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Le Cameroun et le Nigeria cherchent à améliorer le contrôle des investissements

L’ART et la NCC multiplient les échanges pour comparer leurs méthodes de contrôle du secteur des télécommunications. Après une mission camerounaise à Abuja en mai, une délégation nigériane a étudié à Yaoundé les outils de surveillance des réseaux, les plateformes de données en temps réel et les dispositifs d’intelligence artificielle du régulateur camerounais. Pour l’instant, aucun accord opérationnel n’a été annoncé.
Le Cameroun et le Nigeria cherchent à mieux rapprocher leurs pratiques de régulation dans les télécommunications. Le 10 août 2026 à Yaoundé, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) et la Nigerian Communications Commission (NCC) ont poursuivi leur exercice de comparaison des méthodes réglementaires. La rencontre constitue la deuxième étape d’un échange engagé quelques mois plus tôt. Le 6 mai, une délégation camerounaise conduite par le directeur général de l’ART, Philémon Zoo Zame, s’était rendue à Abuja. Elle avait alors étudié plusieurs pratiques de la NCC. Les discussions avaient porté sur la réglementation des services innovants, la protection des consommateurs, la sécurité des services satellitaires et les mécanismes de conformité. L’ART avait alors affiché sa volonté de tirer parti de l’expérience nigériane. Trois mois plus tard, les rôles se sont inversés. La NCC est venue observer les méthodes mises en place au Cameroun.
La délégation nigériane était conduite par Tolulope Emmanuel Awolope, responsable au sein du bureau chargé des consommateurs à la NCC. À Yaoundé, elle a suivi quatre présentations assurées par les responsables de l’ART. Les échanges ont porté sur le cadre juridique et la défense des usagers. Les responsables camerounais ont également présenté leur dispositif de suivi de la qualité des services. La délégation a ensuite découvert le fonctionnement en temps réel des plateformes de données de l’ART. L’intelligence artificielle occupe aussi une place importante dans les discussions. L’ART a présenté l’intégration d’agents d’IA dans ses systèmes de régulation. La délégation nigériane a ensuite visité l’unité chargée des plateformes techniques. Cette démarche traduit une volonté de comparer les outils et les méthodes employés par deux régulateurs confrontés à des problématiques proches. Elle ne signifie toutefois pas que les deux pays ont déjà harmonisé leurs règles.
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DES EXPÉRIENCES DIFFÉRENTES À CONFRONTER
Le Nigeria dispose d’un marché télécoms beaucoup plus vaste. Le Cameroun, de son côté, cherche à renforcer ses outils de surveillance et son dispositif de protection des consommateurs. L’intérêt du benchmarking est donc de permettre à chaque régulateur d’identifier les pratiques susceptibles d’améliorer son propre fonctionnement.
À Abuja, l’ART s’est intéressée aux réponses apportées par la NCC aux services innovants et aux questions de conformité. La sécurité des services satellitaires faisait également partie des sujets examinés. À Yaoundé, la NCC a pu observer un dispositif davantage centré sur la collecte et l’exploitation des données de réseau. Le suivi en temps réel doit permettre au régulateur de disposer d’informations plus précises sur l’état des services et sur les éventuelles anomalies. Cette circulation des expériences intervient alors que les deux pays font face à des attentes croissantes des consommateurs en matière de qualité de service.
Au Cameroun, la coopération avec la NCC intervient dans une période où l’ART intensifie ses opérations de contrôle. Le 20 juillet, le régulateur a lancé une campagne de surveillance du spectre et d’évaluation des réseaux à Douala, Yaoundé et Bafoussam. Les équipes ont notamment contrôlé la fluidité des appels, la stabilité des connexions et le respect des engagements pris par les opérateurs. Quelques jours plus tard, du 21 au 23 juillet, l’ART a également échangé avec MTN Cameroon sur les investissements réalisés en 2025 et 2026. Les discussions ont aussi porté sur les mesures prévues pour améliorer la couverture et la qualité des services.
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L’objectif affiché par le régulateur consiste à renforcer le suivi des opérateurs et à vérifier que les correctifs annoncés produisent des effets durables. Les outils présentés à la NCC peuvent s’inscrire dans cette logique. Une plateforme capable de centraliser les données et de les analyser en temps réel peut permettre au régulateur de repérer plus rapidement les défaillances.
L’IA RESTE ENCORE À PRÉCISER
La présentation des agents d’intelligence artificielle constitue l’un des éléments les plus nouveaux de la coopération. Mais l’ART ne précise pas leur niveau de déploiement. Le compte rendu de la rencontre ne permet pas de déterminer si ces agents sont déjà opérationnels, s’ils font l’objet d’une expérimentation ou s’ils restent à l’étude. Cette précision est importante. L’efficacité d’une régulation automatisée dépend d’abord de la qualité des données disponibles. Elle dépend aussi des règles qui encadrent leur utilisation et de la capacité du régulateur à agir lorsqu’un manquement apparaît. La technologie ne règle donc pas à elle seule la question de la qualité des réseaux. Elle peut accélérer la détection d’un problème. La décision qui suit reste déterminante.
Pour l’heure, les échanges entre l’ART et la NCC restent au stade du partage d’expérience. Le compte rendu de l’ART ne mentionne aucun transfert de technologie. Il ne fait pas non plus état d’un financement destiné à une nouvelle plateforme. Aucun calendrier commun de mise en œuvre n’a été annoncé. Il faut donc distinguer la comparaison des pratiques d’un véritable accord de coopération opérationnelle. La prochaine étape pourrait consister à identifier les outils susceptibles d’être adaptés à chaque environnement réglementaire. Mais le texte ne permet pas encore de savoir si cette étape sera franchie.
L’enjeu sera désormais de mesurer ce que cette coopération peut produire sur le terrain. Pour l’ART, plusieurs indicateurs permettront d’évaluer les progrès. L’évolution des débits, la fréquence des interruptions, la couverture effective des réseaux et le délai de traitement des plaintes peuvent notamment servir de repères. Le respect des mesures correctives imposées aux opérateurs constituera également un indicateur important. Aucun objectif chiffré n’a toutefois été annoncé à l’issue de la rencontre du 10 août. Aucun calendrier de publication des résultats n’a non plus été communiqué. Le rapprochement entre l’ART et la NCC reste donc encore largement institutionnel. Mais il ouvre un espace de comparaison entre deux régulateurs africains confrontés à la même pression. Ils doivent accompagner l’innovation tout en protégeant les consommateurs et en exigeant des opérateurs une qualité de service conforme à leurs engagements.
Pour le Cameroun, l’enjeu sera désormais de transformer les enseignements tirés d’Abuja et les échanges menés à Yaoundé en outils de régulation plus efficaces. Pour le Nigeria, la visite aura permis d’observer les dispositifs développés par l’ART, notamment dans l’exploitation des données en temps réel et l’usage de l’intelligence artificielle. Le rapprochement réglementaire ne pourra réellement prendre forme que lorsque ces échanges déboucheront sur des pratiques mesurables et des résultats vérifiables.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 19/08/2026
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Secteur privée : Le Cameroun et l’UE évoquent les perspectives pour les acteurs

Lors de son audience avec Jean-Marc Chataignier, Achille Bassilekin III a souhaité que les nouveaux dispositifs pour accompagner les PME locales cessent d’être des outils d’accompagnement mais plutôt des instruments de transformation productives, capables de contribuer à la croissance, à la modernisation et à la compétitivité des PME et de l’économie sociale camerounaises.
Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) et reçu en audience ce mercredi 19 août 2026 à Yaoundé, Jean-Marc Chataignier, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne (UE) au Cameroun. C’était dans le cadre des audiences de fin de séjour du diplomate européen auprès des membres du Gouvernement.
Cette rencontre a permis de faire le point sur la coopération entre le Cameroun et l’Union européenne dans le domaine des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat, tout en mettant en perspective les nouvelles opportunités offertes aux acteurs du secteur privé camerounais.
Les deux personnalités ont entre autres évoqué le Programme d’appui au développement économique par la promotion des chaînes de valeur et de l’initiative privée (PAD-CV), lancé en 2024, ainsi que le Programme d’accélération numérique du Cameroun et le programme Digital Business Boost for Africa, tous deux introduits en 2026.
Accords de partenariat
Les deux personnalités ont également évoqué les Accord de Partenariat Économique (APE) entre le Cameroun et l’Union européenne, les exportations camerounaises bénéficient d’un accès libre au marché européen, offrant ainsi des perspectives importantes pour les PME disposant d’une offre compétitive et répondant aux exigences du marché.
Pour le gouvernement du Cameroun, l’enjeu est désormais de permettre à davantage de PME camerounaises de saisir ces opportunités, en renforçant leur productivité, leur capacité d’innovation, leur transformation numérique et leur aptitude à répondre aux standards internationaux.
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Le sélectionneur égyptien Hossam Hassan s’évanouit pendant une bagarre entre ses deux épouses

Une scène familiale a viré au scandale dans un hôtel de Porto Marina, sur la côte nord de l’Égypte. Selon plusieurs médias, Hossam Hassan aurait fait un malaise alors qu’une dispute opposait sa femme Dan Adam à son ex-femme Howaida Al-Gharbawi. Son avocat conteste toutefois la version d’un problème de santé.
Hossam Hassan pris au milieu d’une violente dispute
Le week-end dernier, Hossam Hassan profitait d’un séjour sur la côte nord de l’Égypte. L’entraîneur de la sélection nationale venait tout juste de rentrer de la Coupe du monde 2026.
La soirée a pourtant pris une tournure inattendue dans un hôtel de Porto Marina.
Une altercation a éclaté entre Dan Adam, l’épouse actuelle du sélectionneur, et Howaida Al-Gharbawi, sa première épouse. D’après les récits rapportés par plusieurs médias arabes, la dispute verbale s’est transformée en affrontement physique.
Des proches seraient intervenus pour tenter de séparer les deux femmes. La sécurité de l’établissement aurait ensuite été appelée.
Les versions divergent toutefois sur le déroulement précis des faits. Des médias rapportent que les deux femmes auraient été blessées au cours de l’affrontement. D’autres récits évoquent également l’intervention de membres de la famille.
Un malaise qui fait débat
C’est là que l’histoire devient plus confuse.
Selon les informations initialement relayées par Sky News Arabia et reprises par plusieurs médias, Hossam Hassan aurait tenté d’intervenir avant de perdre connaissance sous l’effet de la tension.
La scène aurait fortement inquiété les personnes présentes.
Mais son avocat a ensuite démenti l’existence d’un problème de santé grave. Il aurait qualifié les informations sur une supposée crise médicale de rumeurs et assuré que l’entraîneur était en bonne santé.
Autrement dit, une chose semble établie : une altercation familiale a bien eu lieu. En revanche, les circonstances exactes du malaise attribué à Hassan restent discutées.
Hossam Hassan divorce de sa première épouse
Après cette affaire, un autre événement a retenu l’attention.
Hossam Hassan aurait officiellement divorcé de Howaida Al-Gharbawi, avec laquelle il était marié depuis plusieurs décennies. Le divorce aurait été enregistré auprès d’un bureau d’état civil au Caire.
Le couple a trois enfants.
Leur séparation intervient après une histoire familiale qui avait déjà connu des périodes difficiles. Hassan avait épousé Dan Adam en 2015 alors qu’il était encore marié à Howaida. Le couple s’était ensuite séparé en 2022 avant de se retrouver.
Le divorce annoncé aujourd’hui marque donc une nouvelle rupture dans cette histoire.
L’avocat de Dan Adam évoque une « attaque préméditée »
Les avocats des deux camps ne présentent pas les événements de la même manière.
Mohamed Shams, avocat de Dan Adam, a déclaré à Sky News Arabia : « Nous espérions que cela n’irait pas jusqu’au divorce, mais les choses ont dégénéré à ce point. »
Le même avocat affirme que sa cliente aurait été victime d’une « attaque préméditée » pendant son séjour à Porto Marina.
De son côté, Ahmed Hamad, qui représente la famille de Howaida, a refusé de commenter les détails de la séparation. Il a simplement indiqué que la famille ne souhaitait pas s’exprimer dans les médias pour le moment.
Le contraste est assez net. Une partie parle d’une agression préparée, tandis que l’autre préfère garder le silence.
Pourquoi Hossam Hassan pouvait-il avoir deux épouses ?
La situation peut surprendre en dehors de l’Égypte.
La polygamie est légalement autorisée en Égypte pour les hommes musulmans, avec une limite de quatre épouses simultanées. Le mari doit notamment déclarer son état matrimonial et informer ses épouses existantes et la nouvelle épouse du mariage.
Le cadre juridique prévoit aussi des droits pour les épouses. Une femme peut notamment demander le divorce si elle estime subir un préjudice matériel ou moral lié au nouveau mariage de son mari.
Cette disposition explique pourquoi le mariage de Hossam Hassan avec Dan Adam en 2015 n’était pas, en soi, illégal malgré son union avec Howaida.
Le contexte familial reste toutefois particulièrement sensible. Et lorsque les protagonistes sont connus du grand public, une dispute privée peut très vite devenir une affaire nationale.
Hossam Hassan sortait d’un Mondial historique avec l’Égypte
Cette polémique intervient quelques semaines seulement après le meilleur parcours de l’Égypte en Coupe du monde.
Sous les ordres de Hossam Hassan, les Pharaons ont atteint les huitièmes de finale du Mondial 2026. Ils ont même remporté leur première victoire dans l’histoire de la compétition en battant la Nouvelle-Zélande 3-1.
L’Égypte a ensuite éliminé l’Australie aux tirs au but. Une première victoire dans un match à élimination directe pour la sélection.
Puis est venu le choc contre l’Argentine.
Les Égyptiens menaient 2-0 avant de voir les champions du monde revenir dans la partie. L’Argentine s’est finalement imposée 3-2, avec un but d’Enzo Fernández dans le temps additionnel.
Hassan avait vécu cette élimination avec beaucoup de colère. Il avait notamment accusé l’arbitrage d’avoir été injuste envers son équipe.
La Fédération égyptienne lui a malgré tout renouvelé sa confiance après le tournoi. Elle a approuvé la prolongation de son contrat, avec une échéance annoncée jusqu’en 2030 par plusieurs médias.
C’est donc dans ce contexte, quelques semaines après une Coupe du monde historique pour l’Égypte, que le nom de son sélectionneur se retrouve au cœur d’une affaire familiale très médiatisée. Les deux versions de l’altercation continuent de circuler, tandis que les proches des deux femmes restent désormais au centre des discussions sur ce qui s’est réellement passé à Porto Marina.
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Socadel héritera des compteurs, pas de la capacité : le vrai chantier de la distribution électrique camerounaise

Le Cameroun vit une opération que peu de pays réussissent du premier coup : le transfert de la distribution électrique à un nouvel opérateur public, Socadel. Toute l’attention se porte sur les actifs (les lignes, les postes, les compteurs, les créances), alors que dans ce type de transition, le repreneur manque d’abord de capacité d’agir. On peut détenir juridiquement un réseau et ne pas savoir le faire tourner. Cet écart entre l’autorité qu’un décret attribue et la capacité réelle de l’exercer se joue dans une fenêtre de dix-huit mois. Passé ce délai, ce qui n’a pas été organisé se subit.
LES DONNÉES
Un réseau de distribution est d’abord un système d’information posé sur des câbles : fichier clients, historiques de consommation, état réel des transformateurs, pertes par zone, impayés qualifiés. Le piège classique du transfert consiste à recevoir les actifs sans certification contradictoire de leur état de documentation. Tant que personne n’a signé un inventaire opposable, chaque créance douteuse, chaque transformateur en fin de vie, chaque client fantôme devient un litige entre le repreneur et le sortant. Et le repreneur perd toujours, parce que c’est lui qui doit facturer demain. Un audit de transfert mené par un tiers avant la fin de la période de tuilage coûte une fraction de ce que coûtera son absence. La question à poser au conseil d’administration de Socadel tient en une ligne : qui certifie ce que nous avons reçu, et cette certification est-elle opposable ?
LES CONTRATS
Une société de distribution est un nœud contractuel : achats d’énergie en amont, fourniture en aval, maintenance, systèmes d’information, conventions avec les collectivités et les grands comptes. Tous négociés par et pour le sortant. Leur novation ressemble à une formalité ; elle l’est rarement. La première vérification porte sur la hiérarchie des contrats critiques : lesquels, s’ils tombent, arrêtent le service en 72 heures ? Ceux-là se traitent en premier, quitte à laisser le reste en gestion courante. Viennent ensuite les clauses dormantes (garanties croisées, engagements de reprise, indexations), qui ne se révèlent qu’au premier incident, quand le repreneur ne peut plus rien négocier. Reste enfin le calendrier des échéances tarifaires en amont. Parce qu’un distributeur naissant qui hérite de contrats d’achat rigides face à des recettes incertaines porte un risque de ciseau que, à ma connaissance, personne n’a encore chiffré pour lui.
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LES COMPÉTENCES
Le terrain le plus sous-estimé, parce qu’il ne figure dans aucun bilan. Un distributeur repose sur quelques centaines de personnes au savoir non écrit : le chef d’exploitation qui connaît les faiblesses de chaque départ, l’agent de recouvrement qui sait quels grands comptes paient réellement. Ce capital ne se transfère pas par décret, et il a une propriété cruelle : ce sont les profils les plus employables qui partent en premier.Il faut un plan de rétention ciblé. Identifier nominativement la quarantaine de détenteurs de savoir critique, les sécuriser contractuellement, et organiser un tuilage avec le sortant qui soit contractualisé et financé comme un lot du transfert, pas espéré comme une bonne volonté.
LE PÉRIMÈTRE : LA QUESTION SONATREL
Pendant que Socadel s’installe, son périmètre commercial fait déjà débat. Depuis juillet, de grands industriels, Prometal en tête, relayés par l’OCITRAM, demandent leur raccordement direct au réseau de transport de la Sonatrel, voire des contrats directs avec des producteurs comme EDC. Leur dossier technique est solide. La distribution concentre l’essentiel des interruptions qu’ils subissent, et raccorder une charge de plusieurs dizaines de mégawatts en haute tension est plus simple et plus fiable : moins d’étages de transformation, moins de points de défaillance. Prometal en sait quelque chose : après l’incendie du transformateur de Logbaba en septembre 2022, qui a laissé la zone industrielle de Douala-Bassa plus de vingt jours sans électricité, le groupe a obtenu son propre poste de raccordement en haute tension. C’est d’ailleurs la norme des systèmes matures. En France, les sites électro-intensifs sont clients directs de RTE, le gestionnaire du transport, et le tarif d’usage acquitté par les utilisateurs du réseau représente environ 90 % des ressources du transporteur. En Afrique du Sud, les grandes mines et fonderies sont depuis longtemps raccordées au réseau d’Eskom.
Mais ces systèmes ont réglé une question que le Cameroun a encore devant lui : qui finance le distributeur quand ses meilleurs clients le quittent ? Les grands comptes paient bien et coûtent peu à servir ; ce sont eux qui soutiennent, de fait, l’équilibre économique de la desserte des ménages. Le débat public s’est installé sur le terrain du pour ou contre, ce qui est un peu agaçant, parce que les deux camps ont chacun une part de raison et que la question utile est ailleurs : quel mécanisme rend ce départ neutre pour le système ? Il existe et il tient en quatre pièces. Un seuil de puissance objectif et opposable à tous, plutôt que des dérogations au cas par cas. Un tarif d’usage du transport incluant une contribution aux charges de service public, pour que l’industriel raccordé en direct continue de financer le système qu’il quitte commercialement (c’est, à mon sens, la pièce sur laquelle tout le reste tient). Un calendrier de sortie qui laisse à Socadel le temps d’ajuster son modèle. Un régulateur, l’ARSEL, outillé pour arbitrer sur pièces. La répartition des clients entre transport et distribution est une décision de conception de marché. Elle mérite mieux qu’un traitement par courriers.
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DIX-HUIT MOIS
Le Cameroun a des atouts réels : Nachtigal, des institutions qui montent en compétence, des partenaires financiers engagés. La création de Socadel peut être le moment où la distribution cesse d’être le maillon faible du système.À une condition, inconfortable : accepter que le décret crée l’autorité, pas la capacité. Et que la capacité, elle, se construit maintenant.
Romain Blachier travaille depuis une vingtaine d’années dans le secteur de l’énergie renouvelable, où il a suivi la gouvernance de grandes concessions hydroélectriques. Expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, il enseigne les politiques énergétiques et conduit une recherche doctorale sur la gouvernance de l’asymétrie énergétique, appliquée notamment aux contextes français, taïwanais et d’Afrique centrale. Il était en mission au Cameroun en juillet 2026.
Par Romain Blachier
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