Actualités locales
Franc CFA : Issa Tchiroma Bakary pour une souveraineté monétaire si le Cameroun “redevient prospère”

(Investir au Cameroun) – A quelques jours de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), a livré sur Équinoxe TV une position mesurée sur la question du franc CFA. Au delà des postures tranchées entre rupture immédiate et statu quo, il défend une approche de transition conditionnelle, subordonnant toute sortie de la monnaie commune à une relance productive capable d’en soutenir ce qu’il appelle “Le retour à la prospérité du Cameroun). Pour lui, la monnaie ne peut pas précéder la prospérité : elle doit en être le reflet.
Le candidat estime qu’une rupture précipitée risquerait de provoquer une dévaluation rapide, une flambée inflationniste et une perte de confiance des investisseurs. D’où sa proposition d’un maintien transitoire, le temps de reconstruire les bases productives du pays et de renforcer la capacité de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) à gérer une future monnaie autonome.
Cette vision est adossée à un plan économique détaillé dans son programme économique avec un objectif central précis : relancer la production nationale et diversifier les sources de devises afin de soutenir une souveraineté monétaire réelle. Tchiroma prévoit notamment une expansion agricole de grande ampleur, avec un million d’hectares irrigués et une montée en puissance des filières de transformation locale du cacao et du coton. Ces efforts visent à faire de l’agriculture non seulement un moteur social, mais surtout un générateur de devises durables, condition préalable à l’émission d’une monnaie nationale crédible.
Le second pilier de cette stratégie repose sur l’industrialisation. Dix zones économiques spéciales sont envisagées, réparties sur le territoire, pour attirer des investissements privés dans des secteurs comme la pétrochimie, le textile ou l’électronique. Ces zones bénéficieraient d’un cadre fiscal incitatif et d’infrastructures dédiées, dans l’esprit des modèles éthiopien ou marocain. En parallèle, une réforme du code fiscal pour plus d’incitations et un fonds souverain alimenté par les recettes pétrolières doivent renforcer les réserves nationales en devises.
Le troisième axe, transversal, concerne la modernisation numérique et les infrastructures. Tchiroma mise sur la fibre optique, la 5G et l’e-gouvernance pour stimuler la compétitivité, lutter contre la corruption et intégrer l’économie informelle à travers la finance mobile. Le développement des routes, de l’électricité et de la formation technique complète cette approche, qui vise à aligner emploi et production.
Toutefois, cette stratégie, aussi cohérente soit-elle sur le plan théorique, se heurte à des contraintes structurelles profondes. Le Cameroun fait face à une productivité agricole faible, à une industrialisation freinée par la lourdeur administrative et à un système fiscal encore peu incitatif pour l’investissement privé national.
La mise en œuvre d’un tel programme suppose une coordination institutionnelle forte et une capacité d’exécution rarement démontrée dans les grands projets publics. Les retards récurrents dans la réalisation des infrastructures, la lenteur des réformes et la fragilité du climat des affaires risquent de compromettre la vitesse et la profondeur de la relance annoncée.
Par ailleurs, l’ambition de bâtir une souveraineté monétaire sur la base d’un appareil productif en reconstruction pose la question du temps politique. Une stratégie étalée sur dix ans demande une stabilité gouvernementale, une cohérence budgétaire et une vision d’État qui dépasse le cycle électoral.
Dans un environnement où les priorités économiques changent au gré des contingences politiques, la continuité de l’effort productif reste incertaine. Le risque est donc que la promesse d’une sortie maîtrisée du franc CFA se transforme en horizon indéfiniment repoussé, faute d’atteindre les conditions de prospérité qui en constituent le préalable.
Idriss Linge
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l’élection de Geremi Njitap contestée devant la justice
L’élection de Geremi Njitap à la présidence du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) est désormais contestée devant la justice. Joslain Leonel Mayebi, membre du syndicat depuis 15 ans, a saisi les juridictions compétentes pour demander l’annulation de l’Assemblée générale élective tenue le 2 septembre 2026 à Douala.
À l’issue de cette assemblée, l’ancien international camerounais Geremi Njitap a été élu à la tête du SYNAFOC. Mais le scrutin est aujourd’hui au cœur d’un contentieux. Mayebi, soutenu par plusieurs délégués régionaux, dénonce notamment des irrégularités dans le processus électoral ainsi que leur exclusion du vote.
Dans un communiqué, Joslain Leonel Mayebi fait état de « violations répétées de nos statuts », d’« atteintes graves à notre liberté syndicale » et d’une « manipulation programmée du corps électoral ». Il affirme également vouloir engager une « bataille judiciaire ferme et résolue » pour obtenir le respect des règles régissant le fonctionnement du syndicat.
Les plaignants invoquent notamment le principe juridique Fraus omnia corrumpit, selon lequel la fraude corrompt tout. Avec l’appui du cabinet AKKUM AKKUM & Associates LLP, ils demandent à la justice d’examiner les conditions dans lesquelles l’Assemblée générale élective s’est déroulée et de se prononcer sur sa conformité aux statuts du SYNAFOC.
L’élection de Geremi Njitap se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer judiciaire. La suite de la procédure devra déterminer si les griefs soulevés par Joslain Leonel Mayebi et les autres contestataires sont fondés et quelles conséquences pourraient en découler pour le scrutin du 2 septembre.
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Samuel Eto’o visé par une plainte au Tribunal criminel spécial
Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o Fils, est visé par une plainte déposée au Tribunal criminel spécial (TCS). L’Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACAC), dirigée par Abdouraman Ahmadou Baba, affirme avoir saisi cette juridiction au sujet d’allégations de détournement de fonds.
Selon l’ACAC, cette plainte met en cause la gestion financière de la FECAFOOT et vise directement son président. L’association demande ainsi à la justice de se pencher sur les faits qu’elle dénonce et d’en déterminer la réalité ainsi que les éventuelles responsabilités.
Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la gouvernance du football camerounais. Elle vient ajouter un nouveau volet judiciaire aux nombreux différends qui opposent depuis plusieurs années certains acteurs du football à la direction de la FECAFOOT.
À ce stade, les faits dénoncés par l’ACAC constituent des allégations. Leur réalité, leur qualification juridique et les éventuelles responsabilités devront être établies par les autorités judiciaires compétentes.
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Le SPIC exige réparation de la part de Alamine Ousmane Mey

Le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC) via son président national Thierry Eba dans une déclaration publiée ce mardi 22 septembre 2026 demande réparation du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), suite aux dommages graves subis par les quatre journalistes gardés à vue dans des conditions dégradantes et déshumanisantes pendant près d’une semaine dans les geôles du commissariat central no1 à Yaoundé.
Par ailleurs le président du SPIC se réserve le droit d’engager des actions judiciaires au cas où les résultats des différents examens produits sur François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili ne donnent aucune suite favorable.
Le SPIC appelle, dès ce mardi, 22 septembre 2026 et ce jusqu’à nouvel ordre, tous les professionnels des médias à boycotter, systématiquement, tous les événements organisés par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). L’organisation syndicale réitère ses vives préoccupations quant à l’état de santé de ces quatre journalistes détenus arbitrairement dans des geôles sans respect des conditions d’hygiène et des normes prescrites en la matière au regard du Droit international.
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