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Café : Beau Café s’associe à l’espagnol Incapto pour ouvrir un débouché au café camerounais

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Café : Beau Café s’associe à l’espagnol Incapto pour ouvrir un débouché au café camerounais
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(Investir au Cameroun) – Le torréfacteur camerounais Beau Café et l’entreprise espagnole Incapto, spécialisée dans le café de spécialité en grain et les machines automatiques, ont signé, le 26 juin 2026 à Douala, un accord de partenariat commercial destiné à introduire le café camerounais sur le marché ibérique. La cérémonie s’est déroulée en présence de l’Office national du cacao et du café (ONCC), acteur public chargé notamment de l’encadrement et de la promotion des filières cacao et café.

Selon les termes de l’accord, Beau Café fournira à Incapto du café camerounais sélectionné. L’entreprise espagnole se chargera de le torréfier selon ses standards, avant sa commercialisation sur le marché européen. En contrepartie, Beau Café devient distributeur des machines à café d’Incapto en Afrique centrale, avec l’objectif de développer une offre locale de café premium servie à travers ces équipements.

À travers ce partenariat, Incapto intègre le café camerounais dans son portefeuille d’origines premium. Pour Etonde Martin Ndoping, promotrice de Beau Café, l’accord doit permettre de renforcer la visibilité extérieure de la production locale. « Cet accord va permettre de vendre davantage le café camerounais à l’international, avec l’objectif d’accroître les recettes d’exportation », a-t-elle déclaré.

Pour le consul honoraire d’Espagne au Cameroun, Emmanuel Ngansop, ce partenariat s’inscrit aussi dans une dynamique de renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Il intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à diversifier les débouchés d’une filière caféière longtemps fragilisée par la baisse de la production, le vieillissement des vergers et la perte de compétitivité sur les marchés internationaux.

Une filière en léger rebond, mais encore loin de ses ambitions

La campagne 2024-2025 a confirmé un frémissement. La production commercialisée de café au Cameroun a progressé de près de 10 %, pour atteindre 11 637 tonnes. Cette embellie reste toutefois très éloignée des ambitions affichées par le plan de relance adopté en 2014, qui visait 125 000 tonnes de robusta et 35 000 tonnes d’arabica à l’horizon 2020.

Sur le marché mondial, le Cameroun demeure un acteur marginal. Selon les données du Comité de compétitivité du ministère de l’Économie, le pays n’a représenté que 0,1 % des exportations mondiales de café en volume sur la période 2018-2022, ce qui le plaçait au 54e rang mondial. Ses débouchés restent également concentrés : l’Algérie, la France, la Belgique et le Portugal captaient à eux seuls près de 63 % des exportations camerounaises de café en 2022.

Dans ce contexte, l’accord entre Beau Café et Incapto prend une portée qui dépasse la simple transaction commerciale. Il ouvre une piste de diversification géographique pour une filière encore dépendante de quelques marchés traditionnels. L’Espagne, quatrième économie de la zone euro et grand marché de consommation de café, constitue un débouché potentiellement intéressant pour des origines africaines encore peu visibles dans les circuits de café de spécialité.

Mais cette ouverture ne suffira pas à transformer la filière si elle ne s’accompagne pas de volumes réguliers, d’une qualité constante et d’un meilleur positionnement commercial. L’enjeu n’est pas seulement d’expédier du café vert vers l’Europe ; il est aussi de faire reconnaître l’origine Cameroun dans un segment où l’histoire du produit, la traçabilité, la régularité de l’approvisionnement et la qualité en tasse comptent autant que le prix.

Le pari de la montée en gamme

La présence de l’ONCC aux côtés des deux partenaires traduit cette préoccupation. Pour exporter durablement vers l’Europe, les opérateurs camerounais doivent répondre à des exigences élevées en matière de qualité, de traçabilité, de certification et de conformité réglementaire. Cette contrainte va devenir encore plus importante avec l’entrée en application progressive du règlement européen sur les produits issus de chaînes d’approvisionnement exemptes de déforestation.

Pour Beau Café, le partenariat avec Incapto peut donc servir de vitrine. Il permet d’associer le café camerounais à un modèle de distribution qui combine café de spécialité, machines automatiques et services aux entreprises. Cette approche peut offrir au produit camerounais une meilleure visibilité auprès des consommateurs, des bureaux, des hôtels, des espaces d’accueil et des circuits professionnels.

Pour les producteurs, l’enjeu final reste celui de la rémunération. L’ouverture de nouveaux marchés et la montée en gamme peuvent contribuer à améliorer les prix servis aux planteurs, à condition que la valeur créée soit mieux répartie le long de la chaîne. Sans structuration de l’approvisionnement, sans accompagnement des producteurs et sans amélioration de la qualité post-récolte, les partenariats commerciaux risquent de rester des annonces isolées.

L’accord Beau Café-Incapto constitue donc un signal encourageant pour le café camerounais. Il montre qu’une origine longtemps marginalisée peut trouver sa place dans des circuits européens plus exigeants. Mais sa réussite dépendra de la capacité des acteurs camerounais à transformer l’essai : produire régulièrement, tracer les lots, respecter les normes européennes et construire une marque d’origine capable de séduire durablement les consommateurs au-delà des marchés traditionnels.

Frédéric Nonos

Lire aussi:

26-05-2026 – Cacao-café : l’ONCC modernise ses laboratoires pour renforcer la compétitivité du Cameroun à l’export

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Bassin du lac Tchad : Le Cameroun et trois voisins mobilisés contre le choléra, Ebola et la Mpox

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Le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et la République centrafricaine renforcent leur coopération sanitaire face à la progression de plusieurs maladies épidémiques. Réunis à Douala […]

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un incendie à Metafrique Steel fait 4 morts et 16 blessés graves

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un incendie à Metafrique Steel fait 4 morts et 16 blessés graves
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Un violent incendie s’est déclaré ce lundi 2 novembre 2026, entre 7 h et 7 h 15, dans les installations de l’entreprise Metafrique Steel SA, située dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Selon les premiers éléments recueillis auprès des autorités, une explosion aurait précédé le sinistre.

Selon Cameroon Tribune, le bilan provisoire fait état de quatre corps calcinés, découverts par les sapeurs-pompiers, et de 16 personnes grièvement brûlées, évacuées à l’hôpital général de Douala. Selon une source médicale, leur pronostic vital serait engagé.

Le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, s’est rendu au chevet des blessés. Il a déploré le non-respect des mesures de sécurité prescrites à l’entreprise après un précédent incendie. « Malgré les premiers cas d’incendie, les mesures de sécurité n’ont pas été prises », a-t-il déclaré.

Évoquant les enquêtes en cours, le gouverneur a également estimé qu’un arrêt des activités de l’entreprise devrait être envisagé.
Pour mémoire, un autre incendie avait ravagé une partie de cette usine dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, faisant plusieurs victimes.

Au moment des premières constatations, les sapeurs-pompiers poursuivaient leurs opérations pour maîtriser le sinistre.

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Cameroun-ONU : 657 milliards de FCFA restent à mobiliser pour financer le cadre de coopération 2027-2031

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Cameroun-ONU : 657 milliards de FCFA restent à mobiliser pour financer le cadre de coopération 2027-2031
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun et le Système des Nations unies devront encore mobiliser environ 657,3 milliards de FCFA pour financer leur nouveau cadre de coopération pour le développement durable sur la période 2027-2031. Les quatre enveloppes budgétaires détaillées totalisent 860,5 milliards de FCFA, dont seulement 203,2 milliards sont actuellement identifiés comme disponibles, soit 23,6 % des besoins. Le document a été signé le 30 octobre 2026 à Yaoundé par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), et Issa Sanogo, coordonnateur résident des Nations unies au Cameroun.

Le besoin de financement représente ainsi 76,4 % de l’enveloppe prévisionnelle. Selon les données présentées, les ressources disponibles comprennent 141,7 milliards de FCFA de financements de base, dits « core », et 61,5 milliards de ressources complémentaires, dites « non-core ». Ces montants constituent des ressources identifiées pour la mise en œuvre du programme et ne correspondent pas nécessairement à des financements déjà décaissés.

Pour combler l’écart, Issa Sanogo préconise d’élargir les partenariats avec les institutions financières de développement et le secteur privé, tout en mobilisant davantage de financements climatiques et innovants.

La transformation économique affiche un déficit de financement de 232 milliards de FCFA

Le nouveau cadre s’articule autour de trois priorités stratégiques, déclinées en quatre effets. La transformation économique et la résilience climatique affichent le déficit proportionnel le plus élevé. Sur une enveloppe prévisionnelle de 275,4 milliards de FCFA, seuls 43,2 milliards sont disponibles, soit un taux de couverture de 15,7 %. Il reste ainsi 232,2 milliards de FCFA à rechercher.

La composante consacrée à la diversification économique et à la création d’emplois décents dispose de 21,7 milliards de FCFA pour des besoins évalués à 174 milliards. Son taux de financement, limité à 12,5 %, est le plus faible des quatre effets budgétaires. Il reste 152,2 milliards de FCFA à mobiliser.

La seconde composante, consacrée à la résilience climatique et à l’accès à une énergie propre, prévoit 101,5 milliards de FCFA. Les ressources disponibles atteignent 21,5 milliards, soit 21,2 % des besoins. Le financement restant à rechercher s’élève à près de 80 milliards de FCFA.

Cette priorité doit soutenir la diversification des activités productives, l’industrialisation, le développement des économies verte et bleue ainsi que l’adaptation aux changements climatiques. Elle prévoit également des interventions destinées à améliorer l’accès à une énergie propre et durable.

Près de 317 milliards de FCFA manquent au développement du capital humain

Le capital humain et la cohésion sociale concentrent la plus importante enveloppe du nouveau cadre : 427,6 milliards de FCFA, soit 49,7 % du budget total. Seuls 111 milliards sont actuellement disponibles. Le besoin résiduel atteint 316,6 milliards de FCFA, ce qui constitue le déficit le plus élevé en valeur absolue.

Les financements doivent notamment soutenir l’amélioration de l’accès aux services de santé, à l’éducation et aux dispositifs de protection sociale. À l’horizon 2031, les objectifs annoncés comprennent un taux de 95 % d’accouchements assistés, une couverture vaccinale de 95 %, un taux d’achèvement du primaire de 100 % et une couverture de 40 % des personnes vulnérables par les mécanismes de protection sociale.

La gouvernance, la décentralisation et la paix disposent, pour leur part, d’un budget prévisionnel de 157,5 milliards de FCFA. Avec 48,9 milliards disponibles, cette composante affiche le taux de financement le plus élevé, à 31,1 %. Il reste néanmoins 108,6 milliards de FCFA à mobiliser.

Les interventions prévues porteront notamment sur l’efficacité des institutions, la transparence, la gestion des finances publiques, la décentralisation et l’articulation entre l’aide humanitaire, le développement et la consolidation de la paix.

Le cadre couvre l’ensemble du territoire camerounais, avec une attention particulière à six régions : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, l’Est, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les principaux bénéficiaires ciblés comprennent les femmes, les jeunes, les enfants, les réfugiés, les personnes déplacées internes, les personnes handicapées et les peuples autochtones.

Un budget en hausse de 27 %, mais moins de financements disponibles qu’en 2021

Le nouveau cycle succède au cadre de coopération 2022-2026, signé le 16 septembre 2021 par Alamine Ousmane Mey et Matthias Zana Naab, alors coordonnateur résident des Nations unies au Cameroun.

Selon le document de programmation du précédent cycle, les interventions étaient évaluées à environ 1,15 milliard de dollars, soit l’équivalent de 676,7 milliards de FCFA au taux de change retenu pour le présent article. Cette enveloppe avait été présentée à la signature en 2021 comme dépassant 642 milliards de FCFA, sur la base du taux de change de l’époque.

À taux de conversion identique, le nouveau budget de coopération augmente d’environ 27,2 %, passant de 676,7 à 860,5 milliards de FCFA. Pourtant, les ressources initialement disponibles reculent de 226,7 milliards de FCFA pour le précédent cycle à 203,2 milliards pour la période 2027-2031, soit une diminution de 23,5 milliards de FCFA.

Le taux de couverture financière passe ainsi de 33,5 % à 23,6 %, soit une baisse de 9,9 points de pourcentage. Cette comparaison porte sur les financements identifiés lors de la programmation des deux cycles. Elle ne mesure pas les ressources finalement mobilisées ni les dépenses effectivement réalisées entre 2022 et 2026.

Le précédent dispositif associait 22 agences des Nations unies autour de quatre priorités : la croissance inclusive et durable, le développement humain et social, l’appui institutionnel et la participation citoyenne, ainsi que la durabilité environnementale et la gestion des risques climatiques.

Ludovic Amara

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