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Cavaye Yeguie Djibril exige que deux grosses voitures achetées l’année dernière lui soit rétrocédés

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Cavaye Yeguie Djibril exige que deux grosses voitures achetées l’année dernière lui soit rétrocédés
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Malgré les clarifications du Secrétaire général de l’Assemblée nationale André Noël Essiane qui lui fait savoir que ça dépendra du nouveau patron de la chambre ; Cavaye Yeguie Djibril ne l’entend pas de cette oreille, rapporte nos confrères de Le Courrier du Cameroun.

Au 237 (Cameroun), l’actualité politique surtout au niveau de la chambre base de notre parlement est marquée par un bras de fer administratif. En effet, selon plusieurs sources, Cavaye Yeguie Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale fait des réclamations relatives aux moyens roulant.

Selon plusieurs sources, l’ancienne deuxième personnalité du pays, exige la rétrocession de plusieurs véhicules de fonction, dont deux pièces maîtresses : « une Mercedes-Benz de grand luxe acquise sur le budget de l’Assemblée nationale l’année dernière (2025), un second véhicule de prestige également de gros calibre, et l’intégralité du parc automobile affichant plus de 10 ans d’âge qu’il utilisait jusqu’ici».

Textes stricts…

L’on apprend dans la foulée, que face à ces exigences, le Secrétaire Général (SG) de l’Assemblée nationale, André Noël Essian, a opposé une fin de non-recevoir basée sur la réglementation en vigueur. Ainsi, André Noël Essian a «rappelé un principe administratif fondamental : les biens de l’Assemblée nationale appartiennent à l’État et leur gestion relève de la compétence exclusive du bureau de la Chambre. Il a notamment souligné que la Mercedes, étant de facture récente, représente un actif majeur que l’institution ne peut céder sans base légale».

André Noël Essian a fermement indiqué que le sort de ces véhicules dépendra uniquement des décisions du nouveau Président de l’Assemblée nationale, rappelant que la rétrocession de matériel public est régie par des textes stricts sur l’amortissement et la réforme.

Aboubakary Abdoulaye

Pour rappel, après 32 ans de règne ininterrompu au perchoir (depuis 1992), Cavaye Yeguié Djibril a été remplacé à la présidence de l’Assemblée nationale du Cameroun le 17 mars 2026. C’est l’honorable Théodore Datouo, originaire de la région de l’Ouest et membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), qui a été élu pour lui succéder. Ce remplacement a été décidé sous l’impulsion du Comité Central du RDPC (parti au pouvoir) lors du renouvellement des bureaux des chambres du Parlement.

À 86 ans, Cavaye Yeguié Djibril était l’une des figures les plus anciennes du paysage politique camerounais. Son départ marque la fin d’une ère entamée il y a plus de trois décennies. Ce vent de renouvellement avait également touché la chambre haute, où Aboubakary Abdoulaye a été élu président du Sénat le même jour, remplaçant Marcel Niat Njifenji. Ce remaniement au sommet du Parlement camerounais Assemblée nationale (Cameroun) est perçu comme un signal fort de renouvellement au sein des institutions de l’État.

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Qualification de la Colombe du Sud : François Bille rend hommage aux ancêtres

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Cameroun : une mission du FMI examine la situation macroéconomique et budgétaire

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Christine Dietrich, séjourne au Cameroun dans le cadre des consultations de l’article IV. Les échanges avec […]

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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