Annoncé fragilisé par les sanctions et pressions de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), le Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) semble pourtant suivre une trajectoire bien différente. Sous la présidence de Geremi Njitap, la structure affiche une capacité de résilience qui contraste avec les attentes de ses détracteurs.
En interne, plusieurs voix estiment que les mesures prises ces derniers mois par l’instance dirigée par Samuel Eto’o visaient à marginaliser durablement le SYNAFOC dans le paysage footballistique national. Pourtant, loin de ralentir ses activités, le syndicat affirme avoir renforcé son engagement auprès des joueurs.
Contacté, un responsable du SYNAFOC explique : « Le combat contre les exclusions et sanctions injustes doit être mené, et nous le menons. Mais cela ne freine pas notre action. Au contraire, cela élargit notre champ d’intervention et renforce notre responsabilité face aux nombreuses sollicitations des joueurs ».
Dans les faits, l’organisation multiplie les initiatives. Son baromètre des salaires, dont la dernière édition a été publiée le 15 mars, met en lumière les réalités économiques souvent précaires des footballeurs professionnels au Cameroun. Un constat partagé en coulisses par certains dirigeants de clubs, même si peu acceptent de s’exprimer publiquement sur le sujet, de crainte de représailles.
Par ailleurs, le SYNAFOC revendique une influence croissante dans le suivi des décisions disciplinaires. Le syndicat affirme avoir contraint la FECAFOOT à rappeler à l’ordre plusieurs clubs tardant à exécuter les décisions de ses organes juridictionnels, évoquant même un risque de sanctions au niveau international en cas de non-respect.
Sur le plan structurel, la dynamique se poursuit avec la signature, le 11 mars, d’un partenariat avec l’École des Métiers de l’INJS, suivi le 23 avril 2026 d’un accord avec le Centre Médical BEN’SS. Objectif affiché : améliorer l’accompagnement socio-professionnel et l’accès aux soins pour les acteurs du football, avec une vision à l’horizon 2030.
Dans ce contexte tendu, une question persiste : l’exclusion des activités de la FECAFOOT suffit-elle à affaiblir durablement une organisation ? À travers ses actions, le SYNAFOC tente de démontrer le contraire, en affirmant son autonomie et sa volonté de peser dans les débats qui concernent l’avenir du football camerounais.














