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Statistiques : L’INS fête ses 25 ans et entre dans l’ère de la donnée intelligente

Le jeudi 23 avril 2026, l’Institut national de la statistique (Ins) a célébré un quart de siècle de production, de traitement et de diffusion de données sur l’économie et la société. PIB, inflation, emploi, démographie, agriculture ou encore secteur informel, l’institution revendique un rôle devenu stratégique dans la lecture des dynamiques nationales et dans l’orientation des politiques publiques. La cérémonie, organisée au Palais des Congrès de Yaoundé, a été placée sous le patronage du chef de l’État et présidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, représentant Paul Biya. « La donnée statistique est un bien d’utilité publique au cœur de toute décision », a indiqué Joseph Tedou, directeur général de l’Ins.
À l’observation, un message s’impose tout au long de la célébration. L’INS affiche son ambition de s’inscrire dans la nouvelle économie de la donnée. L’institution ne parle plus seulement de collecte et de diffusion, mais aussi de big data, d’intelligence artificielle et d’analyses plus réactives, plus fines et plus territorialisées. L’objectif est de rendre la statistique « vivante et accessible », en rappelant que derrière chaque indicateur se trouvent désormais des enquêteurs, des méthodologues et des algorithmes.
Dans cette logique, l’INS mise sur une montée en gamme de son modèle de production. L’enjeu n’est plus seulement de disposer de chiffres, mais de produire une information utile, fiable et rapide pour accompagner la décision publique. C’est ce glissement qui place l’institution dans une logique de compétitivité informationnelle, au moment où les administrations, les partenaires techniques et les décideurs attendent des données de plus en plus précises et exploitables.
Une boussole pour les politiques publiques
Créé en 2001 pour centraliser et harmoniser la production des données officielles, l’INS s’est imposé comme un instrument de pilotage économique. Le ministre de l’Économie l’a rappelé en saluant un travail mené « avec rigueur et professionnalisme » au service de la production et de la diffusion de données économiques, sociales et environnementales indispensables à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques. Il a souligné d’ailleurs que ces données participent à une prise de décision mieux informée et à l’information des citoyens.
L’institution occupe ainsi une place centrale dans la gouvernance publique. Ses productions permettent de lire les tendances économiques, de mesurer les progrès, d’évaluer les écarts et d’ajuster les politiques. Dans un contexte où le Cameroun affine sa stratégie de développement à l’aune des Objectifs de Développement durable, la demande de données s’élargit, notamment selon le genre, la région et le secteur informel.
Un anniversaire au seuil de nouvelles opérations
Cette célébration intervient à la veille de deux chantiers lourds pour le système statistique national, le recensement général de la population et de l’habitat, ainsi que le recensement général de l’agriculture et de l’élevage entamés le 24 avril 2026. Cette vaste campagne se déroulera sur l’ensemble du territoire national jusqu’au 29 mai, soit 35 jours, avec le concours de plus de 32.000 agents recenseurs déployés sur le terrain, selon l’Ins. Le gouvernement a indiqué que l’opération, financée à hauteur de plus de 13,5 milliards FCFA. Ces opérations mobilisent des moyens importants pour fournir des bases de lecture essentielles pour la planification économique et sociale. Elles confirment que l’information statistique n’est pas un simple produit administratif, mais une matière première de la décision publique.
Le directeur général de l’INS, Joseph Tedou, a replacé ce cap dans une lecture institutionnelle. Pour lui, célébrer 25 ans revient à « rendre compte, consolider les acquis et préparer l’avenir ». Il a insisté sur la nécessité pour un institut placé au cœur du système national d’information statistique de présenter ses résultats, ses progrès et ses limites, tout en préservant la rigueur, la neutralité, la transparence et la comparabilité des données.
Une modernisation déjà engagée
L’INS ne part pas de zéro. En 2020, l’inauguration de son siège moderne à Yaoundé a marqué une étape symbolique de sa modernisation institutionnelle et infrastructurelle. L’édifice a été présenté comme un outil au service d’un environnement de travail mieux adapté aux exigences contemporaines, avec de meilleures conditions de production et de traitement des données, un renforcement des capacités humaines et techniques, ainsi qu’une intégration progressive des outils numériques dans les processus statistiques.
Cette trajectoire donne à l’institution un socle pour la suite. L’INS dit vouloir moderniser ses outils de collecte et d’analyse, intégrer pleinement les technologies innovantes, améliorer l’accessibilité des données et contribuer à une gouvernance plus transparente et plus efficace. À l’horizon 2035, le pari est clair. Faire de la statistique un levier de transformation structurelle et un appui direct à l’ambition du Cameroun d’atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur.
Une histoire devenue ressource stratégique
Au-delà de la commémoration, l’INS présente ses 25 ans comme une ressource stratégique. L’institution revendique une progression marquée par la structuration des cycles d’enquêtes, le renforcement de la coordination avec les administrations sectorielles, la formation des compétences et l’élévation des standards de qualité. Dans un environnement où la donnée devient un actif économique à part entière, cette évolution prend une portée qui dépasse le seul cadre administratif.
« L’INS doit s’adapter à l’évolution sans renoncer à la transparence et la comparabilité des données »
Pourquoi célébrer 25 ans ? La réponse tient en une formule simple : rendre compte, consolider les acquis et préparer l’avenir. Rendre compte, parce qu’un institut placé au cœur du système national d’information statistique a l’obligation de présenter ses résultats, ses progrès, mais aussi ses limites, dans un souci d’utilité et de responsabilité. Consolider les acquis, car les facteurs de risque liés à la perte de qualité demeurent élevés. Mais aussi, et surtout, dans un contexte de mutations profondes qui transforment les comportements économiques et sociaux, dont les impacts exigent une information fiable pour éclairer la décision publique. Préparer l’avenir, parce que le monde des données évolue rapidement et que l’action publique doit s’y adapter sans renoncer à ses principes fondamentaux : rigueur, neutralité, transparence et comparabilité des données.
Dès l’origine, l’Institut s’est vu confier des missions institutionnelles structurantes : assurer la coordination statistique, garantir la conservation des bases de données issues des enquêtes, contribuer au développement des sciences statistiques et de la recherche économique, et former les compétences indispensables à l’évolution du système. Ces 25 années ont été marquées par la structuration des cycles d’enquêtes et de production, le renforcement de la coordination avec les administrations sectorielles, ainsi que par l’élévation progressive des standards de qualité, en cohérence avec les exigences des systèmes de certification.
Gouvernance : L’INS s’installe au cœur de la décision économique de l’Etat

Au Cameroun, la statistique sort de son rôle descriptif pour s’installer au cœur de la décision économique. L’Institut national de la statistique accélère une mutation qui vise à ancrer une culture de la donnée dans l’action publique, le secteur privé et la société, avec des effets attendus sur la performance des politiques et l’allocation des ressources.
L’évolution est progressive mais structurante. La statistique ne se limite plus à produire des chiffres. Elle devient un instrument de pilotage du développement. En fournissant des données fiables et pertinentes, l’Institut national de la statistique oriente les choix stratégiques de l’État, améliore l’allocation des ressources publiques et permet de suivre les performances économiques et sociales. L’évaluation des politiques publiques s’appuie désormais sur des indicateurs objectivés, dans une logique de résultats.
Cette bascule marque un changement de paradigme. Les approches empiriques cèdent progressivement la place à des décisions fondées sur des données probantes, vérifiables et comparables. La statistique s’impose comme un outil central de gouvernance, avec une exigence accrue de transparence et d’efficacité.
Une culture statistique en construction
L’enjeu ne se limite pas à la production de données. Il concerne leur appropriation. L’INS cherche à diffuser une véritable culture statistique au sein de l’administration, du secteur privé et de la société civile. L’objectif consiste à faire évoluer les pratiques décisionnelles en instaurant un réflexe d’utilisation systématique des données avant toute décision stratégique.
Ce mouvement suppose un changement de comportement. Il passe par la formation des acteurs, la vulgarisation des données et leur mise à disposition dans des formats accessibles. À terme, la donnée doit devenir un bien public compréhensible et exploitable par tous les utilisateurs, au-delà du cercle des experts.
Le numérique comme accélérateur
Cette transformation s’appuie sur une modernisation technologique. L’INS intègre progressivement des outils numériques dans ses processus, avec l’utilisation de technologies mobiles pour la collecte, l’exploitation de sources innovantes comme le big data ou les données géospatiales, et le développement de plateformes de diffusion interactives.
L’institution renforce également ses capacités en analyse avancée, en mobilisant l’intelligence artificielle et la science des données. L’objectif consiste à produire des informations en temps réel et à répondre plus rapidement aux besoins des décideurs. Ce repositionnement vise à rendre le système statistique plus réactif, plus intégré et davantage orienté vers l’utilisateur.
Un enjeu de performance économique
Derrière cette évolution se joue un enjeu de performance. La capacité à produire, analyser et exploiter l’information devient un facteur déterminant de compétitivité entre les économies. La donnée s’impose comme un actif stratégique, au même titre que les infrastructures ou le capital humain.
L’INS se positionne ainsi comme un acteur clé de la transformation économique du Cameroun. En contribuant à une gouvernance éclairée, fondée sur des données fiables, il participe à la création de valeur économique et sociale, tout en renforçant la capacité du pays à anticiper les risques et à saisir les opportunités.
Modernisation et ambitions structurelles
La mutation engagée dépasse le cadre technologique. Elle implique un renforcement de la gouvernance du système statistique, une meilleure coordination entre producteurs de données et une ouverture accrue vers les utilisateurs. L’INS ambitionne également de consolider son leadership au niveau national et international, en s’alignant sur les standards globaux et en valorisant son expertise.
Cette trajectoire repose sur des investissements structurants. La mise en place d’infrastructures de données, la digitalisation des processus et le développement de capacités avancées en analyse nécessitent des financements importants. L’institution entend mobiliser des ressources et renforcer ses partenariats avec des organisations internationales, des centres de recherche et des entreprises technologiques.
Vers une économie pilotée par la donnée
À terme, l’objectif est explicite. Installer durablement une gouvernance fondée sur la donnée. Cette évolution vise à améliorer la transparence, renforcer la redevabilité des institutions et optimiser l’allocation des ressources. Elle doit aussi favoriser une meilleure anticipation des dynamiques économiques et sociales.
La statistique cesse ainsi d’être un outil technique en périphérie de l’action publique. Elle devient un levier central de transformation, au service d’un développement économique plus structuré, plus inclusif et davantage orienté vers les résultats.
Réaction

« I’INS permet d’éclairer les décisions publiques et d’orienter les investissements »
Les activités de l’INS sont pleinement intégrées dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. L’Institut fournit les indicateurs nécessaires au suivi des objectifs stratégiques du Gouvernement, qu’il s’agisse de la transformation structurelle de l’économie, de la réduction de la pauvreté ou encore de l’inclusion sociale. En produisant des données fiables et actualisées, I’INS permet d’éclairer les décisions publiques, d’orienter les investissements et d’évaluer l’impact des politiques mises en œuvre. Il constitue ainsi un levier essentiel de la gouvernance basée sur les résultats. L’INS fait face à des défis d’ordre structurel et conjoncturel. Sur le plan structurel, il s’agit notamment du renforcement des capacités humaines, de la modernisation des outils de production statistique et de l’adaptation aux nouvelles exigences liées aux données massives. Sur le plan financier, la mobilisation de ressources suffisantes et durables demeure un enjeu majeur. Pour répondre, le Minepat œuvre à sécuriser les dotations budgétaires, tout en favorisant la mobilisation de financements extérieurs auprès des partenaires techniques et financiers. Par ailleurs, des efforts sont engagés pour renforcer la coordination du Système National d’Information Statistique et améliorer la synergie entre les différents producteurs de données.
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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique

Moins d’un mois après sa création, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) a adopté ses premières mesures structurantes. Budget de 630 milliards de FCFA, réforme de la gouvernance, recherche de nouveaux financements et actions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement : le conseil d’administration entend remettre l’entreprise sur des bases plus solides tout en assurant la continuité du service public.
La nouvelle direction de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) affiche ses priorités. Réuni le 28 mai 2026 à Yaoundé sous la présidence d’Antoine Ntsimi, son premier conseil d’administration a adopté une série de mesures destinées à engager le redressement de l’entreprise avec l’appui des pouvoirs publics.Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, le conseil d’administration présente une feuille de route articulée autour de la réforme de l’entreprise, de son assainissement financier et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.
Pour accompagner cette transformation, les administrateurs ont adopté un budget de 630 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Selon le communiqué, 375 milliards de FCFA seront consacrés aux achats et au transport d’énergie ainsi qu’à l’approvisionnement en combustible, tandis que 74,6 milliards de FCFA seront affectés aux investissements. Le conseil précise également que ce budget permettra « d’apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».
Dans la même dynamique, le conseil a donné mandat au directeur général d’engager, sous la supervision du président du conseil d’administration, des négociations avec les bailleurs de fonds du secteur. L’objectif est de mobiliser de nouvelles ressources destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la trésorerie et au financement des investissements prioritaires.
Un redressement rendu nécessaire par des déséquilibres persistants
Cette offensive intervient alors que Socadel hérite d’un secteur confronté, depuis plusieurs années, à d’importantes tensions financières. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’ancien concessionnaire faisait face à un déficit structurel de trésorerie. Dans son analyse du secteur, l’institution indique qu’Eneo encaissait environ 31 milliards de FCFA par mois pour des obligations de service public dont le coût atteignait près de 44 milliards de FCFA. Le FMI estime ainsi que le retour à l’équilibre du secteur nécessiterait la mobilisation d’au moins 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois.
Cette situation résulterait notamment d’un important déséquilibre entre les recettes de l’entreprise et ses charges, mais également des difficultés de recouvrement de certaines créances. Le FMI rappelle qu’à fin 2024, les arriérés de l’État envers Eneo représentaient plus de 2,1 % du PIB, soit environ 700 milliards de FCFA. Selon l’institution, cette situation contribuait à détériorer davantage la trésorerie de l’entreprise.Cette lecture est toutefois contestée par le rapport « Compact Energy Pays » du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Selon ce document, l’ex-Eneo affichait plutôt un endettement global de 800 milliards de FCFA à la même période, dont 500 milliards de FCFA de dettes envers ses fournisseurs, pour environ 80 milliards de FCFA de créances.
Ces divergences d’appréciation illustrent la complexité des difficultés financières accumulées par l’opérateur au fil des années.Au-delà de ces débats, le recouvrement des consommations publiques demeure l’un des principaux points de fragilité du secteur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, le directeur général d’Eneo de l’époque, Amine Homman Ludiye, indiquait que l’entreprise émettait chaque mois près de 7 milliards de FCFA de factures à destination des administrations et autres entités publiques. Les encaissements enregistrés au cours des deux premiers mois de cette année-là ne s’élevaient cependant qu’à 1,5 milliard de FCFA en janvier et 1,8 milliard de FCFA en février.
À ces difficultés s’ajoutent les pertes liées aux branchements clandestins et aux manipulations de compteurs. Selon des données recueillies auprès de l’ex-Eneo et de sources au ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces pratiques occasionneraient plus de 60 milliards de FCFA de pertes chaque année, réduisant davantage les marges de manœuvre financières du secteur.
Assurer la continuité du service malgré les contraintes
Face à cet héritage complexe, le conseil d’administration de Socadel affirme vouloir faire de la continuité du service sa priorité immédiate. « Forte du soutien des pouvoirs publics, Socadel entend poursuivre son action auprès des usagers, des employés, des fournisseurs, des bailleurs de fonds et de l’ensemble de ses partenaires afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité, tout en contribuant à la stabilité du secteur, conformément aux directives gouvernementales et en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État », indique le communiqué.
Au-delà des mesures de gestion courante, ce premier conseil d’administration marque le lancement opérationnel de la nouvelle organisation du secteur électrique camerounais. La disparition d’Eneo, le retour de l’État au cœur du dispositif et la mise en place d’une nouvelle gouvernance traduisent la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur dont les difficultés financières pèsent depuis plusieurs années sur la qualité du service et la capacité d’investissement.
Le défi de Socadel sera désormais de transformer cette feuille de route en résultats concrets. Entre restructuration financière, restauration de la confiance des partenaires, mobilisation de nouveaux financements et amélioration de l’approvisionnement des ménages comme des industriels, la nouvelle entreprise publique devra démontrer sa capacité à rétablir durablement les équilibres d’un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.
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Exploitation minière dans la région de l’Est : Le Syndicat des orpailleurs dénonce un « comportement anticoncurrentiel » de la Sonamines.

En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Société nationale des mines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.
Le 1er juin 2026, Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat) était en visite de travail dans la région de l’Est Cameroun. Le membre du gouvernement a tenu une concertation avec les opérateurs du secteur minier.
Prenant la parole au nom des opérateurs miniers lors de cette concertation, Ousmanou Aladji Hamadou, président national du Syndicat des promoteurs des bureaux d’achats de diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam) a dressé un état des lieux sans concessions, dénonçant ce qu’il qualifie de deux poids deux mesures dans la gestion du secteur aurifère national.
Entre autres dénonciations, le président national du Synaprobadiocam, un « comportement anticoncurrentiel » de la Société nationale des mines (Sonamines). « C’est la Sonamines elle-même qui délivre ou refuse de délivrer les agréments de commercialisation aux bureaux d’achat privés, tout en étant leur concurrente directe sur le marché » s’est indigné le président national du Synaprobadiocam.
En outre, le même syndicat cite également des refus opposés par la Sonamines à des demandes d’agrément, justifiés par la volonté de la société d’exercer son exclusivité d’achat et de commercialisation de l’or sur toute l’étendue du territoire une position que les syndicalistes jugent contraire au code minier, lequel reconnaît explicitement le droit des personnes morales privées à commercialiser les substances précieuses.
Le Synaprobadiocam dénonce aussi le coût prohibitif des droits de sortie qui s’élève entre 300 000 FCFA et 500 000 FCFA par kg d’or, auxquels s’ajoutent les obligations fiscales, les prélèvements au titre du Programme de sécurisation des recettes des mines, et une Taxe sur la valeur ajoutée à 0 % appliquée à l’énergie autant de charges qui pèsent sur les opérateurs légaux et rendent leur compétitivité quasi nulle face aux pays voisins.
Afin de sortir définitivement de cette situation, les syndicalistes ont fait quelques propositions en direction non seulement du gouvernement mais aussi de la Sonamines. D’abord, le Synaprobadiocam propose de cantonner la Sonamines à ses missions d’exploitation et lui retirer toute prérogative de régulation.
Il demande de saisir le ministre de la Justice pour instruire les procureurs sur la répression de l’exploitation illégale et de saisir le ministre de la Défense pour que les militaires présents sur les sites conditionnent leur protection à la régularité des titres miniers des exploitants. Enfin, le Synaprobadiocam propose la création des guichets uniques dans les aéroports pour simplifier les procédures d’exportation et l’allègement de l’ensemble de la fiscalité douanière pesant sur les opérateurs en règle.
«Le Minat a effectivement eu une concertation avec ces opérateurs pendant son séjour, pendant que nous étions dans les localités» indique une source de la Sonamines.
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Cameroun-Tchad : Les douanes se concertent pour aplanir les difficultés liées aux flux de marchandises

Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.
Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.
Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.
Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.
Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.
LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE
Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.
« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.
Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».
Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».
S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».
Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.
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