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Qualité de vie : Une pauvreté extrême dans le Grand-Nord

Malgré 43 ans de pouvoir et trois derniers mandats marqués par des plans de développement répétés, les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua demeurent les plus pauvres du Cameroun. Selon les dernières données de l’Institut national de la Statistique et de la Banque mondiale, plus de six habitants sur dix y vivent sous le seuil de pauvreté. Enclavement, insécurité, manque d’eau, faible électrification et crise alimentaire rythment le quotidien des populations. Cette situation critique dans le Grand-Nord a contribué énormément à une prise de conscience et à radicaliser les populations contre le régime Biya qu’ils ont soutenu pendant de longues années.
Des statistiques alarmantes
L’arrière-pays des trois régions septentrionales du Cameroun, notamment les régions de l’Extrême‑Nord, du Nord et de l’Adamaoua s’enfonce dans une pauvreté endémique, malgré les promesses et les mandats successifs du président Paul Biya. Selon l’INS, le taux de pauvreté national était de 37,7% en 2022, soit environ 10,1 millions de personnes vivant avec moins de 813 Fcfa par jour. Mais dans les régions du Grand-Nord, les écarts avec le reste du pays sont considérables. En 2022, l’Extrême-Nord affiche un taux de 69,2%, le Nord 61,1% et l’Adamaoua environ 45,1%. Pour l’Extrême-Nord, un rapport de l’INS en 2016 indiquait un taux de pauvreté chronique allant jusqu’à 69,4% dans le département du Mayo‑Danay, tandis que le département du Diamaré affichait environ 48,2%.
Les raisons de ce gouffre sont multiples : enclavement géographique, déficit d’infrastructures de base, insécurité persistante, chocs climatiques répétés. Ces trois régions sont largement isolées : routes dégradées, absence de liaison fluide avec les grands marchés du sud du pays, ce qui limite les débouchés agricoles et l’industrialisation. L’accès à l’eau courante reste très limité dans nombre de localités reculées : selon l’INS, bien que l’accès à une source améliorée d’eau soit monté à quatre personnes sur cinq au plan national, les zones du Sahel reculées restent fortement déficitaires. Le taux d’électrification y est également insignifiant : par exemple, dans le rapport de la 3ème Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 3), la proportion de ménages possédant l’électricité dans certaines zones septentrionales est de l’ordre de 11,8% seulement.
Inondations
Ajoutons à cette situation d’arriération l’impact majeur des inondations extrêmes. Dans les départements du Mayo-Danay et du Diamaré (région de l’Extrême-Nord), des crues ont dévasté des centaines de kilomètres de rizières et détruit des milliers de têtes de bétail et acres de culture. Le rapport INS montre que le département du Mayo-Danay atteignait un taux de pauvreté chronique de 69,4%. Un article paru en 2024 sur le site d’Africanews indique que dans ces mêmes zones, « un total de 459 000 personnes ont été touchées par des inondations et des hectares de culture détruits ». Par ailleurs, la crise alimentaire est aiguë : en 2025, la World Food Programme (WFP) alertait sur près de 2,6 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë entre juin et août, avec l’Extrême-Nord parmi les régions les plus concernées. Dans les départements du Logone et Chari et du Mayo‑Tsanaga, l’activité récurrente de la secte djihadiste Boko Haram et les raids transfrontaliers ont encore aggravé la misère en paralysant toute dynamique économique et la confiance des populations.
Le gouvernement de Paul Biya, après sept mandats successifs, reste pointé du doigt : ces régions fragiles n’ont pas bénéficié de mesures structurelles suffisantes pour casser le cercle vicieux pauvreté-insécurité-vulnérabilité. La Banque mondiale elle-même, dans un rapport sur les régions du Grand-Nord, signalait que la pauvreté rurale dans l’Extrême-Nord se situait à près de 77% en 2019 contre 74% en 2014, soulignant que la centralisation de l’État, la faible gouvernance locale, l’insuffisance des services publics, et les chocs climatiques, étaient autant de freins à l’essor des peuples. En dépit des richesses potentielles (agriculture, élevage, pêche de lac Tchad), les habitants restent condamnés à l’économie de subsistance, sans filet de sécurité ni investissements publics à la hauteur.
Malnutrition
Du Nord à l’Adamaoua, l’accès aux soins pose aussi un défi majeur : dans l’Extrême-Nord, plus de 50 000 enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë en 2024 selon l’Unicef, tandis que de nombreuses zones sanitaires ont été fermées ou réduites à quelques postes de santé ; la prise en charge est en recul. A la faveur de mandats politiques sans transformation réelle, les régions septentrionales du Cameroun sont en train de perdre la bataille contre la pauvreté. L’isolement géographique, l’absence d’infrastructures, l’insécurité et les chocs climatiques s’additionnent pour condamner des milliers de ménages à une misère chronique. Ces situations connus de tous dans ces régions, ont contribué énormément à la chute du président Paul Biya en 2025.
Avec Saydou Sadjo
NB: Série : « Pourquoi Biya a perdu le Nord
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Une femme laisse ses enfants seuls pour rejoindre son compagnon en disco : sa fille de 15 ans retrouvée dans le coma
Une adolescente de 15 ans a été retrouvée inconsciente au domicile familial de Tergnier, dans l’Aisne, après une importante consommation d’alcool. Lorsque les secours sont intervenus, la jeune fille se trouvait seule avec son frère de 13 ans. Leur mère aurait régulièrement quitté le domicile le week-end pour retrouver son petit-ami.
Une voisine donne l’alerte
Les faits se sont produits samedi 12 septembre à Tergnier. Inquiète de la situation, une voisine a contacté les secours après avoir découvert qu’une adolescente de 15 ans se trouvait dans un état particulièrement préoccupant.
Les pompiers se sont rapidement rendus au domicile. Sur place, ils ont découvert la jeune fille avec son frère de 13 ans. Les deux adolescents se trouvaient seuls dans la maison.
L’état de santé de la jeune fille a immédiatement nécessité une prise en charge médicale. Elle a été transportée à l’hôpital afin d’y recevoir les soins nécessaires.
Deux grammes d’alcool dans le sang
Les examens médicaux réalisés après son admission à l’hôpital ont révélé que l’adolescente avait environ 2 grammes d’alcool dans le sang.
Son état a été jugé suffisamment sérieux pour nécessiter une surveillance médicale. L’intervention des secours a également permis de mettre en lumière la situation dans laquelle vivaient les deux adolescents en l’absence de leur mère.
Alertée, la police a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes des faits et les conditions dans lesquelles les enfants étaient laissés seuls.
La mère reconnaît des absences régulières
Entendue par les enquêteurs, la mère des deux adolescents aurait reconnu s’absenter régulièrement de son domicile durant les week-ends.
Selon ses déclarations, elle partait notamment rejoindre son petit-ami, qui réside dans les environs de Tergnier. Pendant ces absences, ses deux enfants restaient seuls au domicile familial.
La situation a conduit les autorités à s’intéresser aux conditions de prise en charge des deux adolescents. Les services sociaux sont finalement intervenus et ont pris les enfants en charge.
L’affaire ne s’arrête toutefois pas à cette prise en charge. La mère devra également répondre de ses actes devant la justice.
Une audience prévue en février 2027
La mère est poursuivie pour délaissement d’enfant. Elle devra comparaître devant la justice le 15 février 2027, selon les informations rapportées par Faitsdivers.org.
D’ici cette audience, les services sociaux restent chargés de la situation des deux adolescents. L’enquête et la procédure judiciaire devront notamment permettre d’établir les circonstances précises dans lesquelles les enfants étaient laissés seuls et les conséquences de ces absences répétées.
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Lutte contre le blanchiment des capitaux : Ces mesures préconisées par Cyrano Tchekouo

Le juriste/écrivain pense que le Cameroun doit exiger davantage aux professionnels de la finance et des professions libérales (banques, notaires, comptables) de signaler toute transaction suspecte aux autorités compétentes.
Depuis le 23 juin 2023, le Cameroun est inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Malgré la batterie de mesures prises pour en sortir, le pays a toujours du mal à mettre en œuvre un dispositif institutionnel et légal efficace de lutte contre le blanchiment de financements du terrorisme et la prolifération des armes pour satisfaire aux exigences du GAFI.
Après l’inscription du pays sur ladite liste, les pouvoirs publics ont créé en octobre 2023, le Comité de coordination regroupant en son sein, des représentants de l’Etat et des ordres professionnels (banques, notaires, avocats, assureurs) et chargé de piloter les politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Malheureusement, toutes ces mesures se sont avérées insuffisantes pour sortir le pays de cette liste. Dans une tribune récemment publiée, Cyrano Tchekouo, juriste/écrivain donne quelques pistes de solutions pour aider le Cameroun.
Le juriste précise tout d’abord que le GAFI n’étant pas une juridiction, aucune sanction officielle n’est infligée aux pays inscrits sur cette liste grise du GAFI. Toutefois rappelle l’écrivain, le fait d’être publié peur avoir des conséquences tant politiques qu’économiques.
Comme solutions, Cyrano Tchekouo propose aux gouvernement de renforcer les pouvoirs de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et de la Commission nationale anticorruption (CONAC) en leur permettant de prononcer des sanctions financières ne serait-ce qu’à titre conservatoire, afin de ne pas se limiter uniquement aux simples déclarations de soupçons.
Le juriste préconise également de promouvoir davantage la culture de ka digitalisation afin de limiter la circulation de l’argent liquide et contrôler les transferts de fonds internationaux. En outre, il faut exiger davantage aux professionnels de la finance et des professions libérales (banques, notaires, comptables) de signaler toute transaction suspecte aux autorités compétentes. A ces mesures s’ajoute le renforcement de la surveillance des frontières afin de limiter le flux de transactions suspectes et douteuses.
Pour mémoire, le GAFI publie trois fois par an, un document intitulé «Déclaration publique du GAFI», dans lequel il présente les Etats considérés comme étant à haut risque et/ou non coopératifs en raison des lacunes stratégiques dans leur dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Ainsi, de nouveaux pays sont ajoutés, tandis que d’autres sont retirés une fois leur plan d’action achevé. Il s’agit en effet des pays considérés comme « juridictions sous surveillance » c’est-à-dire qu’après analyse des mesures prises par le pays, le GAFI conclut à l’existence de carences stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme.
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Secteur bancaire : Le bilan de General Bank of Cameroon progresse de 10% au premier semestre 2026

Depuis le 15 juillet dernier, l’entreprise est guidée par trois valeurs fondamentales impulsées par son nouveau directeur général, Victor Noumoue.
Depuis la mi-juillet 2026, General Bank of Cameroon a un nouveau directeur général, Victor Noumoue. Il a été nommé le 15 juillet dernier, à la suite de la clôture du rachat de Société générale par l’Etat du Cameroun. Dans une interview accordée au journal l’Economie, le banquier évoque trois valeurs fondamentales qui vont diriger son action.
D’abord, l’intégrité et la transparence. Pour le nouveau directeur général de General Bank of Cameroon, la conformité rigoureuse, l’éthique et la probité ne sont pas négociables parce qu’elles garantissent selon lui, la sécurité de l’institution et la confiance des parties prenantes de la banque.
Ensuite, la banque entend renforcer la proximité, l’écoute avec sa clientèle et ses partenaires, afin de construire des relations durables. Enfin, il est question pour l’actuel staff de mettre l’accent sur l’orientation de sa clientèle et la culture du résultat. «Nous devons cultiver une agilité de tous les instants pour anticiper les besoins du marché, innover et viser l’excellence opérationnelle au quotidien» indique Victor Noumoue dans les colonnes du journal l’Economie.
Performances
Au premier semestre 2026, le bilan de General Bank of Cameroon affichait une progression de 10% par rapport à fin décembre 2025 avec un produit net bancaire en hausse de 7,2%, tandis que le résultat net affiche une croissance de 6,8% par rapport à juin 2025. Les fonds nets de l’entreprise atteignent le chiffre de 138 milliards FCFA au 31 mars 2026.
«Ce niveau exceptionnel de capitalisation n’est pas qu’un simple chiffre, il est le témoignage d’une gestion financière, d’une rigueur absolue et le reflet indéniable d’une institution en très grande forme financière. De plus, sur le plan réglementaire, les ratios prudentiels de SG Cameroon ne se contentent pas de respecter les normes COBAC (Commission bancaire de l’Afrique Centrale Ndlr). Ils les surpassent, démontrant une prudence et une solidité bien au-delà des attentes» se targue Victor Noumoue.
La feuille de route de l’entreprise s’articule autour de plusieurs axes prioritaires. L’intensification du dynamisme commercial avec pour objectif de se positionner comme acteur majeur de financement en accompagnant les projets à valeur.
«Nous continuerons également à assurer une qualité de service irréprochable à nos clients. Nous sommes dans un marché bancaire en mutation, la différence se fera par la satisfaction et la proximité que nous avons avec nos clients à travers des parcours plus simples, plus rapides et davantage digitalisés» indique le directeur général de General Bank of Cameroon.
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