Actualités locales
le Cameroun confie 30 ans de gestion à AD Ports Group, pari stratégique ou risque majeur ?
Le Cameroun s’apprête à confier, pour une durée de 30 ans, la gestion d’une part majoritaire du Port autonome de Douala à AD ports group, une entreprise émiratie spécialisée dans les infrastructures portuaires et logistiques. Montant annoncé de l’opération : 73 millions de dollars.
Cette décision intervient alors que les autorités affirmaient, ces dernières années, avoir rétabli le contrôle national sur des infrastructures jugées stratégiques. D’où l’ampleur des réactions que suscite aujourd’hui cette concession.
Un point névralgique de l’économie nationale
Le port de Douala concentre environ 95 % du commerce extérieur camerounais. Il ne sert pas uniquement l’économie nationale : il constitue aussi un corridor vital pour des pays enclavés comme le Tchad ou la République centrafricaine.
Confier une telle infrastructure à un opérateur étranger ne relève donc pas d’un simple contrat commercial. Il s’agit d’un choix structurant qui touche à la sécurité économique, à la maîtrise des flux commerciaux et à la capacité de l’État à orienter sa politique industrielle.
Le principal argument avancé par les partisans de la concession repose sur la performance. Le temps moyen de séjour des marchandises au port de Douala avoisine 21 jours, soit trois fois plus que dans les ports les plus efficaces, où la moyenne est d’environ 7 jours. Cette lenteur pèse sur la compétitivité des entreprises locales, renchérit les coûts logistiques et alimente des circuits informels.
Dans ce contexte, l’arrivée d’un opérateur international expérimenté peut être perçue comme une tentative de modernisation accélérée.
Les précédents africains de AD ports group
L’entreprise émiratie citée dans le débat est active dans plusieurs pays africains. Son parcours sur le continent n’a pas toujours été linéaire.
À Djibouti, un différend majeur autour du terminal à conteneurs de Doraleh a conduit à une rupture entre l’État et l’opérateur, suivie d’une bataille arbitrale internationale. En Guinée, des tensions ont émergé autour d’engagements liés à la transformation locale des ressources minières. En Tanzanie, un projet d’accord portuaire a provoqué une vive contestation politique.
Chaque contexte national reste spécifique. Mais ces expériences rappellent qu’un contrat d’infrastructure stratégique mal encadré peut générer des contentieux longs et coûteux, voire fragiliser les équilibres institutionnels.
Le Cameroun est classé 39e sur 54 pays africains dans l’indice Ibrahim de la gouvernance. Sur l’indice de perception de la corruption de Transparency International, le pays figure au 142e rang mondial sur 180.
Ces indicateurs ne déterminent pas à eux seuls l’issue d’un partenariat. En revanche, ils influencent la capacité de l’État à négocier des clauses équilibrées, à contrôler l’exécution des engagements et à protéger ses intérêts en cas de litige.
Un contrat de 30 ans engage plusieurs générations. Il exige des garde-fous solides : mécanismes de révision périodique, obligations d’investissement claires, exigences de transfert de compétences, transparence financière, et possibilité réelle de sanction en cas de manquement.
Les enjeux économiques : efficacité contre dépendance
À court terme, une gestion plus performante pourrait :
- réduire les délais de dédouanement ;
- fluidifier les échanges régionaux ;
- accroître les recettes fiscales grâce à une meilleure traçabilité ;
- améliorer l’attractivité du Cameroun pour les investisseurs.
À moyen et long terme, le risque est d’ordre stratégique. Si le cœur logistique du pays échappe largement à la maîtrise publique, l’État peut perdre une partie de sa marge de manœuvre dans la fixation des tarifs, l’orientation des priorités commerciales ou la gestion des crises.
Dans un pays où les ports constituent des points d’étranglement essentiels, le contrôle des flux devient un levier de puissance économique. Externaliser ce levier sans encadrement strict revient à accepter une dépendance structurelle.
Une question de stratégie nationale
Depuis 2010, plusieurs grands contrats d’infrastructures ont été signés avec des partenaires du Golfe, avec des taux de réalisation souvent inférieurs aux attentes. La difficulté ne réside pas uniquement dans l’origine des investisseurs, mais dans la cohérence globale de la politique économique.
Le Cameroun doit arbitrer entre deux impératifs :
- moderniser rapidement des infrastructures vieillissantes ;
- préserver une autonomie décisionnelle sur ses outils stratégiques.
La réussite de cette concession dépendra moins du prestige de l’opérateur que de la solidité des clauses contractuelles, de la transparence du processus et de la capacité de l’État à défendre ses intérêts sur la durée.
Le port de Douala n’est pas qu’un quai et des conteneurs. C’est la porte d’entrée et de sortie de l’économie nationale. La manière dont ce partenariat sera structuré déterminera si le Cameroun gagne en efficacité tout en consolidant son autonomie, ou s’il accepte un transfert durable de pouvoir économique.
Dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel, ce choix engage bien plus qu’un contrat : il engage une vision.
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Actualités locales
les Lionnes indomptables sont en stage à Yaoundé

Les Lionnes indomptables ont débuté les entraînements le lundi 2 novembre 2026.
Depuis hier, 29 Lionnes indomptables sont regroupées au Centre technique de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). On remarque que les joueuses sont essentiellement des footballeuses locales. Selon notre source, la journaliste Priscille Messene, elles ont commencé par une mise au vert. Et la première journée d’entraînement s’est passée au stade militaire de Yaoundé.
On apprend de notre source qu’il est question en cette deuxième journée de mettre les Lionnes indomptables en opposition en interne pour évaluer les joueuses. Le match est prévu à 16 h 00 au stade militaire. La presse y est conviée.
Il est à rappeler que dans un peu plus d’un mois, se tiendra la CAF Awards 2026. On saura si les Lionnes indomptables seront parmi les élues. Michaély BIHINA est nominée dans la catégorie de meilleure gardienne de but de l’année. À côté d’elle, on a les deux Lionnes indomptables, Marie Gisèle Ngah Manga et Monique Ngock, qui figurent parmi les prétendantes au Ballon d’Or féminin.
On a aussi la Camerounaise Maéva Nyadjou, qui est nominée dans la catégorie Révélation de l’année. Il est à rappeler qu’elle a été révélée au grand public grâce à ses performances dans la Guinness Super League.

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Actualités locales
Titres du Trésor camerounais : les avoirs des investisseurs établis au Cameroun progressent de 132,8 milliards FCFA

(Investir au Cameroun) – Les titres du Trésor camerounais détenus par les investisseurs établis au Cameroun ont augmenté de 132,8 milliards de FCFA en septembre 2026, passant de 1 722,5 milliards à 1 855,3 milliards. Cette progression représente 94 % de la hausse mensuelle de leur portefeuille de titres publics des six États de la Cemac. Elle ressort de la comparaison des statistiques d’août et de septembre publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dont le dernier bulletin a été rendu public le 2 novembre 2026.
Cette évolution porte à 84,9 % la part des titres du Trésor camerounais détenue par des investisseurs établis dans le pays, contre 83,4 % fin août. Sur la même période, l’encours total des titres émis par le Cameroun, toutes localisations d’investisseurs confondues, a augmenté de 118,7 milliards de FCFA, pour atteindre 2 184,4 milliards. La progression des avoirs détenus localement dépasse ainsi celle de l’encours global. Les positions recensées hors du Cameroun, BEAC comprise, ont diminué de 14,1 milliards.
Dans le détail, les avoirs en bons du Trésor assimilables (BTA) camerounais sont passés de 509,7 milliards à 586,3 milliards de FCFA, soit une augmentation de 76,6 milliards. Les obligations du Trésor assimilables (OTA) détenues localement ont progressé de 56,1 milliards, passant de 1 212,8 milliards à 1 268,9 milliards de FCFA.
Les titres des autres États représentent encore les deux tiers du portefeuille
Au total, les investisseurs établis au Cameroun détenaient 5 536,5 milliards de FCFA de titres publics émis par les six États de la Cemac au 30 septembre, contre 5 395,2 milliards un mois auparavant. Leur part dans l’encours régional est passée de 50,1 % à 50,3 %, sur un marché totalisant 11 016,7 milliards de FCFA.
Sur ce portefeuille, les titres émis par les cinq autres États représentaient 3 681,2 milliards de FCFA, soit 66,5 % du total, contre 68,1 % fin août. Ces avoirs n’ont augmenté que de 8,5 milliards de FCFA en septembre, contre 132,8 milliards pour les titres camerounais.
Le Congo et le Gabon concentrent l’essentiel de ces placements dans la dette des autres États, avec respectivement 1 408,9 milliards et 1 293,3 milliards de FCFA. Les positions sur les titres congolais ont diminué de 10,3 milliards sur un mois, tandis que celles sur les titres gabonais ont reculé de 18,1 milliards. À l’inverse, les avoirs en titres du Tchad, de la Centrafrique et de la Guinée équatoriale ont augmenté.
Ces statistiques correspondent aux valeurs nominales des titres en circulation à la fin de chaque mois. Leur variation ne traduit pas nécessairement de nouveaux financements accordés aux États. Elle peut résulter d’émissions, de remboursements ou de transferts de titres entre détenteurs. La ventilation géographique publiée par la BEAC ne permet pas non plus d’identifier les établissements financiers à l’origine de ces mouvements ni la nationalité des bénéficiaires économiques des placements.
Baudouin Enama
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