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Rutile d’Akonolinga : la Sonamines lance un appel à partenaires pour relancer le projet après le retrait d’Eramet

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Rutile d’Akonolinga : la Sonamines lance un appel à partenaires pour relancer le projet après le retrait d’Eramet
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(Investir au Cameroun) – La Société nationale des mines (Sonamines), bras opérationnel de l’État du Cameroun dans le secteur des mines solides, a lancé le 9 janvier 2026 un appel international à manifestation d’intérêt. Objectif : présélectionner des partenaires technico-financiers afin de finaliser les travaux de recherche et de démarrer l’exploitation du gisement de rutile d’Akonolinga, dans la région du Centre. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 31 mars 2026 pour déposer leurs dossiers de candidature au siège de la Sonamines, à Yaoundé.

Initialement porté par le groupe minier français Eramet, le projet a été abandonné en octobre 2023 pour des raisons économiques et environnementales. Dans un communiqué publié le 26 octobre 2023, l’entreprise indique : « À la suite de quatre années de recherche au Cameroun sur le bloc rutilifère d’Akonolinga, Eramet a décidé en octobre 2023 de ne pas poursuivre le projet. Les études de faisabilité ont révélé que les rationnels économiques n’étaient pas atteints pour soutenir un projet industriel responsable et rentable ».

Selon l’opérateur, la faible teneur en rutile et la faible épaisseur du gisement — avec une production projetée de 35 000 tonnes par an sur seulement cinq ans — impliqueraient des investissements jugés « très élevés ». Eramet met aussi en avant les coûts liés à la gestion des eaux et des particules ultrafines susceptibles d’impacter l’environnement, un facteur qui alourdirait encore l’équation financière. L’arbitrage est résumé par Loïse Tamalgo, administrateur général d’Eramet Cameroun et délégué général du groupe en Afrique : « Aucun investisseur n’est prêt à injecter 180 millions d’euros (plus de 118 milliards de FCFA) dans un projet pour n’en gagner que 30 millions (moins de 20 milliards de FCFA) en cinq ou six ans ».

L’État veut reprendre la main via la Sonamines et relancer des études

Malgré les réserves du groupe français, l’État du Cameroun dit vouloir poursuivre le développement du projet à travers la Sonamines. Le directeur général de l’entreprise publique, Serge Hervé Boyogueno, entend notamment produire ses propres analyses, en s’appuyant sur de nouveaux partenaires. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en septembre 2024, il explique : « Selon Eramet, les études du gisement ont montré la présence très importante de particules ultrafines devant inéluctablement impacter dangereusement l’environnement et la biodiversité. Ce qui entraîne un risque environnemental qui ne peut être mitigé que par des investissements très importants, et qui rendent de ce fait le projet non rentable. Mais, comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit des standards de la société Eramet et du type d’exploitation choisi. Nous sommes conscients de tous cela, et c’est la raison pour laquelle avec les partenaires qui frappent à nos portes pour ce projet, nous allons mener également nos propres études. Reprendre le projet ne signifie pas forcément que vous allez y aller sans mener un certain nombre de travaux préalables. Après cette phase, nous allons pouvoir nous prononcer en connaissance de cause. Mais, toujours est-il que ce projet est intéressant pour nous ».

Concrètement, la Sonamines vise donc une reprise encadrée : attirer des partenaires, compléter la recherche, puis statuer sur les conditions d’une exploitation compatible avec les exigences environnementales et la rentabilité attendue.

BRM

Lire aussi:

30-10-2023 - Exploration du rutile d’Akonolinga : pourquoi le Français Eramet abandonne le projet, après 4 ans de recherche

20-09-2024 - Serge Hervé BOYOGUENO: « la Sonamines peaufine en ce moment sa stratégie, pour reprendre le projet » de rutile d’Akonolinga

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Universités d’État : le gouvernement débloque plus de 6,6 milliards de FCFA pour les enseignants-chercheurs

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Le ministère de l’Enseignement supérieur annonce de nouveaux paiements en faveur des enseignants-chercheurs et fait le point sur l’apurement de la dette académique des universités […]

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Lions Indomptables : le MINSEP lance les préparatifs des prochaines échéances

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Le ministère des Sports a réuni ce vendredi 18 septembre 2026 les administrations concernées par l’organisation des prochains rendez-vous des Lions Indomptables, notamment face aux […]

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Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État

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Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État
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Le dossier du complexe sportif d’Olembé continue de susciter des réactions au Cameroun. Dans une publication consacrée aux difficultés de la gestion publique, la femme politique Jeanne Nsoga défend une lecture fondée sur les contraintes auxquelles sont confrontés les décideurs et appelle à davantage de recul dans les critiques adressées aux responsables publics.

Pour Mme Nsoga, ancienne militante du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary, il existe un écart important entre le regard porté de l’extérieur et la réalité de la prise de décision. « De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique », écrit-elle, évoquant notamment les arbitrages budgétaires, les procédures administratives et la nécessité de préserver certains équilibres sociaux.

Elle prend notamment l’exemple du complexe sportif d’Olembé, dont le marché initial avait été confié à l’entreprise italienne Gruppo Piccini. Le projet, lancé dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations, reposait notamment sur des financements apportés par Intesa Sanpaolo et UBA. Le contrat avec Piccini a ensuite été résilié et la poursuite des travaux confiée à l’entreprise canadienne Magil Construction.

Lire la tribune de Jeanne Nsoga :

« Bonjour mes gens,

Tout le monde sait comment diriger une entreprise, sauf ceux qui la dirigent. Et tout le monde sait comment diriger un pays, sauf ceux qui le font.

Dans une entreprise comme dans un État, celui qui regarde de l’extérieur ne voit que le résultat final. Il ne voit pas la contrainte. Il ne voit pas les arbitrages budgétaires, les procédures, la nécessité de ménager les équilibres sociaux.

De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique. C’est pour cela que beaucoup de critiques brillants deviennent des gestionnaires moyens quand on leur confie les clés. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est la découverte de la complexité.

Le cas d’Olembe illustre bien cette différence entre le commentaire et la commande. En 2015, le projet de 163 milliards est financé par deux prêts, 138,5 milliards de la banque italienne Intesa Sanpaolo et 24,5 milliards d’UBA, et confié à l’italien Gruppo Piccini.

Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que c’était un prêt lié. Le prêteur impose son entreprise. Sans Piccini, pas de financement italien. De l’extérieur, on a critiqué le choix de l’entreprise comme si quelqu’un au Cameroun l’avait choisi par plaisir. À l’intérieur, on sait que c’était la condition pour avoir le prêt.

Quand Piccini accumule les retards à l’approche de la CAN, l’État résilie en 2019 et fait appel en urgence au canadien Magil, avec un nouveau prêt de 55 milliards. Magil encaissera 42 milliards sur ces 55 sans achever l’hôtel et le centre commercial, et le chantier finira en arbitrage à

Paris et Washington. Bilan : 218 milliards pour un complexe inachevé, quand la Côte d’Ivoire livre Ebimpe en 4 ans pour 143 milliards. (C’est l’exemple qu’on prend trop souvent et qui me fait sourire).

Les commentateurs ont dit qu’on a mal géré. Celui qui a géré sait qu’il a dû choisir entre perdre l’organisation de la CAN et décider vite. (On sait tous ce que le Cameroun a subi comme chantage sous les quolibets de notre diaspora matango qui avait cru voir en cela une occasion de positionner un politique inachevé en quête de pouvoir).

Ce phénomène de commentateur sabitou n’est pas exclusivement camerounais. En Grèce en 2015, Yanis Varoufakis était le critique le plus brillant de l’Europe. Théoricien redouté, il expliquait comment il fallait gérer la crise. Une fois nommé ministre des Finances, il a découvert la même contrainte : un prêt lié aux conditionnalités de la Troïka et un plafond de verre à Bruxelles et Berlin. En six mois, il a démissionné. Non par incompétence, mais parce que de l’intérieur, on ne gère pas une théorie, on gère des contraintes.

Le Cameroun évolue dans un système mondial qui n’a pas toujours intérêt à voir un pays africain stratégique aller vite. Plus que d’autres, le Cameroun est craint pour ses prises de position géostratégiques. Soumis encore au Franc CFA, il subit des « arbitrages orientés » qui lui sont défavorables, en plus des conditionnalités des bailleurs.

Il est au cœur du Golfe de Guinée, avec 400 km de côte, du pétrole, du gaz, et une position qui fait le lien entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Une telle position ne nous attire pas que des amitiés. Elle attire les convoitises, les ingérences et les jeux d’influence des grandes puissances. Chaque grande décision – un port, une route, un stade, un contrat minier – se prend donc sous le regard, et parfois la pression, d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à nous voir aller trop vite.

Quand je vous lis cracher sur votre pays pour les condamnations qu’il subit, je souris de voir autant de superficialité s’étaler, mais je le dis souvent, c’est de la faute de ceux qui vous ont formés en mystifiant le savoir. Pourtant on leur a dit qu’en transmettant le savoir, il faut en donner la clé de lecture.

Ce que le commentateur appelle lenteur est souvent le temps de la défense de la souveraineté. Quand à cela s’ajoutent le manque de civisme, le manque de patriotisme, l’illettrisme diplômé et la corruption, le pays est sous pression.

Critiquer est utile. Mais juger sans avoir porté la charge est TROP facile.

ATTERRISSONS ».

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