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Sonara : le Conseil d’administration arrête à 291,9 milliards FCFA le budget du plan de réhabilitation

(Investir au Cameroun) – Le Plan d’Accélération des mesures de Restructuration et de Réhabilitation pour la reprise du raffinage sous 24 mois (Parras 24) voit son enveloppe légèrement revue à la baisse. Alors que le coût du projet avait été évalué à 300 milliards FCFA, le Conseil d’administration de la Sonara a adopté un budget de 291,9 milliards FCFA, soit une réduction d’environ 8 milliards FCFA par rapport au montant initialement annoncé par le gouvernement. La décision a été entérinée lors de la 140e session du Conseil d’administration, tenue le 23 décembre 2025 à Yaoundé, sous la présidence du Dr Ndoh Bertha née Bakata.
Le montant de 300 milliards FCFA avait été rendu public par le Premier ministre, Joseph Dion Nguté, le 26 novembre 2025, lors de la présentation devant l’Assemblée nationale du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour l’exercice 2026. Issu d’une étude de faisabilité détaillée réalisée par la société française Axens, ce chiffrage marquait déjà une hausse notable par rapport aux 250 milliards FCFA initialement évoqués par les pouvoirs publics, sans que les raisons précises de cette augmentation de près de 20 % ne soient alors détaillées.
Le coût actuel de Parras 24 reste néanmoins nettement supérieur aux premières évaluations réalisées entre 2020 et 2021, comprises entre 111 et 278 milliards FCFA. L’écart est attribué à plusieurs facteurs : l’actualisation des prix sur plus de cinq ans, l’élargissement du périmètre des travaux — incluant la réhabilitation des unités 15, 255 et 225, la remise à niveau de certains bacs de stockage — ainsi que la mise en place d’une stratégie d’alimentation électrique. Cette dernière est présentée comme indispensable à l’achèvement de la première phase du projet de modernisation « Sonara 2010 », en cours au moment du sinistre de 2019.
Des diagnostics techniques plus favorables
Cette révision à la baisse pourrait s’expliquer par les résultats des diagnostics techniques menés sur les installations, tels que rendus publics par l’entreprise. Il en ressort qu’au moins 75 % des équipements situés dans la zone sinistrée sont réutilisables ; 8 % doivent être démantelés ou mis au rebut ; 17 % sont potentiellement récupérables, sous réserve d’inspections techniques approfondies. Les équipements des zones non sinistrées sont, pour leur part, jugés globalement dans un état acceptable. Ces conclusions ont sans doute permis d’optimiser le périmètre des travaux et d’ajuster les coûts.
Six ans après l’incendie ayant entraîné l’arrêt de l’unique raffinerie du pays, l’État camerounais a arrêté une trajectoire de relance de la Société nationale de raffinage, avec un objectif de doublement de capacité, de 3,5 à 7 millions de tonnes de brut par an. La première phase, programmée entre janvier 2026 et décembre 2027, constitue le cœur du plan Parras 24 : elle vise le retour de la raffinerie à sa configuration opérationnelle de mai 2019. L’audit conduit par Ekium conclut qu’une part significative des équipements endommagés demeure récupérable.
Amina Malloum
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Coopération : Washington privilégie les projets offrant des débouchés aux entreprises américaines au Cameroun

(Investir au Cameroun) – Washington privilégie au Cameroun les projets prêts à démarrer, associant une entreprise américaine et offrant à celle-ci des débouchés directs. Sophia Lalani, conseillère principale auprès de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, l’a expliqué le 22 octobre 2026 à Douala devant la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham), selon le compte rendu de la chambre.
Selon l’AmCham, Lalani a expliqué que les réformes de gouvernance soutenues de longue date par Washington avaient davantage profité aux entreprises d’autres pays qu’aux entreprises américaines.
Cette politique prolonge la doctrine « Trade, not aid » (« Le commerce plutôt que l’aide »), présentée le 14 mai 2025 à Abidjan par Troy Fitrell, alors responsable des affaires africaines au département d’État de Donald Trump. Objectif : accroître les exportations et investissements américains en Afrique. Selon Fitrell, les ambassadeurs sont évalués sur la défense des entreprises américaines et les contrats conclus, la diplomatie commerciale devenant prioritaire. Washington veut lever, avec les États africains, les obstacles réglementaires aux marchés publics et investissements signalés par le secteur privé.
Près de 4 000 milliards de FCFA d’opportunités
Le premier Dialogue économique et commercial bilatéral, tenu le 27 août 2026 à Yaoundé, a recensé environ 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de FCFA) d’opportunités. Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, et Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe américaine aux affaires africaines, ont coprésidé la rencontre. Selon le ministère, neuf entreprises américaines y ont exprimé des intentions de financement : barrage de Grand Eweng (3,5 milliards de dollars), aéroport moderne à Douala (2 milliards), minerais critiques et infrastructures numériques.
Ces montants ne sont pas des investissements réalisés. Études, financements et accords restent, selon les projets, à finaliser. Les deux pays ont convenu d’échanger sur la fiscalité, les infrastructures logistiques et la réglementation minière avant un nouveau dialogue prévu aux États-Unis en 2027.
Santé : l’aide doit aussi ouvrir des marchés aux fournisseurs américains
Dans « America First Global Health Strategy » (septembre 2025), le département d’État veut utiliser l’aide sanitaire pour ouvrir des marchés aux produits et technologies américains. Pendant l’exercice budgétaire 2024, Washington a acheté plus de 120 millions de dollars de tests diagnostiques à des entreprises américaines, dont Abbott, Cepheid et Hologic. Ce chiffre est mondial, non camerounais. La stratégie favorise les partenariats entre fabricants et laboratoires publics ou privés des pays aidés.
À Douala, selon l’AmCham, un groupe pharmaceutique a présenté un modèle associant équipements de diagnostic, contrats de service avec les ministères de la Santé, formation du personnel et transport des échantillons. Ces plateformes servent notamment au dépistage du VIH, de la tuberculose, des hépatites et du cancer du col de l’utérus. Ce modèle fonctionnerait déjà dans plusieurs pays africains avec l’appui du PEPFAR et du Fonds mondial.
Ce partenariat reste à négocier au Cameroun. L’AmCham envisage des échanges avec les équipes locales du PEPFAR et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Aucun financement, contrat ou calendrier de déploiement n’a été précisé.
La priorité commerciale n’exclut pas les dons. Le 1er octobre 2026, les deux pays ont signé un accord de don relatif aux objectifs stratégiques de leur coopération sanitaire jusqu’en 2030. Selon le ministère de l’Économie, près de 510 milliards de FCFA pourraient être mobilisés de 2026 à 2030 : environ 240 milliards de contribution américaine et jusqu’à 270 milliards de ressources camerounaises. Il vise les laboratoires, la surveillance épidémiologique et l’approvisionnement pharmaceutique, sans financement établi pour le projet présenté à l’AmCham.
Fiscalité, formalités et visas : les obstacles
Le 22 octobre, des participants ont évalué à 15 000-20 000 dollars l’installation d’un investisseur étranger, sans détailler les coûts. Ils ont aussi signalé les déclarations trimestrielles obligatoires, même sans activité, et des lois difficiles à appliquer faute de textes réglementaires. Le guide du département américain du Commerce (10 avril 2026) cite, au Cameroun, fiscalité complexe, lenteurs administratives, marchés publics difficiles d’accès et retards de paiement de l’État.
Les difficultés d’obtention de visas américains ont été soulevées ; l’ambassade a rappelé les règles migratoires américaines. L’AmCham recommande une expertise locale dès la préparation des projets. Restent à définir pour le projet pharmaceutique : partenaires publics, contrats, financement des équipements et organisation des diagnostics.
Ludovic Amara
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