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la vérité derrière sa baisse de régime

Arrivé l’été dernier avec l’étiquette d’attaquant redoutable, Bryan Mbeumo traverse aujourd’hui sa première véritable zone de turbulences sous le maillot de Manchester United. Après des débuts tonitruants à Old Trafford, l’international camerounais connaît un passage à vide qui interroge supporters et observateurs.
Un départ fulgurant à Old Trafford
Contrairement à ses coéquipiers arrivés au même moment, Benjamin Sesko et Matheus Cunha, Mbeumo n’a pas eu besoin de période d’adaptation. L’ancien joueur de Brentford a immédiatement confirmé la dynamique impressionnante qui avait marqué sa dernière saison en Premier League, conclue avec 20 buts en 38 matchs.
À Manchester, l’ailier s’est rapidement imposé comme un élément décisif. Ses buts importants durant la première moitié de saison ont contribué à maintenir United dans la course. Son influence était telle que les supporters redoutaient l’impact de son absence pendant la Coupe d’Afrique des Nations, disputée entre décembre 2025 et janvier 2026.
Un retour spectaculaire après la CAN
Après la compétition continentale, Mbeumo a rapidement retrouvé son efficacité. Il a marqué lors du derby face à Manchester City, participant à une victoire 2-0 pleine d’autorité. L’attaquant a ensuite récidivé dans un match spectaculaire remporté 3-2 contre Arsenal, alors leader du championnat.
Même lorsque Fulham est parvenu à limiter son influence malgré un succès 3-2 de United, le Camerounais a repris le chemin des filets peu après lors de la victoire 2-0 contre Tottenham Hotspur. Ce but constituait alors sa neuvième réalisation en championnat.
Une disette inattendue
Depuis cette rencontre, la machine semble grippée. Quatre matchs se sont écoulés sans que Mbeumo ne trouve le chemin des filets, une rareté pour un joueur habitué à faire la différence.
Malgré deux passes décisives sur cette période, ses occasions manquées et des prestations moins tranchantes ont semé le doute. L’ailier de 26 ans ne semble plus évoluer au même niveau qu’en début de saison, laissant les supporters de Manchester United perplexes.
Une explication physique
Selon les informations du tabloïd britannique The Sun, l’explication pourrait être d’ordre physique. D’après des sources proches de Brentford, Mbeumo aurait des difficultés à enchaîner deux ou trois matchs par semaine.
Cette situation serait liée à une préparation estivale incomplète. Bien qu’il ait rejoint Manchester United à temps pour la tournée de pré-saison aux États-Unis, il n’a disputé que 45 minutes lors du dernier match amical contre Everton à Atlanta.
Le club mancunien aurait ensuite consacré une grande partie des séances d’entraînement à Chicago à améliorer sa condition physique, Brentford ayant repris l’entraînement une semaine plus tard que les Red Devils. De plus, lors de sa dernière semaine chez les Bees, Mbeumo n’aurait pas participé aux séances sur gazon afin d’éviter une blessure qui aurait pu compromettre son transfert estimé à 71 millions de livres sterling.
Un calendrier éprouvant
Le calendrier chargé de Manchester United n’a rien arrangé. Avant la défaite 2-1 contre Newcastle United, seulement trois jours séparaient la rencontre face à Crystal Palace et le déplacement à St James’ Park.
Dans ces conditions, l’hypothèse d’une fatigue accumulée paraît crédible et pourrait expliquer la prestation en demi-teinte du Camerounais face aux Magpies.
L’occasion de rebondir
La bonne nouvelle pour Manchester United est que la trêve de onze jours entre la défaite contre Newcastle et le choc face à Aston Villa offre à Mbeumo l’opportunité idéale de se régénérer.
L’entraîneur intérimaire Michael Carrick pourrait être tenté de titulariser Amad Diallo sur l’aile droite. Mais il n’est pas exclu qu’il maintienne sa confiance en Mbeumo.
Si tel est le cas, les supporters de Manchester United espèrent retrouver l’attaquant clinique du début de saison, celui capable de faire basculer un match à la moindre occasion. Une chose est certaine : lorsque Mbeumo est en forme, United possède une arme offensive redoutable.
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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