Actualités locales
l’Assemblée régionale lance son nouveau mandat sous le signe de l’unité et du développement
Les membres nouvellement élus du Conseil exécutif de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest se sont engagés à servir l’intérêt de l’ensemble de la région sans discrimination.
Ils ont prêté serment lors d’une cérémonie d’assermentation à Bamenda, qui s’est tenue à la Cour d’appel du Nord-Ouest le mercredi 7 janvier 2026.
La cérémonie solennelle a été conduite conjointement par la présidente de la Cour d’appel du Nord-Ouest, la juge en chef Nyajro Anna Povi, et le procureur général de la région, le juge en chef Njie Albert.
Étaient présents à cet événement des autorités telles que le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique ; le conciliateur public indépendant, Tamfu Simon Fai ; de hauts responsables de la sécurité, des délégués régionaux et d’autres personnalités.
Les nouveaux membres du bureau exécutif de l’Assemblée régionale, qui ont prêté serment pour le prochain mandat, étaient le président, le professeur Fru Angwafo III, le vice-président, Fon Nfor Amidu Nji, le commissaire chargé du développement économique, Ghejung Awunti, la commissaire chargée de la santé et du développement social, Fondufe Lydia, le commissaire chargé de l’éducation, des sports et du développement culturel, Anyambot Emmanuel, le secrétaire I, Mvo Zenobia, le secrétaire II, Fon Zofoa Abubaka, et le juge, Waindim Jude.
Lors de la cérémonie, le juge Njie Albert a exhorté les membres du bureau exécutif à améliorer le quotidien de la population, alors qu’ils entament leur mandat de cinq ans.
Le procureur général leur a également rappelé que leur serment devait rester gravé dans leur mémoire, tandis qu’ils serviraient la population avec diligence.
Il a ajouté qu’ils rencontreraient des obstacles, mais qu’ils devaient faire preuve de résilience et rester engagés dans leur mission, d’autant plus que la région est toujours confrontée à un conflit sociopolitique persistant.
Le professeur Fru Angwafo se dit prêt à relever le défi
Après sa prestation de serment, le président de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest, le professeur Fru Angwafo III, qui entame son second mandat, a assuré que son équipe et lui-même étaient prêts à servir la population, malgré les difficultés à venir.
Le professeur Fru a souligné que ce second mandat serait davantage axé sur les projets communautaires et l’autonomisation des jeunes dans le cadre de la transformation numérique.
« Nous voulons faire savoir à la population que nous avons mis à profit les cinq premières années pour comprendre les enjeux du développement de la région. Cette fois-ci, nous souhaitons travailler avec tous afin d’approfondir le dialogue et les projets communautaires, et surtout pour permettre aux jeunes de s’intégrer pleinement à l’économie numérique, tant au niveau national qu’international », a déclaré le professeur Fru.
Élu le 30 novembre 2025, l’exécutif de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest comprend quatre anciens membres et quatre nouveaux.
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Actualités locales
Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État

Le dossier du complexe sportif d’Olembé continue de susciter des réactions au Cameroun. Dans une publication consacrée aux difficultés de la gestion publique, la femme politique Jeanne Nsoga défend une lecture fondée sur les contraintes auxquelles sont confrontés les décideurs et appelle à davantage de recul dans les critiques adressées aux responsables publics.
Pour Mme Nsoga, ancienne militante du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary, il existe un écart important entre le regard porté de l’extérieur et la réalité de la prise de décision. « De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique », écrit-elle, évoquant notamment les arbitrages budgétaires, les procédures administratives et la nécessité de préserver certains équilibres sociaux.
Elle prend notamment l’exemple du complexe sportif d’Olembé, dont le marché initial avait été confié à l’entreprise italienne Gruppo Piccini. Le projet, lancé dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations, reposait notamment sur des financements apportés par Intesa Sanpaolo et UBA. Le contrat avec Piccini a ensuite été résilié et la poursuite des travaux confiée à l’entreprise canadienne Magil Construction.
Lire la tribune de Jeanne Nsoga :
« Bonjour mes gens,
Tout le monde sait comment diriger une entreprise, sauf ceux qui la dirigent. Et tout le monde sait comment diriger un pays, sauf ceux qui le font.
Dans une entreprise comme dans un État, celui qui regarde de l’extérieur ne voit que le résultat final. Il ne voit pas la contrainte. Il ne voit pas les arbitrages budgétaires, les procédures, la nécessité de ménager les équilibres sociaux.
De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique. C’est pour cela que beaucoup de critiques brillants deviennent des gestionnaires moyens quand on leur confie les clés. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est la découverte de la complexité.
Le cas d’Olembe illustre bien cette différence entre le commentaire et la commande. En 2015, le projet de 163 milliards est financé par deux prêts, 138,5 milliards de la banque italienne Intesa Sanpaolo et 24,5 milliards d’UBA, et confié à l’italien Gruppo Piccini.
Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que c’était un prêt lié. Le prêteur impose son entreprise. Sans Piccini, pas de financement italien. De l’extérieur, on a critiqué le choix de l’entreprise comme si quelqu’un au Cameroun l’avait choisi par plaisir. À l’intérieur, on sait que c’était la condition pour avoir le prêt.
Quand Piccini accumule les retards à l’approche de la CAN, l’État résilie en 2019 et fait appel en urgence au canadien Magil, avec un nouveau prêt de 55 milliards. Magil encaissera 42 milliards sur ces 55 sans achever l’hôtel et le centre commercial, et le chantier finira en arbitrage à
Paris et Washington. Bilan : 218 milliards pour un complexe inachevé, quand la Côte d’Ivoire livre Ebimpe en 4 ans pour 143 milliards. (C’est l’exemple qu’on prend trop souvent et qui me fait sourire).
Les commentateurs ont dit qu’on a mal géré. Celui qui a géré sait qu’il a dû choisir entre perdre l’organisation de la CAN et décider vite. (On sait tous ce que le Cameroun a subi comme chantage sous les quolibets de notre diaspora matango qui avait cru voir en cela une occasion de positionner un politique inachevé en quête de pouvoir).
Ce phénomène de commentateur sabitou n’est pas exclusivement camerounais. En Grèce en 2015, Yanis Varoufakis était le critique le plus brillant de l’Europe. Théoricien redouté, il expliquait comment il fallait gérer la crise. Une fois nommé ministre des Finances, il a découvert la même contrainte : un prêt lié aux conditionnalités de la Troïka et un plafond de verre à Bruxelles et Berlin. En six mois, il a démissionné. Non par incompétence, mais parce que de l’intérieur, on ne gère pas une théorie, on gère des contraintes.
Le Cameroun évolue dans un système mondial qui n’a pas toujours intérêt à voir un pays africain stratégique aller vite. Plus que d’autres, le Cameroun est craint pour ses prises de position géostratégiques. Soumis encore au Franc CFA, il subit des « arbitrages orientés » qui lui sont défavorables, en plus des conditionnalités des bailleurs.
Il est au cœur du Golfe de Guinée, avec 400 km de côte, du pétrole, du gaz, et une position qui fait le lien entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Une telle position ne nous attire pas que des amitiés. Elle attire les convoitises, les ingérences et les jeux d’influence des grandes puissances. Chaque grande décision – un port, une route, un stade, un contrat minier – se prend donc sous le regard, et parfois la pression, d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à nous voir aller trop vite.
Quand je vous lis cracher sur votre pays pour les condamnations qu’il subit, je souris de voir autant de superficialité s’étaler, mais je le dis souvent, c’est de la faute de ceux qui vous ont formés en mystifiant le savoir. Pourtant on leur a dit qu’en transmettant le savoir, il faut en donner la clé de lecture.
Ce que le commentateur appelle lenteur est souvent le temps de la défense de la souveraineté. Quand à cela s’ajoutent le manque de civisme, le manque de patriotisme, l’illettrisme diplômé et la corruption, le pays est sous pression.
Critiquer est utile. Mais juger sans avoir porté la charge est TROP facile.
ATTERRISSONS ».
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