La FFF doit obtenir une dérogation pour rémunérer Zinédine Zidane au-delà du plafond légal. Voici pourquoi son arrivée à la tête des Bleus dépend aussi d’une décision administrative.
Comment recruter Zinédine Zidane lorsque la loi fixe un plafond salarial bien inférieur aux standards du football de très haut niveau ? C’est le casse-tête auquel fait face la Fédération française de football (FFF), contrainte de solliciter une autorisation exceptionnelle avant de finaliser l’arrivée de l’ancien entraîneur du Real Madrid.
La FFF confrontée à un obstacle juridique avant de nommer Zidane
Le dossier semblait simple sur le papier. Didier Deschamps quittera son poste après la Coupe du monde et Zinédine Zidane apparaît depuis longtemps comme le successeur naturel à la tête de l’équipe de France. Pourtant, un frein de taille ralentit les discussions.
La Fédération française de football doit obtenir une dérogation du ministère des Sports afin de proposer au champion du monde 1998 une rémunération conforme à son statut. Sans cette validation administrative, la FFF ne peut légalement lui verser le salaire prévu.
Ce qui frappe surtout, c’est l’écart entre la réglementation française et les pratiques du football international. Les plus grands sélectionneurs ou entraîneurs évoluent généralement dans une toute autre catégorie salariale.
Une loi qui limite fortement les salaires des fédérations
Depuis l’adoption de la loi sur la gouvernance du sport par le Parlement, les fédérations sportives professionnelles sont soumises à un plafond annuel de 450 000 euros brut pour la rémunération de leurs salariés.
À y regarder de plus près, cette limite apparaît très éloignée des réalités économiques du football. Pour donner un ordre d’idée, Didier Deschamps percevait environ 3,8 millions d’euros par an, soit un montant largement supérieur au plafond fixé par la législation.
Autrement dit, sans dérogation, la FFF ne pourrait tout simplement pas proposer à Zinédine Zidane un contrat à la hauteur de sa réputation internationale.
Zidane accepte un effort financier par rapport au Real Madrid
Selon les informations de RMC Sport et Foot Mercato, Zinédine Zidane a déjà consenti à réduire ses exigences salariales par rapport à ce qu’il touchait lors de son passage au Real Madrid.
L’accord envisagé prévoit un salaire de 300 000 euros par mois, hors primes. Les différentes primes de performance pourraient porter cette rémunération jusqu’à 450 000 euros mensuels, soit environ 5,4 millions d’euros par an.
Soyons honnêtes, peu d’observateurs imaginaient l’ancien entraîneur madrilène accepter une telle baisse de revenus. Ce geste témoigne de son intérêt pour le poste de sélectionneur des Bleus, un défi qu’il attend depuis plusieurs années.
Le ministère des Sports favorable à une autorisation exceptionnelle
Bonne nouvelle pour la Fédération française de football : la demande de dérogation devrait être accueillie favorablement.
La ministre des Sports, Marina Ferrari, aurait déjà fait savoir qu’elle ne comptait pas s’opposer à cette procédure exceptionnelle. Une position qui permettrait d’accélérer la signature du contrat et de lever le principal obstacle administratif.
Reste désormais à formaliser cette autorisation, indispensable pour que la FFF respecte le cadre légal tout en offrant à Zidane une rémunération compatible avec son statut.
Le futur staff de Zidane est également concerné
Le dossier ne s’arrête pas au seul salaire du futur sélectionneur. C’est justement là que les choses se compliquent.
La Fédération devra également demander une dérogation pour plusieurs membres du staff technique que Zinédine Zidane souhaite emmener avec lui.
Son entourage professionnel pourrait compter près de 25 collaborateurs, parmi lesquels plusieurs adjoints et spécialistes dont les rémunérations dépasseraient elles aussi le plafond prévu par la loi.
Cette extension de la dérogation constitue un élément essentiel du projet. Zidane a toujours travaillé avec une équipe de confiance, que ce soit au Real Madrid ou lors de ses précédentes expériences, et il entend conserver cette organisation pour prendre les commandes de l’équipe de France. Une fois l’autorisation accordée, la FFF pourra également régulariser la situation contractuelle de ces différents membres du staff, dont plusieurs devraient bénéficier d’une rémunération supérieure au plafond actuellement fixé par la législation.














