Actualités locales
Douanes d’Ekok : 960 000 comprimés saisis dans un car en provenance du Nigeria


Le renseignement était bon. Il a été bien exploité samedi dernier 22 novembre 2025 par les Éléments de la Brigade Mobile des Douanes d’Ekok, Région du Sud-Ouest.
Les fins douaniers ont ainsi pu mettre la main sur 48 cartons contenant un total de 960.000 comprimés Dexacure, lit-on dans un rapport. Le butin était dissimulé parmi les bagages de soute d’un véhicule de transport en commun. Il a été stoppé net au check-point d’Ekok.
Le service constate les faits sous un procès-verbal dûment établi et signé.
Les contrevenants sont sous le coup d’une importation sans déclaration ni autorisation de produits prohibés, infraction prévue et réprimée par les articles 55, 469, 472 et 473 du Code des Douanes CEMAC.
La cargaison provenait du Nigeria et avait pour destination Bafoussam. Heureusement, les gabelous veillent au grain, pour la protection des populations et le développement d’une chaîne pharmaceutique aux normes. En somme, un nouveau coup porté contre les trafics illicites transfrontaliers. La surveillance douanière demeure active aux frontières et à l’intérieur du territoire national.
Au moins, 25% des médicaments vendus au Cameroun proviennent des circuits d’approvisionnement illicites communément appelés « médicaments de la rue ».
Le phénomène qui touchait naguère les zones urbaines s’est propagé également dans les campagnes, où des « pharmacies de la rue » ont fait leur apparition.
Il s’agit, selon une étude de l’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (ONPC), « des médicaments contrefaits, des faux médicaments et des médicaments à l’origine de bonne fabrication mais sortie du circuit normal de distribution ».
« Ce circuit illicite représente un peu plus de 25% du marché du médicament national alors que 40% des médicaments de la rue proviennent de la contrebande », selon cette association professionnelle.
Selon l’ONPC, « de nombreux personnels relevant du domaine de la santé, aussi bien des pharmaciens, des délégués médicaux, des médecins prescripteurs, de laboratoires et des sociétés chargées de la distribution des médicaments ont une responsabilité dans ce commerce illicite ».
Une situation qui a amené plusieurs pharmacies à faire faillite, dans un secteur névralgique qui englouti chaque année, au moins 100 milliards de FCFA d’importation des médicaments.
Plusieurs fois, des actions concertées du ministère de la Santé publique, de l’Ordre national des pharmaciens et des forces de sécurité ont été lancées, pour de piètres résultats, puisque le phénomène va grandissant avec des « Docta », selon l’appellation locale.
Au début ce qui se résumait à la vente des aspirines, Efferalgan, l’alcool et autres médicaments génériques s’est transformé en une vaste activité indépendamment des conséquences sur la santé de la population.
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Coopération : Washington privilégie les projets offrant des débouchés aux entreprises américaines au Cameroun

(Investir au Cameroun) – Washington privilégie au Cameroun les projets prêts à démarrer, associant une entreprise américaine et offrant à celle-ci des débouchés directs. Sophia Lalani, conseillère principale auprès de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, l’a expliqué le 22 octobre 2026 à Douala devant la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham), selon le compte rendu de la chambre.
Selon l’AmCham, Lalani a expliqué que les réformes de gouvernance soutenues de longue date par Washington avaient davantage profité aux entreprises d’autres pays qu’aux entreprises américaines.
Cette politique prolonge la doctrine « Trade, not aid » (« Le commerce plutôt que l’aide »), présentée le 14 mai 2025 à Abidjan par Troy Fitrell, alors responsable des affaires africaines au département d’État de Donald Trump. Objectif : accroître les exportations et investissements américains en Afrique. Selon Fitrell, les ambassadeurs sont évalués sur la défense des entreprises américaines et les contrats conclus, la diplomatie commerciale devenant prioritaire. Washington veut lever, avec les États africains, les obstacles réglementaires aux marchés publics et investissements signalés par le secteur privé.
Près de 4 000 milliards de FCFA d’opportunités
Le premier Dialogue économique et commercial bilatéral, tenu le 27 août 2026 à Yaoundé, a recensé environ 7 milliards de dollars (près de 4 000 milliards de FCFA) d’opportunités. Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, et Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe américaine aux affaires africaines, ont coprésidé la rencontre. Selon le ministère, neuf entreprises américaines y ont exprimé des intentions de financement : barrage de Grand Eweng (3,5 milliards de dollars), aéroport moderne à Douala (2 milliards), minerais critiques et infrastructures numériques.
Ces montants ne sont pas des investissements réalisés. Études, financements et accords restent, selon les projets, à finaliser. Les deux pays ont convenu d’échanger sur la fiscalité, les infrastructures logistiques et la réglementation minière avant un nouveau dialogue prévu aux États-Unis en 2027.
Santé : l’aide doit aussi ouvrir des marchés aux fournisseurs américains
Dans « America First Global Health Strategy » (septembre 2025), le département d’État veut utiliser l’aide sanitaire pour ouvrir des marchés aux produits et technologies américains. Pendant l’exercice budgétaire 2024, Washington a acheté plus de 120 millions de dollars de tests diagnostiques à des entreprises américaines, dont Abbott, Cepheid et Hologic. Ce chiffre est mondial, non camerounais. La stratégie favorise les partenariats entre fabricants et laboratoires publics ou privés des pays aidés.
À Douala, selon l’AmCham, un groupe pharmaceutique a présenté un modèle associant équipements de diagnostic, contrats de service avec les ministères de la Santé, formation du personnel et transport des échantillons. Ces plateformes servent notamment au dépistage du VIH, de la tuberculose, des hépatites et du cancer du col de l’utérus. Ce modèle fonctionnerait déjà dans plusieurs pays africains avec l’appui du PEPFAR et du Fonds mondial.
Ce partenariat reste à négocier au Cameroun. L’AmCham envisage des échanges avec les équipes locales du PEPFAR et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Aucun financement, contrat ou calendrier de déploiement n’a été précisé.
La priorité commerciale n’exclut pas les dons. Le 1er octobre 2026, les deux pays ont signé un accord de don relatif aux objectifs stratégiques de leur coopération sanitaire jusqu’en 2030. Selon le ministère de l’Économie, près de 510 milliards de FCFA pourraient être mobilisés de 2026 à 2030 : environ 240 milliards de contribution américaine et jusqu’à 270 milliards de ressources camerounaises. Il vise les laboratoires, la surveillance épidémiologique et l’approvisionnement pharmaceutique, sans financement établi pour le projet présenté à l’AmCham.
Fiscalité, formalités et visas : les obstacles
Le 22 octobre, des participants ont évalué à 15 000-20 000 dollars l’installation d’un investisseur étranger, sans détailler les coûts. Ils ont aussi signalé les déclarations trimestrielles obligatoires, même sans activité, et des lois difficiles à appliquer faute de textes réglementaires. Le guide du département américain du Commerce (10 avril 2026) cite, au Cameroun, fiscalité complexe, lenteurs administratives, marchés publics difficiles d’accès et retards de paiement de l’État.
Les difficultés d’obtention de visas américains ont été soulevées ; l’ambassade a rappelé les règles migratoires américaines. L’AmCham recommande une expertise locale dès la préparation des projets. Restent à définir pour le projet pharmaceutique : partenaires publics, contrats, financement des équipements et organisation des diagnostics.
Ludovic Amara
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