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La montée des prêts non concessionnels accroît les risques sur la dette extérieure

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La montée des prêts non concessionnels accroît les risques sur la dette extérieure
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Le Cameroun continue d’accroître son exposition aux financements extérieurs les plus coûteux. Les données publiées dans la Conjoncture mensuelle de la dette publique au 31 mars 2026 par la CAA montrent qu’au premier trimestre de l’année, les ressources non concessionnelles demeurent largement dominantes dans les flux de financement mobilisés par l’État. Une orientation qui intervient pourtant à contre-courant des engagements budgétaires affichés par le gouvernement et des recommandations récurrentes du Fonds monétaire international (FMI).

Sur les trois premiers mois de l’année, les décaissements extérieurs cumulés ont atteint 528,87 milliards de FCFA, selon la CAA. Plus de neuf dixièmes de ce montant proviennent des créanciers commerciaux, qui concentrent 90,1 % des ressources mobilisées, contre 9,5 % pour les bailleurs multilatéraux et seulement 0,4 % pour les partenaires bilatéraux. Les données de la CAA relatives aux prêts-projets confirment cette tendance. Les financements non concessionnels représentent 88,9 % des décaissements enregistrés au terme du premier trimestre, contre seulement 11,1 % pour les prêts concessionnels. Pour le seul mois de mars, cette proportion atteint même 89,6 %, contre 10,4 % pour les ressources concessionnelles.

DES FINANCEMENTS PLUS RAPIDES, MAIS PLUS COÛTEUX

Dans les mécanismes de financement public, un prêt concessionnel correspond à un crédit accordé à des conditions avantageuses : taux d’intérêt réduits, périodes de grâce plus longues ou maturités étendues. Selon la définition reprise par la CAA dans sa publication, un crédit est considéré comme concessionnel lorsque son « élément don » est supérieur ou égal à 35 %. Concrètement, cela signifie qu’une partie significative de l’effort financier est implicitement supportée par le prêteur. À l’inverse, les prêts non concessionnels se rapprochent davantage des conditions de marché : leurs coûts sont plus élevés et leurs délais de remboursement plus courts.

Les chiffres publiés dans la Conjoncture mensuelle de la dette publique au 31 mars 2026 illustrent une dépendance accrue à cette seconde catégorie de financement. Sur les 37,8 milliards de FCFA de prêts-projets décaissés depuis le début de l’année, les financements non concessionnels représentent 33,61 milliards de FCFA, contre seulement 4,195 milliards pour les prêts concessionnels. Cette orientation ne se limite pas aux financements déjà mobilisés. Elle apparaît également dans les engagements en préparation.

Ainsi, neuf décrets d’habilitation signés et en attente d’exécution portent sur des financements d’un montant total d’environ 591,28 milliards de FCFA. Là encore, la structure demeure déséquilibrée : 546,28 milliards de FCFA relèvent de financements non concessionnels, contre seulement 45 milliards de FCFA de ressources concessionnelles. Ces financements concernent notamment la route Ebolowa–Akom II–Kribi, la reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de Yaoundé, la stabilisation du réseau électrique de Douala, la réhabilitation de la route Souré–Guidjer–Mayo Oulo–Doui, ou encore l’extension du backbone national de fibre optique.

DES RISQUES IDENTIFIÉS PAR LE GOUVERNEMENT LUI-MÊME

Le contraste apparaît d’autant plus marqué que les orientations officielles suivent une logique différente. Dans le Document d’orientation budgétaire 2026-2028, les autorités précisent que la dette extérieure devra être financée « prioritairement » par des ressources concessionnelles, les prêts non concessionnels n’étant envisagés qu’en cas d’indisponibilité de ces dernières, notamment pour des investissements présentant une rentabilité économique et sociale démontrée. Pourtant, malgré ces recommandations répétées, le recours aux financements non concessionnels continue de progresser au fil des années. Cette évolution semble être dictée à la fois par les contraintes du marché et par l’urgence pour les pouvoirs publics d’assurer le financement de projets considérés comme prioritaires.

Dès 2023, dans un document publié en novembre sur l’évolution des grands projets d’investissement, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) dressait déjà un constat explicite sur les conséquences potentielles d’une telle orientation :

« Le recours croissant aux prêts non concessionnels pour le financement des projets est de nature à exposer la dette publique extérieure à : i) l’augmentation de son coût ; ii) le risque de refinancement ; et iii) le risque de change. Les prêts de type non concessionnel, qui sont généralement des prêts commerciaux, sont plus chers et plus risqués que les prêts multilatéraux et bilatéraux à travers leur taux d’intérêt élevé et leur courte maturité de financement. Le recours à ces prêts a débuté en 2015 avec une proportion de 13 % des engagements financiers de l’État pour se situer en 2022 à 89 % desdits engagements ».

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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation
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L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.

Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).

Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.

Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.

La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.

À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.

Fabrice BELOKO

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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival
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Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.

Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.

Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».

Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.

Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.

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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement
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Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.

Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.

Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.

D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.

La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.

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