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Infrastructures en CEMAC : le Colfini veut faire du marché financier régional un levier de financement structuré

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Infrastructures en CEMAC : le Colfini veut faire du marché financier régional un levier de financement structuré
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(Investir au Cameroun) – Comment financer les infrastructures de la CEMAC sans dépendre excessivement des bailleurs extérieurs ? C’est l’une des principales questions posées à Yaoundé, depuis le 23 avril, à l’occasion de la deuxième édition du Colloque Financier International, Colfini.

Organisée à l’hôtel Hilton, la rencontre réunit pendant deux jours décideurs publics, institutions financières, investisseurs et experts autour du thème : « Marché financier régional et ingénierie des financements structurés pour les projets d’infrastructures dans la CEMAC ». L’objectif est de replacer le marché financier régional au cœur du financement des projets structurants.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que les besoins restent importants. Dans son Baromètre économique de la CEMAC publié au printemps 2025, la Banque mondiale estime que les États de la sous-région doivent mieux cibler leurs dépenses publiques afin d’investir davantage dans les infrastructures et les secteurs sociaux. Le FMI souligne également que les infrastructures régionales font partie des leviers nécessaires pour relever le potentiel de croissance de la zone.

Un marché régional encore sous-exploité

Au cœur des échanges, un paradoxe : la CEMAC dispose d’un marché financier organisé, mais celui-ci reste encore faiblement mobilisé pour financer les projets longs, notamment dans les routes, l’énergie, les ports et les télécommunications.

La BVMAC indique qu’en 2024, les États de la CEMAC dominaient toujours le compartiment obligataire, avec un encours de dette cotée de 1 159 milliards de FCFA, soit 78 % du total des dettes cotées. Ce chiffre montre le rôle croissant du marché, mais aussi sa forte dépendance aux émissions souveraines, au détriment d’un financement plus diversifié des projets productifs et d’infrastructures.

Pour les organisateurs, le défi n’est donc pas seulement de mobiliser du capital, mais de le transformer en instruments adaptés à des projets complexes, longs et coûteux.

« Le véritable défi de la CEMAC n’est plus la mobilisation du capital, mais sa structuration, son orientation et sa mise en œuvre au service des priorités stratégiques », a souligné Paul Onono, directeur général de Contacturer Capital, l’un des promoteurs de l’événement.

Du côté des pouvoirs publics, le message va dans le même sens. Représentant le ministère des Finances, le secrétaire général Didier Etoa a insisté sur la nécessité de « mobiliser davantage de ressources avec plus d’efficacité », notamment à travers le marché financier régional.

Des contraintes structurelles persistantes

Les travaux du Colfini 2 mettent en avant plusieurs freins : faible profondeur du marché, accès limité des investisseurs institutionnels aux projets d’infrastructures, insuffisante structuration des véhicules de financement et faible canalisation de l’épargne longue vers l’économie réelle.

Ces limites sont également au cœur de la stratégie de la BDEAC. Dans son plan stratégique Azobé 2023-2027, la Banque affirme vouloir contribuer au financement des plans nationaux de développement, des infrastructures régionales impliquant au moins deux États, ainsi qu’à la structuration du secteur privé. Elle fait aussi de la mobilisation de ressources financières un axe central de sa transformation.

Capter l’épargne informelle

Les participants explorent aussi des pistes pour capter une partie des liquidités informelles, notamment via les solutions digitales d’épargne, le mobile money ou des obligations accessibles au grand public. L’idée est de rapprocher l’épargne des ménages, encore largement hors des circuits financiers classiques, des besoins de financement de long terme.

Porté par Contacturer Capital, Horus Investment Capital et le cabinet Akoa Mballa & Co, avec l’appui stratégique de THiN Advisory, le Colfini 2 bénéficie du haut parrainage du ministère des Finances du Cameroun.

Au-delà des échanges, ses promoteurs veulent déboucher sur des recommandations opérationnelles et installer un cadre de dialogue durable entre acteurs publics et privés.

Pour la CEMAC, le défi n’est plus seulement d’identifier les projets prioritaires. Il est désormais de construire les mécanismes capables de les financer durablement, en réduisant la dépendance aux financements extérieurs et en orientant davantage l’épargne régionale vers les infrastructures.

Amina Malloum

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Cameroun : une mission du FMI examine la situation macroéconomique et budgétaire

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dietrich, séjourne au Cameroun dans le cadre des consultations de l’article IV. Les échanges avec […]

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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Nouvelle aventure espagnole pour Raïssa Mbappé Etoundi

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Raïssa Mbappé Etoundi poursuit son aventure en Espagne. À 32 ans, l’attaquante camerounaise s’est engagée avec le CP Cacereño pour la saison 2026-2027, après une […]

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