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Paul Biya: le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale aux conséquences dramatiques”

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Paul Biya: le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale aux conséquences dramatiques”
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DISCOURS DE S.E.M. PAUL BIYA, PRÉSIDENT ÉLU DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

À l’occasion de la prestation de serment.

Yaoundé, le 06 novembre 2025

Allocution d’ouverture et remerciements

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Vice-Président du Sénat,

Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames,Messieurs,

Chers compatriotes,

Je voudrais avant toute chose, remercier Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, pour ses mots aimables de bienvenue et ses encouragements.

Je vous sais gré, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, de l’accueil chaleureux que vous avez bien voulu me réserver en cette occasion solennelle, dans ce magnifique hémicycle.

Je tiens à exprimer ma très profonde gratitude au Peuple camerounais qui, une fois de plus, a décidé de m’honorer de sa confiance. Celle-ci m’a toujours été et me sera encore, assurément, d’un précieux soutien, au cours de ce nouveau mandat.

Je tiens à le dire de la manière la plus solennelle qui soit. Je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance. Quelles que soient les circonstances. Quelles que soient les difficultés, les obstacles ou les défis.

Tel est le sens du serment que je viens de prêter devant le Peuple camerounais, que vous représentez.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Au moment de prendre mes fonctions, je mesure pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l’acuité des défis auxquels nous sommes confrontés. Je mesure la profondeur des frustrations, l’ampleur des attentes. Je mesure l’importance des responsabilités qui vont être celles du Président de la République.

Renouvellement d’engagement et appel à l’unité

Je voudrais, en cette occasion solennelle, renouveler devant vous un engagement que j’ai déjà pris par le passé, dans les mêmes circonstances. Celui de rester fidèle aux idéaux qui m’ont guidé depuis mon accession à la Magistrature suprême.

Celui de me consacrer entièrement à la mission sacrée que Dieu Tout-Puissant et le Peuple camerounais souverain ont bien voulu me confier : celle d’œuvrer, sans relâche, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère.

Il s’agit, je le sais et vous le savez, d’une tâche lourde. Mais il s’agit d’une tâche exaltante, quand on a à cœur l’amour et les intérêts de son peuple.

Cette tâche, mes chers compatriotes, n’est pas insurmontable, surtout lorsque l’on bénéficie du soutien indéfectible de son peuple. A chaque échéance électorale, vous me témoignez de ce soutien. Vous l’avez fait, une fois de plus, de manière claire et incontestable, lors du scrutin du 12 octobre dernier.

· Camerounaises et Camerounais, de l’intérieur comme de la diaspora,

En ce jour où j’entame un nouveau mandat, de par la volonté de Dieu et du Peuple camerounais souverain, je voudrais tendre la main à tous et à chacun. Nous devons, ensemble jeter les bases d’un avenir encore plus prometteur pour notre cher et beau pays, notamment pour notre jeunesse. Nous avons certes beaucoup accompli. Mais nous avons encore tant à réaliser, ensemble, pour nous même, mais aussi pour les générations futures.

J’en appelle donc à l’union sacrée. Joignez vous à moi, pour que nous puissions, ensemble, dans la paix et la concorde, relever les formidables défis auxquels notre pays est confronté.

Je vous invite, tous, à prendre part à ce combat salutaire. Les joutes de l’élection présidentielle sont derrière nous. L’heure est désormais au rassemblement. Ce pays est notre patrimoine commun. C’est notre bien le plus précieux. Nous devons le construire, le solidifier, le moderniser et non le détruire. Assez de ces discours de haine qui inondent l’espace public, et tout particulièrement les réseaux sociaux.

Écoute et projet de société

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Le projet de société, dont je suis porteur, vous a été exposé et expliqué, de long en large, pendant la campagne électorale qui vient de s’achever.

A cette occasion, comme lors des consultations stratégiques qui se sont déroulées au Palais de l’Unité, mes équipes et moi-même avons également veillé à écouter les doléances des Camerounais vivant à l’intérieur du pays, comme ceux vivant à l’Etranger.

Nous avons entendu leurs préoccupations, leurs frustrations, leurs doléances, mais aussi leurs aspirations, leurs attentes, leurs espérances et leurs suggestions.

Ces échanges féconds nous serviront assurément de boussole, pour guider notre action présente et future.

Priorités : Jeunesse et Femmes

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Ainsi que j’ai eu l’occasion de vous le dire, la situation des jeunes et des femmes sera au cœur de mon action tout au long de ce septennat.

L’un des principaux objectifs que je me suis fixé à cet égard est de promouvoir une meilleure responsabilisation et une meilleure protection des jeunes et des femmes.

Ainsi que vous le savez, des efforts méritoires ont été déployés ces dernières années en faveur de la jeunesse, tels que: la construction de nombreuses infrastructures scolaires et universitaires, la promotion de la scolarisation des jeunes, la professionnalisation des enseignements, la création de nouvelles opportunités d’emplois en faveur des jeunes.

Nous allons intensifier ces efforts, en veillant à ce que les jeunes et les femmes bénéficient d’une protection accrue dans les milieux scolaire et professionnel, mais aussi en dehors de ceux-ci, pour pouvoir s’épanouir pleinement.

Les métiers et autres activités attirant tout particulièrement les jeunes filles et les femmes bénéficieront d’un plus grand soutien de l’Etat, notamment au plan financier.

Sur un autre plan, ayant été saisi à cet égard, par les jeunes, qui en étaient fort préoccupés, je viens d’ordonner la reprise des études doctorales dans les universités, au cours de cette année académique.

J’ai également décidé de la relance des concours d’entrée dans les Ecoles Normales Supérieures.

Plan spécial pour l’emploi des jeunes

· Mes chers compatriotes

· Mesdames et Messieurs

J’envisage de mettre en œuvre, dès les premiers mois de ce septennat, un plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les axes principaux seront les suivants :

Premièrement, la mise en place de facilités administratives et fiscales pour les entreprises privées avec en contrepartie, l’obligation pour celles-ci, de recruter les jeunes.

Deuxièmement, le renforcement des mécanismes d’encadrement et d’accompagnement des jeunes, dans la conception, la mise en œuvre et le financement de leurs projets. Ceci se fera en liaison avec les banques locales et les bailleurs de fonds internationaux.

Troisièmement, la promotion du développement d’entreprises dans les secteurs à fort potentiel de création d’emplois, à l’instar du numérique, des mines, de l’agriculture et des services.

Quatrièmement, dès le prochain exercice budgétaire, une proportion du budget d’investissement de l’Etat sera consacrée à la réalisation de travaux à haute intensité de main d’œuvre, au profit des jeunes sur toute l’étendue du territoire. Ceci se fera en lien avec les Collectivités Territoriales Décentralisées et les associations.

La réussite de ce plan sera facilitée, j’en suis persuadé, par le courage, l’ingéniosité et l’inventivité dont nos jeunes compatriotes savent si souvent faire preuve.

Autres priorités du septennat

· Mes chers compatriotes,

· Mesdames et Messieurs,

Soucieux d’apporter des réponses appropriées aux préoccupations des populations, nous veillerons, au cours de ce septennat, à accélérer la réalisation des projets en cours dans différents secteurs stratégiques tels que l’énergie, l’hydraulique, les infrastructures routières et la santé publique.

Il va sans dire que les efforts engagés dans la lutte contre la corruption seront intensifiés.

Nous devrons également, soumettre au Parlement, certaines réformes permettant un fonctionnement plus efficient de l’Etat, grâce à une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement.

Défis sécuritaires et appel au dialogue

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous le savez, notre pays est confronté depuis des années à un certain nombre de défis sécuritaires.

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de l’Extrême-Nord, des groupes terroristes, dont certains viennent de pays voisins, ont longtemps semé la mort et la destruction.

Grâce à l’action efficace de nos Forces de défense et de sécurité, dont je voudrais une fois de plus saluer le professionnalisme, de même qu’à l’engagement courageux de nos vaillantes populations, la situation générale s’est nettement améliorée. Les efforts de reconstruction menés par le Gouvernement, avec le soutien de nos partenaires internationaux, consolident peu à peu un retour progressif à la normale.

Ces efforts vont se poursuivre, inlassablement.

J’invite à cet égard les chefs traditionnels, les élites et les forces vives des régions affectées, à s’engager plus qu’avant, dans la sensibilisation des membres des groupes armés, afin qu’ils saisissent la main tendue du Gouvernement et déposent les armes.

Ce dialogue communautaire pourrait être mené en collaboration avec les Autorités administratives et favoriser le retour de ces jeunes en déshérence vers leurs communautés respectives, après leur nécessaire passage au sein du Programme de DDR.

Je voudrais, une fois de plus, mettre en garde, ceux des membres de ces groupes armés qui persisteront à poursuivre leurs activités criminelles, contre les conséquences dramatiques de leur obstination.

Je remercie les pays amis qui ont commencé à traquer et à traduire en justice les commanditaires de ces actes criminels qui se terrent sur leurs territoires. J’encourage ceux de nos partenaires qui ne l’ont pas encore fait, à leur emboîter le pas et à agir contre ces terroristes, qui incitent impunément à la violence contre nos innocentes populations à partir de leurs pays.

Le terrorisme est un fléau international qui doit être combattu vigoureusement partout où il montre son visage hideux.

Évaluation du processus électoral et appel au calme

· Camerounaises, Camerounais,

· Mes chers compatriotes,

L’élection présidentielle qui vient de s’achever porte témoignage de la grande maturité du Peuple camerounais et de son attachement viscéral à la démocratie.

Pendant le temps de la campagne électorale, voire avant l’ouverture de celle-ci, les Camerounaises et les Camerounais ont librement débattu. Ils ont souvent avec passion, mais toujours de manière pacifique et responsable, confronté leurs idées, leurs programmes et leurs ambitions.

Le scrutin en lui-même, entièrement financé par le budget de l’Etat, a été organisé et s’est déroulé de manière satisfaisante, de l’avis même des observateurs internationaux.

Je voudrais à cet égard, féliciter chaleureusement l’organe en charge des élections. Une fois encore, ELECAM a pu relever ce formidable défi, dans un contexte qui n’était pas toujours facile.

Je voudrais également saluer l’attachement de l’immense majorité du Peuple camerounais à la paix et au vivre-ensemble.

Cette paix a malheureusement été perturbée par des troubles survenus après le scrutin, en raison de l’attitude de certains politiciens irresponsables.

Dans diverses localités, des scènes de pillage et de vandalisme d’une violence inouïe ont été observées. Il en a résulté des incendies, des destructions de biens publics et privés, des attaques contre les forces de l’ordre et des pertes en vies humaines.

La situation a pu être maîtrisée grâce au courage, à l’abnégation et au professionnalisme des Forces de défense et de sécurité, qu’il me plaît de féliciter chaleureusement.

J’adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes et mes souhaits de prompt rétablissement aux blessés.

J’en appelle au sens des responsabilités des uns et des autres. Je m’adresse à tous ceux qui s’emploient à attiser la haine et la violence dans notre pays, notamment à certains de nos compatriotes de la diaspora.

Le Cameroun n’a pas besoin d’une crise post-électorale dont les conséquences pourraient être dramatiques, comme cela s’est vu sous d’autres cieux.

Conclusion ferme et engagement

· Mes chers compatriotes,

Il est de ma responsabilité de veiller à ce que l’ordre soit maintenu. Je puis vous l’assurer, l’ordre régnera. Le Cameroun continuera d’avancer.

Vive la République !

Vive le Cameroun!

Je vous remercie.

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois
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L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.

Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.

Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.

Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.

Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.

Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.

Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui
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Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).

Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.

L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.

Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.

Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.

La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.

UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE

Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.

Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.

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