Actualités locales
La notion d’autochtonie au Cameroun : enjeux et débats

«L’autochtonie désigne, dans son sens premier, le fait d’être originaire du lieu même que l’on habite, d’y avoir ses racines les plus anciennes. Mais dans le débat politique africain contemporain, ce concept est souvent détourné de sa rigueur pour servir des intérêts bien particuliers», rappelle Patrick Ehode.
Lire ici ses explications :
Sur un plateau de télévision, une députée a affirmé que ce qui conférerait aux Douala le statut d’autochtone serait le fait qu’ils se soient installés dans le Wouri au XVͤ siècle. Si l’on s’en tient à ce raisonnement, les Européens, arrivés en Amérique au XVͤ siècle également, seraient autochtones du continent américain.
La conclusion est absurde, et elle révèle à quel point le critère de l’antériorité relative est un fondement fragile, voire dangereux, dès lors qu’il est utilisé pour hiérarchiser des droits entre citoyens d’un même État.
Ce débat n’est pas sans résonances internationales. Une grande partie de l’humanité regarde avec horreur ce qui se passe à Gaza, où la question de la légitimité d’occupation d’une terre est posée avec une acuité tragique.
Le consensus des historiens est clair : la Bible n’est pas un document historique au sens scientifique du terme, et un texte religieux, aussi vénérable soit-il, ne saurait constituer un titre de propriété sur un territoire.
Au XVͤ siècle, les mots Bakoko, Bakossi, Duala, Bamiléké avaient-ils la même portée sémantique qu’aujourd’hui ? Ces identités, présentées comme immémoriales, sont en réalité des constructions : les razzias arabo-swahilies ont fragmenté les groupes humains, et la colonisation a parachevé ce travail en cristallisant des « tribus » dans des catégories administratives ce que Leroy Vail appelle la « création de la tribalité ». Or la linguistique comparée révèle que Bakoko, Bakossi, Duala et Bamiléké partagent une souche bantoue commune, attestée par Guthrie, Greenberg et Obenga.
De même, au Cameroun, les mythes fondateurs et les légendes de telle ou telle communauté, aussi riches soient-ils sur le plan culturel, ne peuvent tenir lieu de source de droit dans un État moderne. Rappelons-le : l’histoire est la connaissance du passé fondée sur des faits vérifiables et des méthodes éprouvées.
Que dire, dès lors, de ces récits mythiques qui, au Cameroun, prétendent fonder l’autochtonie et s’ériger en source de droit positif ? Nous voilà revenus aux âges préscientifiques, et ceci sous le regard complaisant de ceux-là mêmes qui devraient être les gardiens du savoir : les universitaires.
Car c’est normalement la recherche académique qui balaie ce type de discours en leur opposant des faits. En Angleterre, face aux thèses racistes sur la pureté des origines, archéologues, historiens, généticiens et artistes ont conjugué leurs efforts pour restituer le visage des premiers habitants des îles Britanniques: un visage à la peau noire, selon les reconstitutions scientifiques. Le savoir a eu raison du mythe.
Au Cameroun, l’université peine à jouer ce rôle. Traversée par les logiques politiques et affaiblie par un manque chronique de moyens, elle n’est pas en mesure de produire le savoir rigoureux dont le pays a besoin. Les chantiers sont pourtant immenses : archéologie, anthropologie, génétique des populations, histoire des migrations. Autant de disciplines qui permettraient de substituer aux récits mythiques une connaissance solide et partagée des origines de chaque communauté.
La nature ayant horreur du vide, ce sont les plateaux de télévision qui ont pris le relais. Les soutenances de thèse sont supplantées par des joutes médiatiques du dimanche, dont le double objectif est de faire de l’audience et de placer en avant-scène des porte-voix chargés de défendre des intérêts politiques ou économiques précis. Ce glissement du savoir vers le spectacle est une régression dont il faut mesurer toute la gravité.
L’histoire offre un avertissement que nous aurions tort d’ignorer. La Guinée équatoriale a vécu ce basculement vers l’obscurantisme sous le régime de Macías Nguema, oncle de l’actuel président. Les intellectuels y étaient traqués, emprisonnés ou contraints à l’exil ; certains ont trouvé refuge au Cameroun, notamment à Kribi.
Un pays qui chasse ses intellectuels ou les réduit au silence se condamne lui-même aux ténèbres.
Or le Cameroun affiche une ambition d’émergence, rejoindre les grandes puissances de ce siècle. Cette ambition est incompatible avec un débat public dominé par la superstition, les mythes identitaires et les querelles d’antériorité. L’émergence suppose des institutions solides, une recherche académique indépendante, et une citoyenneté fondée sur des droits égaux.
Si la société camerounaise souhaite malgré tout établir un droit de préséance fondé sur l’antériorité d’installation, c’est un choix de société qui mérite d’être débattu sérieusement, et dans le cadre d’institutions légitimes. En l’état, le niveau des discussions publiques sur ce sujet dessert le Cameroun et l’éloigne des défis qui sont les siens.
Si l’horizon de la société camerounaise c’est de se disputer les terres à vendre aux chinois, libanais ou autres c’est qu’effectivement l’homme camerounais n’est pas entré dans l’histoire et ne souhaite pas être mentionné.
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Actualités locales
les dépôts de candidatures prolongés jusqu’au 21 août
La Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) a prorogé les délais de dépôt des dossiers pour les concours directs et spéciaux de recrutement à la Police au titre de l’année 2025. Cette mesure vise à permettre à davantage de candidats de finaliser leurs candidatures.
Dans un communiqué signé le 22 juillet 2026, le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, annonce le report de la date limite de réception des dossiers de candidature aux concours de recrutement de la Police nationale.
Initialement fixée au 31 juillet 2026, cette échéance est désormais portée au 14 août 2026 à 15 h 30 pour les candidats aux concours de recrutement des élèves-commissaires de police et des élèves-officiers de police. Les candidats aux concours d’élèves-inspecteurs de police et d’élèves-gardiens de la paix disposent, quant à eux, d’un délai supplémentaire jusqu’au 21 août 2026 à 15 h 30.
La DGSN précise également que les candidats ne disposant pas encore de leur Carte nationale d’identité du nouveau système d’identification pourront déposer leur dossier avec un récépissé. Toutefois, la présentation de l’original de la carte nationale d’identité sera obligatoire le jour des épreuves écrites, sous peine de ne pas être autorisés à composer.
Avec cette prorogation, les autorités veulent offrir davantage de temps aux postulants pour régulariser leur situation administrative et garantir une meilleure participation aux concours de recrutement de la Sûreté nationale.
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les décrets signés par le président Biya depuis l’Europe sont juridiquement nuls
L’avocat et acteur politique Christian Ntimbane Bomo estime que les décrets signés et autres actes posés par le président Paul Biya depuis son séjour en Europe sont juridiquement nuls et faux. Dans une analyse sur Facebook, le président exécutif du parti « Héritage » justifie, articles juridiques à l’appui, son affirmation. Lisez son analyse ci-dessous :
Les décrets signés par le président de la République depuis la Suisse sont juridiquement faux !
Le Président de la République, peut comme tout humain tomber malade. Et s’il le souhaite, se faire soigner à l’étranger pendant des mois, sans qu’on soit en droit d’évoquer automatiquement pour ce seul fait la vacance. De nombreux présidents sont restés en fonction durant leurs longs mois d’hospitalisation à l’étranger. C’est le cas des anciens présidents ivoirien Félix Houphouet Boigny, et nigérian YAR’ADUA.
Dans ce cas, le cabinet civil de la Présidence informe clairement la nation de son hospitalisation à l’étranger pour cause de maladie. Pendant cette période d’absence, afin de permettre à l’Etat de fonctionner dans la régularité, les mécanismes constitutionnels de délégation de pouvoirs qui permettent en cas d’absence temporaire, au président de la République de transférer certaines de ses missions au Premier ministre, sont enclenchés :
ARTICLE 10 DE LA CONSTITUTION :
« En cas d’empêchement temporaire, le président de la République charge le Premier ministre ou, en cas d’empêchement de celui-ci un autre membre du gouvernement, d’assurer certaines de ses fonctions, dans le cas d’une délégation expresse. »
Car le président de la République ne peut pas exercer le pouvoir présidentiel, poser des actes comme signer des décrets en dehors du palais présidentiel, sauf lorsqu’il représente l’Etat à l’étranger (signer un accord, un traité bilatéral ou multilatéral).
L’article 1 de la Constitution est clair sur le fait que la fonction présidentielle s’exerce à Yaoundé :
» Le siège des institutions est à Yaoundé ».
Pour preuve, tous les actes signés par le président de la République indiquent toujours qu’ils sont faits à Yaoundé. En conséquence, les décrets signés et autres actes posés par le président de la République depuis son long séjour en Europe, sont juridiquement nuls. Ce sont des faux actes.
Christian Ntimbane Bomo
Président Exécutif du Parti HÉRITAGE
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Accord imminent pour Yan Diomandé pour un transfert XXL à 120 M€
Le Real Madrid semble avoir trouvé sa prochaine sensation offensive. Selon les informations de Foot Mercato, le club espagnol serait en passe de conclure un accord avec le RB Leipzig pour le transfert de Yan Diomande, une opération qui pourrait atteindre les 120 millions d’euros, bonus inclus.
Après une première offensive estimée à 100 millions d’euros, rapidement repoussée par la formation allemande, les dirigeants madrilènes auraient décidé d’accélérer les négociations. Cette deuxième tentative pourrait bien être la bonne : les deux clubs travaillent désormais sur les derniers détails d’un transfert qui placerait le jeune Ivoirien parmi les recrues les plus chères de l’histoire du Real Madrid.
De son côté, Yan Diomande aurait déjà donné son accord pour rejoindre la capitale espagnole. Séduit par le projet merengue, l’attaquant voit se rapprocher une nouvelle étape majeure dans sa carrière.
À Madrid, le profil du joueur fait l’unanimité. Les dirigeants considèrent l’Ivoirien comme un élément capable d’apporter une nouvelle dimension au secteur offensif grâce à sa polyvalence. Capable d’évoluer sur les deux ailes, Diomandé se distingue notamment par sa vitesse, ses changements de rythme et sa capacité à dynamiter les défenses adverses.
Des qualités qui correspondent parfaitement aux attentes de José Mourinho. L’entraîneur portugais aurait insisté auprès de sa direction sur la nécessité d’ajouter « encore plus de vitesse » dans l’animation offensive. L’arrivée de Diomandé pourrait donc répondre à cette demande et offrir une nouvelle arme aux Merengues.
Si l’accord venait à être finalisé, Yan Diomande deviendrait l’une des recrues les plus marquantes du mercato et confirmerait la volonté du Real Madrid de continuer à miser sur des talents capables de dominer le football européen dans les années à venir.
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