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Port de Douala : 628 milliards pour un réseau électrique autonome

L’entreprise vient de signer une convention de partenariat en vue de démarrer le processus visant la construction d’une centrale électrique de 102 MW dans la première phase du projet, puis en second lieu, l’extension de la capacité de cette centrale électrique de 102 MW à 300 MW.
Le Port Autonome de Douala (PAD) vient d’engager le processus en vue d’être indépendant dans la fourniture d’énergie électrique. Le Directeur Général du PAD, et le Directeur Général de Douala port power corporation sa (dppc sa), société de projet, ont signé une convention le 12 septembre dernier à Douala. Ladite convention porte sur la construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri afin de répondre plus efficacement à la demande énergétique croissante de cette zone portuaire.
«Les opérateurs portuaires subissent d’importantes perturbations en approvisionnement d’énergie électrique, causées par des coupures intempestives et des variations constantes de tension du fait de l’insuffisance de l’offre énergétique. Cette situation qui s’est aggravée par la vétusté du réseau de distribution existant au Port, est de nature à compromettre de manière significative, non seulement la productivité des opérateurs portuaires, mais aussi, à décourager les potentiels investissements envisagés dans l’enceinte portuaire», explique Cyrius Ngo’o le DG du PAD.
Il est question de réaliser ce projet en deux phases. Dans la première, il s’agira de construire une centrale électrique de 102 MW pour un coût de 257 milliards de FCFA, couplée à la construction d’un gazoduc partant de Kribi pour Douala, dont le coût est 140 milliards de FCFA. La seconde phase consistera à l’extension de la capacité de cette centrale électrique (de 102 MW à 300 MW à terme), pour un coût de 230 milliards de FCFA sur 10 ans. Soit environ 628 milliards de coût total du projet. L’infrastructure sera construite par une entreprise chinoise, sous le modèle de Partenariat public-privé de type Build-Transfer-Operate (BOT).
Le projet est entièrement financé par le partenaire, sans caution ni garantie du PAD ou de l’Etat du Cameroun. Il pourrait selon les estimations, générer 100 emplois directs et plus de 1000 emplois indirects.
Réactions
Cyrius NGO’O, DG du PAD
« Ce projet se fonde sur les évolutions des standards internationaux en matière d’efficacité énergétique des ports et des navires »
« La construction d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité au Port de Douala-Bonabéri compte parmi les projets prioritaires identifiés dans le Schéma Directeur de Développement pour la première phase du programme d’investissement, dont la réalisation constitue une étape décisive dans le processus de renforcement des performances opérationnelles du port. Ce projet vise à garantir à la place portuaire de Douala-Bonabéri, une autonomie totale en énergie électrique à mettre à la disposition des acteurs portuaires, sans discontinuité (…) avec la possibilité de fournir à la ville de Douala, l’excédent d’énergie non consommée, tout en permettant la réduction de l’empreinte carbone par l’utilisation de technologies modernes. Ce projet se fonde tant sur la dynamique croissante de développement des activités industrielles et logistiques dans la plateforme portuaire de Douala dont les performances dépendent largement de la disponibilité de l’énergie, quesur les évolutions des standards internationaux en matière d’efficacité énergétique des ports et des naviresqu’ils accueillent ».
Darius Mesmin EKOUDA, DG Douala Port Power Corporation SA
« Nous allons rétrocéder l’infrastructure au PAD après construction »
« Vous savez, en ce moment, avec le délestage que nous connaissons, et sachant que le port autonome, c’est le poumon économique du pays, il était important pour nous, pour l’auditoire général, qui nous a sollicité de mettre une centrale qui va produire l’énergie 24 heures sur 24 de bonne qualité, avec des machines de dernière génération. Je pense que ce problème sera résolu une fois pour toutes. C’est un contrat de partenariat public-privé. Nous apportons la technologie, nous apportons des moyens, nous construisons, et bien évidemment, nous exploitons. A terme, nous allons rétrocéder l’infrastructure au PAD, qui va devenir propriétaire de cette infrastructure. Ici, nous avons prévu le transfert de technologie, c’est-à-dire que nos partenaires chinois vont former les Camerounais, qui vont s’approprier de leur savoir-faire, de leurs ingénieurs. Les chinois viennent avec tout. La technologie et les fonds. »
Joseph NGUENE NTEPPE, Directeur de la coopération PAD
« Le projet répond au problème d’insuffisance de l’offre énergétique au port de Douala »
« La convention qui vient d’être signée est une convention de PPP, partenariat public-privé, qui procède donc de ce que le partenaire privé du port autonome de Douala assurera l’intégralité du financement, la construction de l’infrastructure et l’exploitera pendant 25 ans pour le rétrocéder au port autonome de Douala. Le coût du projet à l’issue de toutes les phases du projet qui permettront d’avoir une capacité de 300 mégawatts et de 628 milliards environ, intégrant, outre les installations de production de l’électricité, un immense projet de construction d’un pipeline qui permettra d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en gaz de la centrale électrique. Au plan social, c’est un projet qui apportera aussi des solutions aux problèmes d’emploi à travers la création d’environ 200 emplois directs et 1000 emplois indirects. Le projet, comme vous pouvez l’imaginer, vient donner une réponse au problème d’insuffisance de l’offre énergétique au port de Douala. Le port aujourd’hui est dans un processus de développement industriel et logistique. Et les industries qui s’installent au port ont de forts besoins en énergie électrique. Donc, il s’agit de donner ici une solution, une offre énergétique supplémentaire afin de répondre efficacement aux besoins des opérateurs portuaires. »
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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Commerce extérieur : les entreprises camerounaises mal préparées à l’accès sans droits de douane au marché chinois

L’ouverture totale du marché chinois aux produits africains constitue sans doute l’une des mesures commerciales les plus importantes de ces dernières années pour les économies du continent. Depuis le 1er mai 2026, la République populaire de Chine applique en effet une politique de tarif douanier zéro sur les importations en provenance des pays africains. Concrètement, les produits camerounais peuvent désormais accéder à l’un des plus vastes marchés du monde sans supporter les droits de douane qui réduisaient jusqu’ici leur compétitivité.
Une décision saluée par le gouvernement camerounais qui y voit une occasion exceptionnelle de renforcer les exportations nationales et de promouvoir le « Made in Cameroon » auprès de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Dans un communiqué adressé aux opérateurs économiques, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a invité les entreprises concernées à accomplir les formalités nécessaires afin de bénéficier de ce nouveau régime préférentiel. Les filières du cacao, du café, du bois transformé, du coton, des fruits, des épices, des huiles végétales, des produits artisanaux ou encore des cornes séchées figurent parmi les principaux secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture.
Pékin a par ailleurs mis en place des mécanismes de facilitation des exportations africaines, notamment à travers les « Corridors verts », destinés à fluidifier les échanges commerciaux et logistiques. Sur le papier, le Cameroun dispose pourtant de nombreux atouts pour profiter pleinement de cette nouvelle donne.
Le pays possède une diversité agroécologique rare en Afrique centrale, une production agricole abondante et des ressources forestières considérables. Du cacao aux fruits tropicaux, en passant par le café, le miel, les épices, le poivre de Penja, les huiles végétales ou les produits artisanaux, l’offre exportable existe bel et bien. À cela s’ajoute une position géographique stratégique qui fait du Cameroun une porte d’entrée naturelle vers les marchés de la sous-région.
Pourtant, entre le potentiel affiché et la capacité réelle des entreprises à exporter vers la Chine, le fossé demeure important. L’accès préférentiel au marché chinois ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations. Encore faut-il que les producteurs soient capables de satisfaire aux exigences de qualité, de traçabilité, de conditionnement et de certification imposées par les autorités chinoises. Or, sur ce terrain, beaucoup d’entreprises camerounaises restent insuffisamment préparées.
Les petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu productif national, manquent souvent des moyens techniques et financiers nécessaires pour franchir ces barrières. C’est précisément sur ce point que les limites de l’action publique apparaissent. Si l’annonce de l’ouverture du marché chinois a été largement relayée, les mesures concrètes d’accompagnement restent encore peu visibles. Les opérateurs ont besoin d’informations détaillées sur les procédures d’accès, de formations sur les normes exigées, d’un appui à la certification, d’infrastructures logistiques adaptées et surtout de mécanismes de financement dédiés à l’exportation. Sans cet écosystème d’accompagnement, seuls quelques grands groupes déjà structurés seront en mesure de saisir cette opportunité, laissant de côté une grande partie des producteurs locaux.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les échanges entre Yaoundé et Pékin demeurent profondément déséquilibrés. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations camerounaises vers la Chine reposent encore essentiellement sur les matières premières brutes. Le pétrole, le gaz naturel liquéfié, le bois et le coton dominent largement les flux commerciaux. Cette spécialisation maintient le pays dans une position de fournisseur de ressources peu transformées, tandis que la plus grande partie de la valeur ajoutée est créée à l’étranger. L’exonération douanière décidée par la Chine offre donc au Cameroun une occasion rare de changer de modèle.
Mais pour transformer cette ouverture en véritable levier de développement industriel, il faudra aller bien au-delà des déclarations d’intention. L’État, les banques, les organisations patronales et les investisseurs privés sont appelés à construire un dispositif cohérent permettant aux entreprises nationales de conquérir durablement ce marché. Faute d’une telle mobilisation, le risque est grand de voir cette opportunité historique profiter à une poignée d’acteurs seulement, tandis que le pays continuera d’exporter principalement des matières premières, sans parvenir à réduire le déséquilibre de sa balance commerciale avec la deuxième puissance économique mondiale.
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Infrastructures routières : 240 milliards FCFA pour la reconstruction du corridor Douala-Bangui

Selon le document d’évaluation du projet (PAD) rendu public le 12 juin 2026, le Cameroun bénéficiera d’un financement de 240,4 milliards de FCFA (425 millions de dollars), composé d’un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) de 230,3 milliards de FCFA (407 millions de dollars) et d’un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) de 10,1 milliards de FCFA (18 millions de dollars).
Cette enveloppe représente l’essentiel du financement de la première phase du Programme de corridor économique Douala-Bangui, dont le coût total s’élève à 297,05 milliards de FCFA (525 millions de dollars). La République centrafricaine recevra un don IDA de 51 milliards de FCFA (90 millions de dollars), tandis que la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) bénéficiera d’un don de 5,6 milliards de FCFA (10 millions de dollars) pour soutenir les réformes régionales de facilitation du commerce et du transport.
L’approbation du financement par le Conseil d’administration de la Banque mondiale le 12 juin dernier marque le passage du projet de la phase de préparation à celle de mise en œuvre. Cette validation autorise désormais la signature des accords de financement et le démarrage des activités prévues. Quelques jours avant cette échéance, le ministère camerounais des Travaux publics (Mintp) indiquait déjà que toutes les conditions préalables avaient été remplies.
Dans un compte rendu publié à l’issue d’une réunion tenue le 10 juin 2026 entre le ministre des Travaux publics et une délégation de la Banque mondiale conduite par Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre, le département ministériel soulignait que « toutes les conditions préliminaires ont été satisfaites par le Cameroun pour mobiliser les ressources nécessaires à la reconstruction des axes du corridor Douala-Bangui ». Réhabiliter les principaux axes du corridor.
Ce financement s’inscrit dans une approche programmatique multiphase (MPA) dont l’enveloppe globale est estimée à plus de 600 milliards de FCFA (1,2 milliard de dollars). L’objectif est de renforcer la compétitivité du principal corridor commercial reliant le port de Douala à la République centrafricaine.
La première phase prévoit notamment la réhabilitation de la section Edéa-Yaoundé (164 km) au Cameroun et de la route Baoro-Bossemptélé en République centrafricaine. Des interventions ciblées sont également programmées sur les axes Ayos-Bertoua-Garoua-Boulaï (environ 575 km) et Bangui-Bossemptélé afin d’assurer la continuité du trafic. Le projet intègre également des mesures de sécurité routière fondées sur l’approche « Safe System », incluant l’amélioration des infrastructures critiques, le contrôle de la vitesse et le renforcement de la prise en charge post-accident.
UN PROJET À VOCATION ÉCONOMIQUE ET RÉGIONALE
Au-delà de la réhabilitation des routes, le programme vise à stimuler l’activité économique le long du corridor. Des études seront réalisées pour plusieurs projets structurants, dont la zone industrielle et la plateforme logistique d’Edéa, le complexe économique et touristique Mouanko-Yoyo, la Zone économique spéciale du bois de Bertoua, ainsi que le port sec de Béloko et la Zone économique spéciale de Boali en République centrafricaine.
Le projet prévoit également des investissements sociaux, notamment dans les écoles, les centres de santé, les centres de formation professionnelle et les marchés, avec une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin. Enfin, une composante régionale mise en œuvre avec l’appui de la CEMAC doit permettre de fluidifier le commerce sur le corridor grâce à la numérisation des procédures, à l’extension du guichet unique, à la mise en place de plateformes logistiques numériques et au renforcement de la coordination entre les États concernés. L’objectif est de réduire les coûts et les délais de transport sur l’un des axes commerciaux les plus stratégiques d’Afrique centrale.
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