ailleurs appelés à« préparer leur participation à la plateforme », en présentant comme objectif des paiements transfrontaliers« plus rapides, plus abordables et plus efficaces ».
Cette distinction est importante au regard des chiffres diffusés par PAPSS. Après l’arrivée de la BEAC, l’opérateur revendique une connexion avec 28 pays, plus de 190 banques commerciales et fintechs, ainsi que 16 commutateurs de paiement. Il indique également que plus de 250 autres institutions peuvent être atteintes par l’intermédiaire de partenaires. Ces statistiques de couverture ne signifient toutefois pas que tous ces établissements émettent déjà des paiements dans les deux sens.
Dans sa cartographie de juin 2026, la plus récente rendue publique avant l’adhésion de la BEAC, PAPSS classait encore le Cameroun dans son réseau étendu, uniquement pour la réception de fonds, via une banque et un portefeuille mobile non identifiés. Le pays ne figurait pas parmi les marchés disposant de participants directs capables d’émettre et de recevoir. Au 24 août, aucune liste publique plus récente ne précise les banques camerounaises effectivement opérationnelles, les corridors ouverts, les tarifs ou les plafonds applicables. Ce sont pourtant ces informations qui détermineront l’usage réel du dispositif par les entreprises.
Un goulot d’étranglement estimé à 5 milliards de dollars
L’enjeu économique dépasse le seul délai de règlement. Les paiements entre deux pays africains transitent encore fréquemment par une devise forte et des correspondants bancaires extérieurs au continent. PAPSS estime que cette fragmentation absorbe environ 5 milliards de dollars par an en frais, délais et coûts d’opportunité, soit un ordre de grandeur proche de 2 800 milliards de FCFA au cours indicatif de la BEAC du 24 août 2026. Cette estimation est continentale et institutionnelle : elle ne mesure ni les économies attendues pour le Cameroun ni les tarifs futurs des banques locales.
Pour une entreprise camerounaise achetant au Ghana, au Kenya ou au Nigeria, la promesse est de payer en francs CFA à partir de sa banque, avec conversion et règlement au sein du réseau africain. Le mécanisme pourrait réduire le nombre d’intermédiaires, raccourcir les délais et limiter le recours opérationnel aux devises tierces. Il ne supprime cependant ni les contrôles de conformité bancaire, ni les justificatifs commerciaux, ni les obligations prévues par la réglementation des changes de la CEMAC.
Un outil de paiement qui ne suffira pas à accélérer la Zlecaf
Le Cameroun dispose d’une avance relative en Afrique centrale. Dans une note publiée le 30 juillet 2026, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) le présente comme le seul pays de la sous-région ayant déjà commercé aux conditions préférentielles de la Zlecaf, dans le cadre de l’Initiative de commerce guidé. Le premier certificat d’origine camerounais avait été délivré le 6 octobre 2022 au GIC Afatex pour une cargaison de safous séchés, d’ananas séchés et de thé au gingembre destinée au Ghana.
Cette avance reste difficile à mesurer. Ni le communiqué du ministère du Commerce ni les sources publiques consultées ne donnent un bilan consolidé récent du nombre d’entreprises utilisatrices, de la valeur des marchandises échangées ou des droits de douane économisés sous le régime préférentiel. La CEA souligne surtout que l’essor des échanges suppose une chaîne complète : offres tarifaires, règles d’origine, procédures douanières, normes de qualité, information des entreprises, logistique, financement et traitement des barrières non tarifaires.
PAPSS peut lever l’un des freins, celui du paiement, une fois les banques de la CEMAC effectivement raccordées. Son impact dépendra toutefois de la publication d’un calendrier précis, de la liste des participants, des coûts facturés et des corridors accessibles. Sans ces éléments, l’appel du gouvernement à l’appropriation du système demeure une préparation utile, mais encore incomplète, à l’élargissement des échanges camerounais sur un marché continental d’environ 1,4 milliard de personnes.
BRM
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Actualités locales
« la Chine ne veut pas qu’on parle d’elle ainsi »

Le journaliste et commentateur de matchs de football Martin Camus Mimb affirme qu’avec la sortie de Kylian Mbappé sur Mao, il n’est pas question de savoir s’il a raison ou pas. La Chine ne veut tout simplement qu’on parle d’elle de cette façon.
Tout est parti d’une vidéo dans laquelle l’attaquant français d’origine camerounaise Kylian Mbappé réagissait à des montages humoristiques, le représentant en dictateur avec une référence à Mao Zedong. La séquence a rapidement provoqué une vague d’indignation en Chine, où plusieurs marques ont mis fin à leurs collaborations avec le capitaine des Bleus. Réagissant à cette polémique, le journaliste Martin Camus Mimb indique qu’il s’agit tout simplement de se plier à une grande puissance économique.
« Quand tu es fort et riche, même quand tu as tort, tout le monde s’excuse et se met à genoux. La question n’est pas d’aimer Kylian ou pas. De le défendre ou pas. De savoir si Mao était dictateur ou pas. Ce n’est pas un concours d’émotions et de gesticulations. La question est claire :LA CHINE NE VEUT PAS QU’ON PARLE D’ELLE AINSI. Elle n’a demandé à personne de l’aider à détester Mbappé ou d’être en colère contre lui. Elle a décidé que chez elle, ça ne passe pas. Elle montre sa puissance et sa capacité de nuisance si on lui manque le respect. Il n’est donc pas question de savoir si vous avez raison de vous agiter quand on parle en mal de vos hommes d’État. Il est question de savoir si vous avez la puissance et l’autorité de la Chine, pour obliger : le Real à s’excuser, Kylian à s’excuser, la fédération espagnole à s’excuser, et bientôt Macron et l’Élysée ? Cela s’appelle le rapport de force. Et même si vous convoquez la théorie du complot, elle ne prospère que là où il y’a la puissance. Le développement, ce n’est pas l’industrie et les routes bien habillées. C’est la capacité à imposer aux autres, comment ils doivent vous regarder. La Puissance… Gros c’est la Puissance ! », a-t-il déclaré.
Le journaliste sportif Romain Molina, pour sa part, affirme que « les acteurs du monde sportif montrent qu’ils iront toujours dans le sens voulu par un pays si celui-ci a des intérêts économiques. Chine, Rwanda, nations du Golfe, États-Unis et même Russie à l’époque : l’industrie sportive pousse votre narratif et ne pose pas de questions (tant que vous payez…). »
Il est à noter que Kylian Mbappé a présenté ses excuses à la Chine à travers Interconnected Ventures, sa holding présidée par sa maman. Cependant, cette sortie n’a pas suffi pour apaiser les tensions.
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Nachtigal : la facture projetée de NHPC frôle 200 milliards de FCFA en 2027, le « take or pay » encore à clarifier

(Investir au Cameroun) – La facturation de Nachtigal Hydro Power Company (NHPC) au titre du mécanisme de « take or pay » est projetée à 196,16 milliards de FCFA en 2027. Ce montant figure dans le rapport général des Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA), tenues du 1er au 14 septembre 2026 pour préparer le budget de l’État sur la période 2027-2029. Les examinateurs demandent au ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE) de préciser les obligations financières découlant du contrat d’achat d’électricité conclu avec NHPC.
Le ministère a déjà fourni un état détaillé de la situation des factures de NHPC. Les examinateurs jugent néanmoins cette documentation insuffisante. Ils réclament notamment les dispositions conventionnelles du « take or pay », les montants annuels à acquitter, leur inscription dans le Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) et le circuit institutionnel de transmission et de validation des factures.
La projection de 196,16 milliards de FCFA ne correspond pas nécessairement à une dépense que l’État devra intégralement décaisser en 2027. Le rapport ne permet pas de distinguer la facturation adressée au distributeur des charges qui pourraient effectivement revenir au Trésor public dans le cadre des engagements contractuels et des garanties accordées au projet.
Rapportée à douze mois, cette projection représente une moyenne théorique de 16,35 milliards de FCFA par mois. À titre de comparaison,Investir au Camerounfaisait état, en mars 2025, d’une facture mensuelle de 10 milliards de FCFA liée à la disponibilité de la totalité des 420 MW de Nachtigal. L’écart entre les deux montants reste à expliquer. En l’absence de précisions sur leur composition respective et les clauses tarifaires applicables, il ne permet pas de conclure à une augmentation du coût contractuel de l’électricité.
La nouvelle ligne vers Douala attendue en novembre
Le MINEE compte sur l’achèvement de la ligne de transport Nachtigal-Douala, annoncé pour novembre 2026, pour améliorer l’évacuation et l’absorption de l’électricité produite par la centrale. Selon le rapport, cette amélioration devrait réduire, à compter de 2027, les charges supportées par l’État au titre du « take or pay ».
Le document ne chiffre toutefois pas l’économie attendue et ne précise pas si celle-ci a déjà été intégrée à la projection de 196,16 milliards de FCFA.
L’échéance de novembre reste également à confirmer. Lors d’une inspection effectuée le 7 octobre 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a de nouveau demandé l’achèvement des ouvrages du deuxième corridor de transport durant ce mois, après plusieurs reports. Ces retards limitent notamment la capacité du réseau à satisfaire une demande industrielle supplémentaire estimée à 150 MW dans le Littoral.
La question financière a déjà été soulevée par le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport de consultation au titre de l’article IV, publié en avril 2026, l’institution avertit que les clauses de « take or pay » du contrat d’achat d’électricité de Nachtigal risquent d’accentuer les pressions budgétaires tant que les contraintes de transport empêchent la pleine utilisation des capacités de production disponibles.
Ces tensions ont conduit le gouvernement à rechercher des financements pour sécuriser les paiements à NHPC. Le 26 juin 2026,Investir au Camerounrévélait que 35 milliards de FCFA avaient déjà été mobilisés sur les 56 milliards nécessaires à la reconstitution d’une garantie financière liée au projet. Cette opération de sécurisation des paiements est distincte du montant annuel des factures.
Le ministère des Finances avait lui-même exprimé des réserves sur le montage financier de Nachtigal.« Nous estimons actuellement que la structuration financière de ce projet n’a pas permis à l’État d’être totalement à l’aise », avait déclaré un responsable du ministère lors du Colloque financier international organisé à Yaoundé le 23 avril 2026, selon des propos rapportés parInvestir au Cameroun.
Amina Malloum
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