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Partenariats public-privé : L’Etat veut mobiliser 21 000 milliards FCFA pour financer 27 projets

À l’ouverture de la table ronde des bailleurs, le cadre est fixé. Les projets sont identifiés, les outils de financement définis et les partenaires mobilisés. « Le Cameroun a identifié 27 projets structurants PPP dont 9 prioritaires couvrant le transport, l’énergie, l’agro-industrie, les ports et l’habitat », a indiqué Abdou Samb, président fondateur de FRS Consulting.
L’enjeu est désormais celui de la mobilisation effective des ressources. « Un portefeuille de 21 000 milliards de FCFA, environ 32 milliards d’euros, que nous allons nous atteler à lever pendant les trois prochaines années », précise-t-il, en traçant une trajectoire financière claire. Au-delà de l’affichage, l’objectif affiché est opérationnel. « Nous avons reçu le mandat d’organiser cette table ronde pour transformer des études en projets bancables et en prêts à l’investissement », poursuit Abdou Samb. Le ton se veut direct. A Yaoundé, « nous sommes là pour agir, finaliser les études, tester les modèles de financement PPP et surtout sécuriser des pré-engagements concrets », dit-il.
Derrière l’affichage politique, l’enjeu est d’abord financier. Trouver, structurer et sécuriser des ressources massives dans un contexte où les marges budgétaires restent contraintes. À Yaoundé, autour du Ministre délégué auprès du Ministère de l’Economie et de l’Aménagement, Paul Tasong, qui présidait la rencontre du 28 avril dernier, l’architecture proposée repose sur un mix d’instruments. Le gouvernement assume une stratégie hybride. Elle combine prêts concessionnels, appuis budgétaires, investissements directs et mécanismes plus complexes de financement structuré. L’objectif reste constant. Mobiliser des capitaux sans alourdir de manière excessive la dette publique.
Le pari n’est pas neutre. Les 21 000 milliards de FCFA annoncés correspondent à un volume rarement observé dans la sous-région. Pour les autorités, il s’agit de déplacer le centre de gravité du financement des infrastructures. « Face à la raréfaction des ressources publiques immédiatement mobilisables, le PPP s’impose comme une voie incontournable », a rappelé Paul Tasong. Le modèle défendu repose sur une logique simple. L’État conserve un rôle d’arbitre et de garant, mais transfère une partie du financement et du risque au secteur privé. Concessions, montages de type BOT, contrats de performance à long terme. Ces instruments doivent permettre de lisser l’impact budgétaire tout en accélérant la réalisation des projets.
Dans les faits, l’équation reste fragile. La capacité d’absorption d’un tel volume de financements dépendra de plusieurs variables. La qualité des projets d’abord. Leur maturité technique et juridique ensuite. Leur capacité à générer des flux de revenus capables de rassurer les investisseurs enfin. « Chaque projet qui a été présenté a fait l’objet d’une analyse approfondie », assure Paul Tasong, qui insiste sur la nécessité de bâtir des montages « innovants et attractifs ».
Le processus enclenché suit une séquence précise. Une première phase d’exposition des projets et de mise en relation. Puis une plateforme digitale destinée à centraliser les informations et les manifestations d’intérêt. Enfin des discussions approfondies avec les bailleurs pour aboutir à des accords de financement. En amont, le travail de prospection a déjà commencé. Abdou Samb rappelle à cette effet, un roadshow international engagé depuis trois ans. Des rencontres ont eu lieu avec plusieurs institutions, parmi lesquelles la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore l’Agence française de développement. Des lettres d’intention ont été obtenues. Elles doivent maintenant se transformer en engagements fermes.
La crédibilité du dispositif repose aussi sur la perception extérieure du pays. Les promoteurs du programme mettent en avant des indicateurs jugés « encourageants » et une notation jugée satisfaisante auprès des bailleurs. Mais la compétition reste ouverte. D’autres économies africaines poursuivent des stratégies similaires pour capter les mêmes flux de capitaux. Dans ce contexte, la structuration des projets devient déterminante. L’enjeu dépasse la simple mobilisation des fonds. Il s’agit de produire des actifs réellement « bancables ». Autrement dit, capables de répondre aux exigences de rentabilité et de sécurité des investisseurs internationaux.
À plus long terme, cette stratégie s’inscrit dans la trajectoire de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Le gouvernement entend y faire du secteur privé un levier central de création de richesse. « Il ne s’agit pas d’un retrait de l’État, mais d’une redéfinition de sa fonction », insiste Paul Tasong. Reste un point de tension. La dépendance accrue aux financements extérieurs et aux investisseurs privés impose des exigences de transparence, de stabilité réglementaire et de gouvernance. Sans ces garanties, le coût du capital pourrait rapidement augmenter et fragiliser l’ensemble du dispositif.
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Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.
Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).
Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.
Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.
La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.
À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.
Fabrice BELOKO
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Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.
Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.
Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».
Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.
Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.
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Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.
Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.
Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.
D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.
La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.
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