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The Okwelians mise sur Olivia Nloga, ex-stratège chez Meta, pour verrouiller la crédibilité du Summit 2027

(Investir au Cameroun) – The Okwelians sort l’artillerie des profils. Dans un communiqué daté du 22 décembre 2025, The Okwelians annonce la nomination d’Olivia Nloga comme coordinatrice du Comité de préfiguration du The Okwelians Summit 2027, programmé les 17, 18 et 19 mars 2027. L’organisation dit vouloir « consolider les bases d’un sommet encore plus ambitieux » et en faire « un événement de référence sur la scène internationale », destiné à « renforcer l’influence du Cameroun ».
Au-delà de cette rhétorique attendue (ambition, internationalisation, influence), la décision raconte autre chose : The Okwelians semble chercher à rendre sa crédibilité institutionnelle — visible, mesurable, défendable — plutôt que de la laisser reposer sur un récit promotionnel.
Dans un paysage où les forums se multiplient et se ressemblent parfois, l’avantage compétitif se déplace. Il ne tient plus seulement aux “grands noms” annoncés, mais à la capacité à livrer : une méthode, une ligne éditoriale, des chiffres traçables, des documents publics, et un suivi dans le temps. La crédibilité devient ici une condition d’existence, pas un supplément.
Un Think Do Tank qui veut sortir du “coup”
Fondé en 2020 pour promouvoir « une culture de l’innovation sociale au service de la transformation durable du Cameroun », The Okwelians entend visiblement sortir du registre du “coup”. Fort d’une communauté de « plus de 3 200 Camerounaises et Camerounais répartis sur quatre continents », l’enjeu n’est pas seulement de réunir, mais de prouver la capacité à installer un rendez-vous au-delà d’un pic de visibilité.
C’est précisément la mission d’un Comité de préfiguration : poser une ligne, fixer une méthode, bâtir une coalition, verrouiller un calendrier, structurer des partenariats, organiser la production de contenus. L’objectif implicite est clair : construire l’ossature avant la vitrine, et transformer un événement en plateforme.
Pourquoi Olivia Nloga ? Le pari “affaires publiques”
Le choix d’Olivia Nloga infléchit la lecture de l’annonce. The Okwelians met en avant « plus de 15 ans d’expérience » en communication politique, gestion de crise et stratégie d’influence internationale. Ces mots-clés traduisent un basculement : les sommets africains ne sont plus seulement des espaces de débat, mais aussi des lieux de réputation, d’accès et de négociation.
Le communiqué évoque un parcours dans l’industrie de la communication — notamment chez Ogilvy — et au sein du « géant Meta ». Il cite également la création de 503 & Associates, cabinet présenté comme accompagnant des gouvernements dans leur stratégie de rayonnement international.
Son CV, consulté par Investir au Cameroun, souligne aussi une proximité avec des cercles politiques : un passage au Parlement français auprès du député Yann Galut (2013–2016), puis une séquence chez WPP, où elle mentionne des missions de conseil en lien avec la présidence gabonaise sous Ali Bongo. Un itinéraire cohérent avec un sommet qui veut “jouer” sur le terrain de l’influence.
Ce type de trajectoire répond à une mécanique opérationnelle : structurer un récit, tenir une coalition hétérogène, protéger une réputation, absorber les chocs. Autant de moments où un sommet peut basculer — controverse, invité sensible, partenariat contesté, promesse mal tenue — et où la crédibilité se mesure à la capacité d’anticipation autant qu’à la qualité d’exécution.
Le précédent de Yaoundé : visibilité, chiffres… et livrables
The Okwelians ancre cette séquence dans un précédent : la première édition du summit à Yaoundé, du 19 au 21 mars 2025. L’organisation affirme y avoir réuni « plus de 300 participants de plus de 20 nationalités », issus du secteur public, du secteur privé, de la société civile et des partenaires au développement.
Ces chiffres matérialisent une capacité de mobilisation. Mais l’organisation insiste surtout sur ce qui doit prolonger l’événement : un « document cadre, le Livre Vert », formulant des recommandations pour « actualiser et accélérer la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 ».
C’est là que se joue le test. Dans un marché saturé d’événements, la crédibilité se construit moins dans la salle que dans les documents, les suites et les mécanismes. Elle se construit dans la capacité à publier — et à être jugé sur des faits : métriques clarifiées, définitions stabilisées, productions accessibles, suivi lisible.
Préfigurer, c’est gouverner : la zone de vérité
Le communiqué indique que la mission vise à « consolider les bases d’un sommet encore plus ambitieux ». Mais dans l’économie des sommets, l’ambition ne se résume pas à une formule : c’est un système de règles, d’arbitrages et de transparence.
Qui arbitre les thèmes sensibles ? Qui décide des formats fermés ? Quels critères pour choisir les intervenants et les invités ? Où s’arrête l’influence des partenaires financiers ? Quels mécanismes contre les conflits d’intérêts ? Quelle traçabilité des décisions ? Ces questions déterminent si un sommet produit une valeur intellectuelle durable ou une simple vitrine, et s’il peut tenir dans la comparaison internationale.
L’arrivée d’une experte en gestion de crise et affaires publiques peut accélérer l’exécution et verrouiller la cohérence de la communication. Elle renforce aussi l’exigence de garde-fous, parce qu’elle opère sur un terrain sensible : celui de l’influence. La compétence peut consolider le cadre ; elle oblige, en miroir, à formaliser des lignes rouges.
Du “visible” au “solide”
En nommant Olivia Nloga dès maintenant, The Okwelians mise sur l’anticipation : préfigurer tôt pour ne pas subir, construire avant d’annoncer, éviter le cycle classique mobilisation — sommet — communiqué de clôture — silence. Le pari affiché est de faire basculer le Summit 2027 du registre du “visible” vers celui du “solide”.
Non pas seulement un événement “réussi”, mais un événement défendable sur ses fondamentaux : chiffres, livrables, gouvernance, méthode, suivi. The Okwelians dit vouloir un rendez-vous de référence ; une référence ne s’annonce pas, elle s’établit. Même logique pour la crédibilité : elle ne se décrète pas, elle se documente.
Ludovic Amara
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Jeanne Nsoga répond aux critiques et défend la complexité de la gestion de l’État

Le dossier du complexe sportif d’Olembé continue de susciter des réactions au Cameroun. Dans une publication consacrée aux difficultés de la gestion publique, la femme politique Jeanne Nsoga défend une lecture fondée sur les contraintes auxquelles sont confrontés les décideurs et appelle à davantage de recul dans les critiques adressées aux responsables publics.
Pour Mme Nsoga, ancienne militante du FSNC d’Issa Tchiroma Bakary, il existe un écart important entre le regard porté de l’extérieur et la réalité de la prise de décision. « De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique », écrit-elle, évoquant notamment les arbitrages budgétaires, les procédures administratives et la nécessité de préserver certains équilibres sociaux.
Elle prend notamment l’exemple du complexe sportif d’Olembé, dont le marché initial avait été confié à l’entreprise italienne Gruppo Piccini. Le projet, lancé dans la perspective de la Coupe d’Afrique des nations, reposait notamment sur des financements apportés par Intesa Sanpaolo et UBA. Le contrat avec Piccini a ensuite été résilié et la poursuite des travaux confiée à l’entreprise canadienne Magil Construction.
Lire la tribune de Jeanne Nsoga :
« Bonjour mes gens,
Tout le monde sait comment diriger une entreprise, sauf ceux qui la dirigent. Et tout le monde sait comment diriger un pays, sauf ceux qui le font.
Dans une entreprise comme dans un État, celui qui regarde de l’extérieur ne voit que le résultat final. Il ne voit pas la contrainte. Il ne voit pas les arbitrages budgétaires, les procédures, la nécessité de ménager les équilibres sociaux.
De l’extérieur, tout paraît simple. De l’intérieur, tout est systémique. C’est pour cela que beaucoup de critiques brillants deviennent des gestionnaires moyens quand on leur confie les clés. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est la découverte de la complexité.
Le cas d’Olembe illustre bien cette différence entre le commentaire et la commande. En 2015, le projet de 163 milliards est financé par deux prêts, 138,5 milliards de la banque italienne Intesa Sanpaolo et 24,5 milliards d’UBA, et confié à l’italien Gruppo Piccini.
Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que c’était un prêt lié. Le prêteur impose son entreprise. Sans Piccini, pas de financement italien. De l’extérieur, on a critiqué le choix de l’entreprise comme si quelqu’un au Cameroun l’avait choisi par plaisir. À l’intérieur, on sait que c’était la condition pour avoir le prêt.
Quand Piccini accumule les retards à l’approche de la CAN, l’État résilie en 2019 et fait appel en urgence au canadien Magil, avec un nouveau prêt de 55 milliards. Magil encaissera 42 milliards sur ces 55 sans achever l’hôtel et le centre commercial, et le chantier finira en arbitrage à
Paris et Washington. Bilan : 218 milliards pour un complexe inachevé, quand la Côte d’Ivoire livre Ebimpe en 4 ans pour 143 milliards. (C’est l’exemple qu’on prend trop souvent et qui me fait sourire).
Les commentateurs ont dit qu’on a mal géré. Celui qui a géré sait qu’il a dû choisir entre perdre l’organisation de la CAN et décider vite. (On sait tous ce que le Cameroun a subi comme chantage sous les quolibets de notre diaspora matango qui avait cru voir en cela une occasion de positionner un politique inachevé en quête de pouvoir).
Ce phénomène de commentateur sabitou n’est pas exclusivement camerounais. En Grèce en 2015, Yanis Varoufakis était le critique le plus brillant de l’Europe. Théoricien redouté, il expliquait comment il fallait gérer la crise. Une fois nommé ministre des Finances, il a découvert la même contrainte : un prêt lié aux conditionnalités de la Troïka et un plafond de verre à Bruxelles et Berlin. En six mois, il a démissionné. Non par incompétence, mais parce que de l’intérieur, on ne gère pas une théorie, on gère des contraintes.
Le Cameroun évolue dans un système mondial qui n’a pas toujours intérêt à voir un pays africain stratégique aller vite. Plus que d’autres, le Cameroun est craint pour ses prises de position géostratégiques. Soumis encore au Franc CFA, il subit des « arbitrages orientés » qui lui sont défavorables, en plus des conditionnalités des bailleurs.
Il est au cœur du Golfe de Guinée, avec 400 km de côte, du pétrole, du gaz, et une position qui fait le lien entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. Une telle position ne nous attire pas que des amitiés. Elle attire les convoitises, les ingérences et les jeux d’influence des grandes puissances. Chaque grande décision – un port, une route, un stade, un contrat minier – se prend donc sous le regard, et parfois la pression, d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à nous voir aller trop vite.
Quand je vous lis cracher sur votre pays pour les condamnations qu’il subit, je souris de voir autant de superficialité s’étaler, mais je le dis souvent, c’est de la faute de ceux qui vous ont formés en mystifiant le savoir. Pourtant on leur a dit qu’en transmettant le savoir, il faut en donner la clé de lecture.
Ce que le commentateur appelle lenteur est souvent le temps de la défense de la souveraineté. Quand à cela s’ajoutent le manque de civisme, le manque de patriotisme, l’illettrisme diplômé et la corruption, le pays est sous pression.
Critiquer est utile. Mais juger sans avoir porté la charge est TROP facile.
ATTERRISSONS ».
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