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Akere Muna demande à Paul Biya de s’inspirer de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf

En effet, le 21 mars 2020, Abdou Diouf avait reconnu sa défaite à l’élection présidentielle sénégalaise. La victoire de son adversaire Abdoulaye Wade marquait la fin du monopole du Parti socialiste depuis l’indépendance du pays en 1960. Abdou Diouf, 64 ans, assumait la présidence sans interruption depuis 1981. Son rival libéral en était à sa cinquième campagne présidentielle. Il a estimé qu’il était parvenu enfin au pouvoir après 40 de lutte contre le système socialiste sénégalais mis en place par Léopold Senghor.
Lire ici le texte de Akere Muna :
« L’illusion de la victoire possible du Taureau
En ce moment critique, les maîtres du régime sont enfermés dans l’illusion du taureau qui croit à une victoire possible. La tête la première, ils chargent, trafiquant les résultats du scrutin et répandant le mythe de la force inébranlable du sortant dans les zones rurales – ces mêmes zones où la population souffre le plus, mais qui sont paradoxalement dépeintes comme remplissant allègrement les poches de leurs oppresseurs.
Mais ce régime est le taureau, chargeant aveuglément dans une arène qui ne lui appartient plus. L’arène est désormais remplie par la masse silencieuse et déterminée du peuple, qui a parlé ouvertement et fortement pour le changement. Il est uni, au-delà de l’ethnie, de la religion ou du parti, et attend une nouvelle aube.
Alors que les jours passent, la nation, l’Afrique et le monde retiennent leur souffle, espérant que le président sortant saura s’inspirer d’une page du livre de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf. Ce geste unique de reconnaissance de la volonté du peuple est devenu la boussole qui guide le Sénégal jusqu’à ce jour – un héritage de dignité qui résonne à travers l’histoire.
Après 43 ans d’endurance, le peuple observe, se demandant si le cœur de Diouf peut être cloné. Le taureau, dans sa charge finale et désespérée, ne voit que la cape rouge de sa propre illusion, et non les matadors du destin qui attendent sa chute. »
Le bâtonnier Akere Tabeng Muna, coordonnateur du Mouvement NOW.
NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.
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Magil engage un deuxième recours contre l’État du Cameroun à Paris dans son litige avec Razel

(Investir au Cameroun) – Le contentieux entre Magil Construction Corporation et Razel s’étend désormais directement à l’État du Cameroun. Magil a introduit le 9 février 2026 devant la Cour d’appel de Paris un second recours en annulation contre la sentence arbitrale qui l’a condamnée à verser environ 35 millions de dollars canadiens à Razel-BEC et Razel Cameroun. Contrairement au premier recours, dirigé contre les deux sociétés Razel, cette procédure vise la République du Cameroun.
Le différend porte sur des contrats liés à trois chantiers au Cameroun : la réhabilitation et l’extension du stade de la Réunification de Bépanda à Douala, la pénétrante Est de Douala avec le second pont sur la Dibamba, et le complexe sportif d’Olembé à Yaoundé.
Enregistrée sous le numéro RG 26/02492, cette procédure s’ajoute au recours formé par Magil le 9 septembre 2025 contre Razel-BEC et Razel Cameroun, sous le numéro RG 25/15626. Les deux actions concernent la même sentence, rendue le 18 août 2025 sous l’égide de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI).
Dans une ordonnance du 18 juin 2026, la Cour d’appel de Paris a refusé de joindre les deux procédures. Magil demandait leur regroupement en soutenant qu’elles concernaient la même sentence, reposaient sur les mêmes faits et rapports contractuels et mobilisaient les mêmes moyens d’annulation.
Au cœur du contentieux figure la place de l’État camerounais dans les contrats à l’origine du différend. Selon l’ordonnance, Magil soutient qu’elle n’est pas partie aux clauses compromissoires sur lesquelles le tribunal arbitral a statué et que le Cameroun serait, lui, lié par ces clauses, soit comme signataire, soit par extension.
Le Cameroun revendique sa qualité de tiers
La particularité du second recours tient au fait que la République du Cameroun n’était pas partie à l’arbitrage ayant abouti à la sentence du 18 août 2025. Cette procédure opposait Magil aux seules sociétés Razel.
Devant la justice française, le Cameroun ne s’est pas opposé à la demande de jonction. Dans un courrier du 28 mai 2026, l’État a indiqué partager, « à ce stade », la position de Magil et s’associer à sa demande.
Il a toutefois annoncé qu’il entendait faire reconnaître sa qualité de tiers aux procédures d’annulation et demander la fixation d’une audience d’incident. L’ordonnance indique également que Magil avait pris acte de l’intention du Cameroun de soulever un incident d’irrecevabilité du recours formé à son égard.
Cette question a contribué au maintien des deux affaires séparées. La magistrate chargée de la mise en état relève que le second recours soulève des questions juridiques propres, notamment l’incident annoncé par le Cameroun sur sa qualité de tiers. Elle constate également que les sociétés Razel ne sont pas parties au second recours et qu’elles ne consentent pas à la jonction. La demande de Magil a donc été rejetée.
L’exécution de la sentence suspendue au Québec
Le contentieux se déroule parallèlement au Canada. Razel-BEC et Razel Cameroun ont saisi la Cour supérieure du Québec le 16 septembre 2025 pour obtenir la reconnaissance et l’exécution de la sentence arbitrale, qui condamne Magil à leur verser environ 35 millions de dollars canadiens.
Le 7 avril 2026, la juridiction québécoise a suspendu cette procédure à la demande de Magil jusqu’au jugement final de la Cour d’appel de Paris, ou d’une juridiction supérieure compétente, sur la demande d’annulation. Elle a en contrepartie ordonné à Magil de constituer un cautionnement de 3,5 millions de dollars canadiens et de le maintenir pendant la durée du sursis.
L’ordonnance parisienne du 18 juin ne statue ni sur la validité de la sentence ni sur les arguments de fond de Magil. Elle tranche uniquement la demande de jonction. La sentence du 18 août 2025 fait donc toujours l’objet de deux procédures distinctes à Paris : l’une entre Magil et les sociétés Razel, l’autre dirigée contre la République du Cameroun, qui revendique sa qualité de tiers.
Amina Malloum
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