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SNH-Perenco-Addax : derrière les prix du brut, la SNH resserre le cadre contractuel

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SNH-Perenco-Addax : derrière les prix du brut, la SNH resserre le cadre contractuel
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(Investir au Cameroun) – Le 22 avril 2026, à l’hôtel Le Bristol, à Paris, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a réuni Perenco et Addax Petroleum dans le cadre de la commission paritaire consacrée à la fixation des prix officiels des bruts camerounais Kolé et Lokélé pour le premier trimestre 2026. Mais la rencontre a dépassé le seul exercice de valorisation des cargaisons.

S’exprimant au nom de l’administrateur-directeur général de la SNH, Nathalie Moudiki, conseillère n°2 et cheffe de la division juridique, a annoncé que« les contrats types sont en cours d’élaboration et tous les contrats existants seront revus avant toute signature », afin de garantir des intérêts équitables entre les parties.

Dans une commission officiellement dédiée aux prix, cette annonce n’est pas secondaire. Elle place les contrats, les données et les opérations de chargement au cœur de la stratégie de sécurisation pétrolière de la SNH. Le message est clair : la valorisation du brut camerounais ne dépend plus seulement des cours internationaux, mais aussi des conditions juridiques, logistiques et opérationnelles dans lesquelles les cargaisons sont produites, chargées, transportées et vendues.

Un marché plus tendu

Cette inflexion intervient dans un environnement pétrolier redevenu nettement plus volatil. Selon les données de l’Energy Information Administration américaine sur le Brent Europe Spot Price FOB, le Brent est passé d’une moyenne mensuelle de 66,60 dollars le baril en janvier 2026 à 70,89 dollars en février, puis à 103,13 dollars en mars. La moyenne simple du premier trimestre ressort ainsi à 80,21 dollars le baril, contre 63,63 dollars au quatrième trimestre 2025, soit une hausse d’environ 26,1 %.

Cette remontée semble traduire l’intégration d’une prime de risque géopolitique, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes sur certaines routes d’approvisionnement. En quelques semaines, le marché est passé d’une logique encore marquée par l’abondance potentielle de l’offre à une logique de sécurisation immédiate des flux.

Dans ce contexte, les bruts atlantiques ont regagné de l’intérêt. Kolé, plus léger, bénéficie d’une meilleure flexibilité de raffinage et d’une profondeur commerciale plus favorable. Lokélé, plus lourd, reste davantage exposé aux contraintes techniques des raffineries, à la structure des marges de raffinage et aux arbitrages commerciaux des acheteurs.

Pour la SNH, cette fenêtre de marché ne suffit toutefois pas. La direction évoque aussi un contexte national tendu,« en raison d’une production en baisse », tout en soulignant la stratégie d’exploration de nouveaux champs et de diversification engagée pour relever la production. Dans une telle configuration, la valeur d’une cargaison ne dépend pas seulement du Brent, mais aussi de la robustesse des contrats, du suivi des enlèvements, de la fiabilité logistique et de la qualité des informations utilisées pour fixer les prix.

Les enlèvements dans le viseur

La révision engagée à Paris pourrait aussi concerner l’exécution concrète des accords pétroliers. Nathalie Moudiki a appelé les participants à être« très regardants »sur les enlèvements, c’est-à-dire les opérations de programmation, de chargement et de prise en charge des cargaisons par les navires. Elle a également indiqué qu’un accent serait désormais mis sur la présence active des Camerounais sur les sites pétroliers, afin de mieux maîtriser ces opérations et de favoriser le transfert technologique.

Les points sensibles sont clairement identifiés : volumes réellement chargés, conditions de transport, fiabilité logistique, qualité des données transmises et respect des procédures. La SNH cherche ainsi à renforcer son contrôle sur les maillons où peuvent se jouer des écarts de valeur, de calendrier ou de conformité.

Le ton employé en séance traduit cette exigence. Dans une formule forte, prononcée sans désigner nommément un opérateur, la représentante de l’ADG-SNH a déclaré :« dans ce secteur où la fiabilité vaut de l’or, le risque ne vient pas du terrain, il vient du partenaire ». Cette phrase résume l’état d’esprit de la SNH : dans un marché volatil, le risque ne se limite plus aux cours, à la géopolitique ou aux contraintes techniques. Il se situe aussi dans la discipline contractuelle et opérationnelle des parties.

Révision, pas rupture

En clôture, Nathalie Moudiki a souligné que la commission n’avait pas seulement permis de fixer un prix, mais aussi de définir« un cap ». Elle a également indiqué que les échanges avaient validé un programme industriel centré sur la gestion des volumes, les plannings de chargement, la sécurisation des cargaisons et la maîtrise logistique.

La SNH reconnaît par ailleurs la nécessité de corriger certains processus de validation des données utilisées dans la fixation des prix.« Il y a des corrections que nous devons effectuer dans les processus de validation des données sujettes à la fixation juste des prix », a relevé Nathalie Moudiki dans son mot de clôture.

Dans le commerce du brut, la fiabilité des informations relatives aux cargaisons — volumes, qualité, dates de chargement, conditions de transport — influence directement la valorisation finale. Cette précision donne donc un contenu opérationnel à la révision contractuelle annoncée.

Pour autant, la SNH ne présente pas cette évolution comme une rupture avec Perenco et Addax. Elle continue d’insister sur la priorité accordée aux partenaires traditionnels, sur l’approvisionnement régulier en produits de qualité, sur la stabilité contractuelle et sur la rectitude éthique des parties. Le signal envoyé aux opérateurs est donc moins celui d’une mise à l’écart que d’un retour à une discipline contractuelle plus formalisée.

Les prix officiels retenus pour Kolé et Lokélé n’ont pas été rendus publics dans les documents consultés. Cette absence limite l’évaluation indépendante de l’impact financier de la commission. Elle renforce aussi, en creux, l’enjeu de transparence autour des paramètres de valorisation des bruts camerounais.

À Paris, la SNH n’a donc pas seulement arrêté les paramètres de valorisation des bruts Kolé et Lokélé. Elle a surtout signalé son intention de mieux encadrer la relation contractuelle avec ses partenaires pétroliers. Dans un contexte de production sous pression et de marché volatil, les contrats, les données et le contrôle effectif des cargaisons deviennent des leviers directs de sécurisation des recettes pétrolières camerounaises.

Baudouin Enama

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Cameroun : une mission du FMI examine la situation macroéconomique et budgétaire

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dietrich, séjourne au Cameroun dans le cadre des consultations de l’article IV. Les échanges avec […]

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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Nouvelle aventure espagnole pour Raïssa Mbappé Etoundi

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Raïssa Mbappé Etoundi poursuit son aventure en Espagne. À 32 ans, l’attaquante camerounaise s’est engagée avec le CP Cacereño pour la saison 2026-2027, après une […]

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