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Route Babajou-Bamenda : les dessous de la médiation avortée entre la CDEC et Afriland First Bank

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Route Babajou-Bamenda : les dessous de la médiation avortée entre la CDEC et Afriland First Bank
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(Investir au Cameroun) – On en sait un peu plus sur la tentative de médiation engagée dans le différend opposant la Caisse de dépôts et de consignations (CDEC) à Afriland First Bank autour d’un cautionnement d’environ 4,3 milliards FCFA. Sollicitée par l’établissement bancaire, cette démarche, finalement restée sans issue, visait à désamorcer le recouvrement forcé de fonds liés à un marché public de plus de 14 milliards FCFA attribué à BOFAS Sarl pour la réhabilitation de la route Babajou-Bamenda. Malgré l’implication des autorités financières, les échanges ont achoppé sur des divergences juridiques de fond.

Une manœuvre initiée par Afriland First Bank

Le 10 juillet 2025, le directeur général d’Afriland First Bank, Célestin Guela Simo, a saisi le secrétaire général du Comité national économique et financier (CNEF), Pierre Emmanuel Nkoa Ayissi, afin de solliciter une médiation.

Dans sa correspondance, consultée parInvestir au Cameroun, la banque soutient qu’une mesure de contrainte visant ses avoirs pourrait provoquer un mouvement de panique, entraîner des retraits massifs et déstabiliser la place financière. Elle avertit également que« cette situation pourrait instaurer un climat de méfiance durable entre institutions bancaires et entités publiques contractantes, compromettant les engagements futurs en matière de financement structurant ».

L’établissement fait aussi valoir que le« recours à la contrainte, en dehors des voies légales ou en méconnaissance des décisions de justice, fragiliserait la perception des procédures de gestion des garanties de l’État, avec des répercussions sur la mobilisation du secteur bancaire pour les projets publics ».

Derrière cette initiative, l’objectif était clair : obtenir une désescalade dans un dossier devenu sensible, à la fois par les montants en jeu et par ses implications sur les relations entre banques et acteurs publics.

Un accord esquissé, puis bloqué

Moins d’un mois plus tard, le 7 août 2025, une réunion s’est tenue à la direction nationale de la BEAC à Yaoundé. À son issue, un« accord de médiation »a été paraphé par le directeur général adjoint d’Afriland First Bank, Youssouf Bouba, et le secrétaire général du CNEF.

Mais le processus s’est enrayé. En cause : l’absence de signature du directeur général de la CDEC, qui a de facto bloqué l’issue de la médiation.

Le document prévoyait pourtant un paiement partiel de 900 millions FCFA, ainsi que la mise en place d’un groupe de travail, sous l’égide du ministère des Finances, chargé de définir les modalités de traitement des provisions constituées par les cautions avant l’intervention de la CDEC.

Le verrou judiciaire

Pour justifier sa décision de ne pas valider cet accord, Rivard Evina Obam, directeur général de la CDEC, a adressé le 10 septembre 2025 une correspondance au secrétaire général du CNEF. Il y rappelle que« les procédures judiciaires initiées par Afriland First Bank à l’encontre de la CDEC ont abouti à l’ouverture d’une phase contentieuse ».

Entre-temps, le dossier avait déjà basculé sur le terrain judiciaire.

Afriland First Bank a engagé une procédure de référé devant le président du tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif, en assignant notamment Orange Money Cameroun et BGFIBank, avec SCB Cameroun appelée en intervention forcée. La banque cherchait à obtenir la suspension des effets de l’avis à tiers détenteur (ATD) émis par la CDEC dans le cadre du recouvrement des fonds litigieux.

Mais, à l’issue de l’audience du 3 décembre 2025, le juge des référés, par l’ordonnance n° 887/D/HH, s’est déclaré matériellement incompétent pour faire cesser les effets des ATD. Malgré cette décision, Afriland First Bank a poursuivi la procédure en déposant une requête aux fins de défense à exécution contre ladite ordonnance.

Pourquoi la CDEC juge la médiation inopérante

L’ouverture de ce front judiciaire a eu un effet direct sur la médiation. Selon la CDEC, l’engagement d’une action en justice fait entrer le dossier dans une phase contentieuse, encadrée par l’article 71 de la loi n° 2023/011 du 25 juillet 2023relative au recouvrement des créances publiques.

En clair, toute médiation ne peut intervenir, dans ce cas, que dans un cadre juridictionnel, soit à l’initiative des parties, soit à l’invitation de la juridiction compétente. Autrement dit, une médiation engagée hors de ce cadre perd sa portée. C’est sur ce point que la CDEC fonde sa position.

L’institution estime ainsi que les procédures judiciaires lancées par Afriland First Bank ont, de fait, rendu inopérante toute tentative de règlement amiable non adossée à une procédure judiciaire formelle.

Une ligne rouge : l’intégralité de la créance

Dans le même courrier, le directeur général de la CDEC souligne aussi les limites du projet d’accord. Et cette fois, l’objection n’est pas seulement procédurale : elle porte sur la nature même de la créance.

« Le projet d’accord de médiation prévoit un transfert de 900 millions de francs CFA sur une créance de 4,296 milliards de francs CFA et met fin à toutes les actions de la CDEC concernant le marché 131/M/MINTP/CSPM-PFC/CCM-TR/2022, dont cette créance est issue. Il est essentiel de souligner que cette mesure contrevient aux dispositions de l’article 5 de la loi mentionnée précédemment, qui dispose que les créances dues, dont le recouvrement ou la gestion est confié aux entités publiques bénéficiant du privilège du Trésor, constituent des créances souveraines de l’État, imprescriptibles et inaliénables, sauf décision du Président de la République », écrit-il.

Pour la CDEC, il n’est donc pas juridiquement envisageable qu’un versement partiel de 900 millions FCFA puisse solder, dans les faits, un contentieux portant sur 4,296 milliards FCFA, ni que l’institution renonce à ses actions sur le marché concerné sans recouvrement intégral, sauf à méconnaître le statut même de la créance.

La menace pénale brandie contre la banque

Rivard Evina Obam va plus loin. Il relève en outre que« contrairement aux autres acteurs (…), Afriland First Bank continue de retenir cette somme, assimilée à des deniers publics au regard de la règlementation en vigueur, engageant ainsi la responsabilité pénale de cet établissement de crédit ainsi que celle de ses dirigeants dans le cadre des infractions prévues à l’article 184 du Code pénal ».

Cette appréciation durcit encore les termes du bras de fer. Car au-delà du litige civil ou administratif, la CDEC introduit ici une dimension pénale, en assimilant les sommes en cause à des deniers publics au regard de la réglementation en vigueur.

Malgré cette fermeté, le directeur général de la CDEC se dit disposé à une conciliation, à condition qu’elle reste strictement arrimée au droit.« Je reste disposé à envisager toute solution conforme à la législation en vigueur », écrit-il.

Selon cette correspondance, Afriland First Bank devrait alors mettre un terme à toutes les procédures en cours devant les tribunaux, tandis que le montant total de 4,296 milliards FCFA devrait être recouvré intégralement, avec la possibilité d’un échéancier comprenant un paiement immédiat de 900 millions FCFA. Le solde devrait, lui, être apuré au plus tard le 31 décembre 2025.

Autrement dit, une sortie de crise demeurait théoriquement possible, mais à une condition non négociable pour la CDEC : l’abandon du contentieux judiciaire et le paiement intégral de la créance.

BGFIBank et Orange Money, visées comme tiers détenteurs

Le 26 février 2026, la Caisse de dépôts et de consignations a adressé deux commandements de payer à BGFIBank Cameroun et à Orange Money Cameroun. Selon les correspondances consultées parInvestir au Cameroun, l’institution réclame un total de 3,68 milliards FCFA, dont 3,58 milliards FCFA au titre du principal et 101 millions FCFA d’intérêts de retard, présentés comme des pénalités pour paiement tardif.

La CDEC accordait un délai de huit jours pour s’exécuter. À défaut, elle se réservait le droit de procéder« à la saisie de leurs avoirs bancaires et/ou actions et valeurs mobilières ou à la saisie et vente des biens meubles et effets mobiliers »et« à la saisie de vos biens meubles ».

Il convient toutefois de préciser que les montants visés correspondent à des avoirs d’Afriland First Bank. Ils renvoient à des fonds répartis dans différents comptes et ne signifient pas que chaque entité visée doit verser séparément 3,68 milliards FCFA.

Ces sommes sont des fonds d’Afriland logés sur des comptes ouverts auprès de BGFIBank et d’Orange Money. Les deux institutions sont donc visées en tant que tiers détenteurs, et non comme débiteurs initiaux du marché.

Aux yeux de la CDEC, le non-respect de ces commandements de payer les expose à la solidarité, au motif qu’elles auraient détenu, sans les restituer, des fonds provenant d’Afriland et liés aux garanties d’exécution du marché à l’origine du litige.

Au-delà du bras de fer

À mesure que les pièces s’assemblent, l’échec de la médiation apparaît moins comme un simple accident de procédure. Il révèle un désaccord plus profond sur la nature des fonds en cause. Il interroge aussi les marges de manœuvre d’une banque face à une créance que la CDEC présente comme souveraine.

Au vu des éléments disponibles, la stratégie d’Afriland First Bank semble avoir atteint ses limites. La banque cherchait à desserrer l’étau du recouvrement. Mais elle maintenait en parallèle une offensive judiciaire qui fragilisait le terrain même d’une désescalade.

Le dossier, né dans les coulisses d’un marché routier stratégique, dépasse désormais le seul face-à-face entre la CDEC et l’établissement bancaire. Il met au jour une zone de tension rarement documentée. S’y croisent le financement des projets publics, la circulation des garanties, le privilège du Trésor et la sécurité juridique du secteur bancaire.

En cela, l’affaire Babajou-Bamenda pourrait faire date dans les pratiques, sinon devant les tribunaux. Elle ouvre surtout un débat plus large pour les futurs chantiers de l’État. Jusqu’où une banque peut-elle encore négocier quand des sommes litigieuses ne sont plus traitées comme de simples engagements financiers, mais comme des deniers publics ?

Amina malloum

Lire aussi :

06-03-2026 – Route Bamenda–Babajou : Afriland, BGFIBank et Orange Money exposés à des mesures de saisie dans l’affaire BOFAS

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le chef de la majorité démocrate au Sénat réclame la fin de la guerre avec Iran

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le chef de la majorité démocrate au Sénat réclame la fin de la guerre avec Iran
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Le chef de la majorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, a annoncé mercredi que « nous allons mettre fin à la guerre » avec l’Iran, et que cette décision bénéficiera du soutien de certains sénateurs républicains.

« Nous allons mettre fin à la guerre. Certains républicains se sont déjà joints à nous pour y parvenir, et les Pères fondateurs avaient prévu le pouvoir budgétaire comme l’un des moyens de dissuader un président de faire la guerre sans le consentement du peuple américain », a déclaré M. Schumer lors d’une conférence de presse au siège du Comité de campagne sénatoriale démocrate à Washington, D.C.

Les propos de M. Schumer ont été tenus quelques heures après le scrutin des élections de mi-mandat, alors que les démocrates devraient, selon les projections des résultats, reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès.

Le président Donald Trump a reconnu mardi soir auprès du quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) que la guerre avec l’Iran était sans doute en partie responsable des défaites électorales subies par les candidats républicains lors des élections de mi-mandat. M. Trump a toutefois affirmé qu’il ne regrettait pas d’avoir lancé cette guerre plus tôt dans l’année.

« L’Iran en faisait partie », a dit M. Trump lors d’un entretien téléphonique avec le WSJ, lorsque ce dernier lui a demandé si la guerre avait contribué aux mauvais résultats des républicains aux élections.

En juin, quatre sénateurs républicains avaient voté aux côtés des démocrates en faveur d’une résolution sur les pouvoirs de guerre enjoignant à M. Trump de retirer les troupes américaines des hostilités contre l’Iran, qui avaient été engagées sans l’aval formel du Congrès.

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Socfinaf : le Cameroun génère 33,5 % du chiffre d’affaires du groupe au premier semestre 2026

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Socfinaf : le Cameroun génère 33,5 % du chiffre d’affaires du groupe au premier semestre 2026
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(Investir au Cameroun) – Les activités camerounaises de Socfinaf ont généré un chiffre d’affaires de 116,12 millions d’euros, soit environ 76,17 milliards de FCFA, au premier semestre 2026. Ce montant représente 33,5 % des revenus consolidés du groupe agro-industriel luxembourgeois, contre 31,3 % sur la même période en 2025. Selon les comptes semestriels examinés par son conseil d’administration le 22 septembre 2026, le Cameroun demeure ainsi son premier pays d’implantation en termes de chiffre d’affaires, devant la Côte d’Ivoire et le Nigeria.

Cette progression du poids relatif du Cameroun intervient pourtant dans un contexte de recul des ventes locales. Le chiffre d’affaires du segment camerounais est passé de 120,26 millions d’euros au premier semestre 2025 à 116,12 millions un an plus tard, soit une baisse de 3,4 %. Cette contraction reste inférieure à celle de l’ensemble du groupe, dont les revenus ont diminué de 9,9 %, à 346,73 millions d’euros. L’écart explique l’augmentation de 2,2 points de la contribution camerounaise au chiffre d’affaires consolidé.

Dans le détail, Socapalm affiche un chiffre d’affaires de 97,47 millions d’euros, soit environ 63,93 milliards de FCFA, quasiment stable par rapport au premier semestre 2025. Safacam enregistre pour sa part 24,02 millions d’euros, soit environ 15,76 milliards de FCFA, en baisse de 10,6 % sur un an. Ces données, présentées individuellement dans les comptes sociaux de Socfinaf, totalisent 121,49 millions d’euros. Elles diffèrent du chiffre d’affaires de 116,12 millions retenu pour le Cameroun dans les comptes consolidés, après application du périmètre comptable correspondant.

La première place du Cameroun dans les ventes du groupe ressort également de la comparaison avec les autres implantations africaines. La Côte d’Ivoire, où Socfinaf exploite les filiales SOGB et SCC, affiche un chiffre d’affaires consolidé de 80,95 millions d’euros sur la période. Le Nigeria suit avec 77,99 millions d’euros, réalisés par Okomu. Le Libéria, la Sierra Leone et le Ghana enregistrent respectivement 26,16 millions, 21,51 millions et 18,47 millions d’euros.

Le poids du Cameroun se retrouve également dans les résultats d’exploitation. Le résultat opérationnel des activités camerounaises atteint 33,21 millions d’euros, soit environ 21,79 milliards de FCFA, contre 40,50 millions d’euros un an auparavant. Malgré cette baisse de 18 %, le Cameroun représente 36,3 % du résultat opérationnel consolidé de Socfinaf, contre 29,9 % au premier semestre 2025. Il occupe le deuxième rang des implantations du groupe sur cet indicateur, derrière le Nigeria.

À l’échelle consolidée, le résultat opérationnel de Socfinaf a reculé de 32,3 %, à 91,6 millions d’euros, tandis que le bénéfice net attribuable aux actionnaires de la société mère est passé de 49,9 à 43,4 millions d’euros. Le groupe explique principalement la contraction de son chiffre d’affaires par la baisse des prix de vente, dont l’incidence négative est évaluée à 36 millions d’euros, dont 19,8 millions pour l’huile de palme et 16,1 millions pour le caoutchouc. Les comptes publiés ne permettent toutefois pas d’isoler précisément l’effet de ces variations de prix sur les seules activités camerounaises.

Amina Malloum

Lire aussi :

23-10-2026 – Socapalm / Safacam : Socfinaf réduit de 22 % ses investissements et déprécie ses actifs biologiques au Cameroun

15-10-2026 – Safacam : le bénéfice net pourrait tomber de 3,2 à 1,3 milliard FCFA en 2026, malgré des ventes en hausse

16-07-2025 – Bvmac : Safacam verse 442,1 millions FCFA de dividendes à ses actionnaires pour l’exercice 2024

11-06-2026 – Litige foncier Apouh-Socapalm : l’affaire renvoyée au 2 juillet, les riverains réclament la rétrocession de près de 200 ha

28-04-2026 – BVMAC : Safacam annonce 2,73 milliards FCFA de dividende, soit 2 200 FCFA par action pour 2025

17-08-2016 – Socapalm et Safacam enregistrent une «légère hausse» de la production d’huile de palme et de caoutchouc au 1er trimestre 2016

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CAF Awards 2026 : Christian Kofane parmi les meilleurs jeunes talents africains de l’année

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Le football camerounais pourrait une nouvelle fois être à l’honneur sur la scène continentale. Christian Kofane figure parmi les nominés dans la catégorie du meilleur […]

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