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Cameroun : les pertes fiscales liées aux exportations illégales d’or pourraient atteindre 165 milliards de FCFA

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Cameroun : les pertes fiscales liées aux exportations illégales d’or pourraient atteindre 165 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Le rapport ITIE 2023 met de nouveau en lumière les profondes incohérences qui affectent la filière aurifère au Cameroun. D’après les données officielles des Douanes, seulement 22,3 kg d’or ont été exportés en 2023. Un chiffre sans commune mesure avec les statistiques internationales, en particulier celles des Émirats arabes unis, principal importateur de l’or camerounais, qui font état de 15,2 tonnes d’or en provenance du pays sur la même période. Plus de 90 % de ce volume auraient été acheminés vers les Émirats selon le rapport consulté par Investir au Cameroun.

Parallèlement, environ 1 tonne d’or issue de la production formelle et 30 kg d’or industriel ne figurent pas dans les données officielles. L’ITIE évalue à 165 milliards de FCFA les pertes fiscales potentielles, un manque à gagner significatif pour l’État, alors même que le secteur aurifère est classé stratégique. Ces écarts ne sont pas nouveaux : en 2022, les données miroirs faisaient déjà apparaître 4,8 tonnes d’or importées par les partenaires commerciaux, contre seulement 47 879 g déclarés à l’export par le Cameroun.

Un commerce illicite documenté sur plus d’une décennie

Le phénomène des exportations illégales d’or est documenté depuis plusieurs années. Une étude d’Interpol publiée en 2021 sur l’exploitation aurifère en Afrique centrale signalait déjà de fortes discordances entre les déclarations camerounaises et celles des Émirats arabes unis. Entre 2008 et 2018, les importations d’or en provenance du Cameroun déclarées par les Émirats auraient ainsi augmenté de 0,3 à 11,7 tonnes, tandis que les exportations officielles camerounaises n’auraient jamais dépassé 32 kg par an.

En 2017, le Cameroun déclarait avoir exporté seulement 4 kg d’or vers les Émirats arabes unis, alors que ces derniers rapportaient 10,9 tonnes d’or en provenance du pays. Selon des sources publiques, l’or illégal serait acheminé principalement par voie aérienne, via des compagnies commerciales ou des avions privés. Les pertes mensuelles pour l’État étaient estimées à 1 milliard de FCFA (1,8 million USD) en 2016.

Pour limiter ces pertes et améliorer la gouvernance du secteur, l’ITIE recommande la mise en place d’un mécanisme conjoint Douane–Sonamines afin de tracer l’ensemble de la production formelle et de l’intégrer systématiquement aux statistiques officielles. Le rapport préconise en outre le renforcement des contrôles aux frontières, grâce à une coordination accrue entre la Douane, la Sonamines et les forces de sécurité.

L’ITIE suggère également de conduire une étude spécifique sur l’or artisanal, afin d’identifier les fuites, de clarifier les rôles institutionnels des différents acteurs et d’installer un cadre de traçabilité fiable sur ce segment particulièrement exposé au commerce illicite.

La stratégie de la Sonamines pour formaliser la filière aurifère

Consciente des enjeux de souveraineté et de recettes publiques, la Sonamines a lancé en 2025 une stratégie qualifiée d’ambitieuse. Elle vise à formaliser et structurer l’ensemble de la filière aurifère camerounaise et à réduire le commerce illicite. Cette stratégie repose sur trois axes. Le premier porte sur la maîtrise des circuits d’achat et d’approvisionnement pour limiter l’influence des réseaux informels et assurer une traçabilité nationale. Le deuxième concerne l’optimisation des opérations de commercialisation au moyen d’une plateforme numérique sécurisée et d’un suivi en temps réel des transactions. Le troisième axe est le développement d’une politique de veille sur les marchés internationaux afin de négocier des contrats à des prix jugés plus compétitifs.

Selon la Sonamines, cette approche doit permettre de renforcer le contrôle de l’État sur le marché aurifère et d’augmenter les ressources financières disponibles. Cette ambition a été relayée au plus haut niveau par le président Paul Biya dans son discours à la nation du 31 décembre 2024 : « Je suis persuadé que la maîtrise des circuits de commercialisation de nos minerais va accroître le volume des ressources financières nécessaires à la réalisation de nos projets de développement. »

Depuis sa mise en service en 2021, la Sonamines a déjà rétrocédé 638 kg d’or à l’État. Cette performance confirme sa montée en puissance comme acteur central de la formalisation et de la structuration du secteur minier camerounais. Elle illustre également son rôle dans la lutte contre la fraude et la contrebande, dans un contexte où les écarts statistiques et les pertes fiscales soulignent l’urgence d’un meilleur contrôle de la filière aurifère.

Amina Malloum

Lire aussi:

28-02-2025 – Sonamines : une provision de 5 milliards de FCFA pour la stratégie de commercialisation de l’or camerounais

03-12-2024 – Le Cameroun sécurise 640 Kg d’or en 2024, pour booster ses réserves stratégiques

05-02-2024 – Réserves stratégiques : la Sonamines veut dépenser plus de 200 milliards de FCFA en 2024 pour l’achat de 6 tonnes d’or

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le Pr Aba’a Oyono réclame 3 milliards de FCFA à la DGRE

angepoireau

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le Pr Aba’a Oyono réclame 3 milliards de FCFA à la DGRE
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L’enseignant de droit public à Université de Yaoundé II, Aba’a Oyono, a introduit un recours gracieux préalable auprès du directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure. Il demande une indemnisation de trois milliards de FCFA après ce qu’il qualifie de « kidnapping » suivi de 42 jours de détention au Secrétariat d’État à la Défense.

Le professeur Aba’a Oyono, spécialiste de droit public et enseignant à Université de Yaoundé II, engage un bras de fer juridique avec l’État du Cameroun. L’universitaire a saisi le directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) d’un recours gracieux préalable afin d’obtenir réparation pour ce qu’il considère comme une « faute administrative » ayant conduit à sa privation de liberté pendant 42 jours.

Dans sa requête, l’enseignant évoque les faits remontant au 25 octobre 2025. Selon lui, des agents de la DGRE, cagoulés et lourdement armés, auraient fait irruption à son domicile sans mandat de perquisition ni mandat d’amener. Il affirme avoir été embarqué de force dans un véhicule de type Pajero, encagoulé puis transporté vers une destination inconnue, avant d’être placé en détention au Secrétariat d’État à la Défense (SED).

Le professeur affirme avoir subi des traitements inhumains durant son transfert et dénonce une détention arbitraire de 42 jours. Il estime que l’ordre donné aux agents constitue un acte administratif fautif susceptible d’engager la responsabilité de l’administration, au regard notamment des dispositions de la Constitution et des textes réglementaires encadrant les missions de la DGRE.

Dans son argumentaire juridique, Aba’a Oyono soutient que cette interpellation visait à le réduire au silence dans le contexte des tensions post-électorales liées à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il indique avoir soutenu les opposants Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary durant ce scrutin.

Par ailleurs, l’universitaire souligne que son arrestation est intervenue au même moment que celles de Djeukam Tchameni et Anicet Ekani, également engagés dans la plateforme politique Union pour le changement 2025.

Estimant avoir subi un important préjudice lié notamment à l’interruption de ses activités académiques et professionnelles, le professeur réclame une indemnisation de trois milliards de FCFA. À défaut de réponse favorable, il annonce son intention de saisir le tribunal administratif compétent, tout en engageant des poursuites devant le tribunal militaire contre les agents de la DGRE impliqués dans son interpellation.

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La police camerounaise rend hommage aux policiers morts en service

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La police camerounaise rend hommage aux policiers morts en service
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La Délégation générale à la Sûreté nationale a organisé, le 7 mars à Yaoundé, une cérémonie d’hommage aux policiers décédés en service. L’événement s’inscrit dans la campagne commémorative mondiale initiée par INTERPOL.

La police camerounaise a honoré, samedi 7 mars, la mémoire des fonctionnaires de police morts dans l’exercice de leurs fonctions. La cérémonie s’est tenue à la cour d’honneur de l’immeuble siège de la Délégation générale à la Sûreté nationale à Yaoundé.

La rencontre était présidée par le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé. Elle s’inscrivait dans le cadre de la campagne commémorative mondiale organisée par Organisation internationale de police criminelle, plus connue sous le nom d’INTERPOL, en hommage aux policiers décédés en mission.

Plusieurs autorités administratives ont pris part à cette cérémonie de recueillement. Parmi elles figuraient le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, le préfet du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent, ainsi que le sous-préfet de Yaoundé 1er, Harouna Nyandji Mbgatou.

À travers cette commémoration, la police nationale a salué le sacrifice des agents tombés dans l’accomplissement de leur devoir et réaffirmé son engagement à poursuivre la mission de protection des citoyens et de maintien de l’ordre public.

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Donald Trump «L’Iran va être très durement frappé aujourd’hui»

angepoireau

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Donald Trump «L’Iran va être très durement frappé aujourd’hui»
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Le président américain Donald Trump a menacé samedi d’accentuer les attaques contre l’Iran, alors que de nouvelles frappes aériennes ont visé la capitale Téhéran. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que son pays « ne se rendra jamais ».

La tension reste vive entre États-Unis et Iran. Samedi, le président américain Donald Trump a menacé d’intensifier les frappes contre la République islamique, après une nouvelle série d’attaques aériennes ayant ciblé la capitale Téhéran.

Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a averti que « l’Iran sera frappé très durement aujourd’hui ». Il a également laissé entendre que les prochaines opérations pourraient viser de nouvelles zones ainsi que des groupes de personnes qui n’avaient jusque-là jamais été considérés comme des cibles.

Face à ces menaces, le président iranien Massoud Pezeshkian a affiché la détermination de son pays. Selon lui, l’Iran ne capitulera pas malgré les frappes et la pression militaire américaine.

Les hostilités ont débuté le 28 février, lorsque Donald Trump a appelé la population iranienne à se soulever contre la République islamique instaurée après la Révolution iranienne de 1979.

Officiellement, les États-Unis affirment que leur objectif est de neutraliser les capacités balistiques de l’Iran et d’empêcher le pays de se doter de l’arme nucléaire. Une accusation que Téhéran continue de rejeter, affirmant que son programme nucléaire poursuit des objectifs civils. Plus de mille personnes ont déjà perdu la vie dans ce conflit.

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