Actualités locales
Cacao : les ventes de produits dérivés en hausse de 67,4 milliards en 2025, reflétant l’essor de la transformation locale

(Investir au Cameroun) – Les exportations camerounaises de beurre de cacao, de pâte de cacao ainsi que de chocolats et autres préparations à base de cacao ont généré 385,3 milliards de FCFA de recettes en 2025, pour un volume global de 99 190 tonnes expédiées vers le marché international. Selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), ces recettes sont en hausse de 67,4 milliards de FCFA en glissement annuel. En 2024, les ventes de ces produits dérivés du cacao avaient rapporté 317,9 milliards de FCFA, pour 90 614 tonnes exportées.
La progression observée en 2025 est essentiellement portée par la pâte de cacao, qui concentre la plus grande part des recettes. Les volumes exportés de ce produit ont augmenté de 11 733 tonnes, passant de 61 527 tonnes en 2024 à 73 261 tonnes en 2025. Cette hausse a permis au Cameroun d’engranger 261,3 milliards de FCFA, soit 51,3 milliards de FCFA de plus qu’un an auparavant.
Le beurre de cacao a, lui aussi, contribué à cette bonne tenue des exportations de produits transformés. En 2025, le Cameroun en a exporté 21 494 tonnes, pour des recettes de 115,5 milliards de FCFA. Un an plus tôt, les ventes de beurre de cacao avaient porté sur 24 819 tonnes, pour 99,2 milliards de FCFA de recettes. Malgré une baisse des volumes exportés de 3 325 tonnes entre 2024 et 2025, les recettes progressent de 16,3 milliards de FCFA, vraisemblablement sous l’effet de la hausse des prix sur le marché international au cours de l’année 2025.
En revanche, les exportations de chocolats et autres préparations à base de cacao ont légèrement reculé. Elles se sont établies à 4 435 tonnes en 2025, pour 8,4 milliards de FCFA de recettes. En glissement annuel, les données compilées par l’INS font apparaître une baisse de 167 tonnes en volume et de 325 millions de FCFA en valeur.
Une montée en puissance de l’outil industriel
Portée par la pâte de cacao, l’évolution des exportations de dérivés traduit les mutations engagées depuis une dizaine d’années dans l’industrie cacaoyère camerounaise. À partir de 2015, de nouveaux broyeurs de fèves, à l’instar de Neo Industry, Atlantic Cocoa et Africa Processing, se sont implantés dans le pays, tandis que les opérateurs déjà présents ont renforcé leurs capacités de transformation. C’est notamment le cas de SIC Cacaos, filiale du groupe suisse Barry Callebaut.
Conséquence : la transformation locale gagne progressivement du terrain au fil des campagnes cacaoyères. Selon le bilan de fin de campagne publié par l’Office national du cacao et du café (ONCC), le Cameroun a franchi, pour la première fois au cours de la saison 2024-2025, la barre symbolique des 100 000 tonnes de fèves transformées localement.
Cette dynamique commence d’ailleurs à se refléter dans le positionnement international de la filière camerounaise. D’après le rapport sur la compétitivité de l’économie camerounaise, publié par le think tank spécialisé du ministère de l’Économie, le Cameroun est devenu en 2024 le 7e exportateur mondial de pâte de cacao et le 9e exportateur mondial de beurre de cacao.
Une filière de plus en plus stratégique
La progression du cacao dans les recettes d’exportation du Cameroun ne repose donc plus uniquement sur les fèves brutes. En 2025, le pays a exporté 162 257 tonnes de fèves de cacao pour 810,1 milliards de FCFA de recettes, soit une hausse de 127,6 milliards de FCFA sur un an. Mais cette performance s’appuie désormais aussi, de manière croissante, sur la montée en puissance de la transformation locale.
Autrement dit, la filière cacao camerounaise ne se contente plus d’exporter la matière première. Elle capte progressivement une part plus importante de la valeur ajoutée à travers la transformation industrielle, ce qui renforce son caractère stratégique dans l’économie nationale.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
02-10-2025 - Exportations : au Cameroun, le cacao dame le pion au pétrole et impulse la baisse du déficit commercial à fin mars 2025
26-11-2025 - Beurre et pâte de cacao : le Cameroun se hisse dans le top 10 des exportateurs grâce à l’offensive des broyeurs de fèves
02-02-2026 - Chocolat : une unité de production de près d’un milliard de FCFA ouvrira à Nkol Melen au 2e trimestre 2026
03-03-2026 - Cacao : une nouvelle usine de plus de 32 000 tonnes par an en chantier à Baré Bakem
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Qualification de la Colombe du Sud : François Bille rend hommage aux ancêtres
La Colombe du Sud a validé son billet pour le deuxième tour de la Ligue des champions de la CAF au terme d’une rencontre particulièrement […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Cameroun : une mission du FMI examine la situation macroéconomique et budgétaire
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dietrich, séjourne au Cameroun dans le cadre des consultations de l’article IV. Les échanges avec […]
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales6 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














