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LUC MESSI ATANGANA : « Mon objectif est d’œuvrer de manière significative à la modernisation de Yaoundé »

Défis Actuels : Monsieur le Maire de la ville de Yaoundé, quelles ont été les principales priorités de la Communauté urbaine de Yaoundé sous votre leadership ces dernières années ?
LUC MESSI ATANGANA: A mon arrivée à l’Hôtel de ville de Yaoundé en mars 2020, l’assainissement de la capitale s’impose comme une urgence, dans la mesure où elle doit afficher fière allure à l’occasion de la CAN 2021 que notre pays a accueilli en janvier 2022. Le temps était compté, et il fallait vite s’y mettre et bien faire, le tout dans un contexte de crise sanitaire liée à la Covid-19, avec toutes ses restrictions que nous avons connues. A ce moment-là, les autres priorités concernaient les voiries, la mobilité urbaine, l’éclairage public, la lutte contre le désordre urbain et l’embellissement de la ville. Nous avions alors mené plusieurs actions allant dans ce sens pour le résultat que tout le monde a vu pendant ce grand rendez-vous sportif. La CAN passée, les priorités n’ont pas changé du moment que l’aménagement de la cité n’est pas seulement lié à l’organisation d’un événement.
Après la révision du Plan directeur d’urbanisme de la ville de Yaoundé en 2022, nous avons constaté le besoin criard d’orienter nos efforts principalement sur l’aménagement des voiries, l’amélioration de la gestion des ordures, la construction des infrastructures marchandes ou l’extension du réseau d’éclairage public. Ce sont ces priorités qui guident les actions de la Communauté urbaine depuis 2022, sans que pour autant ne soient négligées les autres missions à nous dévolues comme le bon ordre urbain, la mobilité urbaine, l’embellissement de la ville, entre autres.
Défis Actuels : Yaoundé connait une forte croissance démographique. Quels sont vos plans pour encadrer cette urbanisation rapide tout en assurant un développement harmonieux de la ville ?
LUC MESSI ATANGANA: Mon objectif en tant que maire de la ville de Yaoundé est de contribuer de manière significative à la modernisation de ma ville. Pour y parvenir, il est important de connaître chaque facteur de développement et maîtriser tous les atouts et freins à ce développement. C’est dans ce cadre que nous avons mené le processus de révision du Plan directeur d’urbanisme de la ville de Yaoundé (PDU), dont le précédent est arrivé à échéance en 2019.
Nous avons constitué une base de données actualisée sur la croissance démographique, les besoins actuels et futurs de la population, les moyens à mettre en œuvre pour un urbanisme durable, la répartition de Yaoundé en zones spécifiques avec des nouvelles zones industrielles, des zones pour l’agriculture urbaine, etc. Bien plus, nous avons matérialisé sur une carte l’ensemble des projets que nous avons pour la ville, en prenant en compte l’évolution de la population et ses besoins. Autrement dit, le développement de la ville de Yaoundé est planifié jusqu’en 2035, dans un document que nous appelons le Plan directeur d’urbanisme. Ce plan est adossé aux objectifs de la Stratégie nationale de développement.
Défis Actuels : La circulation et les embouteillages restent un défi quotidien pour les habitants. Quelles sont les solutions mises en œuvre pour améliorer la mobilité urbaine ?
LUC MESSI ATANGANA : La Communauté urbaine de Yaoundé a mené une étude en 2019 sur la mobilité dans la ville de Yaoundé. Le résultat de cette étude est contenu dans un document guide dénommé le Plan de mobilité urbaine soutenable (PMUS). Ce document présente un état de lieu précis sur la question de la mobilité dans la ville et comporte cinq projets dont la mise en œuvre d’ici 2030 devra considérablement améliorer la mobilité dans la ville de Yaoundé. Parmi ces projets, nous pouvons notamment citer Yaoundé cœur de ville, dont j’ai lancé les travaux le 11 juin dernier.
Ce projet à lui seul comporte plusieurs sous-projets qui, à terme, devront réduire de manière considérable les embouteillages au centre-ville. Il prévoit en sa composante travaux structurants, quatre projets dont la reconstruction des carrefours Mvan et Elig-Effa, la démolition et la reconstruction d’une gare routière moderne à Messa (Mokolo) et la construction d’une gare routière moderne à Mvan. Dans sa composante aménagements légers, le projet prévoit la reprise des chaussées et l’assainissement, la construction des trottoirs, l’installation de feux de signalisation, la matérialisation de traversées piétonnes et l’implantation d’arrêts pour les taxis collectifs. Il prévoit également la construction des carrefours Awaé escalier, sous-manguier, entrée Beac Mvan et le réaménagement de trois terminus du réseau de transport artisanal urbain.
Au projet Yaoundé cœur de ville s’ajoute le projet du Bus Rapid Transit (TransYaoundé) ou encore le BRT. Ce projet est né du constat selon lequel avec une population de 4 millions d’habitants, la mobilité reste un véritable challenge dans la ville de Yaoundé, où le système de transport reste artisanal et composé de taxis, de motos et de minibus. Ce système est coûteux, très polluant et peu efficace sur la durée. C’est pourquoi nous misons depuis quelques années sur la mise en œuvre du BRT, le nouveau système de transport pour une mobilité plus efficace, moderne et écologique. Le BRT est un système de transport basé sur des bus électriques à forte capacité. Il reliera la plateforme multimodale d’Olembé à Ahala, sur près de 22 km, en desservant 28 stations et de nombreux lieux importants au centre-ville. Des extensions sont envisagées dans une deuxième phase, au nord de la ville vers Akak et au sud avec une branche Mvan-Odza.
Le projet est en phase de démarrage, et bénéficie du financement conjoint de l’Union européenne et de l’AFD, pour une mise en service d’ici 2028. Nous avons également le projet Mobilité verte à Yaoundé (Move Yaoundé). Comme son nom l’indique, ce projet lancé en janvier 2024 vise l’amélioration de la mobilité à Yaoundé à travers trois actions : la refonte du centre-ville par l’aménagement des corridors verts (plantation d’arbres et de fleurs) ; la modernisation du transport en commun informel (le transport par mototaxis et taxis) et l’amélioration de la mobilité piétonne à Yaoundé. Le projet est sur les rails.

La Communauté urbaine de Yaoundé s’étant récemment dotée d’une cellule de la mobilité urbaine, celle-ci bénéficie de l’accompagnement technique de la GIZ pour la mise en œuvre de Move Yaoundé. Ses actions ont démarré avec le recensement des taxis dans la ville en vue de leur professionnalisation. MoVe Yaoundé est cofinancé à hauteur de 4,5 milliards de FCFA par l’Union européenne, le gouvernement allemand à travers son agence de coopération la GIZ, et la France à travers l’AFD. Le projet devra s’exécuter sur quatre ans, et ses actions s’imbriquer dans le sillage de la mise en œuvre du BRT.
Défis Actuels : Concernant la mobilité urbaine, la ville de Yaoundé envisage-t-elle la mise en place d’un système moderne de bus pour soulager l’inconfort des populations obligées d’emprunter des moyens précaires dans des conditions d’insécurité ?
LUC MESSI ATANGANA: Effectivement. Je l’ai déjà mentionné plus haut, le BRT est la solution sur laquelle nous travaillons actuellement à la Communauté urbaine de Yaoundé, afin d’améliorer la mobilité urbaine dans notre ville. Nous sommes en train de préparer le début de la mise en œuvre du Bus Rapid Transit de Yaoundé qui, contrairement aux autres expériences en matière de bus urbain qu’a connues Yaoundé, mise sur sa rapidité, sa fiabilité et son accessibilité. Le BRT aura pour ce faire une ligne spécialement dédiée, qu’elle ne partagera pas avec les autres automobilistes. L’objectif est qu’un bus stationne toutes les trois minutes sur les 28 stations que comptera la ligne. Ces stations seront sécurisées de sorte à garantir la sécurité des usagers aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des bus.
Défis Actuels : En matière de logements, quelles initiatives la mairie soutient-elle pour répondre à la crise ?
LUC MESSI ATANGANA: La Communauté urbaine de Yaoundé encourage la construction des logements décents dans la ville. A défaut d’avoir des moyens considérables pour investir dans ce domaine, nous encourageons ceux qui s’y lancent à travers la facilitation de l’octroi des permis de construire et des certificats d’urbanisme, tout en étant rigoureux dans leur délivrance.
Défis Actuels : Quelles sont les grandes infrastructures en cours ou à venir qui changeront le visage de Yaoundé dans les prochaines années ?
LUC MESSI ATANGANA : Yaoundé est une ville en chantier. De nombreux projets y sont menés, aussi bien par des particuliers que par les pouvoirs publics. Au niveau de la Communauté urbaine, en dehors des projets cités plus haut, le Projet complémentaire d’assainissement de Yaoundé et le projet de piétonisation et de verdissement de l’avenue Kennedy donneront inéluctablement un visage plus reluisant au centre-ville. Si le premier apportera une solution définitive au problème d’inondation à partir d’Elig-Essono jusqu’à la voirie municipale en passant par l’Avenue Kennedy, le deuxième fera de cette avenue un lieu plaisant, fleuri et sécure, avec des cafés et une circulation essentiellement piétonne. Nous menons ce projet de concert avec la Mairie de Paris. Si nous avons déjà présenté les projets Yaoundé cœur de ville, le Bus Rapid Transit et même Move Yaoundé, nous ne pouvons faire fi des projets menés par les autres entités étatiques et même par les privés. Par exemple, un nouveau quartier administratif se développe au quartier Etoudi avec plusieurs sièges d’administrations publiques en construction.
Défis Actuels : La question de l’assainissement urbain revient régulièrement dans l’actualité. Où en êtes-vous dans la mise en œuvre d’un éco- système efficace de gestion des déchets ?
LUC MESSI ATANGANA : Je voudrais d’emblée souligner que la gestion de l’assainissement urbain dans la configuration actuelle ne peut être une question essentiellement portée par les collectivités territoriales décentralisées. Elle nécessite une implication plus large des pouvoirs publics, car nécessitant d’important moyens financiers dont nous ne disposons pas toujours au niveau local. A la Communauté urbaine de Yaoundé, en plus d’avoir ouvert depuis 2022 le secteur de la collecte et du transport des ordures à la concurrence, avec l’arrivée de Thychlof sarl en appui à Hysacam, nous avons relevé le taux de couverture de collecte des ordures à travers la ville.
Pour ce qui est du traitement de ces déchets, nous sommes actuellement en pourparlers avec des investisseurs français et britanniques pour la mise en œuvre d’un projet de valorisation des déchets collectés. Le démarrage de ce projet permet de faire face à la saturation de la décharge de Nkolfoulou. Concernant justement les décharges, pour remédier à la saturation de Nkolfoulou, nous préparons un projet de construction d’une nouvelle décharge à Ongot dans l’arrondissement de Yaoundé 7e. Ce qui permettra aux entreprises de collectes d’être plus proches des décharges en fonction de leurs zones de couverture. Les travaux de la nouvelle décharge seront bientôt lancés. Nous restons ouverts à tous autres investisseurs intéressés par la gestion des ordures à Yaoundé. D’un autre côté, en ce qui concerne l’assainissement des déchets liquides précisément des boues de vidanges, nous avons doté Yaoundé de sa première station de traitement des boues de vidange à Etoa. Celle-ci permet à la ville de gérer de manière autonome ses boues de vidange. Nous avons, grâce à l’appui de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), formé et aidé à l’équipement des opérateurs privés du secteur de la vidange afin de moderniser l’activité. A son ouverture en 2021, la station de traitement de boue de vidange comptait 20 camions qui assuraient la navette des ménages pour le site. Aujourd’hui, grâce à la mise en place de cette station, le phénomène de vidange dans les caniveaux et sur les rues a considérablement réduit.
Défis Actuels : Quelles actions concrètes avez-vous menées pour l’éclairage public, l’accès à l’eau et la sécurité dans les différents quartiers de la capitale ?
LUC MESSI ATANGANA : A mon arrivée à la Communauté urbaine, comme je l’ai mentionné plus haut, l’éclairage public faisait déjà partie de mes priorités. Nous avons entretenu le réseau électrique existant, et l’avons même étendu. Tenez par exemple, le long du canal du Mfoundi, nous avons installés 238 lampadaires. De quoi illuminer toute la zone industrielle de Nsam et réduire l’insécurité ambiante dans ce secteur. Mais le bonheur n’aura duré que quelques mois, stoppé net par les actes de vandalisme subi par le réseau électrique. Nous avons déploré le vol des câbles électriques sur ces panneaux quelques mois après leur installation. Une déconvenue qui a accéléré la mise en œuvre du projet d’électrification de la ville par des lampadaires solaires. Cette alternative coûte moins cher. La première phase du projet a permis l’installation de plus de 1000 lampadaires solaires à travers la ville, partant d’Afanoyoa à Yaoundé 3 à Nkolkoumou dans l’arrondissement de Yaoundé 7, en passant par le centre-ville, Ngoa-Ekelle, Polytechnique, Bastos, Efoulan, Odza… Ces lampadaires en plus d’éclairer la ville, contribuent à la sécurité des populations. Parlant toujours de sécurité, nous avons construit et rétrocédé au Délégué général à la Sureté nationale 5 postes de police respectivement logés au carrefour Olezoa, au carrefour Coron, au carrefour Tsinga, au rond-point Bastos, au parcours Vita, ainsi qu’un édifice sis à Warda abritant la compagnie de sécurisation des établissements scolaires et universitaires. Des sites névralgiques de la ville où l’absence des forces de maintien de l’ordre à longueur de journée laissait le champ libre à toutes formes d’agressions et d’actes d’incivisme. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable, la ville de Yaoundé a bénéficié du Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs, du ministère de l’Eau et de l’Energie, dont les installations ont été mises en services en 2024. Ce projet dont la mission est de doter Yaoundé de 300 000m3 d’eau potable devrait de manière considérable résorber la question de l’accès à l’eau potable à Yaoundé. Nous avons travaillé avec les équipes du projet pour faciliter son déploiement à travers la ville.

Défis Actuels : Quelle est la place accordée à la culture, au sport et aux loisirs dans le projet de ville porté par la Communauté urbaine de Yaoundé ?
LUC MESSI ATANGANA : La culture, le sport et les loisirs contribuent tous à l’identité d’une ville. Certes nous ne dirons pas que nous allouons autant de moyens à la voirie qu’à la promotion du sport et des loisirs, mais pour nous, chacune de ces pratiques trouve sa place dans notre projet à la tête de la Communauté urbaine de Yaoundé. Nos actions en faveur de la culture, du sport et des loisirs se matérialisent davantage à travers le soutien que nous apportons aux associations et clubs, ainsi qu’aux festivals. Chaque année, les clubs de football de Yaoundé bénéficient du soutien financier de la mairie de la ville. La Communauté urbaine accompagne également les festivals écrans noirs et Yarha, et depuis deux ans déjà le festival Ongolaker. Nous organisons également le championnat de vacances Festifoot Y ongola. Notre action va au-delà de l’accompagnement, nous mettons aussi sur pied des aires de jeux pour les amateurs de sports. Nous avons construit à Yaoundé 4 sur la bande Collavino à Messamendongo une aire de jeux sécurisée et ouverte au public, dotée d’une tribune, un terrain de volley-ball et Basket Ball, ajustable pour le handball et le badminton, avec des vestiaires et des douches.
Défis Actuels : Comment œuvrez-vous pour dynamiser l’économie locale et soutenir les PME, artisans et commerçants de la ville ?
LUC MESSI ATANGANA: L’un des problèmes majeurs des artisans, commerçants et promoteurs d’entreprises est la disponibilité des espaces marchands où exposer et vendre leurs biens. Si l’accès à ces espaces peut être difficile pour plusieurs, à la Communauté urbaine, nous mettons tout en œuvre pour fournir, dans la limite acceptable de notre plan d’urbanisme, des espaces marchands pour tous. En l’espace de quatre ans, nous avons doté la ville de Yaoundé d’une bonne dizaine d’infrastructures marchandes, avec de milliers de boutiques et étals. Nous avons construit grâce à des partenariats public-privé un complexe commercial à Etoudi avec plus de 350 boutiques et 150 box de 4m2 ; nous avons construit sur 1,5 ha un nouvel espace de 250 boutiques et boxes et 2700 comptoirs au marché Mokolo, afin d’y caser les petits commerçants et les vendeurs à la sauvette qui pullulaient sur les artères du marché. Nous avons construit le marché Ongola au marché central, afin de recaser les vendeurs à la sauvette de l’Avenue Kennedy. Le nouveau marché moderne compte six blocs de bâtiments constitués de 200 boutiques 25 kiosques et 445 comptoirs. La liste est longue, nous pouvons rajouter les travaux d’extension du marché Essos, les espaces marchands de la plateforme multimodale d’Olembe…
Défis Actuels : La ville de Yaoundé accueille de nombreux évènements nationaux et internationaux. Comment capitalisez-vous sur cette attractivité pour en faire un levier de développement ?
LUC MESSI ATANGANA: Il faut le dire, la ville de Yaoundé attire. Nous sommes sollicités au quotidien pour plusieurs évènements qui se tiennent dans notre ville. Pour capitaliser sur cette attractivité, en plus des efforts que nous déployons au quotidien pour assurer l’hygiène et la salubrité de la ville, nous améliorons l’attractivité de la ville en la dotant d’espaces de détentes et de souvenirs. C’est dans ce cadre que nous avons conçu et construit le monument de l’Unité et le monument Patriote pour renforcer l’offre touristique de notre ville.
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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