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“ne venez pas bénir un régime qui tue son peuple” (LETTRE OUVERTE)

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“ne venez pas bénir un régime qui tue son peuple” (LETTRE OUVERTE)
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Le père jésuite camerounais Ludovic Lado a adressé une lettre ouverte solennelle à Léon XIV, en amont de la visite pastorale annoncée au Cameroun. Le religieux y exprime sa vive préoccupation sur le timing de cette venue religieuse, qualifiée de « délicate » alors que le pays traverse une crise post-électorale et morale profonde.

Dans son message, le père Lado rappelle que la dernière élection présidentielle, tenue le 12 octobre 2025, a été « entachée de fraudes massives » et a suscité violences, pertes en vies humaines et climat de défiance. Il critique la longévité au pouvoir de Paul Biya, âgé de 93 ans et à la tête de l’État depuis 43 ans, estimant qu’il cherche « à se maintenir encore sept années » au mépris des aspirations populaires.

L’auteur de la lettre souligne que la majorité des victimes des violences sont des jeunes « pauvres, désarmés, délaissés », privés aujourd’hui de vie, de dignité et de justice. Il interpelle ainsi le Pape pour que sa visite ne soit pas instrumentalisée à des fins politiques et appelle à un report de celle-ci « à un moment plus propice », lorsque paix, légitimité et réconciliation nationale seront restaurées.

« Lettre ouverte au Très Saint Père Léon XIV

Très Saint Père,

Je me permets de Vous adresser cette lettre dans un esprit de profonde déférence et de sincère amour filial, au nom des pauvres dont il est question dans la toute première exhortation de votre pontificat Dilexit te. Elle peut éclairer votre discernement.

J’ai appris avec joie que les préparatifs de Votre visite pastorale au Cameroun sont en cours. La venue du Successeur de Pierre est toujours une grâce immense pour le peuple de Dieu, comme ce fut le cas lors des visites de saint Jean-Paul II et du pape Benoît XVI.

Cependant, Très Saint Père, permettez-moi, dans un esprit de vérité et de responsabilité, d’exprimer une préoccupation qui habite de nombreux Camerounais attachés à la justice et à la paix. Le moment choisi pour une telle visite me semble particulièrement délicat.

Notre pays traverse une grave crise politique et morale. Les dernières élections du 12 octobre, entachées de fraudes massives, ont abouti au maintien au pouvoir d’un régime dont la légitimité est fortement contestée. Cette situation a engendré une crise postélectorale douloureuse, marquée par des violences, des morts et une répression sévère.

Il est également affligeant de constater que la plupart des fraudes électorales et des dérives sociales sont le fait de citoyens qui se réclament chrétiens, mais dont les actes contredisent l’Évangile de justice et de vérité. Les églises sont pleines le dimanche, mais la société demeure pleine de corruption, d’injustice et de violences qui crucifient les pauvres.

M. Paul Biya, dont le régime vient une fois de plus de violer la volonté du peuple qui avait porté son choix sur un autre candidat, est âgé de 93 ans et exerce le pouvoir depuis 43 ans.

Il cherche à se maintenir encore sept années supplémentaires, au prix de la vie de jeunes Camerounais tombés sous les balles. En effet, Très Saint Père, les dizaines de victimes recensées ont été tuées par des balles tirées sur des civils non armés par l’armée devenue une milice à la solde d’un homme, ce qui manifeste tragiquement le peu de souci accordé à la dignité de la vie humaine dans notre pays, surtout celle des plus pauvres. Ces drames déchirent nos consciences et appellent une parole prophétique de vérité et de compassion.

Dans la crise que traverse aujourd’hui le Cameroun, la quasi-totalité des manifestants tués sont des pauvres, ces jeunes désarmés et délaissés qui n’avaient pour seule arme que leur soif de justice et de liberté. Leur sang versé rappelle avec force que l’Évangile du Christ ne peut jamais être séparé du cri des opprimés.

Comme vous le rappelez dans la toute première exhortation apostolique Dilexit Te (DT), « l’affection envers le Seigneur s’unit à celle envers les pauvres » (DT 5). En écoutant ce cri, dites-vous encore, « nous sommes appelés à nous identifier au cœur de Dieu qui est attentif aux besoins de ses enfants, en particulier les plus démunis » (DT, 9).

Or, ce cœur de Dieu est aujourd’hui meurtri, car « sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ » (DT, 9). Le Cameroun est devenu le miroir tragique de cette parole : pendant que les pauvres meurent dans les rues, une élite vieillissante s’accroche au pouvoir et « vient grossir le nombre de ceux qui vivent dans une bulle de confort et de luxe, presque dans un autre monde par rapport aux gens ordinaires » (DT, 11).

Dans ce contexte, la venue du Saint-Père, si elle devait avoir lieu maintenant, risquerait d’être récupérée par un gouvernement illégitime en quête de respectabilité.

Or, Dilexit Te rappelle avec insistance que « l’option préférentielle de Dieu pour les pauvres » (DT 16) ne saurait être trahie par une proximité mal éclairée avec les puissants : « Ou même on choisit une pastorale des soi-disant élites, en soutenant qu’au lieu de perdre son temps avec les pauvres, il vaut mieux prendre soin des riches, des puissants et des professionnels afin qu’à travers eux l’on puisse parvenir à des solutions plus efficaces.

Il est facile de saisir la mondanité qui se cache derrière ces opinions : elles nous conduisent à regarder la réalité au moyen de critères superficiels et dépourvus de toute lumière surnaturelle, en privilégiant des fréquentations qui nous rassurent et en recherchant des privilèges qui nous arrangent » (DT, 114). C’est pourquoi, dans la fidélité à cette vision évangélique, il importe que la visite du Saint-Père ne soit pas instrumentalisée, mais demeure un signe prophétique en faveur des pauvres dont le cri monte chaque jour vers Dieu.

Très Saint Père, il convient aussi de préciser que le régime en place, dont les membres se sont enrichis de manière scandaleuse sur le dos des pauvres, n’hésitera pas à mobiliser des ressources considérables pour financer Votre visite, même si cela doit se faire au détriment
des écoles, des hôpitaux et des services essentiels à la population.

Tout sera mis en scène pour donner l’illusion d’un pays prospère et accueillant, mais derrière ces apparences se cache une réalité tragique : ces fonds proviennent du peuple appauvri, de ces mêmes pauvres pour lesquels il n’y a ni soins, ni emploi, ni avenir. C’est de l’argent pris aux pauvres d’un pays dont on se soucie peu, mais dont on exploite la misère pour soigner l’image du pouvoir.

Très Saint Père, les mains des membres du régime de Paul Biya que Vous serez amené à serrer pendant Votre visite au Cameroun, comme celles d’Hérode et de Pilate, sont entachées du sang de pauvres Camerounais, victimes de la répression politique.

Comment pourrions-nous oublier les milliers de nos frères et sœurs qui ont péri dans le cadre de la crise anglophone, une tragédie nationale qui, jusqu’à ce jour, n’a toujours pas trouvé d’issue juste et durable ? Ces blessures béantes appellent non pas des gestes diplomatiques, mais une parole de vérité et un accompagnement sincère vers la paix.

Dans un tel contexte, une visite papale, si elle devait avoir lieu maintenant, risquerait d’être interprétée comme une forme implicite de caution donnée à un pouvoir discrédité et illégitime.

C’est pourquoi, Très Saint Père, avec tout le respect et la loyauté que je Vous dois, je me permets de Vous suggérer de reporter cette visite à un moment plus propice, lorsque le Cameroun aura retrouvé un climat de justice, de paix et de réconciliation, avec des autorités légitimes.

Le Cameroun a aujourd’hui davantage besoin d’une médiation de paix dans la vérité et la justice, et en cela, la Communauté de Sant’Egidio pourrait être d’un grand secours. Une telle initiative, soutenue par le Saint-Siège, pourrait ouvrir une voie de dialogue sincère entre les parties et aider notre nation à sortir de cette impasse historique. Une fois la crise apaisée et les cœurs réconciliés, votre visite serait alors accueillie dans un climat de paix et de joie véritablement évangélique.

Je suis conscient, Très Saint Père, que ces paroles peuvent m’exposer à des risques, mais je me sens habité par le devoir de dire la vérité, même lorsqu’elle peut me coûter la vie.

Mais une vie consacrée est une vie déjà donnée.
Je Vous confie cette intention dans la prière, en Vous remerciant pour Votre sollicitude pastorale et Votre témoignage de foi. Que Dieu continue de bénir Votre ministère pétrinien et qu’Il veille sur le Cameroun dans ces temps d’épreuve et sur toute l’humanité souffrante.

Veuillez agréer, Très Saint Père, l’expression de mes sentiments les plus filiaux et respectueux ».

P. Ludovic Lado, S.J.
Prêtre jésuite camerounais
Harvard University

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appel à la démission à Times Square

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appel à la démission à Times Square
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Gianni Infantino est désormais au cœur d’une contestation qui dépasse les coulisses du football. À New York, les célèbres écrans géants de Times Square ont affiché des messages réclamant ouvertement la démission du président de la Fifa. Une campagne symbolique qui illustre l’ampleur de la polémique autour du dirigeant suisse, dont plusieurs projets suscitent une vive opposition au sein du football mondial.

Sur l’un des panneaux, le message est particulièrement direct : « La Fifa mérite un leader, pas un dealer ». Un autre rappelle que « le football est le meilleur sport du monde », avant de cibler directement Infantino. Aux alentours de 18 heures, des personnes mobilisées autour de Times Square ont également scandé un mot d’ordre sans ambiguïté : « Dégagez Infantino », accompagné du hashtag #InfantinoOut.

Un projet de Coupe du monde qui fait grincer des dents

Cette fronde intervient alors que Gianni Infantino est confronté à une importante levée de boucliers autour d’un projet particulièrement controversé. Selon les éléments révélés fin juillet, le président de la Fifa aurait envisagé de créer une société commerciale dédiée à la Coupe du monde, avec l’idée d’ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs.

Une perspective qui a immédiatement suscité des inquiétudes chez plusieurs acteurs majeurs du football. Pour ses détracteurs, une telle évolution pourrait modifier profondément la gouvernance et le fonctionnement économique de la compétition phare de la Fifa.

L’UEFA a rapidement affiché son opposition. Son président, Aleksander Čeferin, s’est montré particulièrement ferme face à cette initiative. La confédération européenne n’est d’ailleurs pas seule à exprimer ses réserves : la Concacaf et l’AFC ont également fait entendre leur voix, formant un front de plus en plus critique à l’égard du président de la Fifa.

Infantino conserve toutefois de solides appuis

Malgré cette contestation, Gianni Infantino est loin d’être isolé. Le dirigeant suisse peut notamment compter sur le soutien de la Conmebol et de la CAF, deux confédérations dont l’appui pourrait peser lourd dans la perspective de la prochaine élection présidentielle de la Fifa, prévue en mars prochain.

Le rapport de force est donc loin d’être joué. D’un côté, plusieurs confédérations dénoncent une orientation jugée trop commerciale et craignent une transformation profonde du modèle de la Coupe du monde. De l’autre, Infantino dispose encore de soutiens importants pour défendre sa vision et préserver ses ambitions à la tête de l’instance mondiale.

De Zurich à New York, la contestation gagne du terrain

L’apparition de ces messages à Times Square donne surtout une nouvelle dimension à la polémique. Même si l’opération a été rendue possible grâce à l’achat d’espaces publicitaires, son impact symbolique est considérable : le nom d’Infantino se retrouve désormais associé à une campagne publique réclamant son départ, jusque dans l’un des lieux les plus médiatisés de la planète.

À quelques mois d’une échéance électorale majeure, cette séquence vient donc fragiliser davantage l’image du président de la Fifa. Entre opposition des confédérations, controverse autour de la commercialisation de la Coupe du monde et mobilisation de certains supporters, Gianni Infantino traverse une période où chacune de ses décisions est scrutée de près.

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à 33 ans, Aboubakar Dewa intronisé chef du village Lewa Moussa

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À 33 ans, Aboubakar Dewa succède à son père à la tête de la chefferie de Lewa Moussa, dans l’Adamaoua. La cérémonie d’intronisation s’est tenue au Lamidat de Ngaoundéré, marquant officiellement son accession au trône.

Désigné à l’issue des consultations d’usage en avril 2022, Aboubakar Dewa prend la succession de Bia Hamadjam, décédé après 52 années de règne. Doctorant en histoire politique et relations internationales, le nouveau chef est également président du Conseil national de la jeunesse de l’Adamaoua et membre du Comité de coordination de la CONAC.

Lors de la cérémonie rituelle, marquée par la remise du turban, le Lamido de Ngaoundéré, Sa Majesté Mohamadou Hayatou Issa, a exhorté le nouveau chef à œuvrer au respect des us et coutumes ainsi qu’à la préservation du territoire de Lewa Moussa, localité située sur l’axe Ngaoundéré-Tibati et forte de plus de 50 000 habitants.

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le pont sur le Mayo Palar sera construit après des années de drames

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le pont sur le Mayo Palar sera construit après des années de drames
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Les travaux de construction du pont sur le Mayo Palar, sur l’axe Maroua-Mora, devraient démarrer dans les prochains jours. L’annonce a été faite par le préfet du Diamaré, Jean-Marc Ekoa Mbarga.

Sur instruction du ministre des Travaux publics, le préfet a reçu l’entreprise Sinohydro, chargée de réaliser l’ouvrage. Une nouvelle très attendue pour les usagers de cet axe. En saison des pluies, la montée rapide des eaux rend la traversée du Mayo Palar particulièrement dangereuse.

Au fil des années, des personnes et des véhicules ont été emportés par les eaux, causant plusieurs décès. La construction de ce pont devrait ainsi apporter une réponse durable à un problème qui endeuille régulièrement des familles.

En effet, le pont de Palar est tristement surnommé « le pont de la tragédie », à Maroua. Le dernier drame en date remonte au dimanche 30 août 2026. Un conducteur d’environ 30 ans, identifié comme Boubakary, a été emporté par les eaux alors qu’il nettoyait son véhicule.

Après une glissade, il s’est retrouvé bloqué sur les pierres. La montée soudaine des eaux l’a finalement emporté. Alertés, les sapeurs-pompiers ont mené près de trois heures de recherches, sans retrouver son corps.

En cinq ans, le pont sur le Mayo Kaliao aurait déjà fait une vingtaine de morts.

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