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Jean-Pierre Bekolo : Vers une République culturelle

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Jean-Pierre Bekolo : Vers une République culturelle
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Le cinéaste Jean-Pierre Bekolo répond ainsi à l’économiste Dieudonné Essomba, qui de son point de vue, défends un modèle de citoyenneté interne.

Le cinéaste Jean-Pierre Bekolo suggère à l’économiste Dieudonné Essomba d’explorer une citoyenneté culturelle ouverte en lieu et place d’un modèle de citoyenneté interne. Il affirme que ce modèle part de l’éducation tandis que le sien va des origines.

Retrouvez ci-dessous sa réponse adressée à Dieudonné Essomba

Tu soulèves des questions sérieuses qu’il faudrait prendre à bras-le-corps. Mais laisse-moi te répondre sur la base de ce que j’appelle La République culturelle.

  1. Les tribus n’ont pas créé le Cameroun, c’est paradoxalement le colon qui nous a obligé à nous mettre ensemble.

Et c’est justement pour ça que je propose d’en finir avec le tribalisme.

Oui, le Cameroun, comme la plupart des États africains, est une invention coloniale. Mudimbe a raison : l’Afrique comme entité politique moderne est en partie une construction occidentale. Mais ce que tu oublies, c’est que le colon n’a pas seulement dessiné des frontières : il a figé les tribus en unités rivales pour mieux régner. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes tribus figées qui bloquent notre développement. La République culturelle ne nie pas l’histoire coloniale – elle la décolonise en proposant une tribu unique, ouverte à tous par l’éducation. Pas par le sang. Pas par le sol. Par la culture partagée.

Que ce soit la culture allemande, la culture française ou la culture anglaise, on pourrait les considérer comme des cultures tribales que nos parents ont intégrées. Rien n’exclut la possibilité qu’on fasse de même avec nos propres cultures camerounaises.

  1. « On n’a jamais prouvé que le modèle de gestion du pays comme un fédéralisme des tribus fonctionne depuis l’indépendance. »

Regarde autour de toi : les gouvernements sont des partages de gâteau ethno-régional. Les ministères sont attribués non pas à des compétences, mais à des équilibres régionaux. Le développement devient secondaire. Moi, je dis : stop. La République culturelle propose un chantier de modernité africaine qui ne copie ni l’Occident ni le modèle post-colonial actuel. Ce n’est pas un modèle déjà prouvé ailleurs – c’est une invention nouvelle à partir de nos propres réalités. L’afrofuturisme que je prône, ce n’est pas prouver le passé, c’est construire l’avenir.

  1. Tu parles de citoyenneté interne, d’autochtonie, de compensations à la suisse ou à l’américaine.

Ce que tu décris existe ailleurs. Mais ces modèles ont un problème : ils figent les gens dans une origine. Un autochtone aujourd’hui, un allogène demain. Moi, je dis : aucune tribu ne peut être exclusive.

Pas d’association de ressortissants de tel village fermée. Pas de cérémonie fermée. Pas d’université tribale réservée. Pas de poste public attribué par origine.

Si l’Adamaoua veut développer des ranches, qu’elle le fasse – mais un citoyen de l’Est peut y postuler. Si l’Est veut la santé gratuite, qu’elle la fasse – mais un citoyen de l’Adamaoua y a droit. La compensation ? L’État de la République culturelle garantit l’égalité d’accès. Point.

  1. Tu dis qu’Elimbi Lobe aurait raison s’il intégrait les allogènes intégrés. Je vais plus loin : je supprime l’autochtonie comme critère politique.

Je ne veux pas d’une citoyenneté interne à deux vitesses. Je ne veux pas d’autochtones et d’autres. Je veux une seule citoyenneté : celle de la République culturelle camerounaise.

Un Camerounais installé au Littoral depuis 20 ans, qui y travaille, y élève ses enfants, contribue à sa culture : il n’est pas un allogène. Il est citoyen. La seule question qui compte : participe-t-il à la construction de notre tribu commune ? C’est ça, l’ouverture. Pas l’origine.

  1. Ma République culturelle, s’appuie sur des identités dynamiques.

C’est une école ouverte à tous. Une médecine traditionnelle partagée. Des nouvelles technologies au service des savoirs ancestraux. Et surtout : un savoir culturel camerounais enseigné à l’école.

Si je veux me marier comme les Bassa, ou organiser les funérailles de mes parents comme les Bamileke, que ce soit possible – parce que j’ai appris ces cultures camerounaises à l’école.

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Électricité : à Banyo, un projet solaire de 44 MW se dessine parallèlement au programme d’hybridation de Socadel

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Électricité : à Banyo, un projet solaire de 44 MW se dessine parallèlement au programme d’hybridation de Socadel
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(Investir au Cameroun) – Un projet de centrale solaire photovoltaïque de 44 MW avec stockage est en cours de maturation à Banyo, dans l’Adamaoua, où Socadel (ex-Eneo), développe déjà un programme d’hybridation de la centrale thermique locale. La nouvelle initiative est portée par la Foundation for Development of Ecology & Humankind (Fondecoh), en collaboration avec la commune de Banyo et Supernova Energy, selon l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel).

Les promoteurs ont présenté le projet au régulateur le 8 septembre 2026 à Yaoundé. L’installation envisagée comprend un champ photovoltaïque de 44 MW associé à des capacités de stockage, dont l’Arsel ne précise ni la puissance ni la capacité énergétique. L’électricité produite doit contribuer à l’approvisionnement de Banyo et des localités environnantes.

Par sa puissance annoncée, le projet se situe à une échelle très supérieure aux capacités solaires prévues dans le programme d’hybridation des centrales thermiques isolées repris aujourd’hui par Socadel. Le Compact énergétique du Cameroun, élaboré dans le cadre de la Mission 300, prévoit au total 7,2 MWc de photovoltaïque pour six sites : Banyo, Ngaoundal, Yoko, Touboro, Moloundou et Yokadouma. Rapportés arithmétiquement à cette capacité, les 44 MW annoncés à Banyo représentent un peu plus de six fois le total prévu pour les six sites, même si les deux données, exprimées respectivement en MW et en MWc, ne sont pas strictement comparables.

Le programme avait été engagé sous Eneo. En novembre 2023, l’électricien avait lancé un appel d’offres international portant sur la conception, le financement et la construction de six centrales solaires, ainsi que sur la vente à Eneo de l’électricité produite. Banyo figurait dans le lot comprenant également Touboro et Ngaoundal. Le Compact énergétique prévoyait ensuite l’attribution des marchés et le démarrage des travaux au plus tard fin 2025, puis la mise en service complète des installations en 2026.

Raccordement, acheteur et financement encore inconnus

Le projet de 44 MW reste toutefois à un stade préliminaire. L’ARSEL ne fait état ni d’une licence de production déjà attribuée, ni d’un contrat d’achat d’électricité, ni d’un financement bouclé. Le coût de l’investissement, le calendrier de construction, le point de raccordement, la tension d’évacuation, la production annuelle attendue et le dimensionnement du stockage ne sont pas davantage précisés.

Ces paramètres sont particulièrement importants à Banyo, historiquement alimentée par un système électrique isolé. Les données publiées sous Eneo font état d’une puissance thermique installée de 1 968 kW dans la localité. Cette seule donnée ne permet pas de déterminer si le réseau actuel pourrait accueillir une centrale solaire de 44 MW. Une telle évaluation dépendrait notamment du schéma d’évacuation retenu, d’éventuelles extensions du réseau, des capacités de stockage et de la demande appelée à être desservie.

Une autre centrale hybride de 3,5 MW annoncée

Le projet de Fondecoh et Supernova Energy n’est pas la seule initiative renouvelable annoncée à Banyo. Renewable Power Cameroon affirme développer dans la zone un système hybride de 3,5 MW comprenant 1,5 MW de petite hydroélectricité aux chutes de Tapadje Yayya, 2 MW de solaire photovoltaïque, 3,9 MWh de batteries et 35 km de lignes principales en 30 kV.

L’entreprise indique développer ce projet avec la mairie de Banyo et avec l’aval de l’Agence d’électrification rurale. Cette dernière indication repose toutefois sur les déclarations du développeur : aucun document public de l’AER confirmant cet aval n’a été identifié.

Les informations publiques disponibles ne permettent pas d’établir comment le projet solaire de 44 MW, le programme d’hybridation désormais porté par Socadel et le système de 3,5 MW annoncé par Renewable Power Cameroon doivent s’articuler. Elles ne précisent pas non plus l’identité juridique exacte de Supernova Energy ni les références techniques et financières des promoteurs pour une installation de cette taille.

Baudouin Enama

Lire aussi :

22-10-2025 – Electricité : le Cameroun annonce la livraison en 2026 de six mini-centrales solaires (7,2 MWc) attendues depuis 2022

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