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Cameroun : Les citoyens sont réduits au « système D » qui dévore nos villes

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Cameroun : Les citoyens sont réduits au « système D » qui dévore nos villes
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Par Louis-Marie Kakdeu

Trottoirs colonisés par les étals, bendskins qui roulent où bon leur semble, immeubles qui poussent sur les espaces verts, ordures qui s’entassent aux carrefours : au Cameroun, la débrouillardise n’est plus un supplément d’âme face à la précarité, c’est devenu le mode de fonctionnement par défaut des villes. Le résultat est un désordre généralisé qui coûte cher à la santé, à l’environnement, à l’économie et, au bout du compte, aux débrouillards eux-mêmes.

Une culture de la survie devenue système

Le « système D » n’a rien de nouveau au Cameroun : il a toujours été la réponse populaire à l’insuffisance des services publics et à la rareté de l’emploi formel. Mais, son ampleur a changé de nature. Le ministère en charge des PME recensait 3,7 millions d’acteurs dans le secteur informel en 2024. Le secteur des services, qui représente à lui seul plus de la moitié du PIB, reste massivement informel.

Ce qui devait être une soupape de sécurité pour des ménages en difficulté est devenu, à force d’accumulation individuelle de petits arrangements avec la règle, un système à part entière : celui qui régit l’occupation de la rue, la circulation, la construction, la vente de nourriture, la gestion des déchets. Chacun se débrouille, personne ne coordonne, et la ville tout entière en paie le prix.

À Douala comme à Yaoundé, l’espace public a été largement absorbé par des usages informels : étals, kiosques et tables installés sans autorisation sur les trottoirs, constructions commerciales élevées sans permis de bâtir jusque sur des terrains réservés aux espaces verts, motos-taxis (bendskins) garées ou circulant en dehors de tout espace balisé. La Communauté urbaine de Douala multiplie l’organisation des opérations de « libération des emprises publiques ».

Mais, ces coups de filet, aussi réguliers soient-ils, buttent toujours sur le même obstacle : une fois les équipes municipales reparties, trottoirs et chaussées sont réoccupés en quelques semaines. Le problème n’est pas seulement comportemental, il est aussi organisationnel, notamment l’absence de solution alternative pour les vendeurs déguerpis garantit le retour du désordre.

Le désordre urbain se paie en heures perdues, en nerfs éprouvés et en accidents. Les récits de riverains excédés par des bendskins qui obstruent des voies entières, klaxons et vrombissements en continu, sont devenus un motif récurrent de la presse locale.

La congestion chronique, l’absence de zones de stationnement dédiées et la circulation erratique des deux-roues transforment chaque trajet en épreuve, en particulier aux heures de pointe. Cette dégradation continue du cadre de vie urbain pèse sur le bien-être psychologique des populations autant que sur la productivité économique du pays.

Les conséquences sur la santé publique sont concrètes et documentées. L’Hôpital Laquintinie de Douala a dû consacrer un pavillon entier aux urgences liées aux accidents de bendskin, dont le nombre grimpe en fin d’année avec l’intensification du trafic informel. La restauration de rue, largement non réglementée, expose à des risques d’intoxication alimentaire faute de contrôle sanitaire systématique. Les déchets non collectés stagnent aux carrefours et dans les caniveaux obstrués, créant des foyers de prolifération de moustiques et donc de paludisme, tandis que les inondations récurrentes en saison des pluies, aggravées par l’urbanisation anarchique des zones inondables, favorisent la propagation des maladies hydriques.

L’urbanisation informelle grignote continuellement les espaces verts et les zones tampons écologiques, comme l’illustre le cas de Bonamoussadi. Le Plan directeur d’urbanisme de Douala évalue à environ un quart de la surface de la ville la part occupée par des constructions informelles échappant à toute planification.

Le paradoxe est cruel : le système D, présenté comme une preuve de résilience entrepreneuriale, prive en réalité l’État et les collectivités des moyens de mieux organiser la ville. Les taxes sur le commerce international ne représentaient qu’environ 1,6 % du PIB en 2024, une assiette fiscale étroite par rapport à la taille réelle de l’activité économique nationale, en grande partie parce que l’essentiel du commerce et des services échappe à toute déclaration.

Cette informalité entretient aussi une concurrence déloyale : les opérateurs formels, soumis à la fiscalité, aux normes et aux loyers commerciaux, sont concurrencés par des activités qui n’assument aucune de ces charges. Enfin, la précarité des installations informelles (non assurées, non homologuées) expose les débrouillards eux-mêmes à des pertes sèches lors des opérations de déguerpissement, sans aucun filet de sécurité pour amortir le choc.

Sortir du système D sans écraser les débrouillards

Le réflexe le plus courant des pouvoirs publics camerounais reste le déguerpissement : on démolit, on saisit, on met en fourrière, puis on recommence quelques mois plus tard. Cette approche punitive traite le symptôme, jamais la cause. Une gestion réellement efficace du système D suppose une approche différente, articulée autour de plusieurs leviers.

1. Offrir une alternative avant de sanctionner : Aucune opération de libération des emprises publiques ne peut être durable si elle n’est pas précédée de la création de marchés, de gares routières ou de zones de stationnement pour bendskins suffisamment nombreux, accessibles et abordables pour absorber les acteurs déguerpis. Sans alternative, le désordre revient mécaniquement.

2. Formaliser à moindre coût plutôt qu’interdire : Un guichet unique de formalisation simplifié, des régimes fiscaux progressifs adaptés aux très petites activités, et des procédures d’enregistrement dématérialisées permettraient de faire entrer une partie du secteur informel dans le cadre légal sans le détruire, élargissant au passage l’assiette fiscale de l’État.

3. Planifier la ville avec ses habitants, pas après eux : Les plans directeurs d’urbanisme existent au Cameroun depuis plus d’une décennie, mais souffrent d’un déficit chronique d’application et de concertation. Associer les associations de commerçants, de conducteurs de motos-taxis et de riverains à la définition des règles d’occupation de l’espace public renforce l’adhésion et réduit la récidive, comme le montrent les démarches plus concertées récemment engagées par certaines mairies.

4. Investir dans les infrastructures de base : Le nouveau prêt de 121 milliards de FCFA obtenu pour moderniser la gestion foncière et les infrastructures de Douala et Yaoundé va dans le bon sens ; encore faut-il qu’il se traduise par des équipements concrets (voirie, drainage, marchés couverts, points de collecte des déchets) répartis équitablement entre quartiers formels et quartiers populaires.

5. Professionnaliser et sécuriser les activités à risque : Pour les bendskins, cela suppose formation obligatoire à la sécurité routière, immatriculation systématique, équipements de protection et corridors de circulation dédiés, plutôt que des campagnes de répression ponctuelles suivies de statu quo.

6. Construire un filet de protection sociale minimal : Tant que l’économie formelle ne créera pas suffisamment d’emplois, la débrouillardise restera une nécessité de survie pour des millions de Camerounais. Des dispositifs de microfinance, de formation professionnelle et d’accompagnement à l’entrepreneuriat, déjà amorcés à travers certains fonds de garantie publics, doivent être élargis pour que la sortie du système D soit une opportunité et non une punition.

Le système D n’est pas une fatalité culturelle : c’est la conséquence logique d’un déficit prolongé de planification urbaine, de services publics et d’opportunités économiques formelles. Le désordre qu’il engendre (dans la rue, dans l’air, dans les comptes de l’État) ne se résorbera pas à coups de bulldozers ponctuels. Il faudra une action continue, coordonnée entre collectivités locales, ministères sectoriels et citoyens eux-mêmes, pour que la débrouillardise cesse d’être le seul urbanisme dont dispose le Cameroun.

Kakdeu Louis-Marie, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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CAN féminine 2026: Historique victoire du Cameroun

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CAN féminine 2026: Historique victoire du Cameroun
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Ça y est! Le Cameroun est champion d’Afrique du football féminin. Les Lionnes indomptables ont neutralisé les Scorchers du Malawi (3-0). Buts inscrits respectivement par Marie Gisèle Ngah Manga (20′ et 45+3′) et Naomi Eto (30′). Le score aurait pu être plus lourd si Aboudi Onguene n’avait pas été en position de hors-jeu sur le but qu’elle inscrit dzns les arrêts de jeu (90+3′), tout juste entrée.

Le Malawi qui avait déjoué tous les pronostics pour se retrouver en finale pour sa première participation, a été renvoyé à ses leçons de réalisme et du droit d’aînesse. Les sœurs Chawinga qui avaient jusqu’ici porté leur pays en triomphe, ont été neutralisées par des Lionnes indomptables déchainées et déterminées à inscrire pour la première fois le nom du Cameroun au palmarès de cette compétition qui en était à sa 14ème édition. Le Cameroun qui n’était pas attendu à ce tournoi, et qui doit sa présence au Maroc au passage à 16 équipes.

Et comme un certain Danemark un certain 26 juin 1992 à Göteborg en Suède avec l’Euro, après avoir été repêché, le Cameroun l’a fait ce 26 août 2026, après avoir été repêché lui aussi. Celles qui ont perdu la finale à domicile en 2016, ont eu l’occasion de leur revanche dix ans après. Et sont passées par ce Nigéria qui les a battues trois fois déjà en finale, pour atteindre le sommet. La 4ème fois aura donc été la bonne pour le Cameroun. Le Cameroun peut enfin arborer une étoile sur son maillot de CAN féminine.

Récompenses
Vainqueur/médaille d’or: Cameroun
Médaille d’argent : Malawi
Médaille de bronze : Algérie
Équipe fair play: Algérie
Meilleure gardienne: Michaely Bihina (Cameroun)
Meilleure buteuse : Chawinga
Meilleure joueuse : Monique Ngock Cameroun)

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Tchad : MRTV renforce sa présence numérique pour élargir son audience

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Tchad : MRTV renforce sa présence numérique pour élargir son audience
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Créée sous l’impulsion de la Fondation Le Palmier pour la Bienfaisance et officiellement lancée le 15 avril 2024, MRTV est basée à N’Djamena et dispose également d’une antenne relais à Amdjarass, dans la province de l’Ennedi-Est. Depuis ses débuts, la chaîne s’est donnée pour mission de produire et de diffuser des contenus axés sur l’information, l’éducation et la sensibilisation.

Au fil des mois, MRTV a progressivement renforcé son ancrage local en accordant une place importante aux réalités vécues dans les différentes régions du pays. Sa programmation couvre un large éventail de sujets liés à l’actualité nationale. Politique, économie, société, culture, sport, santé, éducation, infrastructures, environnement ou encore finances publiques figurent parmi les principaux domaines traités par ses équipes.

Cette volonté de proximité repose notamment sur la présence de journalistes et de correspondants dans plusieurs provinces. Le Logone Occidental, le Logone Oriental, le Guéra, le Ouaddaï et l’Ennedi-Est disposent ainsi de relais permettant à la chaîne de mieux suivre l’actualité hors de la capitale. Ce maillage contribue également à mettre en lumière les initiatives locales et les différentes réalités qui composent le Tchad.

Une ambition qui dépasse le cadre national

Pour Ibrahim Mahamat Ibrahimi, Directeur exécutif de MRTV, la vocation du média ne se résume pas à relayer les activités de la Fondation Le Palmier pour la Bienfaisance. La chaîne souhaite également jouer un rôle dans l’information et la sensibilisation des populations, tout en participant à la promotion de l’image du Tchad au-delà de ses frontières et à la mise en valeur de son patrimoine culturel.

Pour atteindre ces objectifs, MRTV s’appuie sur une équipe aux profils variés. Journalistes, reporters d’images, présentateurs, producteurs, techniciens, monteurs, infographistes, caricaturistes, rédacteurs web et community managers travaillent de manière complémentaire à la production des contenus.

Cette organisation permet au média de proposer quotidiennement différents formats, parmi lesquels les journaux télévisés, reportages, magazines, interviews et émissions thématiques. À cette offre classique s’ajoutent désormais des contenus spécifiquement conçus pour les plateformes numériques, afin de toucher une audience plus large et plus connectée.

Une nouvelle organisation autour de trois pôles

Le deuxième anniversaire de MRTV, célébré le 15 avril 2026, a marqué une nouvelle phase dans l’évolution du média. À cette occasion, une réorganisation interne a été engagée avec pour objectif d’améliorer le fonctionnement des différentes composantes et de renforcer l’efficacité de la production.

Le groupe repose désormais sur trois principales entités. Manara TV assure les activités liées à la télévision, tandis que Manara FM, sur la fréquence 88.7 MHz, développe le volet radiophonique et privilégie la proximité avec les auditeurs. De son côté, Manara Web constitue le pôle numérique chargé de la diffusion rapide de l’information à travers le site internet et les réseaux sociaux.

Cette structuration vise à permettre au média d’occuper davantage de terrain sur les différents canaux de diffusion. Elle répond également à la transformation des modes de consommation de l’information, de plus en plus marqués par l’instantanéité, les réseaux sociaux et les contenus audiovisuels courts.

Le numérique comme levier de croissance

La transition digitale constitue aujourd’hui l’un des principaux axes de développement de MRTV. Le média a renforcé sa présence sur plusieurs plateformes, notamment Facebook, YouTube, TikTok, Instagram et X, en complément de son site internet et de son application mobile.

Cette stratégie se traduit par une augmentation des productions destinées au web. Directs, vidéos courtes, capsules d’information, infographies et contenus interactifs occupent une place croissante dans la grille de diffusion. L’objectif est de rapprocher davantage le média de son audience, mais aussi de favoriser les échanges et la participation des internautes.

Cette présence sur plusieurs plateformes permet également à MRTV de toucher différentes catégories de publics, notamment les jeunes générations qui privilégient désormais le téléphone mobile et les réseaux sociaux pour accéder à l’actualité.

Des ambitions tournées vers l’avenir

Alors que le secteur médiatique connaît de profondes mutations, MRTV entend poursuivre ses efforts pour renforcer ses moyens techniques, améliorer la qualité de ses productions et élargir progressivement son réseau de couverture à travers le pays.

Deux ans après son lancement, Manara Radio Télévision semble ainsi vouloir passer à une nouvelle étape de son développement. Entre proximité, diversification des contenus et accélération numérique, le média cherche à consolider sa place dans l’audiovisuel tchadien tout en poursuivant ses missions d’information, d’éducation et de sensibilisation.

À travers cette orientation, MRTV entend également donner davantage de visibilité aux réalités des différentes régions et contribuer à la promotion de la richesse culturelle et des initiatives qui participent au développement du Tchad.

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Nécrologie : Emmanuel Gérard Ondo Ndong est mort

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Nécrologie : Emmanuel Gérard Ondo Ndong est mort
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La nouvelle est tombée nuitamment e 15 août 2026. Emmanuel Gérard Ondo Ndong n’est plus. L’ancien directeur général du Fonds spécial d’équipements et d’intervention intercommunal (Feicom) est décédé. Sans détails. Toujours est-il que l’homme avait une santé fragile depuis sa sortie de prison en février dernier. Au-delà de l’âge, la prison où l’ancien baron du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, a passé vingt années de sa vie, aura affecté la santé de l’homme.

Directeur général du Feicom de 2001 à 2005, le natif de la Vallée du Ntem s’est fait une réputation d’homme généreux, arrosant collaborateurs, médias, amis, frères, camarades du parti, parti,… de fortes sommes d’argent lorsque l’occasion se présentait. Devenant ainsi l’un des hommes les plus influents du pays.

Mais alors que l’envol du baron politique d’Ambam n’avait pas atteint son apogée, il est vite happé par l’Epervier, du nom de l’opération d’assainissement des caisses de l’Etat. Il en est un des premiers clients en 2007. D’abord limogé en novembre 2005, le tout puissant bienfaiteur public entamera une descente aux enfers. Il sera interpellé quelques mois plus tard et placé en détention au Secrétariat d’État à la défense (SED). S’en suivra une procédure judiciaire qui aboutira à une condamnation à 50 ans de prison, pour détournement de deniers publics, évalués à des milliards de francs CFA. Ses biens dont des maisons disséminées dans la ville de Yaoundé, des complexes commerciaux, des hôtels, des stations services, seront confisqués, au profit de l’Etat.

Des procédures d’appel lui permettront de ramener la peine privative de liberté à 20 ans en 2013. C’est ce séjour qu’Ondo Ndongo a bouclé le 21 février 2026. Et à sa sortie, l’homme n’a pas manqué de se redonner une certaine santé médiatique, faisant valoir sa loyauté au président Paul Biya qu’il remerciait. Paul Biya n’aura jamais l’occasion de manifester officiellement sa reconnaissance à ce vieux compagnon de route qui malgré son incarcération, a trouvé le moyen de battre campagne à sa manière depuis sa cellule de la prison centrale de Yaoundé, pour le candidat du Rdpc à l’élection présidentielle d’octobre 2011.

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