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« L’histoire se souviendra-t-elle de nous ? » : Message d’Akere Muna aux candidats à la présidentielle 2025


« Je vous appelle maintenant, non pas en tant que concurrent, mais en tant que compatriote. Rencontrons-nous, pas demain, aujourd’hui », crie Akere Muna aux candidats de l’opposition.
Message d’Akere Muna aux candidats à l’élection présidentielle 2025
Camerounaise, Camerounais, chers frères, sœurs, chères filles et fils de cette grande nation meurtrie, regardez autour de vous, regardez ces routes qui s’effritent sous nos pas, nos villes transformées en poubelles à ciel ouvert, ces hôpitaux devenus des mouroirs faute de plateaux techniques adéquats, regardez ces écoles qui ne garantissent plus l’avenir de nos enfants, regardez dans les yeux des chômeurs, des désespérés, des laissés-pour-compte, ceci n’est pas le Cameroun de nos rêves, c’est le Cameroun de 42 ans de décomposition, c’est le Cameroun d’un homme de 92 ans qui ne peut même pas prétendre à nous gouverner.
Dans 27 jours, nous ne ferons pas que déposer un bulletin dans l’urne, nous rendrons un verdict, nous répondrons à une question unique et monumentale, choisissons-nous de rester dans cet abîme ou décidons-nous enfin de nous hisser vers la lumière. Pendant quatre décennies, un seul homme a tenu le destin de plus de 30 millions de personnes dans son entraîne qui faiblit chaque jour un peu plus.
Un régime construit non pas sur les espoirs de son peuple mais sur les piliers de la corruption, de la mauvaise gouvernance et du désespoir de ses populations. Un régime si enraciné qu’il croit que l’État est sa propriété personnelle et les élections une simple formalité. Et maintenant, à la onzième heure, alors que cette opportunité a un or pour le changement s’offre à nous, que voyons-nous ? Une opposition divisée.
On se voit qui crie dans des directions différentes pendant que la forteresse du régime se moque. La plus grande tragédie n’est pas la force du certain mais en fait la fragmentation suicidaire de l’opposition. La volonté populaire de cette nation réclame à corps et à cri d’unité.
Elle se plie pour un candidat sinon unique, tout au moins consensuel. Elle implore un consensus, aussi minimal soit-il, un front uni pour abattre la montagne de l’injustice et de l’oppression. En réponse à cette clameur l’ego triomphe de la nation.
L’ambition personnelle triomphe du salut du peuple. La chance d’une vie est gaspillée sur la question de qui dirigera pendant que nous perdons tous. Aux deux fils du Grand Nord, honorables candidats, je m’adresse particulièrement à vous maintenant.
Le peuple vous regarde, il a applaudi votre courage lorsque vous avez tourné le dos au régime que vous avez autrefois servi. Il est prêt à passer outre votre passé au sein de ce même système de décadence dans l’intérêt sacré de la reconstruction nationale. Il vous offre le cadeau du pardon, un chèque en blanc tiré sur le compte de leurs espoirs.
Que faites-vous de ce cadeau ? Comment vous en montrer digne lorsque vous faites choix de l’ambition personnelle au détriment du devoir national ? Vous vous tenez divisé, fragmentant l’électorat du Grand Nord qui, pendant des décennies, a été le coussin de la victoire de ce régime. Vous êtes, à chaque jour qui passe, où vous restez séparés, en train de devenir les architectes de notre propre défaite, et pire, de la défaite de toute une nation. Les réseaux sociaux, qui devraient être notre outil de libération, sont plutôt un champ de bataille et de propagation de la haine.
Des influenceurs payés et non payés utilisent un langage violent et diffamatoire, ridiculisant les leaders politiques et les candidats, empoisonnant les puits de notre démocratie. Ceci n’est pas de l’opposition, c’est un cirque et le seul qui rit est l’homme du palais présidentiel. Cette élection est un référendum, un simple et laconique oui ou non.
Gardons-nous le titre du président le plus âgé et ayant le plus long règne au monde ? Enterrons-nous cette nouvelle année de paradisie ? Disons-nous à nos enfants que leur avenir ne vaut pas la peine qu’on se batte ? Le temps de la subtilité est revenu, le temps de demande polie est terminé. Aux deux candidats du Grand Nord et tous les autres candidats, l’histoire du Cameroun nous regarde. Notre héritage ne serait pas l’écrit d’un homme manifeste, pas même dans nos meetings.
Il sera écrit en un seul mot. L’histoire se souviendra-t-elle de nous ? Comme les hommes qui, dans notre heure la plus sombre, ont laissé l’orgueil nous condamner à plus d’obscurité ? Ou alors comme les patriotes qui se sont serrés la main, qui ont fusionné leurs forces et leurs moyens, qui ont créé une vague de changements qu’aucune tricherie ne pourrait arrêter ? Je vous appelle maintenant, non pas en tant que concurrent, mais en tant que compatriote. Rencontrons-nous, pas demain, aujourd’hui.
Formons cette équipe, créons cette dynamique, forçons les Camerounais à avoir le pouvoir incontestable d’un fond consolidé. La nation ne nous le demande pas, elle nous en supplie. Ne soyons pas les acteurs de notre échec.
Aux peuples camerounais, ne perdez pas d’espoir. Canalisez votre colère et votre frustration. Continuez à exiger l’unité de vos leaders. Dites-leur qu’un vote pour la division est un vote pour produire. Le pouvoir est encore entre vos mains. C’est votre vote, c’est votre décision et c’est votre avenir.
Le monde s’attend à ce que nous échouions. Le régime s’attend à ce que nous échouions. Il parie sur notre division. Montrons-leur qu’ils ont tort. Unissons-nous, battons-nous, gagnons. Le 12 octobre, ne faisons pas que voter.
Interrompons une ère, réveillons une nation.
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PPP : le CARPA cartographie les financeurs d’un portefeuille évalué à 4 895 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – Le Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) a confié au cabinet Polygone SARL une étude stratégique sur l’écosystème de financement des partenariats public-privé au Cameroun. Selon la décision d’attribution consultée par Investir au Cameroun, la mission coûtera 39,35 millions de FCFA TTC et devra être réalisée en deux mois.
L’étude doit permettre aux autorités d’identifier les établissements et investisseurs capables d’apporter les ressources de long terme nécessaires aux projets d’infrastructures. Elle intervient alors que la Caisse autonome d’amortissement (CAA) évalue à 4 895,1 milliards de FCFA le portefeuille d’investissements suivi au titre des PPP, soit l’équivalent de 14,1 % du PIB à fin mars 2026.
Ce montant ne constitue ni une dette immédiatement exigible ni une estimation des sommes que l’État devra nécessairement décaisser. Il donne cependant une indication sur l’ampleur des projets dont les montages financiers, les garanties et les engagements contractuels doivent être suivis.
Banques, assurances et marché financier passés au crible
Polygone SARL devra évaluer la capacité des banques, des compagnies d’assurances, des fonds de pension, de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) et du marché financier régional à participer au financement des PPP.
L’étude examinera les conditions moyennes proposées par chaque catégorie de financeurs. Pour les prêteurs, l’analyse portera notamment sur les taux d’intérêt, les maturités, les devises utilisées, les garanties exigées et les principales clauses de financement. Pour les investisseurs en fonds propres, elle devra plutôt apprécier les niveaux de rendement attendus et les conditions de sortie.
Le rôle de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sera étudié sous l’angle de l’environnement monétaire, prudentiel et financier. La banque centrale n’a pas vocation à prêter directement aux projets, mais ses règles influencent la capacité des banques commerciales à immobiliser des ressources sur de longues périodes.
Le consultant devra également identifier les bailleurs multilatéraux, bilatéraux et privés susceptibles d’intervenir au Cameroun. La mission couvrira les différents instruments mobilisables : crédits bancaires, fonds propres, garanties, émissions obligataires, financement mixte, finance islamique et finance climatique.
L’objectif est de distinguer les projets susceptibles d’être financés sur le marché national ou régional de ceux qui nécessitent des ressources internationales. L’étude devra aussi déterminer quels mécanismes de garantie ou de rehaussement de crédit peuvent améliorer leur attractivité auprès des prêteurs et des investisseurs.
La commande répond ainsi à un problème de bancabilité. L’inscription d’un projet dans le portefeuille des PPP ne garantit pas qu’il trouvera des financeurs disposés à immobiliser leurs ressources pendant quinze, vingt ou trente ans, dans des conditions compatibles avec ses recettes futures et avec les capacités financières de l’État.
Les 4 895 milliards ne constituent pas une facture pour l’État
Dans sa note de conjoncture de mars 2026, la CAA situe à 4 895,1 milliards de FCFA les engagements recensés au titre des PPP, soit 14,1 % du PIB. Le tableau détaillé servant de base à cette estimation présente toutefois principalement les montants d’investissement associés aux différents projets.
L’intégralité de cette enveloppe ne peut donc pas être assimilée à une dette ou à une perte potentielle pour l’État. L’exposition budgétaire réelle dépend des obligations contenues dans chaque contrat, de la répartition des risques et des recettes générées par l’infrastructure.
Certains PPP reposent essentiellement sur les paiements effectués par les usagers. D’autres peuvent prévoir des loyers versés par l’administration, des garanties de revenus, des compensations en cas d’insuffisance de la demande, des obligations de rachat ou des indemnités de résiliation. Ce sont ces clauses qui déterminent le risque susceptible de revenir au budget public.
Les PPP permettent ainsi d’étaler le financement d’une infrastructure et d’en confier une partie au partenaire privé. Ils ne suppriment cependant ni le coût du projet ni tous les risques associés. Lorsque les recettes sont inférieures aux prévisions ou qu’une garantie publique est appelée, une partie du risque initialement transféré au privé peut revenir à l’État.
La CAA précise par ailleurs que son estimation n’intègre pas comme telle l’enveloppe globale de 5 400 milliards de FCFA annoncée pour le projet ferroviaire reliant le Cameroun au Congo. Cette somme correspond à la valeur estimative d’un projet transfrontalier et ne constitue pas, à ce stade, une obligation budgétaire intégrale supportée par le seul Cameroun.
Attirer les capitaux sans accumuler les garanties
Polygone SARL devra formuler des recommandations stratégiques, proposer des instruments adaptés aux différents types de projets et élaborer une feuille de route pour améliorer l’environnement de financement des PPP.
Cette démarche doit aider l’État à mieux préparer les opérations avant leur présentation aux prêteurs, à identifier les sources de remboursement et à répartir plus clairement les risques entre les administrations, les investisseurs et les opérateurs privés.
Le défi tient notamment au décalage entre la durée des infrastructures et celle des ressources mobilisables. Les projets routiers, ferroviaires, énergétiques ou hydrauliques nécessitent souvent des financements remboursables sur plusieurs décennies, alors que les ressources des banques sont généralement disponibles sur des périodes plus courtes.
Le développement des PPP dépendra donc de la capacité des autorités à associer banques, investisseurs institutionnels, bailleurs internationaux et marché financier régional. Cette mobilisation devra toutefois éviter une accumulation de garanties publiques susceptible de transformer progressivement le financement privé en charges différées pour le budget.
L’étude attribuée à Polygone SARL ne constitue pas encore une réforme du financement des PPP. Elle doit d’abord établir un diagnostic des financeurs disponibles, de leurs exigences et des instruments susceptibles d’être mobilisés.
La difficulté ne sera pas seulement de trouver davantage de capitaux privés. Elle consistera surtout à déterminer quelles garanties l’État peut raisonnablement accorder sans faire supporter au budget l’essentiel des risques que les PPP sont censés partager.
Amina Malloum
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