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Au Cameroun, la SFI forme un noyau de PME pour capter jusqu’à 12 milliards F CFA de financements potentiels

(Investir au Cameroun) – La Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, déploie au Cameroun son initiative des « champions locaux ». Ce programme d’assistance technique, d’accompagnement et de financement, déjà opérationnel au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, en Guinée, au Togo et au Liberia, vise, selon la SFI au Cameroun, « d’identifier et de préparer les entreprises les plus prometteuses pour qu’elles deviennent des acteurs incontournables du développement économique régional ».
Dans ce cadre, la SFI a sélectionné une trentaine de petites et moyennes entreprises (PME) auxquelles elle s’engage à fournir une assistance technique « sur mesure ». Ces entreprises opèrent principalement dans l’industrie, l’agroalimentaire et les services, avec l’objectif de renforcer leurs capacités pour les rendre éligibles aux financements de long terme du groupe Banque mondiale.
Une première cohorte de PME camerounaises ciblées
Parmi les entreprises retenues figurent plusieurs acteurs de la grande distribution, comme le Groupe Arno, Dovv et le Groupe Fokou. Le dispositif concerne également des agro-industries telles qu’Agrifood Beverages, Agro World Group, Camlait, la Société camerounaise de savonnerie ou encore l’Union centrale des coopératives agricoles de l’Ouest.
L’initiative inclut aussi des entreprises issues d’autres segments de l’économie : Cometal, Financial House, la Polyclinique Poitiers, Plein gaz, Multiprint et les Laboratoires Biopharma. Cette sélection constitue une première cohorte de PME camerounaises identifiées comme pouvant accéder, à terme, à des financements structurants, sous réserve de satisfaire aux exigences techniques et financières de la SFI.
Vers un meilleur accès aux financements de long terme
Du 2 au 4 décembre, à Yaoundé, les promoteurs de ces entreprises ont participé à un atelier de renforcement des capacités animé par des experts de la SFI. Objectif : améliorer leur compréhension des exigences d’un investisseur de développement et favoriser leur accès à des financements de long terme. Comme l’explique Ange Claver Kouassi, représentant-pays Cameroun et RCA de la SFI, « l’idée est, à partir d’un panel d’entreprises qui a été présélectionné, d’approfondir les échanges sur tout le circuit d’investissement, je dirais plutôt le cycle d’investissement de la SFI ».
Le programme « ne bénéficie pas d’un financement prédéfini », précise-t-il. Toutefois, dans les pays où l’initiative des « champions locaux » a déjà été mise en œuvre, les financements accordés aux entreprises ont pu atteindre l’équivalent d’environ 12 milliards de F CFA (près de 20 millions de dollars). Pour les PME camerounaises sélectionnées, il s’agit donc d’un processus de préparation à une éventuelle levée de capitaux auprès de la SFI, en fonction de la maturité de leurs projets et de leur capacité à répondre aux critères d’investissement de l’institution.
Ludovic Amara
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quatre corps rapatriés à Port-Gentil après le naufrage d’une plateforme pétrolière

Les corps de quatre victimes du naufrage de la plateforme pétrolière Prospector 5, survenu le 24 octobre au large de Mayumba, dans le sud-ouest du Gabon, ont été accueillis mardi au nouveau port de Port-Gentil, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver une cinquième personne toujours portée disparue, a rapporté l’Agence gabonaise de presse (AGP).
Les quatre dépouilles ont été réceptionnées en présence du ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, et du ministre de la Justice, Augustin Emane, ainsi que des autorités administratives et judiciaires locales.
« Je tiens à renouveler les condoléances du gouvernement et de toute la nation aux familles éplorées. Nous sommes là pour recevoir les corps récupérés, accompagner les familles et faire preuve de transparence sur la suite des opérations », a déclaré M. Kondja.
Selon le ministre, les dépouilles seront acheminées vers la structure funéraire GASEPGA, à Kassaï, avant leur remise aux familles. Les autorités ont également annoncé des mesures d’accompagnement des proches des victimes.
La plateforme Prospector 5, appartenant à Borr Drilling et exploitée pour le compte de BW Energy Gabon SA, avait sombré avec 115 personnes à bord, dont 110 ont été secourues.
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Blériot Nyemeck, Cabral Libii et Armand Okol au cœur d’une polémique

L’affaire Liyeplimal revient au centre du débat public au Cameroun.
Dans une tribune signée Oscar Njiki, les responsabilités de plusieurs personnalités ayant soutenu cette plateforme d’investissement controversée sont remises en discussion, notamment celles de Pierre Blériot Paulin Nyemeck, de Cabral Libii et d’Armand Okol.
Lire la tribune d’Oscar Njiki :
Liyeplimal : Pierre Blériot Paulin Nyemeck et Cabral Libii
Il y a deux manières de se tromper.
La première, humaine, consiste à se tromper puis à réparer. La seconde, plus commune, consiste à se tromper puis à se taire.
Dans l’affaire Liyeplimal, cette ligne de partage a un nom : Blériot Nyemeck d’un côté, Cabral Libii et Armand Okol de l’autre.
Parlons d’abord de l’homme qu’on attaque, car il le mérite.
Blériot Nyemeck a soutenu Liyeplimal. Il l’a dit, il l’a assumé, il n’a jamais cherché à réécrire l’histoire. Mais à l’instant où l’illusion s’est effondrée, où les cartes Visa ne passaient plus et où les larmes des souscripteurs ont commencé à couler, il a fait ce que les hommes d’honneur font : il a ouvert son portefeuille, et il a remboursé.
Pas un discours. Pas une pirouette. Un acte.
Toutes les personnes passées par son canal, dit-il, ont été remboursées. Et le plus beau, dans cette affaire bruyante, c’est le silence. Aucune de ses recrues ne vient sur la place publique dire : « Blériot m’a volé ». Ce silence est son bilan. Il est propre. Il est quitte. Il est responsable.
C’est ce qu’on appelle la probité. Pas celle qu’on déclame dans les meetings, mais celle qu’on exerce quand ça coûte.
Maintenant, tournons le regard vers l’autre bord.
Cabral Libii et Armand Okol. Eux aussi ont soutenu le projet. Eux aussi ont convaincu, avec le talent qu’on leur connaît, des Camerounais à y mettre leurs économies, leurs tontines, leurs espoirs. On a les vidéos. On a les audios. Le projet était « fiable », « révolutionnaire », « l’avenir ».
Puis l’arnaque a été démasquée. Et là, rideau.
Plus rien. Le silence total. Un silence si épais qu’il en devient complice.
Pas un franc remboursé. Pas un mot de compassion. Pas un début de réparation. On s’est réfugié derrière le confort feutré de l’immunité parlementaire, un permis d’escroquer sans rendre de comptes.
Et – car il faut une dose d’audace qui frise le génie – c’est ce camp-là, avec ses militants à la gâchette facile, qui a le toupet de traiter Blériot Nyemeck de voleur.
Il faut le dire sans ambages, avec l’élégance qui nous reste.
Si Cabral Libii, qui aspire à la plus haute fonction de l’État, avait eu un début d’inconscience, il aurait pu plaider l’ignorance. Oui, l’ignorance se plaide. Tout le monde peut se faire avoir par un système de Ponzi bien emballé.
Mais l’ignorance ne se plaide qu’à une condition : qu’on adopte, après coup, l’attitude de Blériot Nyemeck. Qu’on répare. Qu’on rembourse ceux qui vous ont écouté parce qu’ils croyaient en votre parole.
Ne pas le faire, c’est s’enfermer dans un dilemme mortel pour un homme d’État.
Ou bien vous n’avez pas vu l’arnaque venir. Et c’est un aveu terrible de manque de discernement. Comment confier les caisses d’un pays de 28 millions d’habitants à quelqu’un qui n’a pas su voir qu’une promesse de 400% de rendement par an était une escroquerie ?
Ou bien vous l’avez vue. Et vous l’avez accompagnée. Et là, ce n’est plus du manque de discernement. C’est de la complicité.
Dans les deux cas, vous êtes disqualifié pour diriger le Cameroun.
Blériot Nyemeck a choisi la responsabilité. Les autres ont choisi le silence.
Et le silence, quand on a conduit des gens vers le gouffre, n’est jamais innocent.
OSCAR NJIKI
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