Actualités locales
Tourisme : le Cameroun engage 10,4 milliards FCFA pour moderniser l’offre et attirer davantage de visiteurs

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun a lancé l’exécution de son budget touristique 2026, doté d’une enveloppe de 10,391 milliards FCFA, avec pour objectifs la modernisation des infrastructures, la promotion des destinations locales et le renforcement des capacités des acteurs du secteur.
Le programme a été officiellement lancé le 9 mars à Yaoundé par le ministre du Tourisme et des Loisirs par intérim, Gabriel Mbairobe, en présence de responsables du ministère et d’autres administrations publiques.
Selon les éléments présentés lors de la cérémonie, les crédits doivent financer le développement des infrastructures touristiques, l’intensification de la promotion des destinations nationales et la mise en avant de la marque « Made in Cameroon » dans l’industrie touristique. Les autorités estiment que ce dispositif doit soutenir l’activité du secteur, valoriser le potentiel économique du pays et renforcer les filières liées au tourisme.
Concentrée sur la promotion intérieure et le tourisme réceptif
La ventilation du budget a été détaillée par Abou Hamadou, directeur des Affaires générales au ministère du Tourisme et des Loisirs. Il en ressort que 4,654 milliards FCFA seront consacrés à la promotion du tourisme intérieur, tandis que 3,2 milliards FCFA serviront à soutenir le tourisme réceptif et à attirer davantage de visiteurs internationaux.
En outre, 1,2 milliard FCFA sera transféré aux communes pour améliorer la promotion touristique et soutenir les initiatives locales. Les régions recevront, pour leur part, 300 millions FCFA destinés à renforcer la visibilité du tourisme et les actions de marketing territorial.
Un secteur à relancer et une exécution sous contrainte de calendrier
Lors du lancement du programme, Gabriel Mbairobe a déclaré que ces financements doivent contribuer à la relance du secteur touristique camerounais et à une meilleure valorisation économique des ressources naturelles et culturelles du pays. Il a inscrit cette initiative dans la politique gouvernementale de soutien aux secteurs à fort potentiel et aux projets à forte intensité de main-d’œuvre.
Le ministre par intérim a également insisté sur la responsabilité des agents publics impliqués dans l’exécution du budget, en appelant à une gestion rigoureuse des deniers publics et à davantage de redevabilité. Il a demandé à l’ensemble des parties prenantes de se mobiliser pour garantir une mise en œuvre efficace du programme.
Pour accélérer l’exécution, Gabriel Mbairobe a fixé comme objectif le lancement, avant avril, de tous les marchés publics liés aux projets concernés, afin d’assurer une mise en œuvre rapide des actions prévues pour 2026.
Cet investissement s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement visant à accroître la contribution du tourisme à l’activité économique, tout en améliorant les infrastructures et en renforçant la visibilité du Cameroun comme destination de voyage.
Mercy Fosoh
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« pendant que le pays s’enlise, la classe politique s’écharpe sur les réseaux »

Le deuxième vice-président national du Social Democratic Front (SDF), Louis Marie Kakdeu, appelle la classe politique camerounaise à recentrer le débat sur les problèmes économiques et sociaux du pays, dénonçant une vie politique qu’il estime de plus en plus dominée par les querelles sur les réseaux sociaux.
Dans une tribune publiée samedi, intitulée « Le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille », l’économiste et universitaire estime qu’une partie de l’opposition consacre désormais davantage d’énergie aux affrontements entre personnalités qu’aux propositions destinées à répondre aux difficultés quotidiennes des Camerounais.
« Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux », écrit-il.
Louis Marie Kakdeu cite notamment les difficultés liées aux infrastructures routières, aux approvisionnements en gaz, au coût de la vie et au chômage. Il déplore que ces sujets suscitent, selon lui, moins d’attention sur les réseaux sociaux que les polémiques entre responsables politiques.
Lire la tribune de Louis Marie Kakdeu :
« Cameroun : le clash comme programme politique, ou comment le régime dort tranquille
Coup de gueule : Pendant que le pays se noie, s’éteint et s’enlise, une néo-classe politique s’écharpe sur les réseaux sociaux. Le pouvoir n’a même plus besoin de se défendre. Les informations sur la mauvaise gouvernance du pays font beaucoup moins de bruit que la querelle de personnes. Ce n’est pas un accident. C’est un système. Et la néo-opposition dite « radicale » a pour mission d’aider le régime en place à distraire le peuple.
Une distraction regrettable
L’on met désormais 4 heures de temps en voiture entre Douala (Yassa) et Edéa (moins de 50 km), mais le citoyen qui est assis au fond d’un bus crasseux dans lequel il pleut ne se plaindra ni de la pluie qui tombe sur sa tête, ni de l’état de la route en dégradation avancée. Il cherche plutôt à sauver son téléphone et à se plaindre des problèmes de connexion internet qui l’empêchent de suivre en direct les clashes sur les réseaux sociaux : on y parle de tout sauf des milliers de Camerounais qui meurent sur les routes, de la pénurie de gaz, de la cherté du coût de la vie, du chômage massif, etc. On ne parle pas de ce qui accable le régime et qui concerne la vie quotidienne des citoyens. L’image de ce paradoxe camerounais est que les chômeurs ont voté le 12 octobre 2025 pour le ministre qui les a maintenus au chômage et qui leur a servi le bluff.
Le clash comme programme
Nous avons désormais une vie politique rythmée par des querelles, pas par des idées. Depuis la présidentielle d’octobre 2025, qu’a-t-on surtout débattu ? Des rumeurs de mœurs, des histoires d’argent, des « révélations » sans preuve et des audios « fuités ». Elles font cliquer, mais elles n’ont jamais produit un kilomètre de route ni un litre d’eau. Des procès en trahison sont le sport favori de certains. Il s’agit des débats sur la moralité des personnalités politiques comme s’il y avait un seul « saint » sur terre : « Que celui ou celle qui est saint(e) jette en premier la pierre sur l’autre ! ».
Vous voyez des gens dont les vies sont entièrement sales qui estiment que la vie des autres est sale. Un vrai paradoxe camerounais. On estime que la vie des personnalités politiques doit être « propre » comme si l’on était au ciel ou comme si l’on interdisait à certains d’être aussi « personnalités politiques » ou de le devenir pour monter le bon exemple. Une posture caractéristique d’un déficit criard d’engagement citoyen au Cameroun. Chaque jour, une part de l’énergie militante est dépensée à partager, commenter ou démentir des rumeurs.
Qui profite du bruit ?
La réponse est simple : le pouvoir en place. Un régime qui dure depuis plus de quarante ans n’a qu’un ennemi sérieux : le bilan. Tout débat sur les résultats l’oblige à répondre du délestage, du prix de l’eau, des chantiers inachevés, des budgets engloutis. Il n’a donc qu’un intérêt : que le débat porte sur autre chose. Chaque polémique entre néo-opposants lui offre ce cadeau. Avant les scrutins à venir, le régime affiche une retenue décrite comme de la discipline, pendant qu’une agitation désordonnée règne dans plusieurs camps de la néo-opposition. Le pouvoir peut se taire : la néo-opposition parle à sa place, et parle d’elle-même.
C’est le point le plus douloureux. Une partie de la néo-opposition qui se dit « radicale » a fait de la posture un projet : la dénonciation permanente, l’anathème contre ceux qui participent, le boycott érigé en principe, le « tout ou rien ». Elle vit du clash parce que le clash produit de l’audience, et l’audience passe pour une légitimité. Or, ni l’une ni l’autre ne remplacent une offre politique.
Le résultat est mécanique : Tant que « radical » signifie « celui qui hurle le plus fort », il n’y a ni programme chiffré, ni équipe prête à gouverner, ni ancrage local durable. Et le régime peut se présenter comme le seul acteur capable de gérer un État. On ne renverse pas un système avec des punchlines : on l’use par des propositions. Et c’est mon message principal aux citoyens camerounais. Je ne m’attends pas à être entendu ; je ne suis pas dupe. Mais je joue mon rôle.
À l’inverse, l’opposition authentique, celle qui fait le travail patient (élus locaux, programmes sur l’eau, l’énergie, la décentralisation, contre-budgets, contrôle de l’action gouvernementale), n’a ni les plateaux ni les partages. On dit de cette opposition qu’elle est invisible dans l’espace public qui récompense le scandale. Elle est pourtant la seule à préparer l’alternance et l’alternative pour de bon, celle qui permettra de gouverner ensuite et de gouverner utilement.
Le Cameroun n’a pas besoin d’un feuilleton de plus. Il a besoin d’eau, de courant, de routes, de caniveaux qui ne débordent pas. Tant que les acteurs politiques préféreront le buzz et le bluff, les Camerounais continueront de payer la note, et le régime dormira tranquille.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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