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Dette camerounaise : ce que disent les comptes publics et ce que dit le débat

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Dette camerounaise : ce que disent les comptes publics et ce que dit le débat
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(Investir au Cameroun) – Un article de Bloomberg sur la performance des obligations camerounaises en dollars s’est transformé, en une semaine, en un procès de solvabilité dans plusieurs médias du pays. Le motif avancé est l’absence prolongée du chef de l’État. Les comptes publiés par la Caisse autonome d’amortissement racontent une histoire plus cohérente et, surtout, plus nuancée que des arguments politiques forcés, à trois mois d’une opération de 690 millions de dollars.

Le 7 août, l’agence Bloomberg a rapporté que les obligations camerounaises libellées en dollars affichaient, depuis la mi-juin, la plus mauvaise performance parmi les émetteurs souverains africains, avec une perte de l’ordre de 2 % pour leurs détenteurs. L’agence d’information a mis côte à côte ce constat et l’absence du président Paul Biya, parti de Yaoundé le 7 juin pour un séjour privé en Europe et non réapparu depuis.

En quelques jours, la reprise camerounaise a déplacé le sujet. Ce qui était une mesure de performance sur huit semaines est devenu, dans plusieurs comptes rendus et sous la plume d’experts consultés localement, la preuve chiffrée que le pays perd la confiance de ses créanciers parce que son président n’est pas sur le territoire. Le glissement est compréhensible : il donne au débat politique un argument qui paraît objectif, extérieur, non contestable.

Cependant, il apparaît que la matière chiffrée sur laquelle s’appuie le débat actuel est partielle, alors même que la matière complète est publique. La Caisse autonome d’amortissement, l’organisme d’État qui tient les comptes de la dette, a publié le 27 juillet sa note de conjoncture arrêtée au 30 juin 2026, qui donne une image de la situation que ni l’article d’origine ni sa reprise ne restituent et qui apporte un éclairage additionnel.

Une absence que la loi n’encadre pas

Le débat sur le séjour du chef de l’État est légitime, mais il repose sur une confusion utile à ceux qui l’entretiennent. Aucun texte camerounais ne fixe de durée maximale pour un déplacement présidentiel. L’article 6 de la Constitution ouvre la vacance du pouvoir dans trois cas seulement : le décès, la démission, ou l’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel. La règle des quarante-cinq jours qui circule sur les réseaux sociaux n’existe dans aucun instrument juridique.

Cela ne rend pas la situation confortable. Le gouvernement promis pour décembre 2025 n’est pas formé, le poste de vice-président créé par la réforme constitutionnelle d’avril 2026 n’a toujours pas de titulaire, et le ministre de la Communication s’est contenté, le 2 août, sur RFI, d’annoncer un retour prochain, sans date. Mais l’incertitude politique est une chose, la capacité de l’État à honorer ses échéances en est une autre. Le débat local a fusionné les deux.

Ce que Bloomberg a mesuré, et sur quoi

Le périmètre de la mesure mérite d’être précisé, car il n’a été mentionné nulle part dans la reprise. Le Cameroun a actuellement deux emprunts internationaux en dollars en circulation. Le premier, d’un montant de 550 millions de dollars, remboursable en 2031, a été bouclé le 31 juillet 2024 à un taux d’intérêt annuel de 9,5 %. Le second, 750 millions remboursables en 2033, a été signé le 30 janvier 2026 à 8,875 %. Les deux ont été vendus de gré à gré à un petit nombre d’investisseurs, sans appel public à l’épargne. Le troisième emprunt international du pays, souvent classé par erreur dans la même catégorie, est libellé en euros : 685 millions d’euros, remboursables en 2032.

La Caisse autonome d’amortissement classe l’ensemble dans la dette commerciale extérieure, qui s’élevait à 1 509,3 milliards de FCFA à fin juin 2026. Dans cet ensemble, les euro-obligations de 2015 et 2021 pèsent 29,8 %, soit 4,8 % de la dette extérieure totale ; les opérations de placement privé réalisées via la Bourse de Londres en février 2026 en représentent 29,7 %, soit 4,7 %. Autrement dit : l’ensemble des titres internationaux du Cameroun représente moins d’un dixième de sa dette extérieure.

Le portefeuille par devise dit la même chose, mais autrement. Sur la dette publique totale, l’euro pèse 31,3 %, le franc CFA 31,2 %, le dollar 18,5 %. Le franc CFA étant arrimé à l’euro, près des deux tiers de la dette camerounaise sont libellés dans sa monnaie d’ancrage ou dans sa propre monnaie. Le compartiment sur lequel porte la mesure de Bloomberg n’est pas celui qui détermine le coût réel de l’argent camerounais.

Ce que disent les comptes au 30 juin

La CAA, dans sa récente note de conjoncture, apporte des précisions que le débat sur la crédibilité ne soulève pas ou choisit d’occulter au nom de la foi en Bloomberg. Premièrement, toutes les échéances de dette extérieure à fin juin ont été payées dans les délais contractuels, et aucun arriéré n’est enregistré. Au cours des 6 premiers mois de 2026, l’État a réglé 444,5 milliards de FCFA au titre de la dette extérieure, soit 85 % des prévisions de la loi de finances pour la période. Un pays qui décourage ses créanciers ne se reconnaît pas d’abord à un prix de marché, mais à un retard de paiement. Il n’y en a pas.

Ensuite, on relève également que l’encours de la dette publique s’établit à 15 607 milliards de FCFA au 30 juin 2026, soit 44,2 % de la richesse produite au cours de l’année. C’est en dessous du plafond de 50 % que le Cameroun s’est lui-même fixé dans sa stratégie 2026-2028, et loin du critère de convergence de 70 % retenu pour la zone Afrique centrale. Enfin, peu de personnes soulignent que le coût moyen auquel le Cameroun emprunte est en baisse. Le taux d’intérêt moyen pondéré du portefeuille est de 2,8 % à fin juin 2026 — 2,5 % sur la dette extérieure, 3,4 % sur la dette intérieure. Il était de 3,0 % un an plus tôt et de 3,1 % en septembre 2025. Le Cameroun a emprunté cher sur les marchés internationaux en janvier, et le coût moyen de sa dette a quand même reculé. C’est ce que signifie concrètement le fait que les titres internationaux ne représentent qu’un dixième de la dette extérieure.

Aussi, l’analyse de viabilité de la dette camerounaise conclut à un endettement viable assorti d’un risque de surendettement extérieur élevé, ce qui n’est pas nouveau. Mais depuis la fin 2025, le Cameroun est classé parmi les pays à capacité de remboursement moyenne, contre une faible auparavant. Le document note que ce reclassement lui confère davantage de marge, qui ne ressort dans aucun compte rendu publié au cours du mois d’août.

Enfin, l’environnement économique de la CEMAC, dont le Cameroun est le leader, s’améliore. À sa deuxième session de 2026, le comité de politique monétaire de la BEAC a révisé à la hausse ses prévisions pour l’Afrique centrale : croissance à 3,2 % en 2026 contre 2,9 % attendus, déficit budgétaire ramené à 1,9 % du PIB, déficit du compte courant ramené de 5,2 % à 2,9 %. Il a abaissé son taux directeur principal de 4,75 % à 4,50 % et réduit les réserves obligatoires des banques. Au Cameroun, l’inflation moyenne sur douze mois est retombée à 2,6 % en juin 2026, contre 4,1 % un an plus tôt, sous le seuil communautaire de 3 %.

Le point faible n’est pas là où on le cherche

Rien de ce qui précède ne dit pas que la situation est confortable. Elle ne l’est pas, mais les fragilités réelles ne sont pas celles que le débat désigne, à savoir la non présence du président sur le territoire. Déjà, la qualité de l’endettement se dégrade. Sur 514 milliards de FCFA de nouveaux prêts signés au premier semestre, 87 % l’ont été aux conditions du marché, sans le rabais habituellement accordé par les bailleurs publics. Les tirages de juin sur prêts-projets ont été non concessionnels à 99,8 %. Sur le semestre, les décaissements extérieurs proviennent à 63 % de créanciers commerciaux et à 34,1 % seulement des bailleurs multilatéraux. Le Cameroun ne perd pas l’accès au financement ; il perd l’accès au financement bon marché. C’est plus grave qu’une baisse de prix sur huit semaines, et cela n’a rien à voir avec un séjour à l’étranger.

De plus, le service de la dette pèse de plus en plus. L’État a réglé 1 059,3 milliards de FCFA au titre de sa dette entre janvier et juin 2026, contre 631,3 milliards sur la même période de 2025. Sur ce montant, 85,8 % ont été alloués au remboursement du capital. Et l’analyse de viabilité met en évidence un dépassement continu du ratio du service de la dette extérieure rapporté aux recettes d’exportation, ainsi qu’un dépassement ponctuel du même ratio rapporté aux recettes fiscales. C’est là que le dossier est tendu.

Une partie du passif n’est pas encore comptabilisée. La dette de la Société camerounaise d’électricité, estimée à environ 800 milliards de FCFA, est en cours d’évaluation et n’apparaît pas dans les chiffres. Celle des communes envers le FEICOM, 121,2 milliards pour 2020-2025, non plus.

Les engagements hors bilan liés aux partenariats public-privé atteignent 4 895 milliards, soit 13,9 % du PIB, et n’incluent ni la raffinerie de Kribi ni la centrale de 300 mégawatts du port de Douala. Les restes à payer sont remontés de 27,7 % sur un an, à 703,5 milliards. Enfin, les délais moyens de remboursement, également appelés maturités moyennes, se raccourcissent. La durée moyenne avant échéance du portefeuille est passée de 7,5 années à fin juin 2025 à 6,9 années à fin juin 2026. Le pays rembourse plus vite qu’il ne se refinance.

L’enjeu réel : la prochaine sortie

Ces éléments comptent parce qu’une opération se prépare. La note de la CAA indique que le gouvernement entend contracter, en complément des 474 milliards de FCFA déjà mobilisés à l’extérieur au premier trimestre, un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance de 690 millions de dollars (environ 400 milliards de FCFA) avec l’appui de plusieurs partenaires financiers internationaux, via des mécanismes de garantie et de partage des risques. La Banque africaine de développement, l’ATIDI et l’Africa Finance Corporation figurent parmi les institutions associées au montage.

Le document ne donne ni durée, ni délai avant remboursement, ni taux. Les mentions de quinze ans et de cinq ans de grâce qui circulent ne s’y trouvent pas. Ce qu’il indique, en revanche, c’est le rôle de l’opération dans l’équation : la loi de finances 2026 fixe le besoin global de financement à 3 197 milliards de FCFA, soit 8,8 % du PIB, et le couvre aux deux tiers par des ressources extérieures. Le prêt envisagé en couvrirait environ un huitième.

C’est ici que le débat cesse d’être gratuit. Une garantie partielle et un partage des risques se négocient sur la base d’une lecture du risque souverain. Cette lecture intègre la gouvernance, l’incertitude politique et la trajectoire budgétaire — mais aussi ce que ses propres relais d’information disent de l’émetteur. Un pays dont la presse nationale décrit l’insolvabilité négocie moins bien qu’un pays dont elle décrit, avec les mêmes chiffres, des contraintes identifiées.

Deux échéances diront lequel des deux récits a raison. La conclusion, ou non, du prêt ESG avant la fin de l’année, et à quel coût. Et la signature, ou non, d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international : le précédent s’est achevé en juillet 2025, et Fitch, qui a confirmé la note du pays à B avec une perspective négative le 24 avril, a écrit que l’absence d’accord constituerait un risque pour le plan de financement. Ni l’une ni l’autre de ces échéances ne se joue en huit semaines de cotation.

Idriss Linge

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Partie pour « jeûner et prier » pendant 4 mois, elle supplie son mari de la reprendre : la fin de l’histoire va vous surprendre !

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Partie pour « jeûner et prier » pendant 4 mois, elle supplie son mari de la reprendre : la fin de l’histoire va vous surprendre !
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Deux policiers ont été conduits lundi à un domicile sis à Nyalla (arrondissement de Douala III) par la maîtresse de maison, ou du moins la femme censée l’être. Motif : le mari ne voulait pas la laisser entrer. Les hommes en tenue ont réalisé que l’affaire était plus compliquée qu’en apparence. Lire le récit de Cameroon Tribune.

Selon nos informations, Jacques T., 50 ans, technicien ébéniste, et Sidonie, 39 ans, femme au foyer, sont mariés et parents d’un garçon de cinq ans. Il y a environ quatre mois, alors qu’il rentre du travail, Jacques trouve son épouse habillée pour sortir et munie d’effets personnels. À la question de savoir où elle va, la dame répond : « À la prière, à Bonabéri ». Avec l’enfant. Rien d’alarmant.

Sauf que la nuit tombe, puis avance, sans que Sidonie ne revienne. Son époux appelle. « Je suis encore à la prière ». Jacques propose de venir la chercher à moto, la dame refuse. L’homme dort seul cette nuit-là. Ce sera la première d’une longue série. Au réveil, il rappelle. Madame assure que tout va bien. N’est-il pas écrit (Psaume 34 : 7) que « l’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger » ?

Le lendemain, Jacques appelle l’aîné de son épouse et explique la situation. Nicolas répond que Sidonie a récemment dit à sa propre femme qu’elle comptait passer du temps dans son église, afin d’avoir une révélation au sujet d’une préoccupation… Jacques comprend que sa femme n’est pas près de rentrer, renonce à la rappeler et fait venir un huissier.

Un mois plus tard, Sidonie appelle son mari et lui dit avoir eu sa révélation : un pasteur a confirmé que l’ex de Jacques voulait la tuer. Du coup, elle ne reviendra plus à Nyalla. Sauf pour récupérer le reste de ses affaires. Jacques accuse réception, sans trop accuser le coup. Le mari dira plus tard à la police avoir été tout de même préoccupé par la scolarisation de leur garçon. Ainsi, il a un temps espéré que son épouse reviendrait à l’approche de la rentrée. En vain.

Par la suite, Jacques T. changera toutes les serrures chez lui. Ce lundi 26 octobre, Sidonie a refait signe de vie. Son mari absent est alerté par un voisin l’ayant vue s’esCRimer sur le portail. L’homme enfourche sa moto et presque aussitôt, reçoit un appel de son épouse : « Je suis à la maison, je t’attends ».

L’échange aura lieu à l’extérieur. Jacques n’a pas ouvert le portail et a emprunté des chaises au voisin « lance d’alerte », prénommé Samuel. Sidonie est venue demander pardon. Elle dit avoir été trompée par « deux pasteurs », lesquels l’ont même connue, au sens biblique du terme. Que son mari fasse preuve de miséricorde. Il est certes écrit « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé », mais il n’est pas certain que Jacques ait lu Romains 5 : 20. Sidonie ne sera donc pas réadmise dans le foyer. Raison pour laquelle la dame est allée chercher la police. Le voisin Samuel a alors « acheté » le problème, expliquant tout aux hommes en tenue.

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Cacao-café : le Fonds vert approuve son premier prêt souverain direct, de 51,4 milliards de FCFA, au Cameroun

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Cacao-café : le Fonds vert approuve son premier prêt souverain direct, de 51,4 milliards de FCFA, au Cameroun
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(Investir au Cameroun) – Le Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé, le 27 octobre 2026, un prêt souverain direct de 87,68 millions de dollars, soit environ 51,4 milliards de FCFA, destiné aux filières cacao et café du Cameroun. Il s’agit, selon l’institution, du premier prêt souverain direct de son histoire. Validée lors de la 46e réunion de son conseil d’administration à Songdo, en Corée du Sud, cette opération s’inscrit dans un programme de 241,52 millions de dollars (environ 141,6 milliards de FCFA), baptisé RACINE.

Le programme sera porté directement auprès du FVC par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), avec le Fonds de développement des filières cacao et café (Fodecc) comme entité exécutante. Le Fonds vert présente RACINE comme son premier investissement national en accès direct en Afrique centrale. L’accréditation du Minepat repose sur une procédure spécifique à ce projet, qui lui permet d’accéder aux financements sans passer par une institution internationale intermédiaire.

Le Fodecc doit apporter 58 milliards de FCFA, davantage que le Fonds vert

Le prêt approuvé représente l’essentiel de la contribution du FVC. Il est complété par un don de 9,74 millions de dollars, portant son financement total à 97,42 millions de dollars, soit environ 57,1 milliards de FCFA.

Le montage prévoit également 99,10 millions de dollars de ressources nationales, soit environ 58 milliards de FCFA, provenant de la redevance sur les exportations de cacao et de café affectée au Fodecc. Cette contribution représente 41 % du coût total du programme et dépasse légèrement celle du Fonds vert.

Il s’agit toutefois de recettes déjà affectées au financement des filières. Leur inscription dans RACINE ne permet donc pas de les considérer intégralement comme des ressources nouvelles, ni de garantir leur disponibilité immédiate.

La troisième composante du financement, évaluée à 45 millions de dollars (environ 26,5 milliards de FCFA), doit provenir de l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI). Son versement reste conditionnel.

Dans une décision du 18 décembre 2025, le conseil d’administration de CAFI avait envisagé des paiements pouvant atteindre ce montant, après vérification indépendante des résultats obtenus. Le document précisait expressément qu’il ne constituait pas une décision d’attribution de financement.

CAFI subordonnait également l’approbation du projet à une évaluation indépendante du système de subventions du Fodecc, dont les performances devaient être jugées « solides » ou « excellentes ». Les documents consultés au 29 octobre 2026 ne permettent d’établir ni la satisfaction définitive de cette condition, ni l’attribution des 45 millions de dollars.

Traçabilité européenne et subventions agricoles

Prévu sur six ans, RACINE doit soutenir la transition des exploitations de cacao et de café vers des pratiques agricoles limitant la déforestation. Le programme prévoit notamment la mise en place d’un système de traçabilité destiné à aider les producteurs et les entreprises à satisfaire aux exigences du règlement européen contre la déforestation.

Le dispositif comprend la formation de 2 000 conseillers agricoles et l’extension du système de subventions du Fodecc. Des bons électroniques doivent faciliter l’accès des producteurs aux intrants agricoles et financer des plans agroforestiers. Un mécanisme de financement destiné aux communes doit également soutenir le reboisement et la restauration des bassins versants.

Selon les objectifs présentés par le Minepat, RACINE devrait contribuer à porter la production nationale de cacao d’un niveau de référence d’environ 306 000 tonnes à 600 000 tonnes à maturité. Le ministère prévoit également une progression des rendements de 350 à 750 kg par hectare pour le cacao et de 220 à 600 kg pour le café. Les pertes après récolte devraient être ramenées de 18 % à 4 %.

Ces chiffres correspondent aux objectifs du programme, et non à des résultats acquis. Le Fonds vert estime, pour sa part, que RACINE pourrait renforcer la résilience climatique de 2,8 millions de personnes et éviter l’émission de 15,7 millions de tonnes équivalent CO₂.

Un prêt approuvé, mais aucun décaissement établi

Le financement finalement approuvé est inférieur à l’enveloppe initialement présentée. Le budget préliminaire atteignait 247 millions de dollars, contre 241,52 millions dans le montage retenu, soit une réduction d’environ 5,48 millions de dollars. La contribution du Fonds vert a également été ramenée de 100 millions à 97,42 millions de dollars.

L’approbation du 27 octobre ne marque cependant pas le démarrage de RACINE. Au 29 octobre, la fiche officielle du FVC classe le programme parmi les projets approuvés, mais précise que sa mise en œuvre n’a pas commencé. Elle ne confirme ni l’entrée en vigueur du prêt, ni un premier décaissement.

Sur les 97,42 millions de dollars approuvés par le Fonds vert, 87,68 millions correspondent à un financement remboursable. Bien que le prêt soit présenté comme concessionnel par le Minepat, sa fiche publique ne précise ni le taux d’intérêt, ni la durée de remboursement, ni l’éventuel différé d’amortissement. Ces paramètres restent nécessaires pour établir le coût du crédit que devra supporter le Cameroun.

Baudouin Enama

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FIFA : Jean Crépin Nyamsi lance une pique à Samuel Eto’o et assume son bras de fer avec le camp Infantino

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La bataille pour la présidence de la FIFA prend une tournure plus directe. Le Dr Jean Crépin Nyamsi n’a pas manqué de viser Samuel Eto’o […]

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