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Agro-industrie : Neo Industry investit 1,3 milliard FCFA dans l’énergie solaire pour soutenir son expansion

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Agro-industrie : Neo Industry investit 1,3 milliard FCFA dans l’énergie solaire pour soutenir son expansion
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(Investir au Cameroun) – Neo Industry S.A veut sécuriser l’approvisionnement énergétique de son usine de Kekem, dans la région de l’Ouest, alors que ses capacités de broyage de fèves de cacao doivent passer de 32 000 à 80 000 tonnes par an. L’agro-industrie camerounaise va se doter d’un champ solaire d’un coût de 2,4 millions de dollars, soit environ 1,3 milliard de FCFA.

Le projet a fait l’objet d’une convention signée le 22 avril dernier à Kekem entre Neo Industry S.A, Empower New Energy et la société canadienne Eclipse. L’installation annoncée comprendra 3 000 panneaux solaires, pour une puissance installée de 1,8 MWc, ainsi qu’un système de stockage par batteries d’une capacité de 2,5 MWh.

Le financement est assuré par Empower New Energy, développeur norvégien spécialisé dans les projets solaires. L’entreprise prendra également en charge la construction, l’exploitation et la fourniture d’électricité à Neo Industry, dans le cadre d’un contrat de 25 ans. Eclipse, désignée maître d’œuvre, assurera pour sa part la conception, la réalisation et la maintenance de l’installation.

Pour Neo Industry, l’enjeu est à la fois industriel, énergétique et environnemental. L’usine de Kekem fonctionne actuellement à partir de deux sources : le réseau électrique national et des groupes électrogènes au gasoil. Cette configuration expose l’entreprise aux perturbations du réseau et à des coûts énergétiques élevés.

« Nous avons une énergie qui est insuffisante et de mauvaise qualité. La convention va nous permettre de disposer d’une énergie beaucoup plus stable», explique Samuel Boog, directeur industriel de Neo Industry S.A.

Le futur champ solaire doit donc permettre à l’entreprise de diversifier son mix énergétique, de réduire sa dépendance au réseau électrique national et de limiter le recours au gasoil. Selon Patrick Nguea, responsable QHSE et stratégie chez Eclipse, l’usine fonctionnera prioritairement à l’énergie solaire. Une partie de la production servira à recharger les batteries, qui prendront le relais en l’absence d’ensoleillement. Le réseau d’Eneo interviendra en dernier recours.

Au-delà de la stabilité énergétique, le projet doit aussi contribuer à la réduction de l’empreinte carbone de l’entreprise. Il devrait produire 2 270,6 MWh d’électricité propre par an et permettre d’éviter environ 1 505 tonnes d’émissions de CO₂ chaque année. Plus de 120 emplois directs et indirects sont également annoncés dans le cadre du partenariat.

Empower New Energy travaille par ailleurs sur un mécanisme lié aux crédits carbone. « Nous voulons nous assurer que les consommateurs qui adoptent des solutions vertes, en particulier l’énergie solaire, puissent également bénéficier des crédits carbone », indique Mark Wopicho, chef technicien de l’entreprise, précisant que le dispositif est encore en phase de développement.

Avec ce projet, Neo Industry se positionne comme l’un des premiers broyeurs de cacao au Cameroun à intégrer une solution solaire de cette ampleur dans son outil industriel. Une orientation que la direction souhaite voir se généraliser dans le tissu productif national.

« Le partenariat avec Empower New Energy et Eclipse Énergies Renouvelables soutient notre ambition de construire une industrie compétitive, fondée sur des standards élevés, en ligne avec le niveau d’excellence que nous voulons offrir du Cameroun vers les marchés internationaux. Nous espérons que de nombreuses entreprises du pays passeront au solaire », déclare Chantal Bounkeu, directrice générale de Neo Industry S.A.

Cette transition énergétique ne s’arrête pas au solaire. Neo Industry mène également un projet de chaudière biomasse destinée à valoriser les coques issues des fèves de cacao pour produire de l’énergie. L’objectif reste le même : renforcer l’autonomie énergétique de l’usine tout en réduisant son impact environnemental.

Ludovic Amara

Lire aussi :

0-09-2025-Transformation du cacao : le Camerounais Neo Industry veut tripler ses capacités avec un projet d’extension

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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