Actualités locales
BILAN 2018-2025 – Production industrielle et diversification : un secteur en mutation malgré les défis structurels

(Investir au Cameroun) – Depuis 2018, le Cameroun a entrepris une transformation ambitieuse de son tissu industriel, positionnant la diversification économique au cœur de sa stratégie de développement. Cette période a été marquée par des dynamiques complexes, oscillant entre des efforts soutenus de modernisation et les contraintes imposées par un environnement économique international turbulent.
Le secteur industriel camerounais a démontré une résilience remarquable durant cette période. En 2024, la valeur ajoutée manufacturière a atteint 13,9% du PIB, témoignant d’une progression constante bien qu’encore éloignée de l’objectif ambitieux de 25% fixé par la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Cette performance s’inscrit dans un contexte où le secteur industriel, en particulier manufacturier et du bâtiment, a contribué significativement à la croissance du PIB de 3,5% enregistrée en 2024.
Cette performance s’inscrit dans un contexte où le secteur industriel, en particulier manufacturier et du bâtiment, a contribué significativement à la croissance du PIB de 3,5% enregistrée en 2024.
L’industrie manufacturière a particulièrement bénéficié des investissements dans la transformation des matières premières locales. Le complexe industrialo-portuaire de Kribi, entré en exploitation effective en mars 2018 suite à la signature d’un contrat de concession de vingt ans, illustre parfaitement cette dynamique. Ce port permet d’accueillir de nombreux bateaux et porte-conteneurs, avec un trafic enregistré de 1 209 000 EVP, positionnant le Cameroun comme un hub logistique majeur en Afrique centrale.
L’entrepreneur ivoirien Koné Dossongui a lancé son usine de transformation de fèves de cacao dans la zone industrialo-portuaire de Kribi.
Dans le secteur agroalimentaire, des projets structurants ont vu le jour durant cette période 2018-2025. Atlantic Cocoa, l’usine de transformation de fèves de cacao construite par le milliardaire ivoirien Koné Dossongui dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, représente un exemple emblématique de cette industrialisation. De même, Nestlé Cameroun a transformé son usine de Douala en juin 2025, modernisant ses installations pour répondre aux standards internationaux et renforcer sa capacité de production.
Cependant, le parcours n’a pas été sans embûches. La mise en œuvre des grands projets a été affectée par des perturbations externes majeures. La pandémie de Covid-19 a entraîné un ralentissement de la productivité, des retards dans l’approvisionnement en matériaux et équipements en raison de la fermeture des frontières, et des coûts supplémentaires pour les mesures sanitaires. La guerre en Ukraine, débutée en février 2022, a également causé des perturbations économiques significatives.
Les prix des matériaux de construction ont connu une flambée spectaculaire, avec l’acier augmentant de 80 à 90%. La pénurie de carburant a contraint les entreprises de génie civil à réduire leur activité ou à mettre leur personnel en congé technique. En 2022, le niveau des prix à la production industrielle au Cameroun a connu une hausse de 13,3%, la plus importante enregistrée depuis 2018. L’industrie manufacturière a vu ses prix de production augmenter de 8,6% en 2022 par rapport à 2021, en raison de la dépendance aux matières premières importées comme le blé, le lait, et le clinker.
Malgré ces défis, plusieurs projets majeurs ont marqué cette période de transformation 2018-2025. Dans le secteur énergétique, des centrales de production ont été construites, notamment les centrales à gaz de Kribi et Dibamba, et les barrages hydroélectriques de Memve’ele et Mekin. Le barrage de Lom Pangar, avec une retenue de 6 milliards de m³ d’eau, a ouvert la voie à de nouvelles centrales et a augmenté de 120 MW la production des centrales existantes.
Le barrage hydroélectrique de Nachtigal, d’une capacité de 420 MW, constitue l’un des projets phares de cette période. Ayant commencé à injecter de l’électricité en juin 2024, il a atteint sa pleine capacité en mars 2025. Des travaux sont en cours pour une nouvelle ligne Nachtigal–Douala, dont l’achèvement est prévu au troisième trimestre 2025, pour améliorer le raccordement des entreprises industrielles de Douala.
Des travaux sont en cours pour une nouvelle ligne Nachtigal–Douala, dont l’achèvement est prévu au troisième trimestre 2025, pour améliorer le raccordement des entreprises industrielles de Douala.
Le secteur des télécommunications n’est pas en reste. Environ 18 000 km de câbles de fibre optique ont été posés depuis 2018, améliorant l’accès au numérique et augmentant le débit de transfert de données. Cette infrastructure numérique constitue un atout majeur pour l’industrialisation du pays et son intégration dans l’économie numérique mondiale.

Environ 18 000 km de câbles de fibre optique ont été posés depuis 2018.
Toutefois, la performance industrielle a été freinée par le déclin continu de la production d’hydrocarbures, qui s’est accentué en 2024 à -8,2% contre -4,3% en 2023, en raison de l’absence de nouvelles découvertes et d’investissements insuffisants. Le Cameroun est devenu importateur net de pétrole en 2024, marquant une rupture historique qui souligne l’urgence de la diversification économique et de la montée en puissance des secteurs non-hydrocarbures.
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plus de deux millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë (ONU)

En République centrafricaine, près d’un tiers de la population centrafricaine continue de faire face à une insécurité alimentaire aiguë. Selon les agences des Nations Unies, plus de deux millions de personnes ont besoin d’une assistance urgente.
La République centrafricaine reste confrontée à une grave crise alimentaire. D’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 2 millions de personnes, soit près d’un habitant sur trois, vivent dans des conditions d’insécurité alimentaire aiguë nécessitant une intervention urgente. Parmi elles, 262 000 personnes sont en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 1,75 million en situation de crise (phase 3).
Les populations les plus touchées sont les déplacés internes, les réfugiés, les communautés hôtes et les ménages les plus pauvres dépendant principalement des marchés pour se nourrir. Dix-huit sous-préfectures enregistrent des niveaux particulièrement préoccupants, avec plus de la moitié de leur population confrontée à une insécurité alimentaire sévère.
Cette situation est alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat, l’insécurité persistante, les déplacements de population ainsi que les chocs climatiques qui affectent la production agricole.
Toutefois, les Nations Unies relèvent une légère amélioration par rapport aux projections d’octobre 2025. Le nombre de personnes en situation de crise ou pire a diminué d’environ 288 000 personnes, grâce notamment à de meilleures perspectives agricoles, à des opportunités accrues de subsistance et à une aide humanitaire plus importante attendue entre avril et août 2026.
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les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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