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Kotto Bass, 29 ans plus tard : le voile d’une disparition hantée

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Kotto Bass, 29 ans plus tard : le voile d’une disparition hantée
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Kotto Bass, 29 ans plus tard : le voile d’une disparition hantée

Le mois de novembre dédié aux défunts, placé sous le signe du souvenir et à la demande insistante de l’audience du Petit dictionnaire sonore, continue de traiter des sujets relatifs aux grandes disparitions de la scène camerounaise. Kotto Bass compte parmi ces artistes emportés trop tôt par la grande faucheuse le 20 novembre 1996 à Douala.

Lire le texte de Télesphore Mba Bizo, Journaliste-éditorialiste :

Douala a le souffle coupé net. Le réveil du 20 novembre 1996 est brutal et figé. Kotto Bass n’est plus de cette terre des hommes. Il la quitte à 33 ans comme s’il était un Jésus prédestiné au Ciel. La surprise a le retentissement d’une gifle sèchement claquée. En même temps, son opus intitulé « Ok Mado » est la chanson de l’heure. Elle filtre d’ailleurs des discothèques et en boucle auprès des fêtards qui, comme des hiboux, sont surpris par la lumière du jour. « Ok Mado » n’a qu’une poignée de mois dans les bacs en guise de sortie officielle.

La chanson connaît alors le succès des musiques de fin d’année au Cameroun. Kotto Bass est le Moni Bilé de décembre 80. Et pourtant, le voilà, comme Zanzibar, lui aussi virtuose de la guitare, emporté par la grande faucheuse. Rien ne parvient à calmer les mélomanes. Prendre connaissance des causes de la mort accorde parfois d’accepter le drame. Malheureusement, tout un mystère continue de gagner en épaisseur au sujet des raisons de son départ précipité.

Une nuit de chaos avec Kotto Bass face à l’inexplicable

Il est 23 heures dans le flash back. Kotto Bass est en studio dans un projet d’album au profit de Mpandé Star. Il a le ventre en feu. Une amie vient de lui servir du poisson cuit à la braise. Marthe Zambo est à la cabine de chant. Elle observe ses va-et-vient vers les toilettes. Talla Jeannot, le boss du studio, fait le constat son affaiblissement soudain. Kotto Bass renvoie la séance d’enregistrement à cause de la souffrance. Un taxi le raccompagne à son hôtel. L’artiste s’effondre devant la porte de sa chambre. La clinique Sack reçoit un homme brisé par la douleur.

Kouogueng Moïse, le producteur, retrouve un ami méconnaissable et amaigri. La famille découvre un malade qui transpire, vomit et se vide de toutes ses entrailles. Kotto Bass annonce qu’il ne sent plus son bras droit et s’inquiète de comment il va pouvoir tenir la guitare dans son contrat avec Mpandé. La douleur l’épuise totalement. Il rend l’âme quand il voit poindre les premières lueurs de l’aube. La rumeur accuse le poison. Elle organise une chasse à l’homme contre Edith. Des soupçons d’un poisson piégé pèsent contre sa personne. Àtort ou à raison, la victime chante son nom : « Édith, c’est pas la mienne, pas de panique ».

Bamenda en mélodie : le vivre-ensemble selon Kotto Bass

Kotto Bass est le père d’une nouvelle identité sonore. Il joue un Makossa des influences avec la rumba congolaise à l’effet de créer une musique ouverte, accessible, fière de ses racines. Nyamsi Théodore Auger élève la basse au rang de voix nationale. Il modernise les rythmes sans trahir leur âme et rassemble des générations autour de ses mélodies. Kotto Bass porte la culture du Littoral au-delà de ses frontières. Son titre Bamenda est la chanson du vivre-ensemble par définition. Bamenda, I no fi foget i you. Bamenda, la belle de mon coeur. La discographie de Kotto Bass, brève mais fulgurante, constitue l’un des trésors du Makossa moderne inséré dans les classiques camerounais.

Son passage au studio Makassi laisse plusieurs collaborations marquantes, notamment l’album L’Âge d’or – Hommage à Nelle Eyoum en 1993, où sa reprise brillante de Rochereau le propulse au rang de révélation nationale. Trois ans plus tard paraît Edith ndol’a ngo, son premier album solo, devenu un monument. Il compte des titres devenus incontournables : Edith ndola’a ngo, Nouvelle Génération, Folo Film ou encore Concours de patience. Kotto Bass organise un parricide en lien avec les personnes handicapées. Jusque-là, Eboa Lottin est la figure la plus représentative des personnes de mobilité de réduite. Kotto Bass vient lui ravir la vedette. La personne handicapée, en français camerounais, n’est plus un Eboa. C’est désormais un Kotto. C’est normal. Une béquille-perche proche du saut en hauteur symbolisait son handicap moteur.

Télesphore Mba Bizo

Journaliste-éditorialiste/Traducteur principal

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un butanier arrive à Douala pour soulager la pénurie

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un butanier arrive à Douala pour soulager la pénurie
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Une amélioration pourrait se dessiner sur le marché du gaz domestique, confronté depuis plusieurs semaines à des difficultés d’approvisionnement.

Selon nos informations, le déchargement d’un butanier a débuté mardi 15 septembre au port de Douala. Cette cargaison devrait contribuer à alimenter progressivement le marché. La tension actuelle s’explique notamment par l’arrivée tardive de certains navires, une hausse de 15 % de la demande et la baisse de la production locale.

Depuis le départ du navire Hilli Episeyo en juillet dernier, l’approvisionnement du Cameroun en GPL repose désormais entièrement sur les importations. Des solutions sont également étudiées pour les bouteilles de la SCTM, dont la situation contribue aux perturbations observées sur le marché.

En attendant, la bouteille de gaz est redevenue un luxe dans les deux capitales. Depuis début septembre, Yaoundé et Douala font face à une pénurie sévère de gaz domestique. À Nkomo, Biyem-Assi, Bonabéri, les scènes se répètent : files interminables dès 4 heures du matin, distributeurs affichant « rupture », et quand le produit est disponible, la bouteille de 12,5 kg homologuée à 6 500 FCFA s’arrache entre 7 000 et 10 000 FCFA au marché noir.

Au cœur de la crise, le mastodonte SCTM. Leader historique, l’entreprise qui possède encore des centaines de milliers de bouteilles dans les foyers est aujourd’hui asphyxiée par ses dettes envers les importateurs, dont Tradex. Conséquence : ses approvisionnements sont bloqués à Bonabéri et ses clients se ruent vers la concurrence. Le basculement est historique.

Selon les données de la SCDP sur la période janvier-juillet 2026, Tradex est passé numéro 1 du marché avec 14,12 % de parts (18 772 tonnes), détrônant la SCTM reléguée à 13,31 %. Les autres opérateurs comme TotalEnergies et OLA, pris d’assaut, ne parviennent plus à suivre la demande.

Face à l’urgence, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a instruit la CSPH d’organiser des négociations entre la SCTM et ses créanciers afin d’apurer la dette et de relancer les enlèvements. Mais la crise est plus profonde. Pendant que la SCDP assure qu’il n’y a « pas de pénurie », dans les cuisines, les ménagères sont contraintes de se rabattre sur le charbon et le bois de chauffe.

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Suisse : la diaspora camerounaise présente ses projets de développement à Théodore Datouo

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En visite officielle en Suisse, le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, a accordé le 17 septembre 2026 à Berne, plusieurs audiences à des membres […]

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les questions de Cyrille Sam Mbaka

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les questions de Cyrille Sam Mbaka
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Le président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP), Cyrille Sam Mbaka, appelle à une vaste opération de lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics au Cameroun, dans une tribune intitulée « Opération Mains Propres ».

Dans ce texte, l’homme politique prend soin de préciser que les agents de la Fonction publique, les parlementaires et les opérateurs économiques ne sont pas, selon lui, tous concernés par la corruption. Il dénonce toutefois l’existence de pratiques qu’il juge préjudiciables à l’image et au fonctionnement des institutions.

Cyrille Sam Mbaka affirme notamment que certains fonctionnaires et acteurs du secteur public seraient témoins de faits de « concussion » et de détournements. Selon lui, certains de ces « patriotes » disposeraient de documents, de comptes rendus, de noms, de dates et de lieux susceptibles, le moment venu, d’étayer leurs témoignages.

Lire la tribune de Cyrille Sam Mbaka :

CAMEROUN : OPÉRATION « MAINS PROPRES »

Les membres de la Fonction Publique, les parlementaires, les opérateurs économiques ne sont pas tous corrompus.

Dans ce microcosme, il y a assurément des brebis galeuses. Leurs agissements jettent l’opprobre et le discrédit sur des pans entiers de notre écosystème national. Gageons que dans cet univers parfois nauséeux germent aussi des pépites, des patriotes. Des hommes et des femmes qui travaillent avec courage, force et détermination dans la tourmente.

Ils courbent l’échine, ils font le dos rond en attendant des jours meilleurs. Des femmes et des hommes qui assistent amers et impuissants aux dérives du régime et au système qui nous gouverne et qui broie.

Ces fils et sœurs de ce pays sont des témoins muets de la concussion et des détournements systémiques. Leur silence ne vaut pas consentement. Ils subissent. Ils connaissent sur le bout des doigts la chaine vérolée des corrupteurs et des corrompus.

Ces patriotes sont prêts à témoigner le moment venu. Ils rongent leur frein, mais restent déterminés à dénoncer les malversations dont ils ont été témoins.

Et le moment venu, ils voudront nettoyer les écuries. Ils sont prêts à dénoncer tous les coups tordus. Ils vont se mettre à table. Ils vont témoigner pour la sécurité publique.

Ces patriotes ont des dossiers. Des comptes-rendus. Des noms. Des dates. Des lieux. Des faits étayés et circonstanciés. Le jour venu, ils vont participer à l’Opération « Mains Propres et Cœur Pur ». Une mise à nu pour que justice soit rendue. On ne peut pas impunément détourner les deniers publics et ne pas répondre de cette forfaiture.

C’est le pays tout entier qui est saigné à blanc. Ce sont les Camerounais·es qui s’appauvrissent chaque jour davantage. C’est notre pays qui recule. Il faut sortir de cette fange.

Rétablir la justice sociale. Répondre de ses actes

La violence et l’implosion guettent ceux qui n’ont plus rien à perdre. C’est un terreau fertile qui peut tout emporter à cause du désespoir et de la désespérance. Pourquoi y a-t-il des Camerounais·es à part entière et des Camerounais·es entièrement à part ?

Pourquoi cette béance et cette fracture sociale ? Pourquoi notre pays compte-t-il tant de disparités et d’inégalités ? Pourquoi le Cameroun brille-t-il dans le classement des pays les plus corrompus au monde ?

Pourquoi tant de scandales restent impunis ? Pourquoi les projets structurants annoncés à coups de mouvements de menton n’aboutissent jamais ?

Pourquoi tant de nos compatriotes fuient ce pays béni des dieux au péril de leur vie en mer Méditerranée ?

Nous ne pouvons pas faire l’économie de toutes ces questions et de bien d’autres encore. Ce pays, notre pays, n’est pas maudit. Il est pris en otage par des prévaricateurs. Ces profiteurs confondent deniers publics et comptes privés.

L’impunité leur procure un sentiment de toute-puissance dont ils se grisent. Ils sont dans l’ivresse de leurs rentes de situation et des avantages indûment accumulés.

Le Cameroun, c’est leur propriété et ils semblent en disposer au gré de leurs fantaisies.

Récupérer les milliards de francs CFA détournés

Pas de démocratie sans justice. Le sentiment d’appartenance à une communauté d’idées et de pensées ne se décrète pas.

Il ne suffit pas de disposer d’un passeport ou d’une carte d’identité pour se sentir Camerounais. Le feu couve sous le poids des inégalités. Et il suffit d’un rien pour assister à un embrasement.

Pour sortir de l’ornière, pour nous extraire de cette pétaudière, les fruits de la croissance et la richesse nationale doivent être mieux partagés.

Comment expliquer à l’homme de la rue que le Cameroun exporte officiellement environ 23 kilos d’or quand les Emirats Arabes Unis déclarent avoir acheté 15 tonnes d’or à notre pays ? Qui se trompe ? Où est la différence ? Qui tire les ficelles et qui se remplit les poches ?

Qui a détourné les milliards de la CAN ou du Covid ?

Quand viendra le temps des témoignages, il faudra également compter sur la collaboration internationale. Solliciter l’entraide juridique et l’assistance de pays et de banques étrangères, interroger des comptes off-shore. Une aide judiciaire bienvenue pour traquer les milliards détournés du Cameroun. Imaginons que cet argent volé, ces montants pharaoniques soient rapatriés. Imaginons.

Imaginez que ces milliards soient réinjectés dans les projets structurants qui n’ont jamais abouti à cause des détournements systémiques ? Disons les choses simplement. Un détournement, c’est comme un pas de côté. Une sortie de route. C’est emprunter une impasse.

Et quand il s’agit de la richesse d’un pays, c’est une prédation, c’est un pillage à grande échelle. Comme Martin Luther King, j’ai un rêve. « I have a dream ». Je formule le vœu que l’argent détourné du Cameroun revienne au Cameroun.

Il y a tant à faire chez nous. Nous avons touché le fond, puis le tréfonds. Une autre voie est possible. Elle est réaliste. À nous de faire le ménage, à nous de nettoyer de fond en comble notre maison commune.

C’est par ces initiatives citoyennes, volontaristes et déterminées que nous allons changer de paradigme.

Nous ne pouvons pas espérer ou attendre le concours de partenaires étrangers en croisant les bras. Nous refusons le suicide assisté de notre pays par des prédateurs en col blanc.

Quand viendra le temps du bilan, c’est-à-dire des comptes et des mécomptes, chacun devra répondre de ses faits et de ses méfaits. Au bout du bout et après tant d’années de laisser-aller et de laisser-faire, il faudra bien réparer et soigner le Cameroun. Il faudra remettre notre pays sur pied pour un nouveau départ.

Cyrille SAM MBAKA
Président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)

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