Actualités locales
Réforme de la constitution camerounaise : notre pays fait un pas en arrière !


Depuis ce jeudi 2 avril 2026, l’on assiste au 6eme Congrès du Parlement camerounais. Signe particulier, ceci se déroule dans un contexte où, l’opposition a un caractère minoritaire au parlement camerounais, largement dominé par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de Paul Biya.
Au menu de ce 6eme Congrès du Parlement camerounais, l’on parle de réforme de notre loi fondamentale, notamment, avec la mise sur pied d’un poste de vice-président de la République nommé par un chef de l’Etat élu par le peuple. Selon Elvis Boh, le dernier projet de loi d’amendement constitutionnel du Cameroun est vendu comme une réforme, mais en réalité, c’est une prise de pouvoir déguisée en gouvernance.
Selon cet observateur de notre landerneau, la création d’un vice-président peut sembler être une étape de modernisation, mais un regard plus attentif révèle une concentration inquiétante de l’autorité entre les mains du président, sans égard à la responsabilité, à la transparence ou aux crises sociales urgentes du pays.
Le vice-président, selon le projet de loi, répond entièrement au président. Chaque devoir, chaque responsabilité, chaque pouvoir est assigné, pas gagné. Il peut être nommé le matin, réaffecté l’après-midi et renvoyé le soir à volonté, sans protection ni durée déterminée. Ce n’est pas de la gouvernance, c’est du patronage codifié. «L’indépendance, le jugement et la dissidence, tous essentiels pour un exécutif fonctionnel, sont neutralisés avant qu’ils puissent exister. Plutôt que de créer un exécutif équilibré, le projet de loi assure une loyauté absolue, transformant la vice-présidence en un lèche-bottes qui doit chanter des louanges pour survivre dans les couloirs du pouvoir», ajoute-t-il.
Un regard plus attentif montre que c’est une loi qui sert le pouvoir, pas le peuple
Peut-être l’omission la plus flagrante est le conflit anglophone qui a fait des milliers de morts et le déplacement de millions de personnes. Pour Elvis Boh, le conflit actuel du Cameroun dans ses régions anglophones n’est pas abordé. Aucune mention n’est faite des réformes significatives visant à mettre fin à la marginalisation, à prévenir la violence ou à restaurer la confiance. Ignorer cette question risque non seulement d’aggraver le conflit, mais aussi de saper la stabilité même que le projet de loi prétend protéger.
Si le projet de loi passe comme il est arrivé, alors le Cameroun risque d’avoir deux francophones comme président et vice-président. Ce sera une abomination à l’histoire et au conflit actuel. «Et puis il y a l’article 53, paragraphe 2, sur la Cour de destitution. En vertu de cette disposition, le président ne peut être inculpé que si l’Assemblée nationale et le Sénat votent de façon identique, au scrutin ouvert (recherche à scrutin ouvert), à la majorité des quatre cinquièmes. Soyons clairs : c’est une norme impossible dans la pratique. Des désaccords mineurs entre les deux chambres bloqueraient entièrement la destitution. Le vote ouvert expose les législateurs à l’intimidation et à la pression politique. Et l’exigence des quatre cinquièmes rend l’enlèvement presque inaccessible. En bref, ce n’est pas une supervision, c’est l’impunité légalisée».
Ce projet de loi consolide le pouvoir exécutif tout en présentant l’illusion de réforme. Il ne fait rien pour protéger les citoyens, défendre la responsabilité ou répondre au conflit anglophone. Il intègre le contrôle dans un seul bureau tout en laissant les blessures de la nation ouvertes et sa démocratie affaiblie, conclut ce dernier.
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Guinness Cameroon : la Cemac valide l’exécution de la feuille de route de Castel, sans chiffrer les investissements

(Investir au Cameroun) – La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) juge« très satisfaisante » l’exécution des engagements pris par le groupe Castel lors du rachat de Guinness Cameroon. Mais, trois ans après l’autorisation de l’opération, ni le régulateur communautaire ni Boissons du Cameroun ne publient de bilan chiffré actualisé des investissements, des emplois ou des nouvelles capacités de production.
Le 21 juillet 2026, les autorités communautaires et camerounaises de la concurrence ont conduit leur troisième évaluation annuelle de cette opération de concentration, autorisée en mars 2023. Cette validation avait été assortie d’engagements sur cinq ans portant notamment sur les investissements industriels, le développement de la production locale, l’extension du réseau de distribution et la création d’emplois.
La mission de contrôle a inspecté l’ancienne usine Guinness de Ndokoti, à Douala, ainsi que les installations de la Société camerounaise de verrerie (Socaver), filiale de Boissons du Cameroun.
À l’issue de cette évaluation, Léopold Noël Boumsong, président de la Commission nationale de la concurrence et du Conseil communautaire de la concurrence, a assuré que l’entreprise se trouvait« en avance sur l’ensemble de sa feuille de route, allant même au-delà des exigences initiales ».
Un programme de 200 milliards de FCFA, mais aucun bilan actualisé
L’appréciation positive du régulateur n’est accompagnée d’aucune donnée permettant d’en mesurer précisément la portée. Le communiqué de Boissons du Cameroun ne chiffre ni les investissements cumulés depuis 2023, ni les emplois créés ou maintenus, ni les capacités industrielles effectivement installées.
Il ne précise pas davantage la valeur des achats effectués auprès des fournisseurs locaux ou le niveau d’avancement des différentes composantes du programme annoncé au moment de l’acquisition.
Castel avait pourtant présenté un plan d’investissements de 200 milliards de FCFA sur cinq ans. Celui-ci devait notamment financer trois nouvelles lignes de production à Yaoundé, Garoua et Bafoussam, pour une capacité annuelle cumulée de 2,1 millions d’hectolitres, ainsi que l’extension des installations de Socaver.
Lors de la première évaluation annuelle, en 2024, l’entreprise avait annoncé avoir déjà investi 45 milliards de FCFA. Deux ans plus tard, aucun montant actualisé n’est communiqué à l’issue de la troisième mission de contrôle.
L’absence de ces indicateurs limite la possibilité d’évaluer l’écart entre les engagements initiaux, les dépenses effectivement réalisées et les résultats industriels obtenus.
Une acquisition valorisée à près de 300 milliards de FCFA
Le rachat de Guinness Cameroon avait été annoncé en juillet 2022 par le groupe britannique Diageo pour un montant de 389 millions de livres sterling, soit environ 300 milliards de FCFA.
L’opération permet à Castel, à travers Boissons du Cameroun, de produire et de distribuer les marques Guinness sur le marché camerounais dans le cadre d’un contrat de licence et de redevances conclu avec Diageo.
Pour les autorités de concurrence, cette transaction représente aussi un test de l’efficacité du dispositif communautaire de contrôle des concentrations. Seli Mbogo Ngabo, président de la Commission de la Cemac, la présente comme« l’un des premiers cas d’école démontrant que notre dispositif réglementaire est parfaitement fonctionnel ».
Cette appréciation repose sur le mécanisme de suivi imposé à Castel après l’autorisation du rachat. Pendant cinq ans, le groupe doit rendre compte de l’exécution de ses engagements afin d’éviter que la concentration du marché ne se traduise par une diminution des investissements, de la production locale ou de l’emploi.
Le caractère fonctionnel de ce contrôle dépend toutefois également de la transparence des évaluations. Or, le communiqué ne publie ni les objectifs annuels assignés à l’entreprise ni les résultats vérifiés par les autorités.
Socaver érigée en levier d’intégration régionale
La Commission de la Cemac estime également que le rachat favorise l’intégration industrielle dans la sous-région. Socaver fabrique désormais des bouteilles, des emballages et des casiers destinés notamment aux marchés tchadien et centrafricain.
Cette activité pourrait renforcer les échanges intracommunautaires et réduire la dépendance des brasseries régionales aux emballages importés hors de la Cemac. Les volumes produits, les quantités exportées et la valeur de ces ventes ne sont cependant pas précisés.
Le communiqué ne permet donc pas d’évaluer la contribution réelle de Socaver aux exportations camerounaises, au chiffre d’affaires régional du groupe ou à l’approvisionnement des filiales de Castel en Afrique centrale.
Garoua et Yaoundé au programme du contrôle de 2027
Le suivi communautaire doit se poursuivre en 2027. Le directeur général de Boissons du Cameroun, Stéphane Descazeaud, a annoncé que la prochaine mission serait étendue aux sites de production de Garoua et de Yaoundé.
Le communiqué ne mentionne toutefois pas le site de Bafoussam, alors que celui-ci figurait parmi les trois implantations retenues dans le programme industriel annoncé en 2023.
Cette absence ne signifie pas nécessairement que le projet a été abandonné. Elle laisse néanmoins sans réponse la question de son niveau d’avancement et du calendrier prévu pour la nouvelle ligne de production.
À mi-parcours de la période de suivi, la Cemac considère donc que Castel respecte, voire dépasse, ses engagements. Mais faute de données actualisées, cette appréciation reste difficile à confronter aux objectifs initiaux. La prochaine évaluation devra permettre de vérifier si la satisfaction affichée par le régulateur se traduit effectivement par l’exécution du programme de 200 milliards de FCFA, l’augmentation des capacités locales et la création d’emplois mesurables.
B.E
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