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Jean Bruno Tagne : « l’enjeu de ce remaniement tourne autour d’un homme : Ferdinand Ngoh Ngoh »

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Jean Bruno Tagne : « l’enjeu de ce remaniement tourne autour d’un homme : Ferdinand Ngoh Ngoh »
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«Nommé secrétaire général de la présidence de la République en décembre 2011, il a longtemps été traité de haut, quasi méprisé par certains caciques du régime. Ceux-ci moquaient l’inexpérience de ce fonctionnaire parachuté à un poste trop grand pour lui alors qu’il n’avait même jamais occupé un poste de ministre avant. On ne lui donnait pas deux ans. Il en a fait quatorze. Un record absolu», clame le journaliste.

Lire ici son analyse :

Paul Biya et le gouvernement par énigme

Paul Biya avait annoncé un remaniement ministériel « dans les prochains jours » lors de son discours du 31 décembre dernier. Quinze jours après cette promesse, le fameux gouvernement n’est toujours pas connu et semble même renvoyé à la Saint-Glinglin. « Prochain », dans la bouche du président de la République, semble être un adjectif extensible à l’infini. Nul ne sait donc ni le jour ni l’heure.

Pendant ce temps, la classe politique retient son souffle. Ceux qui espèrent rejoindre la table du gouvernement trépignent d’impatience, tandis que ceux qui y sont déjà ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés. Tous ont la boule au ventre. L’anxiété est palpable. Cynique, Paul Biya semble s’en délecter.

En annonçant ce nouveau gouvernement « dans les prochains jours », le président de la République a surpris plus d’une personne. Il n’a pas pour habitude de prévenir. Il a toujours procédé selon son bon vouloir, quand cela lui semblait opportun, prenant de court y compris ses plus proches collaborateurs. Ses zélateurs appellent cela « le style Biya ». Comme si l’imprévisibilité était une vertu d’État.

Mais à bien y regarder, le président Biya serait dans l’embarras. En 43 ans de pouvoir, il a procédé à pas moins de 35 remaniements ministériels. Pourtant, celui qu’il a annoncé dans son discours du 31 décembre semble être le plus délicat de sa carrière politique et de son interminable règne à la tête du Cameroun.

L’enjeu de ce remaniement tourne autour d’un homme : Ferdinand Ngoh Ngoh.

Nommé secrétaire général de la présidence de la République en décembre 2011, il a longtemps été traité de haut, quasi méprisé par certains caciques du régime. Ceux-ci moquaient l’inexpérience de ce fonctionnaire parachuté à un poste trop grand pour lui alors qu’il n’avait même jamais occupé un poste de ministre avant. On ne lui donnait pas deux ans. Il en a fait quatorze. Un record absolu.

Au fil du temps, il s’est tissé un réseau solide et des alliés au sein du gouvernement, des renseignements, de l’armée, de la gendarmerie et à la tête d’importantes entreprises publiques, faisant de lui aujourd’hui un homme puissant et redouté. Il faut dire qu’à la différence de ses prédécesseurs, Ferdinand Ngoh Ngoh est arrivé à la présidence à un moment où Paul Biya est usé par l’âge et par le pouvoir absolu. Il lui a donc laissé des marges de manœuvre que peu avant lui ont eues.

Le président de la République se trouve aujourd’hui face à un casse-tête : doit-il écarter Ngoh Ngoh au risque de se mettre à dos une bonne partie de ses alliés, ou le maintenir en prenant le risque d’irriter ses vieux compagnons de route qui ne supportent pas le SG/PR ?

Qu’on se le dise très clairement : il ne faut pas se bercer d’illusions. Quand bien même le président Biya consentirait enfin à former le gouvernement annoncé, il n’y aura pas de grand chamboulement. On ne se découvre pas une âme de révolutionnaire à 93 ans. D’autant que les personnes de cet âge ont une aversion quasi sacrée pour le changement. Elles préfèrent le statu quo, la routine, le calme rassurant des choses qui ne bougent pas.

Et tant pis pour le pays qui sombre chaque jour sous nos yeux.

Jean-Bruno Tagne

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Lions Indomptables : le MINSEP lance les préparatifs des prochaines échéances

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Le ministère des Sports a réuni ce vendredi 18 septembre 2026 les administrations concernées par l’organisation des prochains rendez-vous des Lions Indomptables, notamment face aux […]

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Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État

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Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État
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Le dossier du complexe sportif d’Olembé continue de susciter des réactions au Cameroun. Dans une publication consacrée aux difficultés de la gestion publique, la femme politique Jeanne Nsoga défend une lecture fondée sur les contraintes auxquelles sont confrontés les décideurs et appelle à davantage de recul dans les critiques adressées aux responsables publics.

Pour Mme Nsoga, ancienne militante du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary, il existe un écart important entre le regard porté de l’extérieur et la réalité de la prise de décision. « De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique », écrit-elle, évoquant notamment les arbitrages budgétaires, les procédures administratives et la nécessité de préserver certains équilibres sociaux.

Elle prend notamment l’exemple du complexe sportif d’Olembé, dont le marché initial avait été confié à l’entreprise italienne Gruppo Piccini. Le projet, lancé dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations, reposait notamment sur des financements apportés par Intesa Sanpaolo et UBA. Le contrat avec Piccini a ensuite été résilié et la poursuite des travaux confiée à l’entreprise canadienne Magil Construction.

Lire la tribune de Jeanne Nsoga :

« Bonjour mes gens,

Tout le monde sait comment diriger une entreprise, sauf ceux qui la dirigent. Et tout le monde sait comment diriger un pays, sauf ceux qui le font.

Dans une entreprise comme dans un État, celui qui regarde de l’extérieur ne voit que le résultat final. Il ne voit pas la contrainte. Il ne voit pas les arbitrages budgétaires, les procédures, la nécessité de ménager les équilibres sociaux.

De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique. C’est pour cela que beaucoup de critiques brillants deviennent des gestionnaires moyens quand on leur confie les clés. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est la découverte de la complexité.

Le cas d’Olembe illustre bien cette différence entre le commentaire et la commande. En 2015, le projet de 163 milliards est financé par deux prêts, 138,5 milliards de la banque italienne Intesa Sanpaolo et 24,5 milliards d’UBA, et confié à l’italien Gruppo Piccini.

Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que c’était un prêt lié. Le prêteur impose son entreprise. Sans Piccini, pas de financement italien. De l’extérieur, on a critiqué le choix de l’entreprise comme si quelqu’un au Cameroun l’avait choisi par plaisir. À l’intérieur, on sait que c’était la condition pour avoir le prêt.

Quand Piccini accumule les retards à l’approche de la CAN, l’État résilie en 2019 et fait appel en urgence au canadien Magil, avec un nouveau prêt de 55 milliards. Magil encaissera 42 milliards sur ces 55 sans achever l’hôtel et le centre commercial, et le chantier finira en arbitrage à

Paris et Washington. Bilan : 218 milliards pour un complexe inachevé, quand la Côte d’Ivoire livre Ebimpe en 4 ans pour 143 milliards. (C’est l’exemple qu’on prend trop souvent et qui me fait sourire).

Les commentateurs ont dit qu’on a mal géré. Celui qui a géré sait qu’il a dû choisir entre perdre l’organisation de la CAN et décider vite. (On sait tous ce que le Cameroun a subi comme chantage sous les quolibets de notre diaspora matango qui avait cru voir en cela une occasion de positionner un politique inachevé en quête de pouvoir).

Ce phénomène de commentateur sabitou n’est pas exclusivement camerounais. En Grèce en 2015, Yanis Varoufakis était le critique le plus brillant de l’Europe. Théoricien redouté, il expliquait comment il fallait gérer la crise. Une fois nommé ministre des Finances, il a découvert la même contrainte : un prêt lié aux conditionnalités de la Troïka et un plafond de verre à Bruxelles et Berlin. En six mois, il a démissionné. Non par incompétence, mais parce que de l’intérieur, on ne gère pas une théorie, on gère des contraintes.

Le Cameroun évolue dans un système mondial qui n’a pas toujours intérêt à voir un pays africain stratégique aller vite. Plus que d’autres, le Cameroun est craint pour ses prises de position géostratégiques. Soumis encore au Franc CFA, il subit des « arbitrages orientés » qui lui sont défavorables, en plus des conditionnalités des bailleurs.

Il est au cœur du Golfe de Guinée, avec 400 km de côte, du pétrole, du gaz, et une position qui fait le lien entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Une telle position ne nous attire pas que des amitiés. Elle attire les convoitises, les ingérences et les jeux d’influence des grandes puissances. Chaque grande décision – un port, une route, un stade, un contrat minier – se prend donc sous le regard, et parfois la pression, d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à nous voir aller trop vite.

Quand je vous lis cracher sur votre pays pour les condamnations qu’il subit, je souris de voir autant de superficialité s’étaler, mais je le dis souvent, c’est de la faute de ceux qui vous ont formés en mystifiant le savoir. Pourtant on leur a dit qu’en transmettant le savoir, il faut en donner la clé de lecture.

Ce que le commentateur appelle lenteur est souvent le temps de la défense de la souveraineté. Quand à cela s’ajoutent le manque de civisme, le manque de patriotisme, l’illettrisme diplômé et la corruption, le pays est sous pression.

Critiquer est utile. Mais juger sans avoir porté la charge est TROP facile.

ATTERRISSONS ».

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Guinée : suspendue de diffusion, France 24 demande la «bienveillance» de Doumbouya

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Après un incident sur son antenne impliquant un qualificatif jugé inexact à l’égard du président guinéen Mamadi Doumbouya, France 24 présente ses excuses et sollicite […]

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