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l’État reprend la main, les communes perdent leur substance

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l’État reprend la main, les communes perdent leur substance
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Pendant plus de vingt ans, la décentralisation a été présentée comme l’un des grands chantiers institutionnels du Cameroun. Elle devait rapprocher l’administration des citoyens, donner aux collectivités territoriales des moyens d’action réels, corriger les déséquilibres régionaux et construire un développement local autonome, explique Charles Armel Mbatchou.

Lire ici son analyse :

Aujourd’hui, le constat devient difficile à contourner : le processus semble entrer dans une phase inverse. La réforme récente de la fiscalité locale marque un basculement politique majeur. Derrière les arguments techniques et administratifs, c’est une reprise en main progressive des collectivités territoriales par l’État central qui se dessine.

La question n’est plus seulement de savoir si la décentralisation fonctionne mal. La question devient plus grave : le Cameroun assiste-t-il à une recentralisation organisée du pouvoir administratif et financier ?

Une décentralisation longtemps annoncée, rarement assumée

Depuis la Constitution de 1996, le Cameroun affirme officiellement son engagement en faveur de la décentralisation. Les lois de 2004, puis le Code général des collectivités territoriales décentralisées de 2019, devaient donner corps à cette ambition.

Sur le papier, les communes et les régions disposent de compétences importantes :

* aménagement local ;

* développement économique ;

* gestion urbaine ;

* infrastructures de proximité ;

* santé et éducation de base ;

* fiscalité locale.

Mais dans les faits, les collectivités sont restées dépendantes :

* des transferts budgétaires de l’État ;

* de l’autorisation administrative du pouvoir central ;

* de la tutelle préfectorale ;

* des arbitrages ministériels ;

* et surtout du contrôle financier de Yaoundé.

La décentralisation camerounaise a donc évolué dans une contradiction permanente : transférer des responsabilités sans transférer réellement le pouvoir.

Le Conseil National de la Décentralisation : une institution devenue silencieuse

Le cas du Conseil National de la Décentralisation illustre cette contradiction.

Créé pour être l’instance supérieure chargée :

* de suivre la mise en œuvre de la décentralisation ;

* d’évaluer les politiques publiques locales ;

* d’impulser le développement territorial ;

* de coordonner les réformes institutionnelles,

le CND devait constituer le moteur stratégique de la gouvernance locale.

Le Décret N°2020/676 du 03 novembre 2020 lui conférait théoriquement un rôle central dans l’orientation et l’évaluation de la politique de décentralisation.

Mais plusieurs questions émergent désormais :

* quelles évaluations publiques le CND a-t-il produites ?

* quels mécanismes de correction a-t-il imposés face aux blocages observés ?

* quelles alertes institutionnelles a-t-il émises sur l’affaiblissement financier des collectivités ?

* quelle position a-t-il prise sur la reprise en main fiscale actuelle ?

Le silence institutionnel du CND devient lui-même un symptôme. Une structure censée protéger l’autonomie locale semble incapable d’empêcher le recul progressif des pouvoirs des collectivités.

Le tournant décisif : la reprise du pouvoir fiscal par l’État

La réforme issue de la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale constitue probablement le moment le plus révélateur de cette dynamique.

L’arrêté conjoint signé par :

* Louis Paul Motaze ;

* et Georges Elanga Obam,

retire officiellement aux communes, communautés urbaines et communes d’arrondissement leurs prérogatives en matière :

* d’émission des recettes fiscales ;

* de recouvrement des impôts locaux ;

* de perception des taxes et redevances communales.

L’article 13 est explicite :

« Les ordonnateurs et les comptables des Communes, Communes d’arrondissement et Communautés urbaines sont, chacun en ce qui le concerne, dessaisis de leurs prérogatives liées à l’émission des recettes fiscales et au recouvrement des impôts, taxes et redevances communales. »

Cette disposition change profondément la nature de la décentralisation camerounaise.

Car aucune collectivité territoriale ne peut prétendre à une autonomie réelle sans maîtrise de ses ressources fiscales.

Les communes réduites à un rôle administratif secondaire

La réforme crée désormais des « Unités de Suivi de la Fiscalité Locale ». Leur rôle se limite essentiellement à :

* identifier les contribuables ;

* transmettre les informations ;

* suivre les performances ;

* assister les centres fiscaux ;

* produire des rapports.

Autrement dit, les collectivités deviennent des auxiliaires techniques de l’administration fiscale centrale.

Le pouvoir réel de taxation, de contrôle et de recouvrement revient désormais à la Direction Générale des Impôts.

Le changement est majeur :

* avant, les communes percevaient ;

* désormais, elles observent.

Cette évolution transforme les exécutifs locaux en gestionnaires dépendants, privés d’un levier essentiel de gouvernance.

Une recentralisation justifiée par les dérives locales

Le gouvernement peut défendre cette réforme par plusieurs arguments :

* mauvaise gouvernance locale ;

* faibles performances de recouvrement ;

* corruption ;

* multiplication de prélèvements irréguliers ;

* opacité des régies municipales ;

* conflits autour de la publicité urbaine.

Ces critiques ne sont pas totalement infondées. Certaines collectivités ont effectivement développé des systèmes de taxation peu transparents, parfois sans base juridique solide.

Le secteur de la publicité urbaine en est un exemple emblématique :

* concessions opaques ;

* multiplication des intermédiaires ;

* contrats contestés ;

* absence de traçabilité des recettes.

Mais le problème fondamental demeure entier : faut-il corriger les dérives locales ou supprimer l’autonomie locale elle-même ?

Car la réforme actuelle ne renforce pas les capacités des communes. Elle les dépossède.

Le paradoxe camerounais : transférer les charges, reprendre les ressources

Le Cameroun entre ainsi dans une situation paradoxale :

* les collectivités conservent les attentes sociales ;

* mais perdent progressivement les moyens financiers de les satisfaire.

Les maires devront continuer :

* d’entretenir les voiries ;

* d’assurer la salubrité ;

* de gérer les marchés ;

* de répondre aux urgences locales ;

* de porter les revendications des populations.

Mais les leviers budgétaires sont désormais recentralisés.

Ce déséquilibre risque d’avoir plusieurs conséquences :

* affaiblissement politique des maires ;

* dépendance accrue envers Yaoundé ;

* ralentissement des projets locaux ;

* démotivation des exécutifs municipaux ;

* concentration du pouvoir financier dans l’administration centrale.

Une crise de confiance institutionnelle

Cette réforme révèle surtout une méfiance profonde de l’État central envers les collectivités territoriales.

Depuis plusieurs années, la décentralisation camerounaise progresse sous contrôle :

* contrôle des budgets ;

* contrôle des recrutements ;

* contrôle des investissements ;

* contrôle administratif ;

* contrôle fiscal désormais.

Le pouvoir local existe juridiquement, mais reste politiquement encadré.

Le problème est que cette logique finit par vider la décentralisation de sa substance.

Une commune sans autonomie fiscale devient essentiellement un relais administratif.

Le risque politique : fragiliser encore le lien entre citoyens et institutions

La décentralisation devait rapprocher les citoyens des centres de décision. Or la recentralisation produit souvent l’effet inverse :

* éloignement du pouvoir ;

* dilution des responsabilités ;

* confusion institutionnelle ;

* sentiment d’impuissance locale.

Lorsque les populations constateront que leurs maires n’ont plus de maîtrise réelle des ressources, la défiance pourrait s’aggraver.

Et lorsque les collectivités ne peuvent plus agir efficacement, la centralisation devient mécaniquement responsable de toutes les défaillances territoriales.

Une question désormais centrale : la décentralisation camerounaise existe-t-elle encore ?

Le débat ne porte plus seulement sur l’efficacité administrative.

Il porte désormais sur la nature même du modèle institutionnel camerounais.

Une décentralisation sans autonomie fiscale ;

une gouvernance locale sous tutelle permanente ;

des collectivités privées de leurs leviers financiers ;

un organe national de décentralisation peu audible ;

des régions encore faiblement autonomes ;

tout cela interroge la réalité du transfert de pouvoir promis depuis des décennies.

Le Cameroun semble progressivement passer :

* d’une décentralisation contrôlée ;

* à une recentralisation assumée.

Et cette évolution pourrait profondément redéfinir les rapports entre l’État, les territoires et les citoyens dans les années à venir.

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Crystal Palace aussi entre dans la course pour Carlos Baleba

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Crystal Palace aussi entre dans la course pour Carlos Baleba
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Crystal Palace est prêt à accélérer sur le marché des transferts. Selon plusieurs sources, les Eagles devraient transmettre dans les prochains jours une offre officielle à Brighton afin de recruter le milieu de terrain camerounais Carlos Baleba.

À la recherche de renforts pour densifier leur entrejeu avant le début de la saison, les dirigeants londoniens ont identifié l’ancien joueur du LOSC comme une priorité. À seulement 22 ans, Baleba s’est imposé comme l’un des milieux les plus prometteurs de Premier League grâce à son impact physique, sa qualité de relance et sa capacité à récupérer les ballons.

Mais convaincre Brighton s’annonce loin d’être une formalité. Les Seagulls n’ont aucune intention de se séparer d’un élément qu’ils considèrent comme essentiel à leur projet sportif. Sous contrat et pleinement intégré dans les plans du club, l’international camerounais est perçu comme l’un des piliers de l’effectif pour les saisons à venir.

Si Crystal Palace s’apprête à formuler une première proposition, celle-ci devra être particulièrement convaincante pour espérer faire fléchir Brighton. Les négociations s’annoncent donc complexes, et un bras de fer pourrait rapidement s’engager entre les deux formations anglaises.

Le feuilleton Carlos Baleba ne fait que commencer, mais une chose est certaine : Crystal Palace devra sortir les grands moyens s’il veut convaincre Brighton de céder l’un de ses joueurs les plus précieux.

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le Real Madrid ferme la porte à Arsenal !

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Le nouvel entraîneur madrilène aurait pris une décision ferme concernant l’avenir de la star brésilienne, malgré les convoitises venues de Premier League.

Les grandes manœuvres se poursuivent au Real Madrid, mais certaines décisions semblent déjà avoir été tranchées en interne. Alors que la Casa Blanca s’active sur le marché des transferts avec plusieurs renforts de poids, l’avenir de Vinícius Júnior était au cœur des discussions ces dernières heures. Courtisé notamment par Arsenal, l’ailier brésilien reste pourtant considéré comme un élément indispensable du projet madrilène.

Selon les informations de The Telegraph, l’arrivée de nouveaux talents offensifs, dont Yan Diomandé, ne remettrait pas en cause la place du numéro 7 dans l’effectif. Malgré l’absence d’accord définitif concernant sa prolongation de contrat, Vinícius Jr ne serait pas autorisé à quitter le Santiago Bernabéu cet été.

Mourinho impose son autorité dès son arrivée

D’après le média britannique, José Mourinho, récemment nommé à la tête du Real Madrid, aurait rapidement affiché sa position auprès de sa direction. Le technicien portugais aurait posé son veto à un départ de l’international brésilien, estimant qu’aucune des grandes stars offensives du club ne devait être sacrifiée.

Le Special One aurait ainsi demandé à conserver l’intégralité de son trio de stars composé de Kylian Mbappé, Jude Bellingham et Vinícius Júnior. Une décision qui confirme l’ambition du nouvel entraîneur : bâtir une équipe capable de dominer l’Europe autour de ses meilleurs joueurs.

Arsenal face à un mur pour Vinícius

Les Gunners, intéressés par le profil du Brésilien, pourraient donc se heurter à une résistance majeure. Malgré les moyens financiers du club londonien et l’attractivité de la Premier League, convaincre le Real Madrid de céder son ailier semble désormais être une mission presque impossible.

À 21 ans, Vinícius Júnior reste l’un des joueurs les plus décisifs de la planète football. Avec 54 sélections en équipe du Brésil et un rôle central dans l’animation offensive madrilène, son départ représenterait un véritable séisme.

Alors que le Real Madrid prépare une nouvelle ère, José Mourinho semble avoir envoyé un message clair : les stars ne sont pas à vendre, et Vinícius Jr fait partie des joueurs autour desquels le club veut construire son avenir.

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Accélération des projets ferroviaires au Cameroun

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Accélération des projets ferroviaires au Cameroun
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Réuni le 24 juillet 2026 à Yaoundé, le Comité interministériel des infrastructures ferroviaires (COMIFER), sous la présidence du ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, a passé en revue les principaux dossiers du secteur ferroviaire. Au terme des travaux, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants afin de renforcer la contribution du rail au développement économique du Cameroun.

La 48ᵉ session extraordinaire du COMIFER a permis d’évaluer l’état d’avancement des principaux chantiers ferroviaires du pays. Les échanges ont porté notamment sur le suivi des résolutions de la précédente session, les dossiers liés à l’accident ferroviaire d’Eséka, la préparation du deuxième Plan quinquennal (PQ2), l’acquisition de nouveaux matériels roulants pour le transport des voyageurs, ainsi que la mise en conformité de la convention entre l’État et CAMRAIL avec la loi de 2023 régissant le secteur ferroviaire.

Les membres du comité ont également examiné les préparatifs du transport de la bauxite, le transfert des biens du premier Plan quinquennal (PQ1), les projets d’extension du réseau ferroviaire et les mesures destinées à renforcer la sécurisation des emprises ferroviaires.

Dans son discours d’ouverture, le ministre des Transports a rappelé que le rail constitue un levier stratégique pour améliorer la mobilité, favoriser l’intégration territoriale et renforcer la compétitivité de l’économie nationale. Il a appelé l’ensemble des acteurs à agir avec diligence et en parfaite coordination afin d’assurer la mise en œuvre effective des résolutions adoptées, tout en garantissant la sécurité des infrastructures et la qualité du service public.

À l’issue des travaux, le COMIFER a formulé plusieurs recommandations destinées à accélérer les projets en cours et à améliorer la gouvernance du secteur. Clôturant la session, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a instruit les administrations concernées et leurs partenaires de poursuivre sans délai l’exécution des résolutions, avec un suivi rigoureux des dossiers prioritaires, notamment la modernisation des infrastructures, l’acquisition du matériel roulant et le développement des projets ferroviaires stratégiques.

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