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« Ma présence dérange ? C’est un faux débat »

Le président de la Fédération camerounaise de football sort du silence et défend son rôle auprès des Lions Indomptables. Entre critiques, devoir de protection et rappel à la discipline, l’ancien capitaine assume pleinement sa posture.
Face aux polémiques récurrentes autour de sa présence dans le vestiaire des Lions Indomptables, Samuel Eto’o ne mâche pas ses mots. L’ancienne gloire du football africain, aujourd’hui président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), dénonce ce qu’il considère comme une controverse artificielle.
« Déjà, on me fait le reproche que ma présence dérange dans le vestiaire, ce qui est un faux débat. C’est juste aberrant », tranche-t-il. Pour l’ex-attaquant, les critiques relèvent davantage d’un procès d’intention que d’un véritable problème de fond.
Un président en première ligne
Depuis son accession à la tête de la Fécafoot, Samuel Eto’o revendique un rôle actif dans la gestion de la sélection nationale. Une implication qui suscite débats et commentaires, parfois virulents. « Il y a des gens qui écrivent tous les jours : il a fait ceci, il a fait cela », regrette-t-il, visiblement lassé par les spéculations.
Mais l’ancien buteur du FC Barcelona et de l’Inter Milan assume pleinement sa position : « Je suis le président de la fédération camerounaise de football. Je suis le premier à défendre cette équipe. »
Pour lui, la mission est claire : protéger, encadrer et contrôler. « Mon job est de protéger cette équipe, de savoir, de contrôler de bout en bout ce qui se passe pour mieux gérer parce que j’ai cette équipe dans mon cahier des charges », insiste-t-il.
Entre passion populaire et pression permanente
Au Cameroun, le football est une affaire d’État, presque une religion. Chaque performance des Lions déclenche une vague d’analyses et de critiques. Eto’o en est conscient : « J’ai aussi 30 millions de Camerounais qui veulent dire qu’ils connaissent le foot, qui sont joueurs, qui sont entraîneurs à leurs heures perdues et qui ont critiqué. »
Cette pression populaire, il ne la rejette pas. Mais il refuse qu’elle se transforme en soupçon permanent sur son engagement.
L’aîné plutôt que l’encombrant
Loin de vouloir s’imposer comme une figure intrusive, Samuel Eto’o revendique un rôle de mentor. « Je ne veux pas être quelqu’un d’encombrant. Je veux être un aîné qui a fait ce parcours, qui connaît les échecs, les victoires et qui peut être un bon conseiller pour les autres. »
Fort d’une carrière jalonnée de triomphes européens et de désillusions internationales, il estime avoir un vécu précieux à transmettre. « J’ai fait des erreurs quand je jouais, des erreurs que je ne souhaiterais pas que les autres commettent. »
Discipline et travail comme boussole
Au-delà des polémiques, le message d’Eto’o se veut fédérateur. Son ambition dépasse le simple cadre sportif. « À la fin de la journée, je souhaite juste que cette équipe ait les valeurs que nous voulons retrouver dans notre société : discipline – travail – discipline. »
La répétition n’est pas anodine. Pour le président de la Fécafoot, la discipline reste le socle sur lequel doivent reposer les succès futurs des Lions Indomptables.
Reste à savoir si cette ligne de conduite suffira à faire taire les critiques. Une chose est sûre : Samuel Eto’o n’entend ni se retirer du vestiaire, ni s’excuser d’assumer pleinement ses responsabilités.
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chronique d’un contentieux financier hérité du passé…

Alors que des voix s’élèvent pour imputer au top management de la Société nationale de raffinage (Sonara) la responsabilité de la sanction financière estimée à 42,8 milliards Fcfa qu’elle devra verser à Sahara Energy, une analyse chronologique rigoureuse de ce différend donne à voir les chiffres qui racontent une histoire plus nuancée que les slogans : environ 80 milliards Fcfa revendiqués, 42,8 milliards Fcfa reconnus, 37,2 milliards d’écart et surtout, une somme de 42,8 milliards qui reste à distinguer de tout paiement effectivement réalisé. Enquête !
De la fumée dans les pipes ! La nouvelle est dans l’ère du temps depuis quatre jours, et n’a pas fini de faire les gorges chaudes derrière les lambris dorés du Palais d’Etoudi et surtout dans les bureaux insonorisés de la Sonara dont les installations ont carbonisé depuis le 31 mai 2019. À l’heure où le gouvernement entend désormais s’activer à la reconstruction et la modernisation en profondeur, dans le cadre d’un projet évalué à 700 milliards de Fcfa, un coup dur et un uppercut financier viennent doucher cette dynamique : la Sonara a perdu son dernier recours judiciaire au Royaume-Uni. Conséquence, elle devra verser 42,8 milliards de Fcfa à la société nigériane Sahara Energy pour des cargaisons de pétrole non payées en totalité. À l’origine du contentieux entre le Cameroun et la société nigériane, on trouve des cargaisons de pétrole brut achetées à Sahara Energy entre 2013 et 2016. Un pétrole livré, consommé mais que la Sonara n’a pas entièrement payé.
La tête d’Harouna Bako mise à prix
On parle notamment des frais annexes, prévus dans le contrat signé par la Sonara, ce qu’on appelle les intérêts de financement et les pertes de change, dont le montant s’est envolé, parce qu’à l’époque l’entreprise nationale chargée de mettre à disposition sur le marché le butane, l’essence super, le jet, le pétrole lampant, le gasoil, le distillat et le fuel oil, a trop tardé à régler sa facture. De quoi susciter l’ire de certains experts financiers qui pointent sans coup férir un doigt accusateur sur le top management conduit par le Directeur général Harouna Bako et dont la tête est désormais mise à prix. Entre procès d’incompétence et mauvaise qualité de la trésorerie en passant par des incohérences dans la procédure et l’attentisme de la Sonara dans le règlement de ce différend, le DG en a pour son grade.
Toutefois, s’il est admis que cette condamnation constitue une onde de choc pour les finances publiques du Cameroun en ces temps de ramadan financier, il est tout aussi plausible de remarquer que derrière les quelque 42,8 milliards de Fcfa désormais reconnus au bénéfice de Sahara Energy, se trouve un contentieux commercial vieux de plus de dix ans, né des livraisons de pétrole brut effectuées entre 2013 et 2016. C’est-à-dire bien avant l’arrivée de l’équipe dirigeante actuelle. Surtout, « le résultat judiciaire est loin de correspondre à l’ensemble des prétentions financières formulées au cours de cette longue bataille », explique une source interne à la Sonara, réfutant toute accusation contre le top management qui a épuisé tous ses recours judiciaires face à la créance reconnue envers Sahara Energy.
Le différentiel qu’on refuse de dévoiler
À l’origine, les revendications financières de Sahara Energy se situaient autour de 80 milliards de Fcfa. Au terme des différentes étapes du dossier, ajoute-t-elle, « la somme reconnue au titre des créances finalement retenues est d’environ 76,97 millions de dollars, soit près de 42,8 milliards de Fcfa. L’écart est donc d’environ 37,2 milliards de Fcfa. Pour le management actuel de la Sonara, conduit par Harouna Bako, ce différentiel constitue un élément majeur à prendre en compte dans l’appréciation du traitement du dossier. Il ne s’agit pas d’une affaire créée par l’actuelle direction : Bako Harouna en a hérité et doit désormais gérer les conséquences d’un contentieux dont les origines remontent à 2013-2016 ».
La désillusion est d’autant plus importante pour Sahara Energy que toutes ses prétentions, apprend-on, n’ont pas été consacrées par la justice britannique. « La Cour d’appel a reconnu certaines créances, notamment les intérêts supplémentaires et les pertes de change, mais a rejeté la partie relative aux pénalités et frais bancaires. Sahara Energy a elle-même tenté de faire examiner cette question par la Cour suprême britannique, sans obtenir l’autorisation de poursuivre cette voie. Le dossier britannique ne peut donc pas être présenté comme une victoire financière intégrale de Sahara Energy : une partie substantielle de ses prétentions n’a pas été retenue », développe un expert financier proche du dossier.
Aux origines d’une créance
De son côté, la Sonara n’a certes pas obtenu l’annulation totale de la créance reconnue. Après la décision de la Cour d’appel du 6 février 2026, puis le refus, le 29 juin 2026, de la Cour suprême britannique d’autoriser un nouvel appel, la voie judiciaire britannique est désormais fermée sur ces questions. Mais là encore, parler de défaite totale de la Sonara serait réducteur. Sahara Energy n’obtient pas les quelque 80 milliards de Fcfa qu’elle revendiquait ; la Sonara, elle, reste confrontée à une créance d’environ 42,8 milliards de Fcfa. Les deux camps sont donc loin d’un scénario de victoire absolue.
C’est du moins l’argument que brandissent les experts pétroliers plaidant pour la Sonara. Eux qui invitent l’opinion publique très remontée contre le gap financier que l’affaire va coûter au Trésor, à éviter de verser dans une confusion fondamentale. En effet, soulignent-ils, « les 42,8 milliards de Fcfa ne signifient pas que cette somme a déjà été payée par la Sonara. Il s’agit du montant de la créance reconnue dans le cadre du contentieux. La question de son règlement effectif constitue une étape distincte. Le chiffre de 42,8 milliards ne doit donc pas être présenté comme un décaissement déjà réalisé ».
Bataille judiciaire perdue contre prétentions adverses rejetées
Sans doute un cinglant argument à la levée de boucliers contre l’équipe dirigeante de la Sonara dont le seul crime est d’avoir hérité d’un legs empoisonné, un passif à problèmes, si ce n’est un château de cartes. À la vérité, cette affaire révèle surtout le poids financier des contentieux hérités du passé. Charles Metouck et Jean Paul Njonou, anciens DG de la Sonara, ne sauraient le démentir. — Une demande d’environ 80 milliards de Fcfa, née d’opérations remontant à plus d’une décennie, aboutit aujourd’hui à une créance reconnue d’environ 42,8 milliards, tandis qu’une partie des prétentions supplémentaires de Sahara Energy a été écartée. 37,2 milliards de Fcfa séparent ainsi la revendication initiale du montant finalement reconnu —, se défend une source à la Sonara.
Après recoupements, Le Messager a appris que pour l’équipe actuelle de la Sonara, et particulièrement pour un manager au profil juridique de l’acabit d’Harouna Bako, « l’enjeu n’est pas de transformer ce dossier en récit triomphaliste, mais de démontrer comment un contentieux ancien peut être repris, défendu et contenu dans son impact financier ». Sahara Energy obtient une décision favorable sur une partie importante de ses demandes, mais n’obtient pas tout ce qu’elle réclamait. La Sonara perd une bataille judiciaire sur les créances reconnues, mais voit également une partie des prétentions adverses rejetée. À suivre !
Frank ESSOMBA / Le Messager
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