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Bananes : Compagnie fruitière propulse les exportations du Cameroun à 27 674 tonnes en janvier 2026, en hausse de 36%

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Bananes : Compagnie fruitière propulse les exportations du Cameroun à 27 674 tonnes en janvier 2026, en hausse de 36%
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(Investir au Cameroun) – Les exportations de bananes du Cameroun ont connu une augmentation substantielle au mois de janvier 2026, selon les données compilées par l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Concrètement, elles totalisent 27 674 tonnes, révélant une hausse en glissement annuel de 7324 tonnes en valeur absolue, soit 36% en valeur relative.

Cette performance est la conséquence de la bonne tenue de la production et des ventes chez les trois opérateurs en activité au Cameroun depuis le retrait de Boh Plantations PLC du fichier des exportateurs en septembre 2025. Unique opérateur privé de nationalité camerounaise dans la filière banane, ce producteur a, depuis cette date-là, cédé ses actifs à la Compagnie fruitière de Marseille, renforçant davantage l’emprise de ce groupe français sur le marché local de la banane.

D’ailleurs, l’embellie observée sur les exportations camerounaises au mois de janvier 2026 est principalement le fait des deux filiales locales de ce groupe agroalimentaire : la société des Plantations du haut Penja (PHP) et la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM). A en croire les chiffres de l’Assobacam, les exportations de la PHP ont atteint 20 037 tonnes en janvier 2026, contre 14 695 tonnes à la même période en 2025. Le leader du marché camerounais de la banane enregistre ainsi une augmentation de ses ventes à l’international de 36,4% sur un an.

La CDBM, la 2è filiale de Compagnie fruitière, arrivée sur le marché il y a moins de 3 ans, a plus que doublé ses ventes de bananes sur le marché international en janvier 2026, comparé la même période en 2025. Les données de l’Assobacam informent en effet que les exportations de ce producteur culminent à 3406 tonnes, après 1664 tonnes en janvier 2025, en hausse de 104,7% en glissement annuel.

Le diktat de Compagnie fruitière

La Cameroon Development Corporation (CDC), 2è employeur du pays après l’administration publique et désormais unique opérateur à capitaux nationaux de la filière banane, affiche des performances beaucoup plus modestes. En janvier 2026, cette société d’Etat a expédié 4231 tonnes de bananes vers le marché international, selon l’Assobacam. Ce qui représente une augmentation de 6% (+240 tonnes) par rapport aux 3991 tonnes exportées en janvier 2025.

L’augmentation du volume de bananes vendues à l’international par le Cameroun en janvier 2026 a permis au pays de capter davantage de recettes d’exportation. En effet, la banane fait partie des principaux pourvoyeurs de cette catégorie de recettes au pays, avec pour principal marché l’Europe.

La filière nationale est largement dominée par la Compagnie fruitière de Marseille. Grâce à ses deux filiales que sont la PHP et la CDBM, ce groupe agro-industriel français cumule chaque année entre 70% et 80% des exportations de bananes au Cameroun. Cette proportion devrait dépasser 90% en 2026, en raison du rachat des actifs de Boh Plantations PLC.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

23-12-2025 - Filière banane : PHP et CDBM, filiales de la Compagnie fruitière de Marseille, rachètent les actifs de Boh Plantations

10-12-2025 - Bananes : les exportations du Cameroun chutent de 45,5% en novembre, BPL absent du fichier pour le 3e mois d’affilée

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »
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Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.

« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.

Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.

Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :

« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille

Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.

Une distraction regrettable

L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.

Le clash comme programme

Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».

Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.

Qui profite du bruit ?

La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.

C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.

Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.

À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.

Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

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