Actualités locales
Bourse de Douala : le Cameroun envisage un nouvel emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA en 2026

(Investir au Cameroun) – Au cours de l’année 2026, le gouvernement camerounais projette de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 150 milliards de FCFA à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), le marché financier unifié des pays de la Cemac – Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA – basé à Douala au Cameroun. L’information est contenue dans le calendrier prévisionnel des émissions de titres publics camerounais en 2026, élaboré par la direction générale du Trésor du ministère des Finances.
En effet, à côté des émissions de bons et obligations du Trésor assimilables (BTA et OTA) annoncées sur le marché des titres publics piloté par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), l’institut d’émission des pays de la Cemac, ce calendrier prévoit une émission d’obligations du Trésor (OT). Ces valeurs sont émises exclusivement sur le marché financier sous-régional (Bvmac), ou alors sur le marché international des capitaux. Le montant – 150 milliards de FCFA – de l’opération étant modeste pour solliciter le marché international, cette levée de fonds devrait à priori se faire à la bourse de Douala.
Mais pour l’instant, rien n’indique que ce projet d’appel public à l’épargne va se concrétiser, tout dépendant de la météo du marché. En 2024 par exemple, le calendrier prévisionnel des opérations de l’Etat sur les titres publics prévoyait un emprunt obligataire de 200 milliards de FCFA à la Bvmac au mois d’avril. Mais, face à la saturation du marché par les emprunts émis par d’autres Etats et institutions de la Cemac, qui avaient contribué à renchérir les taux d’intérêts, l’opération avait été annulée.
Le Cameroun, grand client de la Bvmac
Le gouvernement camerounais avait alors préféré une opération de 260 milliards de FCFA combinant rachat des titres et nouveaux emprunts sur le marché des titres de la BEAC, confie une source interne au ministère des Finances. À travers cette stratégie, le Cameroun avait pu, d’une part, obtenir de nouveaux financements sur le marché monétaire, et d’autre part, prolonger la date de remboursement de certains emprunts dont les échéances étaient proches, afin de réserver sa trésorerie à d’autres besoins.
Au demeurant, si l’Etat du Cameroun venait à concrétiser le projet d’un nouvel emprunt obligataire à la Bvmac en 2026, le pays sera rendu à sa 8è opération de ce type. La dernière remonte à l’année 2023. Initialement prévu pour un montant de 200 milliards de FCFA, l’appel public à l’épargne de 2023 avait été finalement ramené à 150 milliards de FCFA, en raison des conditions du marché jugées difficiles. Cette réalité conjoncturelle avait également amené le Cameroun à expérimenter, pour la première fois dans la zone Cemac, un emprunt à taux multiples. Une stratégie gagnante au final, dans la mesure où le Trésor camerounais avait fini par mobiliser une cagnotte de 176,7 milliards de FCFA, après la surallocation autorisée par le régulateur du marché financier sous-régional.
Bien qu’absent sur le marché financier unifié de la Cemac depuis sa dernière apparition en 2023, le Cameroun demeure parmi les principaux émetteurs souverains à la Bvmac. Le 27 février 2025 à Douala, au cours de la présentation aux investisseurs du plan de financement de l’Etat de l’année, le directeur de la trésorerie au ministère des Finances, Samuel Tela, avait révélé que le Trésor public a déjà mobilisé 8646 milliards de FCFA sur les marchés des capitaux depuis 2010. Sur cette enveloppe, 1206,2 milliards de FCFA ont été levés à la Bvmac, faisant du Cameroun le 2è émetteur souverain du marché derrière le Gabon.
Brice R. Mbodiam
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le cinéaste Bassek ba Kobhio entame son dernier voyage

La levée de corps du cinéaste camerounais Bassek ba Kobhio, délégué général du festival « Écrans Noirs » s’est déroulée ce 25 juin 2026 à Yaoundé. Famille, autorités et acteurs du monde culturel lui ont rendu un vibrant hommage.
Le Cameroun a entamé ce jeudi les obsèques de Bassek ba Kobhio, cinéaste de renom et promoteur du festival de cinéma africain « Écrans Noirs ». La levée de corps, organisée à l’Hôpital général de Yaoundé, a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des professionnels des arts et de la culture, ainsi que de nombreux proches et admirateurs.
Les intervenants ont salué la mémoire d’un homme considéré comme un bâtisseur et un acteur majeur du rayonnement culturel du Cameroun et de l’Afrique. Son engagement en faveur du cinéma africain et de la promotion des talents du continent a été unanimement souligné.
À l’issue de la cérémonie, la dépouille du défunt a été conduite au domicile familial pour un moment de méditation et de communion avec les proches. Les hommages se poursuivent avec un culte religieux et une veillée funèbre prévus à la paroisse Adna.
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12 sauvés par les pompiers

Ce sont les sapeurs pompiers du Centre de Suivi Opérationnel du 20ᵉ Groupement de Sapeurs-Pompiers, basé à Ngodi Akwa qui ont procédé au sauvetage des 12 sinistrés.
L’incendie s’était déclaré dans un immeuble à Nkoulouloun – Douala dans la nuit du 22 au 23 juin 2026, aux environs de 20h30.
Les sapeurs pompiers ont été en effet informés d’un feu au quartier Nkoulouloun, lieu-dit Ancienne SONEL. Rapidement transportés sur les lieux, les sapeurs pompiers de Ngodi ont été confrontés à un violent feu de magasin situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment R+3 à usage mixte, commerces et habitations avec plusieurs personnes bloquées dans les habitations.
L’action des sapeurs pompiers a consisté à procéder au sauvetage et à la mise en sécurité de 12 personnes. Les éléments du Centre de Suivi Opérationnel du 20ᵉ Groupement de Sapeurs-Pompiers, basé à Ngodi Akwa ont utilisé des échelles à coulisse et à crochets pour porter secours aux victimes.
Par ailleurs, indiquent les sapeurs pompiers, « le feu a été maîtrisé à l’aide de deux petites lances et d’une lance à mousse. »
Grâce à la prompte réaction des sapeurs pompiers, aucune perte en vie humaine n’a été déplorée. Cependant, les dégâts matériels sont importants.
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Blé : le Cameroun prépare un plan de 30,9 milliards FCFA pour structurer la filière locale

(Investir au Cameroun) – Le gouvernement camerounais veut franchir une nouvelle étape dans le développement d’une filière locale du blé. Réunis le 24 juin 2026 à Yaoundé, dans le cadre d’un atelier de concertation conduit par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), les acteurs de la filière ont examiné et validé un plan d’action triennal dont la mise en œuvre devrait démarrer en 2027. Le coût du programme est évalué à environ 30,9 milliards de FCFA, selon les informations rapportées à l’issue des travaux.
Ce nouveau plan vise à passer d’une logique essentiellement expérimentale à une phase de production plus structurée. Il repose sur trois axes : la production de semences certifiées, l’accompagnement des producteurs de blé marchand et la mise en place d’infrastructures de stockage, de transformation et de commercialisation. L’objectif est de créer une chaîne plus complète, de la semence jusqu’au marché, dans un pays encore très dépendant des importations pour l’approvisionnement de ses minoteries et des industries de la farine, du pain, des pâtes alimentaires et des biscuits.
Des semences locales pour viser 180 000 tonnes de blé
Selon les projections présentées lors de l’atelier, le programme nécessitera l’exploitation de 4 500 hectares destinés à produire environ 9 000 tonnes de semences certifiées. Ces volumes devraient ensuite permettre de soutenir une production commerciale estimée à 180 000 tonnes de blé sur la durée du plan.
Les activités seront concentrées dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Ouest et du Nord-Ouest, identifiées comme des bassins favorables à cette culture. Le dispositif prévoit notamment la mise à disposition d’intrants, de produits phytosanitaires et d’appuis techniques aux producteurs, avec l’objectif d’améliorer les rendements et de réduire les coûts de production.
Le plan s’appuie sur les acquis du Projet de production et de transformation du blé au Cameroun, mis en œuvre par l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) et doté d’une enveloppe d’environ 10 milliards de FCFA. Ces dernières années, les travaux de recherche ont permis de tester des variétés adaptées à plusieurs zones agroécologiques du pays et de relancer la production de semences de base, notamment sur le site de Wassandé, dans l’Adamaoua.
D’après Eddy Ngonkeu Mangaptche, conseiller technique n°2 au ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation, près de 600 tonnes de semences sont en cours de récolte. Ces volumes pourraient permettre d’emblaver environ 6 000 hectares, à condition que la chaîne de multiplication, de distribution et d’encadrement des producteurs soit effectivement opérationnelle.
Une réponse encore modeste face au poids des importations
L’enjeu dépasse la seule relance agricole. Le blé reste l’un des produits alimentaires les plus importés par le Cameroun. Sa facture pèse sur les réserves en devises et sur la balance commerciale, surtout dans un contexte où les cours internationaux ont été fortement perturbés ces dernières années par les tensions géopolitiques, les coûts logistiques et la volatilité des marchés céréaliers.
Le nouveau programme intervient alors que le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), lancé pour la période 2024-2026, arrive à son terme. Ce dispositif gouvernemental visait à réduire la dépendance du pays à plusieurs produits de grande consommation, dont le riz, le maïs, le blé, l’huile de palme, le poisson et le lait. Mais, dans le cas du blé, les résultats restent encore limités au regard du niveau des importations.
La principale difficulté sera de transformer les acquis de la recherche en production commerciale régulière. Le Cameroun devra non seulement produire suffisamment de semences certifiées, mais aussi convaincre les producteurs d’entrer dans la culture du blé, sécuriser les débouchés auprès des minoteries, garantir des prix incitatifs et maîtriser les contraintes techniques liées aux rendements, à l’eau, aux intrants, au stockage et à la qualité du grain.
Le plan de 30,9 milliards de FCFA apparaît donc comme une nouvelle tentative de concrétiser une ambition ancienne: réduire progressivement la dépendance du Cameroun aux importations de blé. Mais son succès dépendra de sa capacité à dépasser le stade des annonces et des parcelles pilotes pour faire émerger une filière économiquement viable, capable d’approvisionner durablement les industriels locaux.
À court terme, l’objectif de 180 000 tonnes ne suffira pas à couvrir les besoins nationaux. Il peut toutefois constituer un test décisif pour les politiques d’import-substitution. Si le programme parvient à organiser une chaîne crédible entre recherche, producteurs, transformateurs et marché, le blé local pourrait commencer à occuper une place réelle dans l’approvisionnement national. Dans le cas contraire, le Cameroun restera exposé à une facture d’importation structurellement élevée, malgré la multiplication des plans de relance.
Amina Malloum
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