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Zlecaf : AmCham Cameroon s’appuie sur Africa Trade Gateway d’Afreximbank pour doper les échanges

(Investir au Cameroun) – La Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) veut intensifier le commerce entre le Cameroun et les autres pays africains. L’institution consulaire a organisé, le 18 décembre à Douala, un déjeuner d’affaires pour présenter les opportunités ouvertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). L’objectif affiché est d’aider les entreprises à transformer ce cadre régional en débouchés et en contrats.
« Nous avons pour missions d’apporter à nos membres des informations pertinentes pour leur permettre de croître leurs entreprises et de faire plus de profits. La Zlecaf est une grosse opportunité qui offre des solutions à nos entreprises », a indiqué Laure Djoukam, présidente d’AmCham Cameroon.
Pour Laure Djoukam, l’ouverture de marchés ne produit pas d’effets sans une stratégie d’implémentation capable de déboucher sur des signatures de contrats et un accès effectif à de nouveaux marchés. Dans cette logique, AmCham mise sur Africa Trade Gateway (ATG), un écosystème numérique destiné aux acteurs du secteur privé africain et conçu comme un point d’entrée vers des services clés du commerce intra-africain.
Africa Trade Gateway : un guichet unique lancé par Afreximbank en 2023
Lancé en 2023 par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), Africa Trade Gateway se présente comme un guichet unique fournissant des informations détaillées sur les réglementations commerciales de chaque pays africain. L’outil vise à faciliter la navigation dans les procédures administratives et à soutenir la conformité aux exigences réglementaires, pays par pays.
Selon Christophe Adnot, consultant ATG, cet écosystème — qui inclut plusieurs plateformes (Mansa, Papps, Tradar Club, Atex, ATG Connect) — doit permettre aux entreprises de développer leurs activités commerciales, de sécuriser leurs opérations financières et de constituer un réseau de partenaires, qu’il s’agisse de financeurs ou de prestataires de services.
Dans le détail, l’ATG met en relation les entreprises avec des institutions financières proposant des solutions de financement adaptées à leurs besoins : prêts commerciaux, lignes de crédit et garanties. L’ambition est de faciliter l’accès aux ressources financières nécessaires pour soutenir la croissance des entreprises dans un contexte d’expansion régionale.
Le dispositif propose également des outils et services destinés à simplifier les opérations d’importation et d’exportation, notamment la génération de documents commerciaux et le suivi des expéditions. L’enjeu, pour les entreprises, est de réduire les délais et les coûts liés au commerce transfrontalier.
Par ailleurs, l’ATG fournit des informations et des analyses sur les tendances de marché, les opportunités sectorielles et les profils de pays, afin d’aider les entreprises à cibler les marchés les plus porteurs. Pour la présidente d’AmCham, « il s’agit là d’une occasion pour les entreprises camerounaises qui craignent d’être absorbées à cause de l’ouverture du marché, de se restructurer pour ne pas se laisser écraser mais plutôt bénéficier des opportunités ». La Chambre annonce des séances de formation avec la Zlecaf et ses partenaires pour permettre aux entreprises locales de peaufiner leurs stratégies.
Des exportateurs déjà engagés, mais un commerce intra-africain encore marginal
Depuis 2022, quelques entreprises camerounaises commercent sous la Zlecaf, notamment le GIC Afatex (safous, ananas séchés, gingembre vers le Ghana), Cameroon Tea Estate et Ndawara Tea Estate (thé vers le Ghana), Inoda Industries Sarl (résine) et la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam) (lingots d’aluminium vers l’Algérie). En parallèle, le gouvernement forme activement les PME locales pour saisir ces opportunités, en mettant l’accent sur l’agro-industrie, les TIC et les énergies renouvelables.
D’après l’Institut national de la statistique (INS), la balance commerciale entre le Cameroun et les autres pays africains a atteint 943,5 milliards de FCFA en 2023, contre 1 040 milliards de FCFA en 2022, révélant un déficit de 97,2 milliards de FCFA. Ce qui représente une diminution de 62,3 % en glissement annuel [À vérifier].
Malgré cette réduction du déficit, l’INS note que le poids des échanges commerciaux entre le Cameroun et les autres pays africains reste relativement faible, malgré l’entrée en vigueur en 2021 de la Zlecaf, qui ouvre aux pays du continent les portes d’un marché rapportant à 1,3 milliard de consommateurs. En 2023, l’Afrique ne représentait que 12,7 % des exportations du Cameroun et 9,5 % de ses importations. En misant sur l’ATG, AmCham entend inciter les entreprises camerounaises à densifier les exportations afin de stimuler le commerce transfrontalier.
Frédéric Nonos
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le SNJC dénonce l’impunité des assassinats de journalistes et réclame justice

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) s’indigne contre l’assassinat des journalistes et professionnels des médias au Cameroun ces dernières années en appelant différents intervenants à faire cesser l’impunité qui continue de régner.
L’exercice de la profession de journaliste et d’autres professions connexes expose les professionnels à divers dangers au Cameroun. Outre des menaces passagères, des menaces persistantes, des atteintes à l’intégrité physique ou morale et bien d’autres maux dont ils sont victimes, des professionnels vont jusqu’à perdre leur vie. Dans le monde, 15 journalistes ont été tués en 2026 dans le cadre de l’exercice de leur profession.
Au Cameroun ces dernières années, les décès de Bibi Ngota, de Jules Koum Koum, de Samuel Wazizi, d’Ernestine Quandie, d’Anye Nde Nsoh, de Becky Jeme Iyabo et de Martinez Zogo continuent d’interroger. Les circonstances de ces décès ne sont pas toutes clairement élucidées, les responsabilités ne sont pas non plus établies. Le Syndicat condamne toutes les atteintes à la vie, à l’intégrité physique et morale, à la liberté et à la dignité des journalistes. « Aucun désaccord éditorial, aucune critique, aucune enquête journalistique ne saurait justifier la violence ou la répression ».
Au-delà de cette condamnation, le SNJC se penche avec regret sur la problématique du règne de l’impunité. Les questions soulevées sont multiples : « Qui a commandité le meurtre ? Qui a planifié le crime ? Qui en est véritablement responsable ? », s’interroge le SNJC en montrant que les responsables sont des maillons d’une chaîne. Le syndicat s’indigne ainsi contre une réalité difficile à accepter : l’impunité des crimes commis contre les journalistes et les professionnels des médias. On doit pourtant y mettre fin.
Pour l’organisation, « l’impunité est une responsabilité universelle. Y mettre fin signifie tenir les personnes qui ordonnent l’assassinat de journalistes responsables de leurs crimes et les traduire en justice ». Face à un crime contre ces professionnels, la vérité, la justice indépendante, impartiale et diligente ainsi que la réparation appropriée constituent des droits pour les familles, pour l’opinion. Alors que le pays n’a pas encore atteint ce niveau de protection des journalistes et de sanction de ceux qui les menacent et les tuent, le syndicat interpelle divers acteurs.
D’abord les autorités judiciaires pour la conduite accélérée des procédures, la transparence et l’impartialité. Ensuite les pouvoirs publics pour garantir la sécurité des journalistes et la création d’un environnement favorable à l’exercice libre et indépendant du journalisme. Les forces de défense et de sécurité, afin de respecter les droits des journalistes, s’abstenir de toute intimidation, violence ou entrave à leur travail. Les responsables politiques et administratifs pour qu’ils renoncent aux discours de haine, aux menaces et aux campagnes de stigmatisation contre les professionnels des médias.
Enfin les institutions nationales et internationales de défense des droits humains pour qu’elles suivent les affaires de crimes commis contre les journalistes au Cameroun et contribuent à la lutte contre l’impunité.
À l’occasion de la 13ᵉ journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes le 2 novembre 2026, le SNJC recommande aux journalistes de renforcer leur solidarité. De documenter les menaces et les agressions dont ils sont victimes et d’utiliser tous les mécanismes disponibles pour signaler les atteintes à leur sécurité.
L’édition 2026 de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes est : « Les menaces évoluent, l’impunité demeure ».
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Gasoil : le coût d’importation atteint 984 FCFA/litre, le soutien de l’État approche 440 FCFA en novembre

(Investir au Cameroun) – Le coût d’importation du gasoil au Cameroun atteint 984,46 FCFA le litre en novembre 2026, contre 974,93 FCFA en octobre, selon la nouvelle structure des prix de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). Cette hausse de 9,53 FCFA porte la ligne « soutien/remboursement État » à 439,83 FCFA par litre, contre 430,30 FCFA un mois auparavant. Le prix réglementé à la pompe reste fixé à 828 FCFA à Douala. Le seul coût d’importation dépasse ainsi de 156,46 FCFA le montant payé par le consommateur.
L’augmentation du soutien est plus prononcée pour le pétrole lampant. La compensation unitaire inscrite dans la structure tarifaire atteint 722,34 FCFA le litre en novembre, contre 660,09 FCFA en octobre, soit une progression de 62,25 FCFA (+9,4 %). Le coût d’importation de ce produit ressort à 912,93 FCFA, pour un prix de détail maintenu à 350 FCFA. À l’inverse, le super enregistre une légère baisse de son coût d’importation, de 702,60 à 701,82 FCFA le litre. Son soutien unitaire recule également, de 205,76 à 204,98 FCFA, tandis que son prix à la pompe demeure fixé à 840 FCFA.
Pour le gasoil, le renchérissement ralentit nettement après plusieurs mois de hausse. Entre septembre et octobre, son coût d’importation avait augmenté de 114,83 FCFA, soit 13,4 %, contre seulement 0,98 % entre octobre et novembre. Mais depuis juillet, où il s’établissait à 653,85 FCFA, il a progressé de 330,61 FCFA (+50,6 %). Sur la même période, le soutien inscrit dans la structure tarifaire est passé de 109,22 à 439,83 FCFA par litre, soit une augmentation identique de 330,61 FCFA.
Cette évolution intervient alors que le gouvernement fait face à une augmentation de la charge liée au maintien des prix administrés. Dans un entretien publié le 14 octobre parInvestir au Cameroun, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avait évalué à 57 milliards de FCFA le soutien aux carburants pour le seul mois de septembre 2026, sans préciser le statut comptable de cette somme. Le Fonds monétaire international (FMI) avait également averti, le 1er octobre, que les importantes subventions aux carburants contribueraient à une nouvelle dégradation du solde budgétaire camerounais en 2026.
Les montants unitaires de novembre ne permettent toutefois pas de déterminer la dépense effectivement supportée par les finances publiques. La ligne « soutien/remboursement État » correspond à un ajustement dans la formule tarifaire. Le calcul de la charge budgétaire dépend notamment des volumes concernés, des compensations reconnues et des paiements réellement exécutés.
La structure applicable du 1er au 30 novembre 2026 au dépôt de Douala-Bonabéri détaille le mécanisme. Pour le gasoil, le prix du produit importé s’établit à 848,53 FCFA le litre. Après intégration des droits de douane, de la TVA, des autres prélèvements et des frais liés au service d’importation, son coût atteint 984,46 FCFA. La structure ajoute notamment la marge de l’importateur avant de faire intervenir le soutien de 439,83 FCFA, qui contribue à ramener le prix d’entrée au dépôt de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) à 565,37 FCFA TTC.
Le prix final de 828 FCFA intègre ensuite les prélèvements et les charges de distribution. Parmi ces postes figurent notamment 65 FCFA par litre de taxe spéciale sur les produits pétroliers, 54,50 FCFA au titre de la péréquation transport, 47,88 FCFA de soutien à la raffinerie et 22,50 FCFA destinés à la modernisation des infrastructures. Ces composantes restent inscrites dans la structure malgré la hausse du coût d’importation.
Baudouin Enama
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