Actualités locales
Qui sont les Lions U23 ? Une génération prometteuse en quête de confirmation

Le sélectionneur national des Lions U23, Guy Feutchine, a récemment levé le voile sur la liste des 30 joueurs convoqués pour le stage d’évaluation prévu du 23 au 31 mars 2026 en Espagne. Ce rassemblement constitue une étape importante dans la construction de cette nouvelle génération appelée à défendre les couleurs nationales dans les compétitions futures.
Dans cet effectif élargi, la moyenne d’âge tourne autour de 18 ans, preuve d’une volonté claire de miser sur la jeunesse et le potentiel à long terme. Le groupe présente également un alliage intéressant entre joueurs formés localement et binationaux évoluant en Europe, un mélange qui pourrait apporter dynamisme, expérience internationale et compétitivité au sein de l’équipe.
Les gardiens : des talents formés au pays
Au poste de gardien de but, deux des trois portiers sélectionnés ont déjà laissé leur empreinte sur les pelouses camerounaises avant de poursuivre leur progression en Europe.
Kevin Kamdem, ancien pensionnaire de l’Academy Foot de Douala, et Gaspard Ambassa, formé à l’Apejes FC de Mfou, évoluent aujourd’hui en National 3 en France. Leur parcours témoigne de la capacité des centres de formation locaux à produire des talents capables de franchir les frontières et de se frotter au football européen.
Les défenseurs : un mélange d’Europe et de formation locale
Dans le secteur défensif, l’attention sera particulièrement portée sur la progression de plusieurs binationaux prometteurs. Parmi eux figurent Pascal Mbome (Allemagne), Jaydem Ngwashi (Italie) et Bryan Song (France), trois profils qui apportent une dimension internationale à l’arrière-garde.
À leurs côtés, des joueurs formés au pays espèrent également tirer leur épingle du jeu. Clancy Biten, passé par l’École des Brasseries, Henri Hiobi, ancien de l’AS Nylon de Douala, et Rony Mimb, issu du centre de formation de Kadji Sports Academy, disposent d’atouts pour s’imposer dans la hiérarchie.
Les milieux : créativité et intensité
Au milieu de terrain, la concurrence s’annonce tout aussi intense. Les binationaux William Gueke et Bassirou Nkoto, tous deux basés en Angleterre, ainsi qu’Allen Junior Kambe évoluant en Allemagne, tenteront de faire parler leur technique et leur vision du jeu.
Face à eux, des joueurs locaux déterminés comme Collins Fi Akamba et Emmanuel Kiah comptent bien démontrer que le championnat national regorge également de talents capables de rivaliser au plus haut niveau.
Les attaquants : un potentiel offensif séduisant
Sur le front de l’attaque, les Lions U23 disposent déjà de profils prometteurs. L’ailier Harouna Djiberin, qui évolue à Angers SCO en Ligue 1, et l’avant-centre Bernard Ngueneb, pensionnaire du Standard de Liège, représentent des atouts offensifs intéressants.
À leurs côtés, les binationaux Macauley Zepa (France) et Abdoulaye Douka Nkoto (Angleterre) pourraient également se révéler lors de ce stage et renforcer la puissance offensive de la sélection.
Une génération à bâtir
Ce stage en Espagne apparaît comme un premier test grandeur nature pour cette jeune génération. Entre talents locaux et espoirs évoluant en Europe, le sélectionneur Guy Feutchine devra désormais façonner un collectif capable de porter haut les ambitions des Lions U23.
Une chose est certaine : le vivier est riche et prometteur. Reste maintenant à transformer ce potentiel en performances sur le terrain.
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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